A – IL PRODUIT DES EFFETS SUR LES CONJOINTS.

Le mariage conclu validement entre les conjoints fait naître entre eux un lien de par sa nature perpétuel et exclusif. Par le sacrement, les époux sont « fortifiés et comme consacrés » en vue d’assumer « les devoirs et la dignité de leur état »[1]

Le sacrement de mariage agit sur le lien matrimonial sous la forme de la grâce qui perfectionne l’amour des conjoints et fortifie leur unité indissoluble.

Le sacrement du mariage, comme tout sacrement chrétien, a le Christ comme source et est porteur de salut pour celui qui le reçoit. Le mariage ne peut se limiter à un projet purement humain. Les conjoints ont besoin de la grâce sacramentelle pour réaliser leur vocation, c’est-à-dire le plan que Dieu leur a destiné.

B – IL A UN DOUBLE OBJECTIF :

a - Le bien des conjoints

Le mariage chrétien est au service du couple. Le bien des conjoints dont il s’agit concerne le bonheur dans lequel le mariage est censé les introduire. Car l’on se marie en espérant faire son bonheur avec son compagnon ou sa compagne de vie. Tout mariage répond en principe à cette quête d’un bonheur légitime.

Cet aspect est également présent dans le mariage chrétien. Mais il s’éclaire davantage de la lumière de la foi. En effet, la conception du bonheur et les moyens d’y parvenir peuvent paraître parfois ambigus. Pour un non - croyant par exemple le bonheur pourrait se limiter au simple plaisir des sens, à la jouissance corporelle. La dimension spirituelle des moyens qu’il prendra pour résoudre ses problèmes importe peu. C’est pourquoi certains useront même de moyens illicites aux yeux de l’Eglise pour le faire, tel que l’utilisation des moyens contraceptifs et autres manipulations.

Dans le mariage chrétien, le bien des conjoints est réalisé par la célébration liturgique et la grâce sacramentelle. Toutefois il faut se garder de comprendre le bien des conjoints dans un sens étroit et égoïste. En effet, il ne s’agit pas de tout ramener chaque fois au couple, encore moins à un individu, au risque de manquer gravement au partage et à la solidarité humaine. Les conjoints doivent rechercher ensemble ce bonheur dans une fidélité réciproque.

Le bonheur dans le mariage chrétien réside dans le fait qu’à l’image du Christ et de l’Eglise, chacun s’oublie et recherche par tous les moyens le bien de l’autre. Cela conduit au perfectionnement mutuel.

b - La génération et l'éducation des enfants.

L’institution du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés de par leur nature à la génération des enfants et à leur éducation. C’est pourquoi la génération et l’éducation des enfants fait partie intégrante du bien des conjoints.

La fécondité fait partie des biens du mariage mais en tant que don de Dieu s’exprimant par la procréation. C’est pourquoi le refus volontaire de procréer de la part des conjoints, ou de l’un d’eux, enlève au mariage une valeur non négligeable. Cette intention, si elle est exprimée avant le mariage constitue un empêchement à celui-ci. Le consentement qui aura été donné serait alors de la simulation qui se ramène à l’exclusion d’un élément essentiel du mariage. Aussi, pour qu’il y ait mariage du point de vue chrétien, il ne faut pas que les futurs conjoints excluent la procréation qui est l’une des missions principales que Dieu assigna au premier couple humain dès la création. L’enjeu étant aussi de ne pas faire volontairement obstacle à ce qui a été disposé par Dieu dans la nature humaine. Par contre, si, malgré leur désir d’avoir des enfants, les époux n’en ont pas, pour autant cela ne porte pas atteinte à la valeur intrinsèque de leur mariage. Car malgré son importance la procréation ne constitue pas le seul but du mariage. Son but ultime étant la recherche de la sainteté dans l’amour, il se suffit dans ce cas à lui-même.

Mais la fécondité exprimée par la procréation ne se limite pas au simple fait de « faire » des enfants. Elle s’étend aux fruits de la vie morale, spirituelle et surnaturelle que les parents transmettent à leurs enfants par l’éducation. Même si ceux-là n’ont pas eu d’enfant leur fécondité doit s’exprimer par la sainteté de leur vie.

Note :

[1] Cf. c. 1134.


Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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