Lorsqu'on étudie les diverses religions, on trouve de nombreux points communs et beaucoup de ressemblances. Alors on est tenté de dire : “ Pourquoi le christianisme plutôt qu’une autre ? Si j’étais né en Inde, je serais bouddhiste. Des musulmans ont souvent plus de foi que certains chrétiens. Et même parmi les confessions chrétiennes, il n'y a pas tellement de différence sur l’essentiel. Donc, peu importe la religion ou la confession chrétienne. Toutes les religions se valent, il suffit d'être sincère !

Ce sont des raisonnements que nous entendons souvent. Des raisonnements qui renferment des demi-vérités et qui risquent de désorienter ceux qui n'ont pas une foi solide et bien éclairée. Nous allons analyser ces questions dans le présent chapitre en donnant aussi quelques traits caractéristiques des diverses religions et confessions chrétiennes qui nous entourent.

1. Toutes les religions se valent

Cette affirmation est ambiguë. Elle contient une partie de vérité mais aussi une partie d'erreur.

La part de vérité, c'est que dans toutes les religions on trouve des valeurs authentiques, qui constituent un dénominateur commun : foi en Dieu créateur, croyance en l’au-delà, sens du péché, obligation d’un effort moral, récompense dans l'autre vie, etc. Au fond, il n’y a pas de religion fausse. N’importe quelle religion est préférable à une existence sans idéal religieux.

La part d'erreur de ce slogan, c'est qu'il y a d'énormes différences entre les religions.

Différences dans les affirmations doctrinales : des imprécisions, même des contradictions... Dieu est-il une vague énergie (Brahmane du Bouddhisme) ou puissante Solitude (Allah) ou Amour (Trinité dans l'Unité) ? Il ne saurait y avoir contradiction en Dieu. L'au-delà est-il extinction ou vie d’amour ?

Différences dans les exigences morales : les prouesses ascétiques du yoga différent de la charité d’un saint authentique.

Différences dans la vision du monde et de la vie sociale : par exemple, les castes hindoues et la fraternité chrétienne.

Non, toutes les religions ne sont pas pareilles : il faut acquérir ses propres convictions en toute connaissance de cause. Dieu même l'attend de chacun de nous. Nous avons le devoir de chercher, de nous éclairer, de nous informer et de nous former.

2. Il suffit d'être sincère !

La part de vrai de cette affirmation, c’est que la sincérité est une grande qualité. Nous savons combien le Christ détestait l'hypocrisie des pharisiens.

Mais attention, il peut y avoir une sincérité dans l’erreur. On est sincère, mais on se trompe ! On a beau être tolérant, libéral et poli, il nous faut distinguer deux choses : la sincérité et la vérité. Il y a encore mieux que la sincérité dans l'erreur: c'est la sincérité dans la vérité. La vraie sincérité nous oblige à chercher la vérité avec patience et persévérance, à se conformer au projet de Dieu sur nous, à y répondre.

3. Critères de la valeur d'une religion

Nous pouvons discerner la valeur d'une religion à partir d’un ensemble de critères :

- Le nombre de ses adhérents, la rapidité et la pureté de ses moyens de propagation ;

- La personnalité de son fondateur, les preuves qu’il donne de l’authenticité de sa mission ;

- La solidité rationnelle de sa doctrine ou au contraire l'aspect incompréhensible de ses mystères ;

- Son universalité dans le temps : jusqu'à quel point est-elle capable de donner son sens à toute l’histoire humaine ?

- Son universalité dans l'espace : est-elle valable pour n'importe quelle race ou classe sociale ?

On arrive ainsi au cœur du problème : au fond, qu'est-ce qu'une religion ? Une des meilleures étymologies de “ religion ” est le verbe latin religare qui veut dire relier. Le meilleur critère de la valeur d'une religion sera donc de savoir jusqu'à quel point telle ou telle religion relie l’homme à Dieu et Dieu à l'homme. C’est-à-dire quelle religion aide le mieux à comprendre qui est Dieu, comment l'homme peut aller vers Lui, quels moyens elle offre à l’homme pour rencontrer Dieu.

Cela laisse déjà entrevoir que, si Dieu est le Tout-Autre, l’Inaccessible, l’Éternel, il faut que ce soit lui-même qui vienne à la rencontre de l’homme et qui établisse le lien. Par conséquent, la meilleure religion sera celle que Dieu lui-même va créer et proposer à l’homme pour cette re-ligation.

Relier l'homme à Dieu veut dire : d’une part, que la religion prend l’homme réel, tout homme et tout l'homme (ses aspirations, ses grandes questions, son désir, de vérité, de justice, d'amour, de sens) et d’autre part, que Dieu donne à travers cette religion sa force, révèle sa vérité, attire à Lui et réalise cette union dans l’amour qui dépasse les forces de l’homme livre à lui-même.

4. Religions “ statiques ” et Religions “ dynamiques ”

Selon ces critères, nous pouvons conclure que :

- Toute religion qui n'élève pas l'homme vers Dieu rate son but : c’est le cas des religions statiques.

- Toute religion qui est à la fois école de grandeur morale pour l'homme et “ ouverture sur le mystère de Dieu ” est dynamique et atteint son but à des degrés différents, car certaines religions “ dynamiques " sont purement “ humaines " et d'autres sont “ révélées".

- Les religions “ statiques ” sont, par exemple, celles de l'antiquité gréco-romaine, de l'Égypte, et autres. Malgré leur intérêt culturel, social, etc. Elles n'ont guère de vigueur d'élévation morale, ni de capacité à faire connaître Dieu. Elles ont disparu.

- Les religions dynamiques humaines sont les religions non-révélées. Nous trouvons là certaines religions traditionnelles africaines, l’hindouisme, le bouddhisme qui exigent de leurs adeptes de véritables efforts d'ascèse, de maîtrise de soi, de bienveillance, de respect des relations sociales. Il y a une sagesse humaine et religieuse. Il n'y a pas de parole de Dieu lui-même.

- Dieu est imprécis, flou. Il n’y a pas de vraie rencontre avec le Dieu personnel.

- Les religions dynamiques révélées sont l'islam, le judaïsme et le christianisme. Elles possèdent à la fois un dynamisme moral et une doctrine présentée comme révélée par Dieu lui-même.

Tout musulman, tout juif, tout chrétien (qu’il soit catholique, orthodoxe, anglican ou protestant) croit que Dieu même a parlé, s'est révélé. Cette conviction commune aux trois grandes familles religieuses qui groupent plus de la moitié de l’humanité est impressionnante. Toutes les trois considèrent comme porte-parole authentiques de Dieu : Abraham, les Patriarches, Moïse, David et les prophètes, et acceptent l'Ancien Testament comme vrai message de Dieu.

Alors, faut-il mettre à égalité ces trois religions ? Qu’est-ce qui les différencie ?

Le Christ et l'Évangile, ce qui est capital !

L’Islam ne voit dans le Christ qu'un prophète et n'a pas retenu l’ensemble de l'Évangile. Le Judaïsme pour sa part a refusé le Christ et l'Évangile. Or, nous croyons que c'est le Christ qui fait vraiment le lien entre l'homme et Dieu, relie chaque homme et tous les hommes avec Dieu puisqu’il est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu.

D'autre part, nous croyons que c'est l'Évangile qui présente les exigences morales les plus élevées et les plus universelles parce qu'elles sont fondées sur l’amour. Mais il reste que nous avons à dialoguer toujours avec tous les non-chrétiens selon les indications du Concile Vatican II :

a) Se souvenir et annoncer sans cesse le Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie, en qui les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse.

b) Dialoguer et coopérer avec eux dans toute œuvre en faveur de l’homme. Reconnaître et faire progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent chez les non-chrétiens. Pour ce qui est du dialogue entre catholiques et les autres frères chrétiens, nous en parlerons dans le chapitre sur l’œcuménisme.

Pour réfléchir

1. Essaie de connaître davantage l'essentiel de la religion musulmane en lisant les pages 142 et 143 de l’Encyclopédie Catholique “ Théo ".

2. Essaie de trouver: les dissemblances entre Islam et christianisme par rapport à : Allah et Dieu ; Mohamed et Jésus ; Coran et Bible ; Umma et Église et les richesses communes par rapport à : la foi en Dieu; la croyance en une révélation, la vénération de Marie ; l'effort moral et spirituel.

3. Comment comprends-tu cette, phrase : “ L'Islam prouve au monde que Dieu est. Il reste au christianisme à prouver en acte à l'Islam que si Dieu est, Il ne peut qu’être Amour ” ? (M. Hayek)

4. Essaie de trouver les liens entre les religions traditionnelles africaines et le christianisme par rapport aux points suivants :

- Le caractère social des deux religions.

- Leur conception de Dieu et des intermédiaires.

- Leur conception de l’homme et de son âme.

- Leur conception de la prière et du (ou des) sacrifices (s).

- Leur relation avec les morts.

- Leur conception du péché et de la vie morale.

Père Carlos Orduna Diez
Clerc de Saint Viateur
1999

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