“La Parole de Dieu est l'unique pain de vie” me disait un jour un frère évangélique... pour me faire comprendre qu'eux n'ont pas besoin du Pain eucharistique. Nos frères évangéliques sont à féliciter pour le grand amour qu'ils ont pour la Parole de Dieu en tant que Pain de Vie. Mais je suis surpris de la facilité avec laquelle certains évangéliques refusent le Pain de l'Eucharistie. La célébration eucharistique n'est pas une invention des prêtres, mais, selon la Bible, elle est un mandat du Christ lui-même.

1. Le Pain de la Parole et le Pain Eucharistique

Dans l'Évangile selon Saint Jean, Jésus fait une très profonde réflexion sur ce thème. Jésus proclame que le véritable Pain descendu du ciel, c'est Lui (Jn 6, 33-35) et il donne deux raisons pour nous l'expliquer :

a) Jésus est le Pain de Vie par sa Parole qui ouvre la vie éternelle à ceux qui croient (Jn 6, 26-51). C'est-à-dire que Jésus est le Pain de la Parole qu’il faut croire.

b) Jésus est le Pain de Vie par sa chair et son sang qui nous sont donnés comme véritable nourriture et boisson (Jn 6, 51-58). C'est avec ces paroles que Jésus annonce l'Eucharistie qu'il va instituer lors de la dernière Cène. “ Prenez et mangez, ceci est mon Corps ” (Lc 22, 19). “ Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui “ (Jn 6, 55-56).

D’après ces textes, il est clair que nous ne devons pas nous limiter au seul Pain de la Parole. Jésus nous invite aussi à “ manger réellement son corps " en tant que Pain eucharistique.

À cet égard, certains groupes chrétiens pensent que le Pain eucharistique est simplement un symbole du Christ et refusent la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Nous catholiques, ainsi que les anglicans, les orthodoxes et la plupart des protestants, croyons que Jésus est réellement présent sous les apparences du pain et du vin.

En effet, pour nous les expressions “ Ceci est mon corps ", “ Ceci est mon sang “ ne sont pas du langage figuré. En prenant le pain et le vin, Jésus n’a pas dit : “ Ceci représente ” ou “ Ceci signifie ” mon corps et mon sang, comme les Témoins de Jéhovah l'ont traduit dans leur Bible. Le verbe grec utilisé parla Bible est bien estin (être) et en aucun cas ce mot ne peut être traduit par “ signifier ”.

Dès les premiers siècles, les chrétiens ont cru à cette présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Ils ont pris au sérieux la parole de Jésus au cours du dernier repas qu'il a partagé avec les apôtres. Saint Justin (vers l'an 150) écrit : “ Nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et comme une boisson ordinaire. De même que, par la puissance du Fils de Dieu, Jésus-Christ notre sauveur a pris chair et sang pour notre salut, ainsi la nourriture consacrée par la prière, formée des paroles du Christ, et qui doit nourrir notre chair et notre sang, est la chair et le sang du Fils de Dieu fait homme”.

2. Jésus nous invite à manger son corps et à boire son sang

C'est après la multiplication des pains que Jésus prononce son discours sur “ son corps, Pain de Vie ” (Jn 6, 51-58) et, à cette occasion, pour la première fois, le Seigneur parle de l'Eucharistie. “ Le pain que je vous donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde “ (Jn 6, 51).

Lorsque Jésus dit ces paroles, beaucoup de disciples l’abandonnèrent ; expliquant que cette manière de parler était insupportable (Cf. Jn 6, 59-66). Mais Jésus dit qu'il n’était pas en train de parler au sens figuré. Il insista : “ En vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous ” (Jn 6, 53). De plus, Jésus demande aux Douze : “ Vous aussi, vous voulez partir ? ”

Jésus n’a donc pas parlé au sens symbolique ou figuré. Il a bien dit au sens propre : “ Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au demier jour ” (Jn 6, 54).

La Dernière Cène du Seigneur

Nous trouvons dans le Nouveau Testament jusqu'à quatre témoignages différents sur la Dernière Cène : Matthieu, Marc, Luc et Paul. Cela veut dire que la Dernière Cène a été un fait de grande importance dans la vie de Jésus et dans la vie de l’Église primitive.

La nuit avant sa mort, Jésus invita ses apôtres à célébrer la Pâque des Juifs qui consistait surtout en une cène solennelle. Ce repas était pour les Juifs “ la grande action de grâce " à Dieu. Jésus profita de cette cène pascale pour lui donner un sens nouveau et profond.

Nous lisons dans l’Évangile de Luc : “ Après, Jésus prit du pain, il rendit grâce (“eucharistein" en grec), il le partagea et le leur donna en disant : “ Ceci est mon corps livré pour vous. Vous ferez cela en mémoire de moi". Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : “ Cette coupe est la nouvelle alliance scellée dans mon sang qui va être versé pour vous ” (Lc 22, 19-20).

La dernière Cène du Seigneur a beaucoup de significations

Nous n’indiquerons ici que quelques aspects importants par rapport à notre thème :

a) La Cène du Seigneur est “ la grande action de grâce à Dieu ". Le mot grec “ Eucharistein ” (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24) rappelle les bénédictions qui proclament les œuvres de Dieu en faveur de l'homme : la création, la Rédemption et la sanctification. L'Église a choisi le mot “ Eucharistie " pour désigner la Cène du Seigneur.

b) Lorsque Jésus dit en partageant le pain : “ Prenez et mangez, ceci est mon corps " il ne parlait pas en forme symbolique. Ces paroles annonçaient clairement sa présence mystérieuse et réelle sous les signes du pain et du vin. Jésus donna réellement un sens nouveau au pain et au vin. Il dit clairement : “ Ceci est mon corps " avec un grand réalisme.

c) Jésus donna à ses apôtres le mandat de rappeler et de revivre ces gestes sacrés : “ Faites ceci en mémoire de moi " (Lc 22, 19). Fidèle à ce mandat de Jésus, l'Église réalise continuellement depuis la dernière Cène du Seigneur jusqu’à nos jours les signes sacrés à chaque Eucharistie. Ces signes sont à la foi figure et réalité du corps ressuscité du Christ : un mémorial vivant du Christ glorieux.

d) L’Apôtre Paul, pour nous rappeler combien la nourriture eucharistique est sacrée, écrit dans des termes très clairs : “ La coupe que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Et le pain que nous partageons n’est-il pas communion au corps du Christ ? “ (1 Co 10, 16).

Pour Paul, ce pain et ce vin, une fois sacrés, ne sont pas un simple symbole du corps et du sang, mais ils sont réellement le corps et le sang du Christ ressuscité.

Et c'est dans ce sens que l'Apôtre continue d'écrire aux Corinthiens, après leur avoir reproché certains abus qui avaient lieu lors de leurs réunions : “ Ainsi donc, toutes les fois que vous mangez ce pain et buvez ce calice, vous proclamez la mon du Seigneur jusqu’à ce qu'il vienne. Si quelqu'un manque de respect quand il mange le pain ou boit le calice du Seigneur, il pèche contre le corps et le sang du Seigneur; Que chacun donc s'examine avant de manger le pain et boire le calice. Car s'il ne reconnaît pas le Corps, il mange et boit sa propre condamnation " (1 Co 11, 26-30).

Par ces paroles, saint Paul nous invite à réaliser le sérieux de la communion. Celle-ci suppose un acte de foi dans la réalité de la présence du corps ressuscité du Seigneur qui se donne à nous par amour. Elle nous engage aussi à demeurer en communion avec le Christ dans toute notre vie et à le servir dans nos frères.

3. Considérations finales

Comme au temps de Jésus, aujourd'hui encore beaucoup de gens doutent de la présence réelle du Christ dans le pain et le vin eucharistiques. Ils se demandent : Comment cela peut-il se faire ? Est-il possible à notre intelligence d’accepter une chose pareille ?

C'est vrai, notre intelligence humaine n'est pas capable de capter cette présence mystérieuse, mais réelle, du Christ dans l'Eucharistie. Ce n'est qu'avec les yeux de la foi que nous pouvons expérimenter cette présence réelle et intime du Christ.

La présence du corps du Christ dans le pain et le vin eucharistiques n'est pas une présence physique, c’est-à-dire une présence matérielle de son corps biologique, comme si l'on pouvait dire : “ Jésus est ici, assis à table, à côté de moi N’oublions pas que le corps du Christ, après sa mort et sa résurrection, est pour toujours un corps glorifié, un corps transformé, céleste, qui se fait réellement présent parmi nous dans le pain et le vin consacrés. C’est une présence réelle du corps du Christ ressuscité. Pas une présence matérielle du Christ, mais une présence terrestre de son corps glorifié.

Autrement dit : à travers un geste visible (manger et boire le pain et le vin eucharistiques) le croyant participe à une réalité invisible mais réelle, car il entre réellement en communion avec le Christ ressuscité et glorifié. C'est un sacrement, c'est-à-dire un signe externe qui contient une réalité surnaturelle.

Dans la Cène du Seigneur (la Sainte Messe) notre foi nous mène à recevoir comme corps et sang du Christ quelques aliments qui ne semblent être que du pain et du vin. Mais c'est à travers ces signes sacrés ou sacrements que le Christ devient réellement pour nous nourriture et vie.

La communion eucharistique est le cœur de la vie de l'Église, car l'Église est avant tout famille, communion. C’est là que nous pouvons expérimenter, déjà sur cette terre, notre “ commune union " (communion) avec le Christ et entre nous. Et c'est pourquoi chaque dimanche et même chaque jour les chrétiens se rassemblent pour célébrer ce mystère de la foi.

4. Les différents noms de l’Eucharistie

Il y a plusieurs noms pour désigner ce sacrement, mais la signification est toujours la même :

Eucharistie : parce qu’il est “ action de grâce ” à Dieu. Le mot grec “ eucharistein " (Lc 22, 19 et 1 Co 11, 24) rappelle les bénédictions que faisaient les Juifs lors du repas pascal pour remercier Dieu à cause de ses merveilles. C'est au cours de cette prière d'action de grâce que Jésus a institué le sacrement de son corps et de son sang.

Cène ou Banquet du Seigneur : Car il s'agit de la Cène que Jésus prit avec ses disciples la veille de sa passion (1 Co 11, 20).

Fraction du pain : C'est le nom utilisé par les premiers chrétiens. Il fait référence au geste de Jésus lors de la dernière cène, lorsqu'il rompit le pain et le partagea à ses apôtres en disant : “ Ceci est mon corps livré pour vous " (Mt 26, 26 ; 1 Co 11, 24 ; Ac 2, 42 ; 20, 7-11).

Communion : Car c'est par ce sacrement que nous nous unissons au Christ qui nous partage son corps et son sang pour que nous ne formions qu'un seul corps en communion avec nos frères et sœurs (1 Co 10, 16- 17).

Saint Sacrifice du Christ : Parce que ce sacrement est la réactualisation pour nous, ici et maintenant, de la Rédemption accomplie par le Christ, une fois pour toutes, dans l'unique sacrifice de la croix.

Nous nous unissons à l’offrande du Christ pour la gloire de Dieu et le salut du inonde. C'est le “ Sacrifice de louange ” (Ac 13, 15), le “ Sacrifice spirituel ” (1 P 2, 5).

Sainte Messe : Le mot messe vient du mot latin missio qui veut dire envoi. La célébration eucharistique se termine avec l’envoi en mission des fidèles : “ Allez dans la paix du Christ ". En choisissant ce terme, on veut insister sur le fait que la communion au corps et au sang du Christ doit se prolonger dans notre vie quotidienne.

Pour réfléchir

1. Jésus est-il le pain de la vie ?

2. Comment certains “ évangéliques ” interprètent-ils le texte de Luc 22, 19 ?

3. Et nous catholiques, comment l’interprétons-nous ?

4. Est-ce que Jésus nous invite à manger son corps ?

5. À quel moment Jésus nous a-t-il demandé de manger le pain de vie ?

6. Comment les trois synoptiques présentent-ils la dernière Cène ?

7. Jésus, en parlant de sa présence dans l’Eucharistie parlait-il de manière réelle ou symbolique ?

8. Que nous dit Paul au sujet de la communion ?

9. Le Christ est-il vraiment présent parmi nous ?

Père Carlos Orduna Diez
Clerc de Saint Viateur
1999

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Une voisine me racontait qu’un jour elle reçut la visite d'un monsieur très poli. Avec un grand sourire, cet homme proposa à la famille l’achat d'une série de beaux livres de culture générale. Il parlait très bien, sur plusieurs thèmes... mais, à la fin, il sortit le thème religieux en disant que le

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D'où vient, à ce moment-là, la signification du samedi en tant que “ septième jour " consacré à Dieu ? Voici ce que nous lisons dans la Bible : “ C’est ainsi que le ciel et la terre et tout ce qu'ils contiennent furent achevés. Au septième jour, Dieu avait achevé son travail et il se reposa en ce septième jour après tout le travail qu'il avait fait. Dieu bénit le septième jour et il en fit un jour saint, parce que, ce jour-là, Dieu s’était arrêté de travailler, après toute cette création qu'il avait faite ” (Gn 2, 13). “ En six jours, Yahvé fit le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, et il s'est reposé le septième jour. C'est pour cela que Yahvé a béni ce jour de sabbat et l’a rendu saint ” (Ex 20, 1).

“ Durant six jours, tu serviras et tu feras tout ton travail, mais le septième jour est un repos en l'honneur de Yahvé ton Dieu ” (Dt 5, 13- 14).

À travers ces textes, nous remarquons que le mot sabbat (repos) avait pour les Israélites de l'Ancien Testament un nouveau sens, un sens religieux. Le sabbat leur rappelait la création de Dieu en six jours avec le repos du septième jour ; et ce dernier jour était consacré à Dieu. L’homme qui, par son travail, imite l'activité du Créateur, doit aussi imiter, par son “ repos “ (“ sabbat ") du septième jour, le repos sacré de Dieu (Ex 31, 13).

C'est ainsi que le sabbat (samedi) devint pour les Israélites l'une des pratiques les plus importantes et caractéristiques. La circoncision et l'observance du sabbat étaient devenus les signes qui distinguaient le peuple d'Israël des peuples environnants. Et tout au long de l'histoire de l'Ancien Testament, le peuple d'Israël demeura fidèle à ces deux signes distinctifs.

Avec le temps, la pratique du repos du sabbat (samedi) fut assumée par la loi juive de façon très stricte, avec 39 prohibitions concernant le travail : il était défendu de ramasser du bois (Nb 15,32) ; de préparer des aliments (Ex 16, 23) ; d'allumer du feu (Ex 35, 3), etc.

Petit à petit, l'observance du sabbat devint une observance scrupuleuse. Les prophètes de l’Ancien Testament lancent une dure critique contre la pratique légaliste du sabbat qui avait fait des Israélites un peuple sans dévotion intérieure (Os 1, 13 et Os 2, 13).

2. Est-ce que Jésus observait le sabbat ?

Jésus n'a pas supprimé explicitement la loi du Sabbat. Lui, le jour du sabbat, allait à la synagogue et profitait de l’occasion pour annoncer l’Évangile (Lc 4, 16). Mais Jésus, à l’instar des prophètes, s'attaquait au rigorisme formaliste des pharisiens et des maîtres de la loi : “ Le sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat " (Mc 2, 27). Pour Jésus, le devoir de la charité passe avant l'observance matérielle du repos du sabbat ; c'est pourquoi il faisait des guérisons en ce jour, alors que c'était défendu. (Mt 3,1-6 ; Lc 14, 1-6 ; Lc 6, 1-5). De plus, Jésus proclame son pouvoir sur le sabbat en disant : “ Le Fils de l'homme est le Seigneur du sabbat " (Mc 2, 28). Autrement dit, Jésus est le maître du sabbat (Lc 6, 1-5).

Évidemment, la mentalité légaliste des pharisiens fut violemment choquée par cette nouvelle façon d'observer le Sabbat.

Et ce fut l'une des plus graves accusations contre Jésus (Jn 5, 9). Mais celui-ci savait qu'en faisant le bien le jour du sabbat, il était en train d'imiter son Père qui continue de régir le monde et de vivifier les hommes. “ Mon Père est encore au travail, alors moi aussi je travaille " (Jn 5, 17).

L’attitude de Jésus face au jour du sabbat nous apprend qu’il a agi en toute liberté d’esprit face à cette loi. Cette observance du sabbat étant pour lui quelque chose de “ secondaire ”, il ne l'a pas considérée comme un point essentiel de sa prédication. Jésus dit clairement qu'il n’était pas venu supprimer la loi mais lui donner sa véritable signification " (Mt 5, 17). Il ne s'agit donc pas d’accomplir la loi au pied de la lettre, mais de faire évoluer cette loi vers sa perfection.

3. La résurrection du Christ

L’argument fondamental de l'option pour le dimanche au lieu du samedi provient de la Résurrection du Seigneur. Les quatre évangélistes sont d'accord pour dire que la Résurrection du Christ eut lieu le “ premier jour de la semaine ", ce qui correspond à notre dimanche (Mt 28, 1 ; Mc 16, 2 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1 et 10). L’événement de la Résurrection du Christ un dimanche fut pour les disciples un fait hautement significatif et devint des lors le centre de la foi chrétienne.

Il y a deux raisons fondamentales pour célébrer ce jour de la Résurrection

Avec sa Mort-Résurrection, Jésus commença une Nouvelle Alliance et mit fin à l'Ancienne. Lors de la dernière Cène. Jésus proclama : “ Cette coupe est la Nouvelle Alliance scellée dans mon sang, qui va être versé pour vous " (Lc 22, 20). Les disciples se rendirent compte progressivement que, dans cette Nouvelle Alliance, la foi de Moïse et ses pratiques allaient prendre un autre sens.

La Mort-Résurrection du Christ signifiait aussi pour les premiers chrétiens la Nouvelle Création, puisque Jésus a atteint le sommet de son œuvre, sa Mort-Résurrection, justement le dimanche, qui deviendra désormais le “ jour du Seigneur".

Nous aussi, nous avons reçu la promesse d'entrer avec le Christ dans ce repos (He 4, 1-16).

Alors, le dimanche, “ le jour du Seigneur ", devient le véritable jour de repos, où les hommes se reposeront de leurs fatigues à l’instar de Dieu qui se reposa de ses travaux (He 4, 10 ; Ap 14, 13).

Dorénavant, le centre de la foi des chrétiens est le Christ ressuscité et glorifié. C'était donc tout à fait logique pour eux de célébrer le dimanche comme “ jour du Seigneur ", comme jour de la “ Nouvelle Création ” (cf. Is 2, 12).

4. La pratique des premiers chrétiens

Les premiers chrétiens continuèrent d’abord à observer le sabbat et ils profitaient des réunions sabbatiques pour annoncer l’Évangile dans le milieu juif (Ac 13, 14). Mais bientôt, le premier jour de la semaine (dimanche) devint le jour du culte pour la primitive Église. “ Le premier jour de la semaine, étant tous réunis pour la fraction du pain. . . ” (Ac 20, 7). Nous savons que l'expression “ fraction du pain ” désignait à cette époque-là la célébration de l'Eucharistie. Nous voyons donc que les premiers chrétiens faisaient leur rencontre eucharistique les dimanches, comme nous le faisons aujourd'hui.

5. Ce que nous enseigne l’apôtre Paul

Jésus avait déclaré que son intention “ n'était pas d'abolir mais de parfaire la Loi ” (Mt 5, 17). Saint Paul va développer cette même idée dans ses lettres : “ Le Christ est le but de la Loi ” (Rm 10, 4). Ainsi, pour l'apôtre la plénitude de la Loi ne consiste pas en l’observance de la lettre de cette Loi, mais dans la foi en Jésus-Christ. Paul dit que “ La Loi nous conduisait à l’école, celle du Christ ” (Ga 3, 24) et c'est avec le Christ qu'une Nouvelle Alliance a commencé (1 Co 11,25).

L'Apôtre Paul eut à discuter à propos du “ jour du Seigneur ”. Au début, il avait l'habitude de prêcher pour les juifs le jour du Sabbat, dans la synagogue ; mais lorsque ceux-ci refusèrent son enseignement, il se tourna vers les gentils (non-juifs). Dans cette ambiance non-juive, Paul n'accordait pas d'importance aux coutumes juives telles que la circoncision, le sabbat et autres. Paul se réunissait avec les nouveaux croyants le premier jour de la semaine et ce jour-là avaient lieu certaines pratiques que les Juifs avaient l’habitude de faire le jour du Sabbat, par exemple la collecte des aumônes (cf. 1 Co 16, 12).

Cette attitude en faveur des gentils convertis provoqua une forte discussion dans l’Église.

Ensuite, cette affaire fut traitée lors du Concile de Jérusalem avec les apôtres et les anciens de la primitive Église.

C'est là que la décision de ne pas imposer aux Gentils convertis les coutumes et pratiques juives, fut prise (cf. Ac 15, 28-29).

C'est pourquoi Paul écrit aux Colossiens : “ Donc, que personne ne vous critique pour ce que vous mangez et buvez ou parce que vous n'observez pas une fête, ou une nouvelle lune ou le sabbat “ (Col 2, 16). Il critique aussi ceux qui s'entêtent à donner trop d’importance à tel ou tel jour : “ Vous allez donc de nouveau en être esclaves ? ”.

“ Et vous allez observer tel et tel jour, et la nouvelle lune, et cette période-ci et cette période-là. .. ” (Ga 4, 9-10). Paul insiste : il faut éviter ces polémiques stériles et donner de l’importance à l’essentiel, qui est l’Amour (cf. Col 13).

6. Considération finale

Il n’y a pas de doute que les premiers chrétiens ont sanctifié le dimanche comme “ jour du Seigneur ". Cette pratique trouve pleinement son fondement dans la Bible. Nous respectons le fait que les juifs célèbrent le Sabbat selon les indications de l'Ancien Testament. C'est en accord avec leur religion. Mais ces groupes chrétiens qui s'attachent à l’observance du samedi - et non pas du dimanche - n’ont pas bien lu, à notre avis, toute la Bible, puisqu’ils restent figés sur une pratique de l'Ancien Testament, refusant de suivre son accomplissement dans le Nouveau Testament. Et si cela arrive, c'est peut-être parce qu'ils ont tendance à interpréter la Bible de façon littérale et partielle, oubliant que Jésus est venu compléter et parfaire l'Ancien Testament.

Nous croyons donc être tout à fait dans la ligne biblique, en célébrant le dimanche comme jour de repos consacré au Seigneur, “ le jour du Seigneur ". Alors, comme le dit Saint Paul : la distinction samedi, dimanche ne pourrait-elle pas être atténuée en tenant compte du fait que, par exemple, en Actes 20, 7 ; la réunion pouvait se tenir le soir et la nuit du samedi, les jours, pour les Juifs, commençant au coucher du soleil de la veille ? Les catholiques en gardent des traces : veillée pascale, messes dominicales anticipées. “ Tout cela (ces observances) n'était que des ombres de la réalité qui devait venir, la personne du Christ ” (Col 2, 17).

Il y a des groupes qui insistent sur la question du samedi comme si c'était le point le plus important de la Bible !

Ils invitent certains catholiques à lire dans la Bible des textes isolés de l'Ancien Testament où Dieu appelle le peuple juif à sanctifier le sabbat et tirent comme conclusion : “ Vous voyez, même dans votre Bible catholique, Dieu demande d'observer le samedi... Ne voyez-vous pas votre erreur ? " Ce genre de raisonnement abuse de la Bible et de la bonne foi des gens...

Ne restons donc pas figés à l'Ancien Testament et ne soyons pas esclaves des phrases bibliques isolées de leur contexte. L’évolution entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament a été voulue par Dieu et nous l’acceptons ; comme nous acceptons aussi Jésus, Maître et Seigneur de l'histoire, car la réalité présente a dépassé les signes qui la préfiguraient et qui l’annonçaient. Voilà pourquoi nous sanctifions le dimanche comme jour du Seigneur.

Pour réfléchir

1. Quel est l’enseignement des Adventistes sur l’observance du Sabbat ?

2. Que nous dit la Bible dans l’Ancien Testament ?

3. Comment les premiers chrétiens son!-ils passés du samedi au dimanche ?

4. Y a-t-il une évolution entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament ?

5. Jésus a-t-il considéré l’observance du samedi comme quelque chose d’essentiel ?

6. Que nous dit Jésus en Marc 2, 28 ?

7. Pourquoi, nous les catholiques, observons-nous le dimanche ?

8. Quelle fut la pratique de Saint Paul ?

1. "Lorsque Je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes". Tu as dit un jour cette Parole surprenante, Seigneur, et Tu m'as attiré vers Toi par l’action de ton Esprit, et je viens me prosterner devant Toi "Mon Seigneur et mon Dieu".

2. L'Eucharistie est vraiment le rappel quotidi

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