Sans vouloir entrer ici dans le détail, il convient de souligner que la célébration doit être préparée avec les futurs époux. Les grandes lignes que nous en donnons ici tiennent compte des nouvelles dispositions du Nouveau Rituel du mariage. [1]

Le lien matrimonial est scellé essentiellement par le consentement mutuel des conjoints. Il est ensuite vécu par le couple dans une communauté de vie et d’amour. C’est pourquoi l’Eglise catholique conçoit que ce sont les conjoints eux-mêmes qui sont les ministres du sacrement de mariage. Ce sont eux qui se le donnent. Pour autant ils n'en sont pas propriétaires ce qui veut dire qu’ils ne peuvent pas en disposer comme ils l’entendent. En effet, une fois accompli, le sacrement devient un bien commun de l’Eglise en tant que gardienne et dispensatrice des grâces divines.

Pendant toute la durée de la célébration, les témoins qui seront mentionnés dans le registre doivent être effectivement présents et non représentés.

Le mariage étant vécu sous le signe de l’Alliance, sa célébration doit rendre visible cette préoccupation de l’homme d’être sous l’action de la grâce de Dieu et de son Esprit. En effet dans le mariage c’est surtout Dieu qui agit sur les époux.

A - Dieu accueille les futurs époux

Les fiancés sont en principe accueillis à la porte de l’église dans laquelle le prêtre ou le diacre représentant officiellement l’Eglise les invite à entrer, en les aspergeant d’eau bénite. Mais à travers la personne du prêtre ou du diacre assistant, c’est Dieu qui accueille les futurs mariés et avec eux leurs familles et amis.

B - Dieu parle aux futurs époux

Au centre de la liturgie ou de toute célébration il y a la Parole de Dieu. C’est Dieu qui, à travers elle, convoque et rassemble son Peuple. Une lecture d’extraits de la Bible est proposée : une première lecture est choisie soit dans l’Ancien Testament, soit dans le Nouveau parmi des lettres d’apôtres, notamment les lettres de saint Paul. Une deuxième lecture, l’Evangile, est tirée de l’un des quatre Evangiles. Ces passages, à l’adresse des fiancés et de l’assemblée, ont pour rôle d’exprimer l’amour de Dieu pour les hommes, de révéler le sens de son appel et celui du mariage chrétien. Les fiancés pourraient prendre part au choix de ces lectures comme déjà indiqué plus haut.

C - Dieu unit les futurs époux dans le mariage

Cette partie comprend essentiellement l’échange du consentement, préparé par un bref dialogue entre le ministre et les fiancés, dans lequel ceux-ci expriment leur volonté de s’engager en accord avec les conditions du mariage données par l’Eglise : liberté de choix, volonté d’observer la fidélité pour toujours et disponibilité à observer leur responsabilité d’époux et de parents ; l’échange de consentement est conclu par cette parole du ministre aux fiancés: « Désormais vous êtes unis par Dieu dans le mariage ».

Il s’ensuit le don mutuel des alliances préalablement bénies par le prêtre.

Comme le disent les paroles qui accompagnent la remise des alliances, l’alliance est le signe de l’amour que se portent les époux et de la fidélité qu’ils se promettent. Elle exprime pour chacun des époux le OUI qu’il vient de donner par son consentement. Portée au doigt, et généralement à l’annulaire de la main gauche, elle est un rappel constant et visible de l’engagement pris par chacun des époux.

Certains peuvent se demander pourquoi porte-t-on l’anneau de mariage à l’annulaire de la main gauche. Cela dépendrait des pays et des régions. Il semble qu’en France l’anneau se portait dans un premier temps à la main droite et à cause des travaux manuels et vraisemblablement en raison de l’usage fréquent que l’on fait de la main droite ce qui provoquerait plus rapidement sa détérioration on en est venu à changer de main.

Une autre source révèle que c’était seulement la femme qui portait l’anneau et ce jusqu'au milieu du 19ème siècle où ce sont les deux conjoints qui le portent désormais. Pourquoi la main gauche ? Parce que dans certaines cultures occidentales, on estime que la main gauche et notamment l'annulaire est relié au coeur, donc, on met le symbole de l'union à ce doigt. Cependant dans certains pays, comme en Espagne, l’anneau est porté à la main droite, celle que l’on utilise le plus fréquemment, pour justement se rappeler continuellement qu’on est marié. Sans oublier que dans d’autres pays encore « l’alliance est bénie puis échangée lors des fiançailles et se porte alors à la main droite ; au mariage, on la change simplement de doigt. » [2]

Il importe de signaler encore en guise d’information que le mariage n’est pas le seul lieu où l’alliance est prise comme symbole. Cependant, que l’alliance soit portée à la main gauche ou droite a peu d’importance, le plus important c’est le symbole qu’elle exprime.

Le même symbolisme de la fidélité existe dans la manière de concevoir les charges pontificale et épiscopale et plus tard dans la profession religieuse.

Ainsi dans la papauté, l’anneau qui est placé au doigt du nouveau pape après son élection est appelé l’anneau du pêcheur. Il est ainsi appelé parce que le dessin qui est dessus représente saint Pierre en train de pêcher. A certaines époques il aurait longtemps servi à sceller les textes officiels du pape. Il est publiquement détruit à la mort du souverain pontife.

Chez les cardinaux l’anneau, porte une représentation de la scène de la crucifixion. Benoît XVI, en le remettant à de nouveaux cardinaux le 25 novembre 2007 rappelait qu’il est le symbole de l’union des cardinaux avec le pape et une invitation à imiter le Christ, l’Epoux qui a donné sa vie pour l’Eglise. Il a ajouté que cet anneau est un « signe de dignité, de sollicitude pastorale et d’une plus étroite communion avec le Siège de Pierre ».

Chez les évêques l’anneau pastoral est porté constamment à la main droite et traduit le lien spécial qui unit l’évêque à l’Eglise et plus précisément au diocèse qui lui est confié.

A la profession perpétuelle des religieux, l’anneau est signe de la donation totale du religieux au Seigneur et à son Eglise. Il évoque également l’idée de nuptialité.

D - L’Eglise prie pour les nouveaux mariés

Après la prière dominicale, le Notre Père, le prêtre ou le diacre assistant le mariage, les mains étendues au-dessus des époux, prononce la Bénédiction nuptiale dans laquelle il demande à Dieu de faire descendre les grâces de sa bénédiction sur le nouveau couple. Puis l’assemblée dit la prière universelle pour et en union avec les nouveaux époux.

La Bénédiction nuptiale avait lieu, à l’intérieur de la messe, après le Notre Père. Mais le nouveau rituel du mariage propose que particulièrement pour le mariage en dehors de la messe (cf. n° 176), et pour le mariage entre une partie catholique et une partie catéchumène ou non chrétienne (cf. n° 221) la Bénédiction nuptiale soit faite aussitôt après la remise des alliances. [3]

Prière des époux : après le chant d’acclamation qui suit la Bénédiction nuptiale, et avant la prière universelle, le nouveau rituel prévoit la prière des époux. Il est recommandé que ce soit une prière personnelle que les époux auront composée ensemble et qu’ils exprimeront en la lisant, soit ensemble soit par l’un d’eux. Dans cette prière les époux confient leur mariage à Dieu et lui demandent des grâces particulières pour la réussite de leur ménage. Ils pourraient la reprendre à tout moment en souvenir de leur union et dans un esprit de renouvellement de leur volonté de réussir leur vie.

E - Dieu envoie les nouveaux mariés.

La célébration du mariage terminée, le prêtre ou le diacre renvoie les fidèles après avoir imploré encore une fois les bienfaits du Très-Haut sur le couple, et béni l’assemblée (bénédiction finale.)

Comme après chaque messe, ce renvoi n’est pas pour une simple dispersion mais un envoi en mission, c’est-à-dire une invitation à aller proclamer la Bonne Nouvelle. Pour le couple, cette mission consiste à aller témoigner de l’amour de Dieu dans leur vie de couple et auprès des autres. En réalité tout renvoi après une célébration est l’expression d’un nouveau départ.

Pour terminer, il faut retenir la distinction à faire entre la forme canonique du mariage et sa forme liturgique. La forme liturgique est le cadre prévu pour la célébration du mariage, notamment au cours de la messe. Mais un mariage peut être célébré avec ou sans la messe. Omettre la messe, notamment dans les mariages avec disparité de culte ou dans les mariages mixtes, ou pour d’autres raisons particulières, n’enlève en rien au mariage sa valeur. La forme canonique concerne les dispositions extérieures à prendre pour recueillir le consentement : les deux parties devant le prêtre et deux témoins. La forme canonique est toujours obligatoire sauf si l’évêque en dispense.

Notes :

[1] Le Nouveau Rituel Romain de la célébration du mariage était paru dans sa version en langue latine le 19 mars 1990. Sa traduction française est parue en mai 2005 (Cf. Rituel Romain de la célébration du mariage, Nouvelle Edition DESCLEE / MAME, AELF, Paris, 2005.).

[2] Encyclopédie THEO, col 976 c.

[3] L’option de procéder à la Bénédiction nuptiale après la remise des alliances vaut aussi dans la célébration au cours de la messe. (cf. Nouveau Rituel, n° 89).


Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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