Frères et sœurs, la grâce et la paix du Christ Ressuscité soient toujours avec vous ! Oui ! En cette nuit très sainte, nous célébrons la fête de Pâques. Alléluia ! « Qu’éclate dans le ciel la joie des anges, qu’éclate de partout la joie du monde », tel est le refrain que le cantique pascal entonne pour nous, les louanges de Dieu. Le Christ est ressuscité ! Pâques est pour nous chrétiens un temps de résurrection avec le Christ, pour une vie de foi et de sainteté, une vie selon Dieu.

I. Les Sacrements de l’Initiation chrétienne

Les 7 sacrements sont institués par le Christ. Ils donnent naissance et croissance, guérison et mission à la vie de foi des chrétiens. Nous allons conférer en cette Veillée Pascale, les 03 sacrements de l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie.

Le Sacrement du Baptême est le fondement de toute vie chrétienne, la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements. Par le baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu ; nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l’Église et faits participants à sa mission. L’eau qui coulera sur le front du catéchumène marque le passage de l’ancienne vie de péché, à la nouvelle vie en Christ.

Le sacrement de la Confirmation : La réception du sacrement de la confirmation est nécessaire à l’accomplissement de la grâce baptismale. En effet, par la confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait. Ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et l’action.

Le Sacrement de l’Eucharistie achève l’initiation chrétienne. Comme l’exprime si bien le Catéchisme de l’Église Catholique : « ceux qui ont été élevés à la dignité du sacerdoce royal par le baptême et configurés plus profondément au Christ par la confirmation, ceux-là par le moyen de l’Eucharistie, participent avec toute la communauté au sacrifice même du Seigneur » (n°1322). L’Eucharistie est le mémorial de la mort et de la Résurrection du Christ, le sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité et gage de la gloire futur donnée par le Rédempteur. L’Eucharistie est le cœur et le sommet de la vie de l’Église, la source et le sommet de la vie chrétienne.

Félicitations à tous les catéchumènes qui vont recevoir les 03 sacrements de l’initiation chrétienne à travers toutes nos paroisses. Accompagnons les de nos prières, afin qu’ils soient transfigurés et restent attachés au Christ, pour être « sel, levain, lumière » dans l’Église et dans le monde.

II. Appelés à être des témoins du Christ ressuscité

Bien aimés de Dieu, le vibrant message de l’ange doit résonner dans nos cœurs en cette nuit de Pâques : « Soyez sans crainte…vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité ». Un messager céleste, comme à la naissance du sauveur, annonce la résurrection du Christ. Le Christ est vraiment ressuscité. La Pâques devient ainsi pour chaque chrétien, un moment de foi, de grand témoignage pour le Christ.

Dans l’épitre aux Romains (6,3-11), Saint Paul rappelle aux chrétiens, que tous les baptisés sont passés par la mort avec le Christ, pour vivre aussi avec lui. Ils sont appelés à mener une vie nouvelle dans le Christ ressuscité. La résurrection du Christ nous dispose intérieurement à lutter contre le mal, et à vivre pour Dieu, dans la fidélité et dans une confiance totale au Seigneur. Paul confirme sa foi en la résurrection du Christ en proclamant : « Vous êtes ressuscités avec le Christ ». Et pour tirer la conséquence de cette affirmation, il invite les chrétiens à sortir de leur tombeau: « Recherchez donc les réalités d’en haut et non celles de la terre qui sont éphémères ». Les réalités d’en haut, sont les aspirations d’une vie qui s’attache à faire le bien, dans un quotidien de foi, d’espérance et de charité. La résurrection du Christ doit avoir un impact sur notre existence. Le Pape Jean-Paul II, à son élection comme Successeur de Pierre, le 22 Octobre 1978, il donnait aux chrétiens cette directive: « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement ». Il est encore temps pour chacun de nous d’ouvrir les portes au Christ ressuscité. « Soyez sans crainte ». La Bonne Nouvelle de la résurrection doit bouleverser nos habitudes passives, et nous pousser à sortir de nos tiédeurs, pour une course au tombeau, comme Pierre et Jean, ou encore Marie Madeleine et l’autre Marie. Il nous revient maintenant de rouler nous-mêmes la pierre du tombeau, pour que le Christ pénètre nos réalités humaines. C’est ce que l’apôtre Pierre réalise. Il ne pouvait plus rester caché, cloué par la peur et le fatalisme, il décide de courir vers la vie, à la rencontre du Christ ressuscité. Le chrétien doit être actif, toujours en mouvement vers un avenir vivifié par la résurrection du Christ.

III. Appelés à ressusciter nos valeurs humaines

Le peuple d’Israël qui marchait dans les ténèbres de la servitude, a travaillé à éradiquer son infidélité envers Dieu, il a œuvré à abroger les mentalités corrompues, pour redécouvrir la lumière libératrice de Dieu (cf. Ex 14, 15). Le peuple d’Israël passa ainsi de l’esclavage à la libération. Saint Paul reconnait que la résurrection du Christ nous fait passer de la mort à la vie, de l’homme ancien à l’homme nouveau. La Pâques nous lance ainsi sur un élan nouveau, celui de bouleverser toutes les structures caduques, pour un renouveau des systèmes. Le Christ nous lance tous dans la reconquête des valeurs humaines. Si sa mort a été pour nous un signe ineffable de son amour pour l’humanité, sa résurrection est une garantie que la vie humaine est sacrée. Le Pape Paul VI interpelle tous les dirigeants sur la manière de valoriser la vie humaine, dans son Encyclique Humanae Vitae, n° 23: « La vraie solution se trouve seulement dans le développement économique et dans le progrès social qui respectent et promeuvent les vraies valeurs humaines, individuelles et sociale. Et l'on ne saurait, sans une grave injustice, rendre la divine Providence responsable de ce qui dépendrait au contraire d'un défaut de sagesse de gouvernement, d'un sens insuffisant de la justice sociale, d'un accaparement égoïste, ou encore d'une blâmable indolence à affronter les efforts et les sacrifices nécessaires pour assurer l'élévation du niveau de vie d'un peuple et de tous ses enfants » . Notre société, en cette nuit de Pâques, doit s’engager à travailler pour un retour d’un Burkina nouveau, ressuscitant toutes les valeurs humaines : respect du prochain, respect de la vie (promouvoir une culture de la vie et non de la mort), intégrité, amour du travail bien fait, solidarité inter-ethnique et interreligieuse, tolérance, fraternité et amour… Car aucune sécurité humaine ne peut se bâtir sans la conquête absolue de ces valeurs humaines et sans un accueil véritable de Dieu.

Demandons au Seigneur, en cette nuit de Pâques, la grâce de vivre avec le Christ ressuscité, pour un plus grand témoignage de foi, d’espérance et de charité, pour une résurrection de nos valeurs humaines, pour une vie nouvelle dans nos familles et dans la société.

A tous et à toutes, bonnes et saintes Fêtes Pascales !

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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