Mgr Laurent  B. DABIRELe 04 mai 2013, a eu lieu l’ordination épiscopale du nouvel Évêque de Dori, Mgr Laurent B. DABIRE, par Mgr François Séraphin ROUAMBA (consécrateur principal), assisté de Mgr Der Raphaël DABIRE et de Mgr Joachim OUEDRAOGO (co-consécrateurs). C’était à Dori en présence des évêques du Burkina et du Niger et de nombreux fidèles venus de Dori et des autres diocèses du Burkina.

C’est sous un soleil de plomb que les fidèles, après avoir prié avec ferveur le Seigneur, ont esquissé des pas de danses au son des tambours et des balafons en guise d’action de grâces et pour manifester leur joie commune d’accueillir le nouveau pasteur de Dori !

Un des appels forts de l’exhortation du consécrateur principal, Mgr Séraphin R., était l’appel à la SAINTETE : « Votre sainteté personnelle, disait encore, le Pape émérite Benoît XVI à ses frères dans l’épiscopat, doit rejaillir au bénéfice de ceux qui ont été confiés à votre sollicitude pastorale, et que vous devez servir. Votre vie de prière irriguera de l’intérieur votre apostolat. Un Evêque est un amoureux du Christ » (AM 100). Il faut qu’il aspire à communiquer cet amour du Christ aux fidèles qui le regardent prier, enseigner et vivre ! L’homélie, ci-dessous, nous en dit long !

Abbé Richard ZANGRE

Secrétaire de l’Archevêque

 

Mgr Laurent DABIREORDINATION EPISCOPALE
DORI 04 05 2013

Homélie de Mgr François Séraphin ROUAMBA (consécrateur principal)

 


Bien chers frères et sœurs en Christ et en humanité,

 

Je voudrais de tout cœur souhaiter la bienvenue à tous ceux qui se sont donné rendez-vous, ici, à Dori pour participer à l’action de grâce de la Communauté chrétienne. Cela fait un an et demi qu’elle était dans l’attente d’un pasteur depuis le transfert de Mgr Joachim au Siège épiscopal de Koudougou. Leur attente a pris fin. Le Seigneur leur a donné un nouveau Pasteur. Mgr Laurent B. Dabiré. Que son Nom soit béni !

 


La 1ère lecture que nous avons entendue, à la liturgie de la Parole, réunit tous ‘les gens du Livre’ en une seule famille dont Abraham est l’ancêtre, lui, le ‘Père des croyants. C’est sa foi, sa confiance en Dieu qui fait de lui l’ami de Dieu et un ‘Juste’ entre les justes. La Bible nous le présente comme un inconditionnel de Dieu. Mais, un homme de paix, de dialogue et de conciliation. Un vrai croyant et un amoureux de Dieu, son créateur. Une fois, connue la volonté de Dieu, il s’y soumet et s’exécute. « Abram -c’était avant que son nom ne fut changé en celui d’Abraham- par Dieu lui-même, Abram, quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. » Et Abram partit. Dit tout simplement la Bible.

 

Cher Mgr Dabiré, en proposant à notre méditation ce texte, tiré du Livre de la Genèse, je ne doute pas que vous y voyez la condition de tout croyant, appelé à s’abandonner totalement entre les mains de son Dieu. Appelé à se quitter pour se retrouver en Lui. Une invitation à tout homme à accepter de miser sur Dieu et d’abandonner les calculs humains et les tractations d’apothicaires pour se confier au Seigneur.
Mais je pense que vous y voyez aussi votre propre condition de missionnaire. Missionnaire parce que prêtre, ordonné pour les besoins de l’Eglise : l’annonce de la Parole de vie à toute créature : « Allez, et de toutes les nations, faites des disciples. »

 

Mgr Laurent  B. DABIRECette injonction du Christ ressuscité à ses Apôtres résonne à l’oreille de tout disciple du Seigneur. Dans le Décret sur ‘’Le ministère et la vie des prêtres’ du Concile Vatican II, il est dit ceci : « Le Sacerdoce du Christ, auquel les prêtres participent réellement, ne peut manquer d’être tourné vers tous les peuples et tous les temps, sans aucune limitation de race, de nation ou d’époque, comme le préfigure déjà mystérieusement le personnage de Melchisédech. Les prêtres se souviendront donc qu’ils doivent avoir à cœur le souci de toutes les Eglises. Ainsi, les prêtres des diocèses plus riches en vocations se tiendront prêts à partir volontiers, avec la permission de leur Ordinaire, ou à son appel, pour exercer leur ministère dans des pays, des missions, ou des œuvres qui souffrent de manque de prêtres. » (PO 10)

 

L’appel est on ne peut plus clair. A l’exemple d’Abraham, vous avez quitté les vôtres pour répondre à une mission précise. Vous en avez mesuré les difficultés, les exigences, les sacrifices ; mais vous avez dit : oui!, conscient que vous ne serez pas seul à porter le poids d’une charge si lourde dans des conditions pas des plus faciles. En effet, dans le Décret sur « La charge pastorale des Evêques dans l’Eglise », le Concile affirme : « Successeurs légitimes des apôtres et membres du collège épiscopal, les évêques doivent se sentir toujours unis entre eux et se montrer soucieux de toutes les Eglises ; en vertu de l’institution divine et les devoirs de sa charge apostolique, chacun d’eux, en effet, est responsable de l’Eglise, ensemble avec les autres Evêques » (CD 5). C’est vrai, ce qui est dit là ; mais la réalité n’est pas forcément aussi rose. Mais vous avez beaucoup de chance. Votre prédécesseur a beaucoup fait pour sensibiliser tout le monde. Il a beaucoup fait pour faire de ce diocèse ce qu’il est aujourd’hui. Et plus d’un a regretté son départ. Mais le Seigneur sait mieux que nous ce qu’il fait.

 

Mgr Laurent  B. DABIREJe vous invite donc au courage et en appelle à la solidarité agissante de tous vos confrères et collègues évêques pour que l’Eglise qui est au Burkina puisse vivre, unie et solidaire et ses pasteurs, porter effectivement ensemble, la responsabilité de l’évangélisation qui leur est solidairement confiée.

 

Mais, rappelez-vous toujours qu’ici, vous êtes le ‘’pasteur propre, ordinaire et immédiat’’ du peuple qui vous est confié. Vous devez prendre à cœur votre charge d’enseignement et annoncer l’évangile à tous vos frères et sœurs qui vous entourent par vos paroles, votre comportement et votre vie, toute donnée à Dieu et aux autres. Comme le Christ qui a offert sa vie sur la croix pour notre salut, mettant fin ainsi aux sacrifices d’animaux et nous invitant à faire l’offrande de nous-mêmes au Père. Rien de ce qui préoccupe la société ne doit vous être étranger. Et vous devez être toujours l’homme du dialogue, dans le respect et la tolérance.
Touchant d’un plus près ce qui vous concerne quotidiennement, le pape émérite Benoît XVI disait, parlant de nos relations avec les musulmans : ‘’ J’exhorte l’Eglise, dans toute situation, à persévérer dans l’estime des « musulmans, qui adorent le Dieu UN, vivant et subsistant, miséricordieux et tout puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes ». Si nous tous, croyants en Dieu, désirons servir la réconciliation, la justice et la paix, nous devons œuvrer ensemble pour bannir toutes les formes de discrimination, d’intolérance et de fondamentalisme confessionnel’’. Et je dois dire qu’ici, et c’est tout à votre honneur, l’UFC nous donne à tous une leçon lumineuse. Je souhaite un avenir toujours plus radieux fait de tolérance et de respect mutuel à vos diverses communautés.

 

Mgr Laurent  B. DABIREVous devez encore conduire, Monseigneur, sur le chemin de la sainteté les fidèles du Christ qui vous regardent et veulent pouvoir vous suivre sans risque de s’égarer. « Votre sainteté personnelle, disait encore, le Pape émérite Benoît XVI à ses frères dans l’épiscopat, doit rejaillir au bénéfice de ceux qui ont été confiés à votre sollicitude pastorale, et que vous devez servir. Votre vie de prière irriguera de l’intérieur votre apostolat. Un Evêque est un amoureux du Christ »(AM 100). Il faut qu’il aspire à communiquer cet amour du Christ aux fidèles qui le regardent prier, enseigner et vivre.

 

Il vous reste encore à considérer dans votre triple charge celle de gouverner le peuple fidèle. Vous êtes père et pasteur. Et vous savez que dans l’Eglise, servir c’est régner. A l’exemple du Christ qui n’est ‘’pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude’’. Votre esprit d’amour et votre dévouement envers tous doivent frapper les esprits. C’est ainsi que vous entrerez dans la logique du Christ, la logique de l’amour.

 

Car, « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis ». Le Christ veut faire de nous tous ses amis. Il nous a aimés à en mourir. Et ses disciples sont appelés à le suivre dans cette voie. Nous sommes entrés dans les secrets du Père, introduits par le Christ qui vient du Père et demeure en Lui. Ce n’est ni l’intelligence, ni la volonté, ni notre savoir faire humain, ni autre chose qui fait gravir les échelons et changer de statut ; c’est l’amour qui permet de passer de serviteur à ami ; mais il y a des critères, c’est garder les commandements, tous, sans exceptions. C’est accepter que l’homme s’ouvre à l’absolu de Dieu. Quand l’homme se ferme à Dieu, il perd son identité et finit par se considérer lui-même comme un objet et le risque de ravaler l’homme au rang de l’animal est vite franchi.

 

Le Christ veut nous prémunir contre nos propres illusions : servir et aimer les autres sans risque. L’amour vrai des autres conduit toujours au sacrifice. La voie des commandements est la voie royale pour que Jésus qui nous a choisis et envoyés nous fasse porter du fruit et ‘’un fruit qui demeure’’ A l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ, le Pasteur éternel des brebis, soyez le bon Pasteur qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent. Dans les clichés passe partout où l’on catalogue les gens, il y a les conservateurs indécrottables et les progressistes révolutionnaires. Où voulez-vous qu’on vous classe. Voulez-vous être un fieffé conservateur et oser vous opposer à l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique, à l’avortement, au mariage homosexuel et que sais-je encore ? Ou bien êtes vous un révolutionnaire bien branché, au goût du jour, être un chantre du ‘’gender’’ (gendre), réécrire toute la Bible, reformuler les nouveaux commandements pour notre ère post moderne ?? Il faut absolument choisir.

 

Mgr Laurent  B. DABIREAlors pourquoi ne pas choisir tout simplement la révolution de l’évangile, celle de l’oubli de soi pour que l’autre devienne plus homme, vive dans la dignité, celle de l’amour des autres jusqu’à se retrouver pendu sur le bois de la croix ? Accepter de mourir à soi-même pour que le Christ vive en vous ? Retrouver le Christ en chacun de vos semblables, hommes et femmes et le servir. Cette révolution-là ne coûte pas d’abord à ceux qui sont en face, aux autres, mais d’abord à soi-même. Votre révolution, c’est que votre Christ à vous est né Bella ; Tamachek, Touareg, moaaga, …bref ; toutes les populations que vous rencontrerez ici, au détour d’une tente, amis des grands espaces sahéliens, derrière les troupeaux de petits ou de gros bétail. Ne cherchez pas à reconnaître le Christ ailleurs ou autrement. Il est là qui vous attend. Saurez-vous le reconnaître ?

 

Car, il vous posera la même question insidieuse qu’à tous les autres : Laurent, m’aimes-tu ? M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Puissiez-vous reprendre la réponse de Simon-Pierre qui sait qu’il vient de trahir et que le Christ le sait –puisqu’il l’avait déjà prédit- mais qui sait encore plus qu’un amour plus grand le poursuit : « Seigneur, tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime ». Tu sais que je les aime, ceux que tu m’as confiés. Alors, « Laurent, pais mes agneaux, pais mes brebis ». C’est la réponse du Maître.

A M E N !!!

Mgr François Séraphin ROUAMBA

 

pdfLe CV de Mgr Laurent DABIRE

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