Comme nous l’avons vu plus haut, le mariage chrétien est de soi indissoluble. Cette indissolubilité est absolue ou relative ; absolue pour tout mariage sacramentel (c’est-à-dire entre baptisés) consommé ; relative pour un mariage non sacramentel (c’est-à-dire entre une personne baptisée et une personne non baptisée). Il y a en fait trois circonstances dans lesquelles un mariage valide peut être dissous. Les deux premières circonstances sont deux cas particuliers qu’on nomme privilège paulin et privilège de la foi.

Premier cas : le privilège paulin

Le privilège paulin est envisagé et proposé par l’Apôtre Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (I Co, 7,15). C’est le cas d’un homme et d’une femme non baptisés au départ. Leur mariage, s’il a suivi les voies normales d’un mariage coutumier ou civil, est considéré par l’Eglise comme un mariage légitime, un vrai mariage mais naturel. Si entre temps l’un d’eux reçoit le baptême et que son conjoint non baptisé n’accepte pas sa conversion en lui rendant la vie difficile ou en voulant lui imposer des pratiques contraires à la foi et à la morale chrétiennes, saint Paul admet que la partie non croyante se sépare. Dans ce cas il autorise la partie chrétienne à contracter un nouveau mariage avec une partie chrétienne.

Second cas : le privilège de la foi

Quant au privilège de la foi, il ressemble un peu au cas précédent tout en lui étant différent.

Il se comprend par le fait que le pape et lui seul, peut, en vertu de son autorité suprême, dissoudre les mariages où un seul des conjoints est baptisé. Il ne le fait que pour des raisons très graves. C’est ainsi que dans le cas d’un mariage dispar (avec disparité de culte), c’est-à-dire un mariage où un des conjoints seulement est baptisé, en cas de graves difficultés ou d’échec, ce mariage peut donner lieu, avant le baptême du second conjoint, à un recours au privilège de la foi qui est une demande adressée au pape pour qu’il dissolve le mariage non sacramentel et autorise ainsi la partie catholique à se remarier.

Cette procédure de demande de dissolution au pape est appelée aussi dispense. La raison principale qui milite en sa faveur c’est que la foi de la partie catholique est menacée ou sa pratique religieuse empêchée. La dispense ou la dissolution, si elle est accordée, l’est en fait par le pape à travers les services compétents du Vatican et en vertu de son seul pouvoir. L’Eglise vient ainsi au secours de la partie catholique en lui accordant l’autorisation de contracter une autre union à la place de la précédente..

Toutefois la procédure n’est pas si simple et facile que ça. Elle est soumise à deux conditions principales : il faut d’abord qu’il apparaisse que la partie catholique soit la victime et non la cause de l’échec du mariage et qu’elle se marie ou veuille se marier avec une personne baptisée, ou au moins qu’on en ait la certitude morale. Il importe de préciser que la demande d'une telle faveur est adressée au pape qui peut l'accorder ou non.

Troisième cas : le mariage conclu et non consommé

La troisième circonstance de dissolution de lien matrimonial concerne le mariage conclu et non consommé. En effet, si des conjoints se marient et viennent à se séparer sans avoir pu se donner l’un à l’autre physiquement, ou n’avoir pas pu accomplir normalement l’acte conjugal, ils peuvent demander une dispense qui leur permettra de contracter un autre mariage. La preuve doit être effectivement faite dans ce cas qu’ils n’ont pas consommé leur mariage.

Le nouveau Code de droit canonique précise que même s’il y a eu consommation, elle doit se faire « humano modo » (de façon humaine), c’est-à-dire librement et de manière normale (cf. c. 1061, § 1). Cela met en cause par exemple, des rapports imposés, tel que le viol, des rapports anormaux, homosexuels par exemple, ou survenus dans des circonstances où l’un des partenaires est inconscient pour avoir pris des produits ou ne se commandait pas au moment de l’acte. Il importe ici de fournir les preuves de la non consommation.


 

 

 

 

Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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