Excellences,
Chers confrères,
Religieux, Religieuses,
Frères et sœurs Fils et filles de l’Église Famille de Dieu à Ouagadougou !

Béni soit Dieu qui nous donne de nous rencontrer en ce jour, pour lui rendre grâce pour ses bienfaits toujours plus manifestes. Une année s’achève et une autre nous lance sur de nouveaux sentiers d’espérance. A l’orée de cette nouvelle année, nos regards sont tournés vers le Christ, l’agneau de Dieu et signe de la miséricorde de Dieu. Nous voulons faire de cette année 2020, un fruit du 4ème Congrès panafricain qui a eu lieu à Ouagadougou du 18 au 24 Novembre 2019.

I. « La Miséricorde Divine, une grâce pour l’Année 2020 »

La miséricorde divine est présente dès le commencement de l’histoire humaine et elle rejoint ceux qui vivent dans la misère. Saint Jean Chrysostome invite les hommes à imiter la miséricorde de Dieu, qui, dans sa nature même est inimitable. Avec le Congrès Panafricain, nous avons approfondi notre connaissance et notre expérience de la Miséricorde Divine, mystère qui est au cœur de la Révélation chrétienne de l’identité de Dieu et qui est un puissant levain de transformation des relations humaines. L’état des lieux sur les problèmes brulants de l’Afrique et Madagascar nous a fait prendre conscience du besoin ardent de la Miséricorde de Dieu dans la vie de l’homme et dans notre Pays en proie à de multiples maux.

Le Congrès nous a investis de ce devoir pastoral, d’enseigner la miséricorde et du devoir chrétien d’être des acteurs de miséricorde. En tant qu’agents pastoraux de l’Archidiocèse de Ouagadougou, je vous exhorte à réveiller les sources de la miséricorde qui dorment dans vos cœurs. En effet, les différentes communications ont présenté les inégalités croissantes des peuples et des populations. Il y a le besoin de créer une sociabilité responsable qui permet de positiver les différences dans un esprit de partage et de cohésion. Nous devons, hélas admettre que beaucoup d’hommes et de femmes connaissent la souffrance et rencontrent la misère. Les inégalités sociales causent des fractures sociales, l’analphabétisme, les conflits militaro-politiques, les violences, le terrorisme, les idéologies du genre, le manque de justice, les manipulations, la corruption sous toutes ses formes, la concurrence déloyale, la migration vers l’Europe.

Les inégalités persistantes entre pauvres et riches, et les différences ethniques et culturelles peuvent être à long terme une bombe qui explosera si nous ne nous engageons dans une application concrète de la miséricorde divine, comme lieu de compassion et de solidarité humaine. Nous lisons dans la Constitution Pastorale Gaudium et Spes au n° 1, l’implication chrétienne dans la vie sociale : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres et surtout de ceux qui souffrent sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur ». Il y a donc nécessité à consacrer cette année nouvelle dans l’expression totale de la Miséricorde divine. C’est pourquoi à l’issue du Congrès, nous pouvons considérer les résolutions déterminantes suivantes :

1. Vivre de l’évangile dans nos familles et dans nos communautés

Conformément à la précision de la Constitution pastorale Gaudium et Spes au n° 44: « Il revient à tout le peuple de Dieu, notamment aux pasteurs et aux théologiens, avec l'aide de l'Esprit Saint, de scruter, de discerner et d'interpréter les multiples langages de notre temps et de les juger à la lumière de la parole divine, pour que la Vérité Révélée puisse être sans cesse mieux perçue, mieux comprise et présentée sous une forme plus adaptée ». Il faut toujours aller en eau profonde, dans la compréhension de sa foi, par une conversion sincère, pour un témoignage de vie de sainteté, et un service loyal des hommes. Il revient aux pasteurs, à tous les agents pastoraux de tracer les sillons d’une vie chrétienne et familiale qui se conforme à l’évangile et qui se nourrit de la miséricorde divine.

2. Semer la miséricorde divine, par la pratique des bonnes œuvres

La miséricorde est fondamentale dans la vie et toutes les dimensions de la vie nous y engagent. Vivant une foi sincère, confiante et manifeste, tous les chrétiens sont appelés à être des semeurs d’espérance à travers les bonnes œuvres. Malgré l’engouement de la pratique religieuse, il y a toujours une dichotomie entre la foi théorique (les dogmes) et la foi pratique (les œuvres). C’est là pour nous de rappeler ce que dit l’apôtre Jacques : « Montre moi ta foi qui n’agit pas, moi c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi » (Jc 2, 18). Pour donner le ton, j’ai initié une collecte de dons pour les déplacés, en ce jour de présentation de voeux. Le jour de Noël j’ai célébré la messe aux AVV à la paroisse de Luinonghin, dans les villages V1 et V7, avec les déplacés. Les déplacés nous montrent le besoin d’une solidarité plus humaine, enracinée dans le partage, dans la compassion. Chaque paroisse et chaque communauté essayera de faire un geste de miséricorde pour les déplacés, selon ses capacités.

3. Pratiquer véritablement le dialogue interreligieux et inter ethnique

Dans le souci d’une quête permanente de la cohésion sociale, un dialogue vrai entre les communautés religieuses et les ethnies, semble primordial. Ce dialogue de miséricorde, d’acceptation et de compréhension mutuelle est impérieux, parce que nous partageons les mêmes espaces de souffrance et d’espoir. Il est temps pour chacun de nous de faire le premier pas vers l’autre, pour parler le langage de la solidarité, et prendre ensemble des initiatives d’un vivre-ensemble rempli de miséricorde.

Chers amis, la vie chrétienne est toujours un combat perpétuel contre le mal, avec l’arme de la miséricorde. Je vous exhorte à prendre cette arme de la miséricorde tout au long de cette année 2020. Sans miséricorde, tout ne serait que discorde, incompréhension et violence. L’arme de la miséricorde devient un Evangile à annoncer, de Bonnes Œuvres à accomplir, et des dialogues fraternels à initier. Dans l’espérance d’un renouveau perceptible, osons travailler avec courage, pour une société marquée de toute part, par la présence chrétienne, et vivant des valeurs de la miséricorde de Dieu. La parole de Dieu de ce jour nous en donne le secret, en présentant l’élément clé : l’oubli de soi.

II. La Parole de Dieu nous invite à un oubli de soi

Depuis hier, l’Évangile nous présente le prophète Jean-Baptiste qui fait montre d’un oubli de soi, pour le Fils de Dieu. Il renonce à sa propre gloire, pour annoncer Jésus. Il refuse de se valoriser, pour faire connaitre davantage le Christ. L’oubli de soi, est une qualité qui caractérise ce prophète et nous permet de centrer nos énergies sur un objectif précis. La première lecture nous apprend à cet effet, que notre vie n’a de valeur que si elle participe à la gloire de Dieu. Le principe de notre existence consiste à faire exister le Christ en l’imitant dans sa sainteté et dans sa droiture. La priorité du chrétien devient un oubli de soi, pour donner le Christ.

Jean-Baptiste, apporte la lumière sur Jésus, il évangélise ceux qui l’écoutent en leur montrant l’idéal des idéaux : « devenir agneau de Dieu ». Lorsque Jean le Baptiste désigne Jésus comme l’« agneau de Dieu », il fait probablement allusion à la sainteté de sa vie. L’agneau de Dieu, de par sa sainteté a pour mission d’enlever le péché du monde. Donnons aux hommes cette année, l’occasion de rencontrer le Christ. Ne soyons pas des obstacles qui empêchent de le voir, de l’entendre et de le suivre. Notre mission en tant qu’agents pastoraux, religieux, religieuses et prêtres, devient prophétique : attirer les hommes au Christ, pour qu’il enlève le péché du monde ! « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » !

A tous et à toutes, bonne année 2020, dans un exercice véritable de la Miséricorde Divine et un don total du Christ au monde, par un exercice pastoral assidu et inlassable ! Dieu bénisse cette année et nous bénisse !

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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