Un jour, j'ai rencontré, dans une cité universitaire, un groupe de mes anciens élèves. Lorsqu’ils étaient au collège, on les avait préparés au baptême et je les avais baptisés.

Ma surprise fut grande de constater que l'un d'eux, fervent chrétien lorsqu'il était au lycée, avait adhéré à une secte pseudo-chrétienne et était devenu assez hostile à l’Église. Il me disait, entre autres choses : “Seul le Christ sauve... Les Églises ne sauvent pas... Tous les chemins mènent à Dieu... Tout le monde va vers Lui par des chemins différents. Peu importe une religion ou l’autre...“

Je lui ai dit mon étonnement, parce qu'il ne ressemblait plus au garçon intelligent et connaisseur de la Bible que j’avais connu, et je ne comprenais pas comment il pouvait affirmer ces demi-vérités. “C’est vrai, lui dis-je, que Jésus est le Seigneur, le Sauveur mais de là à penser que l'Église n’a aucune importance."

Nous ne pouvons pas nier que Jésus a lui-même fondé son Église sur la pierre ou rocher qu'est l'apôtre Pierre ; en plus, Jésus remit à Pierre les “clés du Royaume pour lier et délier sur terre". Ce n'est pas une invention, c'est bien écrit dans la Bible.

J’ai donc invité mon ami à lire le texte de l’Évangile de Saint Matthieu 16, 13-19. C’est le passage biblique où l’apôtre Simon-Pierre proclame que “Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant". Jésus félicite Pierre pour cette confession de foi, car vraiment, cette foi vient de Dieu. Ensuite, Jésus dit à Pierre quelque chose de très important : “Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les forces de mon ne l'emporteront pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux. Tout ce que tu lieras sur terre sera lie dans le ciel, et ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux".

1. Qu'est-ce que Jésus a voulu dire à Pierre ?

1. Jésus donne à l'apôtre Simon un nouveau nom : Pierre (Dans le texte original grec on emploie le terme Petros qui veut dire en français rocher, caillou). Cela veut dire que l'apôtre Simon aura la fonction d’être la Pierre, le Rocher sur lequel l'Église du Christ sera fondée. C'est ainsi que Pierre fut désigné par Jésus pour être la base visible de son Église sur terre.

2. Jésus donne aussi à Pierre autorité pour lier et délier. Pour les Juifs, les termes lier et délier signifient le fait de déclarer ce qui est défendu et ce qui est permis. Ainsi donc c'est à Pierre que revient la responsabilité de déclarer ce qui est permis ou non dans l'Église du Christ.

3. Les forces de mort (du démon, du mal) ne pourront pas l’emporter sur l'Église du Christ ; elles auront beau essayer de l'enfoncer, elles n'y parviendront pas.

2. Quelles sont les significations du mot rocher ?

Mon ami me répliqua que je ne lisais pas bien la Bible car selon lui, “le seul rocher c'est Jésus et pas un autre”.

Nous nous sommes mis à relire le texte : “Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église” (Mt 16, 18). C'est un texte très clair où il est dit que Pierre est le rocher sur lequel Jésus bâtira son Église. J'ai dit à mon ami que s'il est vrai qu'ailleurs dans la Bible il est écrit que Jésus est le rocher, la pierre de fondation en dehors de laquelle il n'y a pas d'autre base, dans ces passages, le mot pierre a une toute autre signification.

Voyons trois exemples :

1. “Et tous ont bu la même boisson spirituelle car ils buvaient d'un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ” (1 Co 19, 4).

2. “On ne peut pas poser une pierre de fondation autre que celle qui est déjà là : Jésus-Christ” (1 Co 3, 1).

3. “Voici que je pose en Sion une pierre choisie, une pierre d'angle de grand prix. Quiconque s'appuie sur elle ne sera pas déçu” (1 P 2, 4-8).

D'après ces textes, le Christ est la Pierre vivante, la base de la foi, la Pierre de la plus grande valeur pour tous ceux qui croient : “Et nous croyants, nous sommes devenus pierres vivantes devant entrer dans la construction de cet édifice spirituel" (1 P 2, 4).

Or, dans ces textes, Jésus est le Rocher spirituel, Pierre de fondation pour ceux qui croient, la Pierre angulaire du temple spirituel. Alors qu’au moment où Jésus choisit Pierre comme Rocher de l’Église, il ne se réfère pas à une pierre spirituelle mais à la pierre visible de son Église sur terre. Voilà donc la différence.

3. Aujourd'hui, qui est Pierre ?

“Mais ce que Jésus dit de Pierre n'est pas valable pour les Papes de Rome", continua mon ami.

Si l'on médite bien la Bible, lui dis-je, personne ne peut nier que déjà dans l'Ancien Testament Dieu avait voulu que son peuple ait un centre visible : Jérusalem, le mont Sion ; et en plus, le peuple de Dieu s'était regroupé autour des Rois, fils de David. Lorsque Dieu choisit David comme premier roi d'Israël, il lui promit que ses fils, ses successeurs, seront toujours à la tête du royaume (cf. 2 S 7, 16). Et cette promesse se vérifia en Jésus : “Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob et son règne n'aura pas de fin” (Lc 1, 32-33).

Or, Jésus choisit Pierre afin qu’il soit pour toujours la base visible de son Église. Après la mort de Pierre, ses successeurs (les Papes) ont, l'un après l'autre, pris la tête visible de l'Église. De même que Pierre fut la tête visible pour les apôtres et pour l’Église primitive, ainsi le Pape est aujourd’hui la tête visible de l'Église du Christ.

Jésus savait très bien que, pour maintenir l'Église tout au long des siècles, il était nécessaire d’avoir une autorité visible, capable de déterminer qui appartient ou non au groupe des croyants, et de savoir comment la foi en Christ et les exigences de l'Évangile doivent être comprises. S'il n’y avait pas cette autorité visible, l’Église du Christ éclaterait facilement en petites églises, ce qui ne semble pas être la volonté de Jésus. Le Christ nous appelle à ne former qu'une seule Église et non pas à nous perdre dans une multitude de dénominations. Car le Seigneur n'a fondé qu'une seule Église et a prié avec ferveur pour l’unité de tous les croyants. Voici la prière de Jésus : “Père Saint, garde-les en ton Nom, (celui-là même) que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous ” (Jn 17, 11).

Jésus ajouta aussi la promesse de ne jamais abandonner ses apôtres et son Église : “Je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps” (Mt 28, 20). Il y a ici un engagement clair et définitif de Jésus envers son Église.

L’Église est celle du Christ parce qu'elle est catholique, c'est-à-dire pour tous les hommes de tout pays et de tout temps, et parce qu’elle est apostolique, c'est-à-dire fondée sur les apôtres de Jésus. L'Église catholique a conscience d'être restée fidèle et unie à leurs légitimes successeurs, les évêques, durant deux mille ans. Le maintien de cette unité et de cette continuité, malgré les faiblesses et erreurs de ses membres au long de l’histoire, a été quelque chose d'unique et de providentiel.

Il en coûte à certains chrétiens de demeurer en communion avec le Pape et ils pensent qu’il est plus pratique de créer de nouvelles Églises réformées à côté de l'Église catholique. C'est ce qui est toujours arrivé tout au long de ces deux mille ans et c'est de là que sont nées les séparations, les schismes, dont certains durent encore aujourd’hui.

Or l'Église fondée sur Pierre et les autres apôtres est dans son ensemble la seule à pouvoir affirmer, malgré ses péchés, sa fidélité aux enseignements du Seigneur depuis sa fondation par Jésus jusqu’à ce jour.

Lorsque, acculés par les sectes, nous sommes tentés de quitter l'Église, nous ne pensons sûrement pas à toutes ces choses. Nous ne pensons pas à la Tradition apostolique de l’Église à laquelle nous renonçons : nous ne pensons pas à ce que Jésus a dit à Pierre : nous ne pensons pas non plus aux sacrifices et à la générosité des missionnaires qui ont porté la foi et à ceux qui, avec dévouement nous l’ont transmise. Soyons fiers de notre foi et remercions Dieu notre Père de nous avoir appelés à faire partie de cette Église fondée par Jésus qui doit devenir de plus en plus “une, sainte, catholique et apostolique".

Pour réfléchir

1. Que dit Jésus en Matthieu 16, 13-19 ?

2. Qu’est-ce que Jésus dit à Pierre ?

3. Que signifie le pouvoir de “lier et délier” ?

4. Que signifie le mot "rocher" appliqué à Pierre ?

5. Qui est Pierre aujourd’hui ?

6. Qu’arriverait-il si dans l’Église Catholique il n’y avait pas une autorité visible ?

7. Quelle est la cause des divisions et subdivisions parmi certaines Églises chrétiennes ?

8. Quelle garantie d’unité nous donne la communion avec le successeur de Pierre, le Pape ?

Père Carlos Orduna Diez
Clerc de Saint Viateur
1999

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1. Comme Marie de Béhanie, je viens m’agenouiller devant Toi, Seigneur, pour T’adorer, et m’asseoir devant Toi simplement pour demeurer près de Toi, me rendre présent à ta Présence, mystérieuse et tellement réelle.

2. L’Eucharistie n’est pas seulement le sacrement de ton Sacrifice, ni celui de la Vie qui doit grandir en nous, mais au

...

Dans ce chapitre, nous allons répondre à trois questions qui nous sont souvent posées par nos frères chrétiens d’autres confessions :

* Pourquoi les catholiques disent-ils que Marie est restée toujours Vierge ?

* Pourquoi disent-ils que Marie est l’Immaculée Conception, c’est-à-dire qu'elle est née et a vécu “ sans péché ?

* Pourquoi disent-ils

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En employant cette image, l’Évangile indique que Marie devient la demeure de Dieu. L’Esprit Saint, vient, non pas sur le Fils, mais d'abord sur Marie : elle concevra par l'Esprit Saint, sans intervention humaine. La conception de Jésus en Marie est une conséquence et l'expression, sur le plan biologique, de cet acte de foi, unique dans l'histoire, par lequel elle a reçu sans réserve la Parole unique et éternelle du Père.

L'évangéliste Luc utilise le mot vierge deux fois. Pourquoi ne dit-il pas : “ une jeune fille " ou “ une jeune femme ” ? C'est pour faire écho aux prophètes qui affirmaient que Dieu serait accueilli par la “ Vierge d'Israël ". Pendant des siècles, Dieu avait enduré les infidélités de son peuple et lui avait pardonné ses péchés. Mais lorsqu'Il est venu à nous, le Dieu Sauveur voulait être accueilli par un peuple vierge, un peuple qui soit neuf et tout à Lui. Au temps de Jésus, à la lecture de la prophétie d'Isaïe 7, 14, beaucoup pensaient déjà que le Messie naîtrait d'une mère vierge. Et l'Évangile nous dit : Marie est la “ vierge ” qui donne jour au Messie.

Il fallait que soit vierge celle qui, dès le début, avait été choisie par Dieu pour accueillir son Fils dans un acte de foi parfaite. Celle qui allait donner à Jésus son sang, ses traits héréditaires, son caractère, sa première formation, devait avoir grandi à l'ombre du Tout-puissant, ayant fait de toute sa vie un don sans réserve au Dieu vivant.

Avant la visite de l’ange, Marie se proposait-elle de demeurer vierge ?

L'Évangile ne donne aucune autre précision que la parole de Marie : “ Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d'homme ? ” (Lc 1, 34), ce qui dans la Bible signifie : “ Je n'ai pas de relations avec un homme ".

Rappelons que Marie avait été donnée en mariage à Joseph (Lc 1, 27) et que, selon la Loi juive, les fiançailles donnaient déjà tous les droits de la vie conjugale, même s'ils ne vivaient pas encore sous le même toit (Mt 1, 20).

Dans ces conditions, la question de Marie : “ Comment aurai-je un enfant puisque je n'ai pas de relations avec un homme " (Lc 1, 14) n'aurait aucun sens si Marie n'était pas décidée à rester vierge pour toujours. Marie était l'épouse légitime de Joseph. Si ce couple voulait avoir des relations conjugales normales, l’annonce de l'ange concernant la maternité de Marie ne pouvait lui poser aucun problème. Cependant, Marie manifeste sa difficulté.

Cette question de Marie semble indiquer qu'elle se proposait de demeurer vierge. Une telle décision semble surprenante chez une jeune fille juive, car la mentalité d'Israël mettait au premier plan la fécondité et n’accordait pas de valeur religieuse à la virginité. Pour Joseph cependant, accepter cette situation n'était pas chose impensable. Car à cette époque, chez les Juifs, certains Esséniens vivaient le célibat, attendant ainsi l’imminente arrivée du Messie. D'autre part, le célibat ou la virginité à vie n'était pas possible aux femmes. Selon la coutume juive, une femme appartenait nécessairement a un homme soit à son père, soit à son mari, soit à son fils aîné si elle était veuve. Marie était donc déjà la femme de Joseph et elle ne pouvait pas refuser cet engagement matrimonial imposé, même si elle voulait garder la virginité. C'est pourquoi elle avait accepté cet engagement de rester vierge en accord avec Joseph.

Nous pouvons conclure que ce texte biblique paraît favorable à la volonté de Marie de rester vierge.

Marie est-elle restée vierge après la naissance de Jésus ?

Nous lisons dans l’Évangile : “ Joseph ne connut pas Marie jusqu'à ce qu’elle ait mis au monde son fils ” (Mt 1, 25). N'est-ce pas dire qu'il eut des relations avec elle après la naissance de Jésus ? Par ailleurs nous lisons : “ Marie mit au monde son fils premier-né ” (Lc 2, 7). N'est-ce pas dire que Marie eut d'autres enfants ?

À notre avis, ces deux textes ne sont pas la preuve que Marie et Joseph ont eu des relations conjugales après la naissance de Jésus, ni que Marie a eu d'autres enfants.

Matthieu veut seulement dire : Marie était vierge quand Jésus est né. Mais il ne veut pas dire qu'après elle n'est pas restée vierge. De même, quand Luc emploie l’expression “ fils premier-né " il ne veut pas dire qu'après Jésus, Marie eut d'autres enfants, car, chez les Juifs, même un fils unique était appelé “ fils premier-né". En effet, ce titre signifiait que le garçon était, de droit, consacré à Dieu. Ce que Marie fera 40 jours après la naissance de Jésus (Lc 2, 22-23).

D'après une tradition qui remonte au début de l'Église, nous croyons que Marie est restée vierge avant la visite de l'ange, pendant la conception de Jésus et après la naissance de Jésus, mais l’Évangile n'est pas explicite sur ce point. Cependant, comment penser qu’après avoir été ainsi aimée, visitée par Dieu pour qu’en elle se réalise son alliance définitive avec l’humanité, elle ait pu se replier sur un amour humain, et se donner à un autre, cet autre fût-il Joseph, parfait serviteur de Dieu ? Il est vrai que l'Évangile parle des “ frères de Jésus ” (Mc 3, 31), mais nous avons déjà expliqué ce point au chapitre 7.

Considération finale

Marie n'exprime pas les motifs de son choix de la virginité, mais tout ce que Luc laisse entrevoir dans l'âme de Marie suppose qu’elle avait des motifs élevés. Par l’intermédiaire de l'ange, elle est traitée par Dieu comme “ Aimée de Dieu ", “ Comblée de grâce ", “ Le Seigneur est avec elle". Et Marie veut être sa “ servante ” exprimant ainsi sa disponibilité pour que naisse d'elle celui qui est à la fois “ le serviteur ” annoncé par les prophètes (Is 42, l ; 50, 1 ; 52, 13) et “ le Fils " (He 1).

La virginité de Marie semble ainsi une consécration, un don d’amour exclusif au Seigneur. Avec le “ oui “ de l’Annonciation : “ Que tout se passe pour moi selon ta Parole ", Marie se consacre totalement et exclusivement au plan de Dieu.

Martin Luther affirme en 1546 que Marie est vierge avant de concevoir Jésus et qu'elle l’est après la naissance de Jésus. Les premiers Réformateurs, à la suite de Luther et de Zwingli, croyaient en la virginité perpétuelle de Marie, alors que beaucoup de Protestants, aujourd’hui n’y croient plus. Pourquoi ?

Pour réfléchir

1. Que pensaient Luther et les premiers Réformateurs au sujet de la virginité de Marie ?

2. Que pensent aujourd’hui la plupart des protestants au sujet de la virginité de Marie ?

3. Comment s’est réalisée la conception de Jésus ?

4. Comment fut annoncée la venue du Messie ?

5. Quelles prophéties se sont accomplies en Marie ?

6. Quel sens donnait Marie à sa virginité ?

7. Pourquoi s'est-elle engagée dans le mariage alors qu’elle se proposait de ne pas avoir d'enfants ?

8. Jusqu'à quel point Marie s'est-elle soumise au plan de Dieu ?

9. Comment faut-il interpréter Matthieu 1, 25 et Luc 2,7 ?

10. Comment faut-il interpréter les textes qui parlent des “frères de Jésus " ?

2. Comment comprendre l'Immaculée Conception de Marie ?

Saint Paul dit : “ Tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu " (Rm 3, 23). Pourtant, selon la foi catholique, Marie, la mère de Jésus, en vertu d'une grâce exceptionnelle, n'a jamais connu le mal, ayant été conçue sans être marquée par le péché originel. C’est cette immunité absolue qui est appelée “ Immaculée Conception". Au-delà du caractère en quelque sorte négatif de cette définition, ce que l'Église entend affirmer c'est l’exceptionnelle sainteté de Marie, qui n'a jamais refusé à Dieu la plus petite preuve d'amour.

Cette foi s’appuie sur une très ancienne tradition de l'Église, qui trouve elle-même son fondement dans la salutation de l’archange Gabriel à Marie : " Salut, pleine de grâce ” (Lc 1, 28).

Nous appelons “ grâce ” ce pouvoir que Dieu a pour guérir notre esprit, pour le disposer à croire, et pour que le geste d’amour vrai naisse spontanément de nous. Nous appelons “ grâce ” tout ce qui a son origine dans le Dieu vivant, mais doit germer sur notre terre (cf. Is 45, 8 ; Ps 85, 11). Marie est vraiment “ pleine de grâce " et Dieu l'a préservée du péché dès l'instant de sa conception. Jésus qui est sans péché ne pouvait pas naître d'une femme qui aurait été souillée par la tache du péché.

Un problème théologique

Les chrétiens ont toujours cru en la parfaite pureté de Marie, la “ toute sainte ”‘, mais le titre d'Immaculée Conception leur posait un problème insoluble : Jésus est le Sauveur de toute l’humanité, dont fait partie Marie ; mais si Marie est toute sainte dès l'instant de sa conception, comment Jésus peut-il être son Sauveur ? Ni saint Bernard, ni saint Thomas d'Aquin, ni saint Bonaventure ne surent résoudre cette apparente contradiction. C'est le théologien anglais Duns Scot (XIIIe siècle) qui réussit à expliquer clairement la question, en reconnaissant à Marie le bénéfice d’une Rédemption anticipée, préservatrice, de la part de son Fils.

L’Immaculée Conception, vérité de foi

En 1854, le Pape Pie IX, en reprenant l’explication de Duns Scot proclama le dogme de l’Immaculée Conception. Par cette déclaration solennelle, cette croyance de tous les chrétiens à travers le monde devint une “ vérité de foi ”.

Quatre ans plus tard, par un concours frappant de circonstances, cette définition allait recevoir, aux yeux du monde catholique, une étonnante confirmation : une fillette illettrée de 14 ans, totalement ignorante du vocabulaire théologique, allait en effet voir la Vierge lui apparaître et se présenter à elle comme étant “ l'Immaculée Conception ” : c'était à Lourdes (France) en 1858 et la fillette s'appelait Bernadette Soubirous. Marie approuvait ainsi la foi des chrétiens en son Immaculée Conception.

Le sens de l’Immaculée Conception

Par le dogme de l'Immaculée Conception, l'Église nous propose de contempler en Marie la parfaite réussite de l’humanité telle qu'elle est voulue par Dieu. Notre modèle est Marie, une jeune fille qui a dit oui une fois pour toutes à Dieu, qui est restée fidèle à sa Parole et n'a jamais cessé d'avoir foi en son Fils.

3. Le sens de l'Assomption de Marie

Le 1er novembre 1950, le Pape Pie XII, après avoir consulté les évêques du monde entier, proclama le dogme de l'Assomption de Marie avec ces mots : “ ...Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ”.

Les chrétiens d'Orient préfèrent parler de la “ Dormition de la Vierge ” et les catholiques de l’“ Assomption de Marie ". La Bible ne dit rien sur cette “ élévation ” de Marie au ciel, mais le souvenir de ce mystère est passé dans la Tradition de l'Église.

Il y a certains textes “ apocryphes ” (non acceptés comme Écriture Sainte par l'Église) qui parlent déjà de l'Assomption, situant l’événement entre 3 et 50 ans après la mort et la résurrection du Christ.

C'est saint Grégoire de Tours, au VIe siècle, qui fait la première formulation théologique au sujet de l’Assomption de Marie.

Voici la conviction de l'Église : puisque le corps du Christ a été formé du corps de Marie, il est normal que le corps de Marie partage la gloire du corps du Christ ressuscité sans connaître la décomposition du tombeau. Parce qu'elle a été sa Mère, Marie a été très unie à Jésus, le Sauveur de tous les hommes. Alors, il convenait qu’après sa vie sur la terre, Marie jouisse du fruit complet de la rédemption, en entrant dans la gloire du Christ ressuscité avec son âme, mais aussi avec son corps, c’est-à-dire sa personne tout entière.

En Matthieu 27, 52-53, nous lisons qu'à la mort de Jésus : “ les tombeaux s'ouvrirent, les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent et, sortant des tombeaux après sa Résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs personnes ”.

Ce paragraphe veut dire, en style d'apocalypse, que la mort de Jésus marque l’arrivée du salut définitif. Le Christ ressuscité a rejoint, d'une façon mystérieuse mais réelle, ces multitudes historiques ou préhistoriques qui devaient l'attendre pour entrer dans la vie même de Dieu.

Si cette résurrection-glorification de certains justes de l’Ancien Testament a eu lieu dès l'instant où Jésus nous a sauvés par sa mort sur la croix, alors il est vraisemblable que le Seigneur ait accordé cette même faveur à Marie, sa mère.

Nous croyons avec Paul à la résurrection générale : “ Tous ressusciteront à cause de leur union au Christ, mais chacun à son propre rang : le Christ en premier lieu puis ceux qui lui appartiennent, au moment où il viendra ” (1 Co 15, 23). Mais à la suite de chrétiens des temps immémoriaux, nous croyons que cette résurrection a déjà eu lieu pour Marie, la mère du Christ. Et l’entrée de Marie ressuscitée dans la gloire du Christ, premier-né d’entre les morts, est le signe et le gage de notre propre résurrection.

 

Père Carlos Orduna Diez
Clerc de Saint Viateur
1999