On est libre de se marier maintenant ou plus tard. L’essentiel est d’être prêt au moment voulu. Il ne conviendrait guère de se précipiter. La préparation dans ce cas recouvre plusieurs domaines : maturité humaine, équilibre psychologique, situation professionnelle, moyens financiers ou matériels pour la fête etc. Cela dépend sur quoi on met l’accent. A notre avis la dernière considération est certes réelle mais non prépondérante. Dans la mesure où l’on peut s’y prendre autrement. Il vaut mieux sans cela, qu’un mariage pompeux qui s’avèrera plus tard sans lendemain.

Au regard de l’Eglise retarder son mariage pour n’importe laquelle de ces raisons, dépend de la liberté des futurs conjoints. Il serait même imprudent de les contraindre à quoi que ce soit. Toutefois s’ils vivent déjà maritalement, en concubinage donc, il serait bon de les mettre face à leur responsabilité quant à une décision ferme pour un mariage franc, un engagement officiel. En effet la notion de mariage à l’essai n’est pas admise dans l’Eglise catholique. [1] Le mariage est ou n’est pas.

Ainsi donc, vouloir ajourner son mariage pour une raison ou pour une autre, commande que les fiancés se plient aux exigences de ce report en ne vivant pas déjà comme s’ils étaient mariés. En définitive, il faut se convaincre que le plus important c’est le bonheur et la solidité du couple qu’il faut savoir assurer en partant sur de bonnes bases. Pour cela il faut être libre par rapport aux pressions familiales ou autres. Le mariage étant d'abord un acte de foi, c'est en satisfaisant en priorité à cet aspect que l'on s'assurera un bon départ. Quant à la fête que l’on entend organiser pour les parents et les amis et que l'on ne peut assurer pour l'instant - elle peut se passer à un autre moment. Cela est plus sage que la cohabitation qui parfois commence à perdurer et où les époux – ou plutôt les concubins –se privent pour longtemps des grâces du sacrement de mariage et des autres sacrements de l'Eglise tant qu’ils n’ont pas régularisé leur situation.

Note :

[1] « Une première situation irrégulière consiste en ce que l’on appelle « le mariage à l’essai », que beaucoup aujourd’hui voudraient justifier en lui attribuant une certaine valeur. Qu’il soit inacceptable, la raison humaine le laisse déjà entendre elle-même, en montrant combien il est peu convaincant de parler d’un « essai » quand il s’agit de personnes humaines, dont la dignité exige qu’elles soient toujours et seulement le terme de l’amour de donation sans aucune limite, de temps ou autre (…). D’un côté, en effet, le don du corps dans le rapport sexuel est le symbole réel de la donation de toute la personne ; une telle donation, d’ailleurs, dans le dessein actuel de Dieu, ne peut se réaliser dans sa pleine vérité sans le concours de l’amour de charité donné par le Christ. Et d’un autre côté, le mariage entre deux baptisés est le symbole réel de l’union du Christ avec l’Eglise, union qui n’est pas temporaire ou « à l’essai », mais éternellement fidèle ; entre deux baptisés, il ne peut donc exister qu’un mariage indissoluble. » (Jean-Paul II, Exhortation apostolique « Familiaris consortio », n° 80, in DC, 1982, n° 1821, p.31).


Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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