L'Eglise définit les sacrements comme « des signes efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiés à l'Eglise, par lesquels la vie divine nous est dispensée. » (CEC, 1131). La vision chrétienne ne s’arrête pas à l’aspect purement humain du mariage. Car il est une réalité créée qui existe dès l'instant que Dieu créa l’homme : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. » [1]

Le mariage en tant que fait humain a été élevé à un niveau supérieur par la grâce sacramentelle.

En fait le mariage répond pleinement à sa nature de sacrement quand il est conclu entre deux personnes baptisées. [2] Entre baptisés on ne peut parler de mariage naturel. Le mariage entre deux personnes non baptisées devient sacrement dès lors que toutes deux reçoivent le baptême. Son caractère sacramentel ne doit pas être vu seulement à travers son aspect contraignant et être considéré comme limitant la liberté des conjoints une fois leur consentement donné. En effet, le sacrement donne à l’unité et à l’indissolubilité du mariage une solidité particulière. [3] En outre, le sacrement signifie que le Christ lui-même se saisit de la personne des conjoints dans leur amour pour les faire grandir en lui. Il se donne à eux pour les sanctifier dans leur vie conjugale. Ainsi, ils répondront mieux à l’exigence de leur vocation en assumant les engagements liés à leur état de vie. Par la grâce du sacrement, les époux sont assurés de la présence incontestable du Christ à leur côté.

A - L’union matrimoniale, signe de l'amour qui unit le Christ à son Eglise

C’est le résultat de la grâce du sacrement. Les caractéristiques de l’union du Christ avec son Eglise que le mariage chrétien doit signifier sont principalement :

- L’UNION :

« Lui qui est de condition divine n’a pas revendiqué son droit d’être traité comme l’égal de Dieu mais il s’est dépouillé prenant la condition d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme… » [4]

En effet, en vue du mariage, l’homme et la femme quittent chacun leurs parents pour devenir une seule chair. Pour que leur mariage représente l’union du Verbe avec la nature humaine, du Christ avec son Eglise, l’union des époux doit être totale : union de corps, mais aussi de pensées, de sentiments, de volonté, de cœur. [5]

- LA FIDELITE :

« Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur. » [6] La fidélité est une des exigences du mariage et repose avant tout sur le respect de l’alliance de Dieu avec tous les hommes et avec chaque homme. En vivant de cette fidélité les époux expriment ensemble un amour indéfectible à Dieu et chacun un amour indéfectible à l’autre. Dans la fidélité il y a la notion de sacrifice.

« Pour son Eglise, Jésus s’est livré jusqu’à subir la mort sur la croix, afin de la sanctifier et de la rendre toute glorieuse et toute belle. Le don mutuel que se font les époux et leur inviolable fidélité témoignent de cet autre caractère de l’union du Christ avec son Eglise. » [7]

- LA FECONDITE :

Elle appelle à la procréation. C’est la mission propre de l’Eglise d’enfanter des élus pour le Ciel et de former le Christ en eux à la lumière de cette interprétation de saint Paul : « (…) mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. » [8]

La naissance des enfants dans le mariage, manifeste le caractère de l’union mystique du Christ et de l’Eglise. C’est pourquoi la fécondité spirituelle, recouvre une réalité plus large que la fécondité charnelle. Elle concerne aussi l’amour conjugal qui appelle les conjoints à s’ouvrir au monde qui les entoure.

- LA HIERARCHIE :

« Et il (le Christ) est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Eglise… ». [9] De même que l’Eglise se soumet volontiers à sa Tête, c’est-à-dire son Chef, l’épouse chrétienne reconnaît en son mari celui que Dieu lui a donné pour chef. [10]

L’homme est « chef » s’entend de l’ordre de la fonction et non de la nature. En effet, il y a une égale dignité entre l’homme et la femme. Que l’homme soit chef, veut dire simplement responsable dans la gestion de la famille. Pour cela il est le répondant de la vie de la famille. Cela n’a rien d’humiliant si chacun comprend son rôle et le joue pleinement pour l’épanouissement de tous dans la famille et dans le respect de la dignité de chacun. Non au mari despote ou dominateur qui décide de tout sans l’avis de la femme et des enfants. Non également au consensualisme plat où, faute d’accord sur tout, aucune décision n’est finalement prise ni pour le bien du couple ni pour celui des enfants. Hiérarchie ne veut pas dire supériorité mais responsabilité.

B – Le consentement fait le mariage

Le mariage chrétien est conclu par l'échange de consentement de l'homme et de la femme.

« C’est le consentement des parties légitimement manifesté entre personnes juridiquement capables qui fait le mariage ; ce consentement ne peut être suppléé par aucune puissance humaine. » [11]

L’échange de consentement entre les époux est l’élément indispensable qui fait le mariage. Le consentement au mariage est donné par des personnes juridiquement capables; c'est-à-dire qui possèdent toutes leurs facultés mentales et qui ne sont pas privées de leur jugement quant aux droits et devoirs liés au mariage. De même elles ne doivent pas être psychologiquement limitées quant à la compréhension des obligations liées au mariage. [12]

Le consentement concerne en premier lieu le mariage concret en train d’être contracté. C’est également un « Oui » à la personne qu’on a devant soi, avec qui l’on accepte de vivre exclusivement dans un lien matrimonial indissoluble. Le consentement est également l’acceptation des exigences et des conditions de la vie conjugale étant entendu qu’elle est vécue en toute conscience dans le respect de chacun.

Ce consentement, si l’on veut qu’il soit valide doit être donné par les parties elles-mêmes, librement, c’est-à-dire sans aucune contrainte ni physique ni morale. Le consentement comme engagement des époux n’est pas donné seulement entre eux et devant les familles et les amis, mais un engagement pris devant Dieu et devant l’Eglise.

Par ce consentement aussi ils s'engagent à se donner l'un à l'autre dans un amour exclusif et fidèle: « Je te reçois comme époux (se) et je me donne à toi pour t'aimer fidèlement tout au long de notre vie ».

C - Le couple chrétien, une communauté de toute la vie

Le mariage appelle l'homme et la femme à constituer une communauté de toute la vie. La formation d’une communauté de cette nature relève de la responsabilité personnelle des époux chrétiens. Cette communauté profonde de vie et d’amour fait partie du mariage lui-même. C’est une communion de la vie que les époux sont appelés à réaliser dans l’amour en fondant la famille humaine. Réaliser cette communauté demande sacrifice et renoncement de la part de chaque conjoint. Pour ce faire, chacun doit savoir prendre de la distance vis-à-vis de ses parents et de ses amis dans l’intérêt du foyer conjugal. La communauté de toute la vie suppose chez le couple chrétien amour et entraide pour construire ensemble la cellule de la famille humaine qu’il constitue. Cette communauté, symbolisée par la vie commune des époux, n’est ni facultative ni provisoire.

Notes :

[1] Gn 1,27.

[2] « C’est pourquoi, entre baptisés, il ne peut exister de contrat matrimonial valide qui ne soit, par le fait même, un sacrement. ». Canon 1055, § 2.

[3] Cf. Canon (c.) 1056.

[4] Ph 2, 6 - 8a.

[5] Cf. Père Noël BARBARA, Catéchèse catholique du mariage, Tours, Editions Forts dans la Foi, 1994, p.166, Q. 162.

[6] Eph 4, 5.

[7] Cf. Noël BARBARA, Op. cit. Ibid.

[8] Ga 4, 19.

[9] Col 1, 18.

[10] Cf. Eph 5, 23-24.

[11] C. 1057, § 1.

[12] Cf. c. 1095.


Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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