Les médecins – et d’une manière générale les agents de santé – doivent être fidèles à leur vocation de protéger la vie, et en particulier, éviter de coopérer directement à toute action/activité qui entraîne volontairement la mort de l’embryon (avortement, contraceptifs), conformément à la Charte des personnels de la santé [1] et au serment d’Hippocrate : « je ne remettrai pas non plus à une femme un pessaire abortif. C'est dans la pureté et la piété que je passerai ma vie et exercerai mon art » [2].

C’est pourquoi, il leur revient d’éclairer leurs patients ainsi que l’opinion publique et décideurs (ministres, députés, « autorités religieuses, coutumières et civiles », etc.) sur les effets pervers des contraceptifs et de ne pas soutenir leur diffusion en les recommandant, prescrivant, vendant, distribuant ou administrant, selon l’injonction : « Tu ne prendras pas le parti du plus grand nombre pour commettre le mal » (Exode 23, 2). Ils doivent aussi dénoncer le mensonge officiel sur l’efficacité du préservatif dans la lutte contre le VIH/SIDA et les IST, et s’atteler à mieux faire connaître les bienfaits de la chasteté et de la planification familiale naturelle.

Et puisqu’« il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5, 29), il est nécessaire qu’ils désobéissent à la directive du ministère de la santé qui les oblige à prescrire et à administrer des contraceptifs par le seul motif qu’ils travaillent dans l’administration publique. C’est le principe d’objection de conscience qui désigne le refus d'accomplir certains actes allant à l'encontre de ses valeurs religieuses, morales ou éthiques dictés par sa conscience, même lorsque ces actes sont imposés par la loi. C’est un droit fondamental de tout être humain reconnu par la constitution du Burkina Faso (article 7) et par plusieurs traités ratifiés par le Burkina : Déclaration universelle des droits de l’homme (article 18), Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 18), Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (article 8). Bien entendu, tous ceux qui veulent exercer un droit à l’objection de conscience doivent s’attendre à savourer la béatitude d’être persécutés plus ou moins violemment à cause de leur foi (cf. 1 Pierre 4, 14-16 ; Matthieu 5, 11-12).

Notes :

[1] Conseil Pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, Charte des personnels de la santé.

[2] Cf. Serment d’Hippocrate.

 

 

Ouagadougou, le 25 février 2016

Abbé Jean Emmanuel KONVOLBO,

Prêtre catholique
Professeur d’Écriture Sainte et de langues bibliques
Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste de Wayalghin
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Site web : http://konvolbo.org

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