A - Une réalité créée

« La communauté profonde de vie et d'amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. Dieu lui-même est l'auteur du mariage »[1]

En effet, le mariage s’inscrit dans l’ordre de la création et ne doit, en aucun cas, être considéré exclusivement comme une institution purement humaine, malgré ses variations selon les sociétés. Sa prise en compte ne devrait pas non plus se faire en ignorant que Dieu a créé l’homme par amour et en vue de l’amour. L’amour humain du mariage se reflète donc dans l’amour indéfectible de Dieu pour l’homme comme dans un miroir. Il reçoit de lui sa lumière, son éclat. Cet amour de l’homme, Dieu le bénit pour le rendre fécond : « Dieu les bénit et leur dit… »

B - L'union d'un homme et d'une femme

Nous lisons dans la Bible : « Yahvé Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. » [2]; « (…) Yahvé Dieu façonna une femme (en la tirant de l’homme) et l’amena à l’homme » qui s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! » [3 C'est pour cela que l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. » [4]

Tout cela montre que l’homme et la femme sont faits l’un pour l’autre. Ayant une égale dignité, ils sont des vis-à-vis, appelés à se secourir mutuellement dans l’unité de leurs deux vies. Depuis le Concile Vatican II le mariage n’est plus seulement défini comme un contrat mais comme une alliance entre l’homme et la femme qui se donnent l’un à l’autre en toute volonté et liberté. L’alliance est le lien d’amour par excellence qui caractérise la relation de Dieu avec son Peuple. L’alliance comprend dans ce sens, l’exigence de la fidélité et la vie communautaire dans toutes ses composantes, y compris la rencontre charnelle entre mari et femme. De là vient que l’anneau (alliance) est le symbole de l’amour et de la fidélité entre les époux.

C - Union en vue de fonder une famille

Le mariage constitue le fondement de la société humaine. Dans sa forme ordinaire immédiate, la famille comprend le couple et sa progéniture. Mais en réalité elle va au-delà de ces seuls membres. En effet, la famille dans cette limite est appelée à s’étendre aux dimensions de la société dans laquelle vit le couple. C’est pourquoi, dans le sens de la compréhension de leur vocation, les conjoints sont appelés à donner, par leur vie, une image de la famille divine.

C’est pourquoi aussi le Magistère [5] de l’Eglise considère le foyer chrétien comme une cellule d’Eglise appelée à restituer à la famille humaine sa marque divine. Comme disait le pape Jean-Paul II, : « La famille a son origine dans l’amour même du Créateur pour le monde créé, comme il est déjà dit « au commencement », dans le livre de la Genèse. »[6]

D – Moyen pour perpétuer l'espèce humaine

En raison du fait que la famille est au service de l’espèce humaine, dans la plupart des sociétés humaines, le mariage est vu plus comme l’affaire de la collectivité que celle des individus. Le lien matrimonial dans ces sociétés est considéré comme un moyen de promouvoir les relations entre deux familles mais surtout comme un moyen d’assurer la survie du clan ou de la famille du mari. C’est pourquoi dans les sociétés traditionnelles africaines la procréation constitue le principal but du mariage.

Cependant, bien que ce but de perpétuer l’espèce humaine soit noble et légitime, la portée du mariage s’élève bien au-delà de cette contingence. En effet, pour réaliser ce but, les différentes sociétés ont dû emprunter des chemins différents. Ainsi, chaque peuple ou société conçoit par exemple une manière propre de contracter mariage et de vivre l’union matrimoniale. Mais cela n’empêche pas que le mariage garde son sens originel selon les dispositions divines. Rappelons-nous ce que Jésus a répondu aux Pharisiens : « C’est, leur dit-il, en raison de votre dureté de cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l’origine il n’en fut pas ainsi. » [7]

Notes

[1] Cf. Gn 1, 28.

[2] Gn 2, 18.

[3] Gn 2, 21 – 23.

[4] Gn 2, 24.

[5] Le mot « magistère » (du latin : Magister) désigne la mission d’enseignement qui incombe à l’Eglise à travers le ministère ordinaire ou extraordinaire du pape et des évêques telle qu’elle a été confiée par le Christ aux apôtres. (cf. THEO, L’Encyclopédie catholique pour tous, col. 551c).

[6] Jean-Paul II, Lettre aux familles, 1994, n°2.

[7] Mt 19, 8.


Abbé Jacob YODA
Archidiocèse de Ouagadougou
Novembre 2009

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