Introduction

L’Insémination Artificielle et la Technologie de Reproduction assistée sont des interventions qui modifient partiellement le processus de la reproduction humaine qui, elle, est et reste sexuée, c’est-à-dire, résultat de la fusion de deux cellules germinales provenant l’une d’un homme (père) et l’autre d’une femme (mère).

Le clonage humain, au contraire, porterait à l’existence un nouvel être humain sans aucune implication de la sexualité, sans aucune possibilité d’évoquer la paternité ou la maternité. Il s’agit, non d’une modification, d’une altération du processus de la reproduction, mais bien d’une alternative à la reproduction sexuée, qui était déjà mise en œuvre dans le monde végétal et dans le monde animal et qui, de nos jours, s’offre comme une possibilité pour l’homme. De quoi s’agit-il exactement ? Nous nous proposons d’en donner un aperçu en trois points :

Point I : Informations essentielles

1. Précision des termes

2. Les principales étapes de la recherche

3. Le clonage humain selon les des points de vue officiels

Point II : Les Problèmes Ethiques

Préliminaire

1. Motivations en faveur du clonage humain

2. Les appréciations du monde contemporain

3. Les argumentation de la Bioéthique personnaliste (contre le clonage humain)

Point III : Position de l’Eglise Catholique

Réflexions conclusives

I. Informations Essentielles

Définition

Le CLONAGE est une technique de reproduction asexuée (d’êtres vivants) mise au point par I. WILMUT et Collaborateurs à Roslin Institute de Edinburgh. La technique comporte trois (3) phases qui sont :

a) Prélèvement d’un ovule (non fécondé), extraction de son noyau et son remplacement par le noyau de la cellule dont on veut reproduire les caractéristiques ;

b) Fusion d’une cellule somatique (de l’individu à cloner) avec la cellule énuclée, obtenant ainsi un embryon artificiel ;

c) Transfert de l’embryon artificiel dans un utérus.

Actuellement, les modalités de clonage sont essentiellement deux :

a) La Scission ou Fission de cellules embryonnales (Embryo Splitting)

b) Transfert de Noyau (de cellule somatique à cellule staminale autologue)

 

1 – Précisions de termes :

Etymologiquement, le terme « clone » dérive du grec « ???? » (klon) qui signifie bourgeon. En biologie, il indique la possibilité de dupliquer le patrimoine génétique d’une structure moléculaire, c’est-à-dire, de pouvoir obtenir deux individus biologiquement identiques. Cette signification a connu une variation remarquable en passant de la biologie végétale à celle des microorganismes, puis à la biologie cellulaire et moléculaire, contribuant ainsi à créer dans les esprits, une grande confusion.

Dans le langage commun, le sens généralement donné au « clonage » est celui de « production d’individus génétiquement identiques à partir d’un premier individu, sans recours à la rencontre puis à la fusion cellules germinales mâle et femelle », sens que nous pouvons accepter en attendant d’ultérieures précisions.

En laissant de coté ce qu’on peut voir dans le monde végétal et dans le monde animal, chez l’homme, un phénomène similaire s’observe spontanément dans la gémellité homozygote : d’un embryon précoce (dans les premières phases de la multiplication cellulaire), une cellule se détache et donne naissance à un autre embryon génétiquement identique au premier. Cette capacité des cellules de l’embryon précoce est la totipotence, une capacité que les cellules perdent progressivement, au fur et à mesure qu’elles se différencient.

De nos jours, la technologie reproductive permet de provoquer artificiellement ce type de gémellité, en détachant une des cellules (embryonnaires) de l’embryon d’origine. Cette opération est dite « embryo-splitting », c’est-à-dire dissociation ou scission embryonnaire. D’un embryon de 4 ou 8 cellules, on peut obtenir 4 ou 8 embryons en isolant les cellules originales. Cela est déjà un clonage, mais dans un sens large.

Le clonage proprement dit est tout autre chose qu’une simple gémellité. On y est arrivé quand on a découvert qu’après avoir perdu définitivement la totipotence, il était possible de la voir réapparaître dans des cellules bien différenciées. Ce phénomène de réapparition de la totipotence est dit « reprogrammation génétique » ou « reprogrammation du génome », et il se vérifie quand le noyau d’une cellule somatique est transféré dans un ovule énucléé. On pense que cela est dû à l’action des fragments d’ADN contenus dans le cytoplasme de l’ovule. La transplantation nucléaire serait à l’origine de la reprogrammation génétique, un processus qui reporte les cellules différenciées aux conditions de totipotence embryonnaire, et qui permet la reproduction d’individus caractérisés par une même identité fondamentale par rapport à la cellule qui a fourni le noyau. C’est cet ensemble (reproduction asexuée de un ou plusieurs individus avec la même identité génétique fondamentale, à partir de la transplantation nucléaire) qu’on appelle clonage.

Le clonage ne concerne pas seulement des organismes entiers (clonage complet ou total), mais aussi et d’abord des molécules d’ADN, des cellules, des tissus (clonage incomplet ou partiel) ; ce dernier comporte d’énormes avantages dans le contexte de la médecine, et le clonage réalisé dans cette perspective de soins, prend le nom de « clonage thérapeutique » qui se distingue du « clonage reproductif » dont la finalité est tout autre.

Dans la définition, on parle d’identité génétique fondamentale et non totale des nouveaux individus par rapport à l’individu d’origine. En effet, dans le cas de la transplantation nucléaire, l’identité concerne seulement le patrimoine du noyau auquel s’associe celui de l’ADN (contenu dans le cytoplasme de l’ovocyte énucléé, comportant 21 gènes) et qui est chargé de fonctions relatives à la transmission énergétique.

2 – Les principales étapes de la recherche (historique)

Les premières expériences de clonage au sens vrai du mot ont commencé entre fin 1951 et le premier trimestre de 1952 aux USA et ont été faites sur des grenouilles ; il est facile de faire le monitorage de tout le processus, puisque le développement embryonnaire est extracorporel (dans les mares, les retenues d’eau stagnante), et le mécanisme de la formation de plusieurs organes n’est pas très différent de celui de certains organes humains. Ensuite, on utilisa d’autres amphibies, mais avec peu de résultats concluants.

On passa des amphibies aux mammifères en 1975. Les premiers succès partiels ont été obtenus en 1981, sur des rats ; de véritables clones sont été obtenus en 1986, des moutons, quelques mois après, des veaux et quelques années après, des singes, toujours sur le procédé de l’embryo-splitting ou de la scission embryonnaire.

Le passage à l’utilisation de cellules prélevées sur des organismes adultes, après les cellules fœtales, a porté finalement à la naissance de DOLLY, le 05/07/96 à Edinburgh en Ecosse. C’est le premier mammifère formé à partir d’une cellule dérivant d’un tissu adulte, par la technique de la transplantation nucléaire1. L’annonce officielle de la nouvelle a été faite le 27/02/97 dans une revue anglaise « Nature » 1997, n°385, pp 810-813.

La transplantation nucléaire comporte deux moments importants :

a) L’ovocyte ou l’embryon unicellulaire est vidé de son noyau ;

b) La cellule dont on veut transférer le noyau est fusionnée avec l’embryon unicellulaire par shock électrique ; ce shock sert aussi d’activateur de la division ou de la multiplication cellulaire de l’embryon artificiel obtenu à la suite de la fusion. Enfin, l’embryon artificiel peut être transféré dans un utérus pour y achever son développement.

On est arrivé à la naissance de DOLLY en partant de 29 blastocystes, sur 277 embryons reconstruits avec des cellules de la glande mammaire. Le résultat est donc de 1/277, soit 3%o ce qui signifie qu’on a sacrifié 276 embryons de moutons pour obtenir un mouton vivant.

La première tentative de clonage humain a eu lieu le 13/10/93, par l’équipe du Pr. J.L. HALL de la George Washington University School of Medecine. Il l’a réalisée à partir de 17 cellules embryonnaires polyploïdes, c’est-à-dire d’ovules fécondés par plusieurs spermatozoïdes et par conséquent destinés à mourir.

Il a séparé les cellules et les a recouvertes de zone pellucide artificielle ; il en a ainsi obtenu 48 qu’il a mises en culture dans un milieu adapté et il a observé que seules les cellules provenant d’embryons à deux cellules ont atteint la taille d’embryons à 32 cellules, le stade auquel on transfert généralement les embryons FIV (Fécondés In Vitro) dans un utérus porteur. Les autres sont morts avant d’atteindre cette taille.

La tentative s’est arrêtée là, et J.L HALL s’est vu attribuer le prix du meilleur travail scientifique par la « Americain Fertility Society », mais il se déchaîna une furie de polémique telle que J.L HALL dut quitter l’université en 1994.

On assista à un tollé semblable dans le milieu scientifique et dans l’opinion publique, quand le gynécologue ANTINORI annonça, le 07/08/01 à Washington, l’imminente réalisation d’un clonage de 200 êtres humains. Même l’écossais Ian WILMUT, le « père » de DOLLY, s’est opposé à ce projet du clonage humain. Vu le vide juridique en la matière, la France et l’Allemagne ont demandé au Secrétaire Général de l’ONU de mettre la question du clonage humain à l’ordre du jour de la 56ème assemblée générale qui devait se tenir en septembre 2001, en suggérant qu’on formule une convention internationale qui interdise le clonage humain dans tous les pays de notre planète terre. Où en sommes-nous ?

3 – Le Clonage Humain selon les points de vue officiels

Dès qu’on a vu se présenter, à l’horizon, la possibilité technique ou la faisabilité du clonage humain, plusieurs organisations et institutions (au niveau européen et au niveau mondial) se sont insurgées contre sa réalisation. Plusieurs déclarations ont condamné le clonage comme reproduction de un ou plusieurs individus identiques au donneur : OMS, UNESCO, Commission de Droits de l’Homme des Nations Unies, Communauté Européenne, Conseil Européen, etc.

Mais s’il y a unanimité dans la condamnation du clonage reproductif, il n’en est pas de même pour le clonage à finalité thérapeutique en général, celui à finalité préventive des maladies génétiques en particulier.

En outre, d’autres questions ont surgi : que faut entendre par « embryon humain » ? Celui obtenu à partir du clonage et celui dérivant de l’union de deux gamètes ont-ils la même définition ? Sont-ils égaux en humanité ? Sont-ils égaux en dignité humaine ? Ont-ils les mêmes droits vis-à-vis de la société civile ? Chronologiquement parlant et par rapport à l’implantation dans l’utérus pour la garantie de son développement final, l’embryon pré-implanté (dans la phase antérieure à l’implantation) et celui implanté ont-il le même droit à la reconnaissance comme être humain ? En fait, toute la discussion tourne autour du statut de l’embryon : statut moral, statut ontologique, statut juridique, etc.

Le raisonnement des libres penseurs est le suivant :

A) Sur le Statut Moral de l’Embryon

Il faut distinguer les embryons en deux catégories, selon l’intention de celui qui les a clonés :

1) ceux qui sont destinés à devenir des enfants, des êtres humains

2) ceux qui sont destinés à la recherche ou autre finalité,

Suivant cette distinction, le statu moral est différent pour ces deux catégories, même s’ils ont en commun le même patrimoine génétique humain ; ainsi, les seconds ont un statut moral particulier, puisqu’ils ne sont pas destinés à devenir des êtres humains au vrai sens du terme. Par conséquents ils ne doivent pas être traités comme tels.

B) Sur le Statut Ontologique de l’Embryon

Puisque tous les embryons ont en commun le même patrimoine génétique humain, tous, après la fécondation, sont des êtres humains en puissance, mais cette potentialité de devenir être humain dépend de facteurs externes, de conditions qui n’ont rien à voir avec leur statut ontologique. Il s’agit de :

- Le Transfert réussi dans un utérus

- L’Implantation dans l’utérus

- Et une grossesse sans difficulté

Si ces conditions ne sont pas remplies, aucun embryon ne deviendra jamais un être humain, au contraire. Si un embryon est abandonné, il ne survit pas, il meurt et ne devient pas un être humain. En d’autres termes, avoir en commun un même patrimoine génétique est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour devenir un être humain. Les embryons de la deuxième catégorie ne remplissent pas ces conditions, donc ils ne deviendront jamais des êtres humains, par conséquent on n’a pas à les traiter comme tels.

Tous les embryons ont-ils droit à la vie ? Si oui, pourquoi et comment ?

Tout embryon a droit à la vie, pour devenir un être humain en acte, ce qui signifie qu’il doit satisfaire les conditions ci-dessus citées. Or les embryons de la deuxième catégorie ne satisfont pas à ces conditions ; en outre si on considère que malgré leur statut ontologique, 60% d’ovules fécondés sont avortés spontanément, cela est encore une argumentation (reductio ad absurdum) en plus pour dire que ces derniers n’ont pas un statut moral égal aux premiers et n’ont pas à être protégés moralement comme eux.

C’est là aussi qu’on peut répondre en disant qu’il s’agit d’un court circuit méta-éthique ou d’un naturalisme fallacieux, puisque on ne peut pas identifier un événement naturel à un principe normatif pour une société, surtout quand cet événement, si fréquent soit-il, ne correspond à une fin désirée.

II. Problèmes éthiques du clonage humain

Du point précédent, les questions soulevées évoquent que, sur le plan éthique, le clonage humain présente plusieurs aspects et pose plus d’un problème à la société toute entière :

- L’humanité a intuitivement perçu le danger que représente pour elle le clonage

- L’hypothèse du clonage est l’expression du projet d’insérer de l’artificiel dans le processus du cycle vital de l’homme (la peur du clonage comme violation de la nature)

- Le clonage humain est un des problèmes les plus complexes soulevés par les progrès scientifiques en général et de la médecine, et comme tel, il requiert de la société humaine toute entière, une vigilance continue pour affronter les multiples aspects éthiques de la nouvelle situation.

Dans un tel contexte, non seulement il faut exclure toute prétention à etre exhaustif dans les solutions aux problèmes que pose le clonage, mais il est inévitable de trouver des problèmes pour lesquels, à présent, il n’y a aucune solution envisageable. Ainsi, à ce niveau, qu’il suffise de faire un panorama des arguments favorables au clonage humain, pour ensuite donner un écho de la pensée de différents groupes de l’opinion publique.

1. Les arguments en faveur du clonage humain (des plus sérieux aux moins sérieux)

a. Offrir une solution aux couples radicalement stériles

i. Offrir un enfant sain aux couples affectés par des maladies héréditaires et/ou sexuellement transmissibles.

ii. Améliorer la technique de la FIVET et augmenter les pourcentages de succès de la technologie reproductive.

iii. Maîtrise la phase préimplantatoire ainsi que le diagnostic préimplantatoire des maladies génétiques de l’embryon

b. La reproduction d’individus particulièrement doués (intellectuellement, physiquement, esthétiquement, etc.)

i. L’assurance d’avoir des organes de substitution en chirurgie

ii. La maîtrise des causes déterminantes (héréditaires ou environnementales) de la personnalité

iii. La détermination du sexe des citoyens nécessaires à l’équilibre d’une nation.

c. La préparation des athlètes des olympiades ou autres

d. La curiosité humaine : quelle sera la capacité de l’homme à gérer une société qu’il construit à sa mesure ? Quel sera l’aboutissement d’un tel processus ?

2. Les appréciations de la société contemporaine

a. Certains pensent qu’il faut interdire le clonage humain reproductif et permettre celui à finalité thérapeutique

b. Pour certains, le clonage humain est moralement inadmissible et doit être condamné juridiquement, car il ne s’agit pas d’un problème de morale privée, puisque l’atteinte à l’intégrité humaine (par le clonage) est une question d’éthique publique de grande envergure avec des conséquences sociales incommensurables.

c. Enfin, pour les autres, le clonage humain compromet l’homme en ces valeurs suivantes :

i. Le respect de l’identité individuelle (personne ne doit décider à ma place de ce que je dois être ou de comment je dois être)

ii. Le respect de la dignité humaine (la capacité de répondre de ses actes en fonction de ce qu’on est, homme ou femme…)

iii. La liberté personnelle : jusqu’à maintenant, on se préoccupait de garantir à l’individu son autonomie de jugement, de choix politique, idéologique, d’opinion religieuse et de décision morale. Avec le clonage, on soit se préoccuper de lui garantir l’autonomie génétique, du moment que la technologie la menace sérieusement. Le clonage est, selon eux, la méthode la plus despotique – et par sa finalité, la plus esclavagiste forme de manipulation génétique ; en effet, son objectif n’est pas seulement la modification arbitraire de la substance héréditaire, mais aussi et surtout sa fixation arbitraire, en contraste avec la stratégie dominante de la nature. Il en résulte qu’un individu cloné est un moyen, un instrument pour arriver à une fin (même celle de soigner est une finalité, noble certes, mais l’individu est perçu comme un moyen au détriment de son égalité humaine avec celui qui est soigné). Cette instrumentalisation est une grande atteinte à la dignité humaine, et comme telle, elle est inacceptable.

3. Les arguments de la bioéthique personnaliste

a. Le clonage humain est une procréation entièrement déléguée à la technologie et comme telle, sa pratique est illicite. C’est une déshumanisation de la procréation.

b. En considérant la femme, l’autre moitié de la société, il s’agit d’une instrumentalisation radicale de son être, réduit à son aspect utilitaire (prêteuse d’utérus, prêteuse d’ovules), et avec la perspective de la construction d’utérus artificiels, s’ouvre aussi le passage vers la fabrication d’êtres humains au laboratoire. Alors, la femme qui permettait à l’individu humain de passer de la nature à la culture, disparaîtrait au fond des éprouvettes et au bout des pipettes. En outre, dans le clonage, toutes les valeurs fondamentales de la personne humaine (filiation, consanguinité, parenté, paternité/maternité) se pervertissent et disparaissent. Une femme peut être jumelle de sa fille, manquer de père biologique et être fille de son grand père. Avec la FIVET il y a avait déjà une telle confusion de la parenté, mais avec le clonage, c’est la rupture totale de tout lien.

Le clonage est illicite en soi pour le lourd tribut qu’il inflige aux valeurs fondamentales de l’homme, c’est-à-dire, qu’il est intrinsèquement injuste et malhonnête, quelle qu’en soit sa finalité, reproductive ou thérapeutique.

c. En considérant les chiffres, à partir de l’exemple réussi de DOLLY, le nombre d’embryons sacrifiés avant d’aboutir au résultat positif est très élevé (277) ; le pourcentage d’anomalies résultant de l’ensemble du processus (cryoconservation des ovules ou des cellules embryoïdes, la culture in vitro des embryons et leur transfert in utero…) est également très élevé et qualifié d’inacceptable pour l’homme sur le double plan éthique et juridique, pour faire dire à Renato DULBECCO : « Rien au monde ne peut justifier le clonage humain » (cf. interview du 11/03/01 accordé au journal « Corriere della sera ») ; cf. également G. ERLINGUER : « Le clonage, une menace pour le genre humain » dans « Corriere Salute » du 25/03/01. Celui-ci précisait : « Une technologie qui se traduit par la violence sur l’enfant à naître serait inacceptable, puisqu’elle aurait comme finalité intentionnelle celle de lui imposer son destin en tout ou en partie ; son but final serait de le faire naître esclave »

d. Enfin, l’arbre ne doit pas cacher la foret : il ne faut pas négliger le coté commercial de la science, même du clonage ; en témoigne le coût du brevet délivré à l’Université de Edinburgh par le Bureau Européen des brevets (Monaco de Bavière). Un commerce abject et criminel, semblable, par bien d’aspects, à la traite des esclaves que la société humaine condamne avec raison. Voilà une autre argumentation contre le clonage qui risque de réduire l’être humain à un assemblage de pièces de rechange, à vendre en entier ou par partie.

III. La Position de l’Eglise Catholique et Réflexions conclusives

La position de l’Eglise Catholique, sur le clonage est représentée par celle de « l’ Académie Pontificale pour la défense de la Vie », mais elle était déjà perceptible dans le document « Donum Vitae » dans lequel le Magistère précise : « Même les tentatives ou les hypothèses visant à obtenir un être humain sans aucun lien avec la sexualité humaine, par fission gémellaire, par clonage, par parthénogenèse (reproduction asexuée d’embryons, à partir d’une seule cellule germinale, l’ovule), sont contraires à la morale catholique en tant qu’elles s’opposent soit à la dignité de la procréation humaine soit à celle de l’union conjugale ».

Selon l’Académie Pontificale pour la défense de la Vie, « le clonage risque d’être la parodie de la toute puissance de Dieu… Sur le plan des droits de l’homme, l’éventuel clonage représenterait la violation de deux principes fondamentaux : celui de l’égalité de tous les êtres humains – et – celui de la non-discrimination ». La violation du premier apparaît dans la domination de l’homme (chercheur) sur l’homme (l’embryon humain) ; tandis que la violation du second réside dans la sélection de type eugénique inhérente à la logique même du clonage (faire vivre les bons et éliminer les autres, suivant le critère propre au chercheur). Le clonage est inacceptable pour l’homme !


Abbé Robert ILBOUDO
Archidiocèse de Ouagadougou
Mai 2006

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Dans ce chapitre, nous allons répondre à trois questions qui nous sont souvent posées par nos frères chrétiens d’autres confessions :

* Pourquoi les catholiques disent-ils que Marie est restée toujours Vierge ?

* Pourquoi disent-ils que Marie est l’Immaculée Conception, c’est-à-dire qu'elle est née et a vécu “ sans péché ?

* Pourquoi disent-ils

...

 

En employant cette image, l’Évangile indique que Marie devient la demeure de Dieu. L’Esprit Saint, vient, non pas sur le Fils, mais d'abord sur Marie : elle concevra par l'Esprit Saint, sans intervention humaine. La conception de Jésus en Marie est une conséquence et l'expression, sur le plan biologique, de cet acte de foi, unique dans l'histoire, par lequel elle a reçu sans réserve la Parole unique et éternelle du Père.

L'évangéliste Luc utilise le mot vierge deux fois. Pourquoi ne dit-il pas : “ une jeune fille " ou “ une jeune femme ” ? C'est pour faire écho aux prophètes qui affirmaient que Dieu serait accueilli par la “ Vierge d'Israël ". Pendant des siècles, Dieu avait enduré les infidélités de son peuple et lui avait pardonné ses péchés. Mais lorsqu'Il est venu à nous, le Dieu Sauveur voulait être accueilli par un peuple vierge, un peuple qui soit neuf et tout à Lui. Au temps de Jésus, à la lecture de la prophétie d'Isaïe 7, 14, beaucoup pensaient déjà que le Messie naîtrait d'une mère vierge. Et l'Évangile nous dit : Marie est la “ vierge ” qui donne jour au Messie.

Il fallait que soit vierge celle qui, dès le début, avait été choisie par Dieu pour accueillir son Fils dans un acte de foi parfaite. Celle qui allait donner à Jésus son sang, ses traits héréditaires, son caractère, sa première formation, devait avoir grandi à l'ombre du Tout-puissant, ayant fait de toute sa vie un don sans réserve au Dieu vivant.

Avant la visite de l’ange, Marie se proposait-elle de demeurer vierge ?

L'Évangile ne donne aucune autre précision que la parole de Marie : “ Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d'homme ? ” (Lc 1, 34), ce qui dans la Bible signifie : “ Je n'ai pas de relations avec un homme ".

Rappelons que Marie avait été donnée en mariage à Joseph (Lc 1, 27) et que, selon la Loi juive, les fiançailles donnaient déjà tous les droits de la vie conjugale, même s'ils ne vivaient pas encore sous le même toit (Mt 1, 20).

Dans ces conditions, la question de Marie : “ Comment aurai-je un enfant puisque je n'ai pas de relations avec un homme " (Lc 1, 14) n'aurait aucun sens si Marie n'était pas décidée à rester vierge pour toujours. Marie était l'épouse légitime de Joseph. Si ce couple voulait avoir des relations conjugales normales, l’annonce de l'ange concernant la maternité de Marie ne pouvait lui poser aucun problème. Cependant, Marie manifeste sa difficulté.

Cette question de Marie semble indiquer qu'elle se proposait de demeurer vierge. Une telle décision semble surprenante chez une jeune fille juive, car la mentalité d'Israël mettait au premier plan la fécondité et n’accordait pas de valeur religieuse à la virginité. Pour Joseph cependant, accepter cette situation n'était pas chose impensable. Car à cette époque, chez les Juifs, certains Esséniens vivaient le célibat, attendant ainsi l’imminente arrivée du Messie. D'autre part, le célibat ou la virginité à vie n'était pas possible aux femmes. Selon la coutume juive, une femme appartenait nécessairement a un homme soit à son père, soit à son mari, soit à son fils aîné si elle était veuve. Marie était donc déjà la femme de Joseph et elle ne pouvait pas refuser cet engagement matrimonial imposé, même si elle voulait garder la virginité. C'est pourquoi elle avait accepté cet engagement de rester vierge en accord avec Joseph.

Nous pouvons conclure que ce texte biblique paraît favorable à la volonté de Marie de rester vierge.

Marie est-elle restée vierge après la naissance de Jésus ?

Nous lisons dans l’Évangile : “ Joseph ne connut pas Marie jusqu'à ce qu’elle ait mis au monde son fils ” (Mt 1, 25). N'est-ce pas dire qu'il eut des relations avec elle après la naissance de Jésus ? Par ailleurs nous lisons : “ Marie mit au monde son fils premier-né ” (Lc 2, 7). N'est-ce pas dire que Marie eut d'autres enfants ?

À notre avis, ces deux textes ne sont pas la preuve que Marie et Joseph ont eu des relations conjugales après la naissance de Jésus, ni que Marie a eu d'autres enfants.

Matthieu veut seulement dire : Marie était vierge quand Jésus est né. Mais il ne veut pas dire qu'après elle n'est pas restée vierge. De même, quand Luc emploie l’expression “ fils premier-né " il ne veut pas dire qu'après Jésus, Marie eut d'autres enfants, car, chez les Juifs, même un fils unique était appelé “ fils premier-né". En effet, ce titre signifiait que le garçon était, de droit, consacré à Dieu. Ce que Marie fera 40 jours après la naissance de Jésus (Lc 2, 22-23).

D'après une tradition qui remonte au début de l'Église, nous croyons que Marie est restée vierge avant la visite de l'ange, pendant la conception de Jésus et après la naissance de Jésus, mais l’Évangile n'est pas explicite sur ce point. Cependant, comment penser qu’après avoir été ainsi aimée, visitée par Dieu pour qu’en elle se réalise son alliance définitive avec l’humanité, elle ait pu se replier sur un amour humain, et se donner à un autre, cet autre fût-il Joseph, parfait serviteur de Dieu ? Il est vrai que l'Évangile parle des “ frères de Jésus ” (Mc 3, 31), mais nous avons déjà expliqué ce point au chapitre 7.

Considération finale

Marie n'exprime pas les motifs de son choix de la virginité, mais tout ce que Luc laisse entrevoir dans l'âme de Marie suppose qu’elle avait des motifs élevés. Par l’intermédiaire de l'ange, elle est traitée par Dieu comme “ Aimée de Dieu ", “ Comblée de grâce ", “ Le Seigneur est avec elle". Et Marie veut être sa “ servante ” exprimant ainsi sa disponibilité pour que naisse d'elle celui qui est à la fois “ le serviteur ” annoncé par les prophètes (Is 42, l ; 50, 1 ; 52, 13) et “ le Fils " (He 1).

La virginité de Marie semble ainsi une consécration, un don d’amour exclusif au Seigneur. Avec le “ oui “ de l’Annonciation : “ Que tout se passe pour moi selon ta Parole ", Marie se consacre totalement et exclusivement au plan de Dieu.

Martin Luther affirme en 1546 que Marie est vierge avant de concevoir Jésus et qu'elle l’est après la naissance de Jésus. Les premiers Réformateurs, à la suite de Luther et de Zwingli, croyaient en la virginité perpétuelle de Marie, alors que beaucoup de Protestants, aujourd’hui n’y croient plus. Pourquoi ?

Pour réfléchir

1. Que pensaient Luther et les premiers Réformateurs au sujet de la virginité de Marie ?

2. Que pensent aujourd’hui la plupart des protestants au sujet de la virginité de Marie ?

3. Comment s’est réalisée la conception de Jésus ?

4. Comment fut annoncée la venue du Messie ?

5. Quelles prophéties se sont accomplies en Marie ?

6. Quel sens donnait Marie à sa virginité ?

7. Pourquoi s'est-elle engagée dans le mariage alors qu’elle se proposait de ne pas avoir d'enfants ?

8. Jusqu'à quel point Marie s'est-elle soumise au plan de Dieu ?

9. Comment faut-il interpréter Matthieu 1, 25 et Luc 2,7 ?

10. Comment faut-il interpréter les textes qui parlent des “frères de Jésus " ?

2. Comment comprendre l'Immaculée Conception de Marie ?

Saint Paul dit : “ Tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu " (Rm 3, 23). Pourtant, selon la foi catholique, Marie, la mère de Jésus, en vertu d'une grâce exceptionnelle, n'a jamais connu le mal, ayant été conçue sans être marquée par le péché originel. C’est cette immunité absolue qui est appelée “ Immaculée Conception". Au-delà du caractère en quelque sorte négatif de cette définition, ce que l'Église entend affirmer c'est l’exceptionnelle sainteté de Marie, qui n'a jamais refusé à Dieu la plus petite preuve d'amour.

Cette foi s’appuie sur une très ancienne tradition de l'Église, qui trouve elle-même son fondement dans la salutation de l’archange Gabriel à Marie : " Salut, pleine de grâce ” (Lc 1, 28).

Nous appelons “ grâce ” ce pouvoir que Dieu a pour guérir notre esprit, pour le disposer à croire, et pour que le geste d’amour vrai naisse spontanément de nous. Nous appelons “ grâce ” tout ce qui a son origine dans le Dieu vivant, mais doit germer sur notre terre (cf. Is 45, 8 ; Ps 85, 11). Marie est vraiment “ pleine de grâce " et Dieu l'a préservée du péché dès l'instant de sa conception. Jésus qui est sans péché ne pouvait pas naître d'une femme qui aurait été souillée par la tache du péché.

Un problème théologique

Les chrétiens ont toujours cru en la parfaite pureté de Marie, la “ toute sainte ”‘, mais le titre d'Immaculée Conception leur posait un problème insoluble : Jésus est le Sauveur de toute l’humanité, dont fait partie Marie ; mais si Marie est toute sainte dès l'instant de sa conception, comment Jésus peut-il être son Sauveur ? Ni saint Bernard, ni saint Thomas d'Aquin, ni saint Bonaventure ne surent résoudre cette apparente contradiction. C'est le théologien anglais Duns Scot (XIIIe siècle) qui réussit à expliquer clairement la question, en reconnaissant à Marie le bénéfice d’une Rédemption anticipée, préservatrice, de la part de son Fils.

L’Immaculée Conception, vérité de foi

En 1854, le Pape Pie IX, en reprenant l’explication de Duns Scot proclama le dogme de l’Immaculée Conception. Par cette déclaration solennelle, cette croyance de tous les chrétiens à travers le monde devint une “ vérité de foi ”.

Quatre ans plus tard, par un concours frappant de circonstances, cette définition allait recevoir, aux yeux du monde catholique, une étonnante confirmation : une fillette illettrée de 14 ans, totalement ignorante du vocabulaire théologique, allait en effet voir la Vierge lui apparaître et se présenter à elle comme étant “ l'Immaculée Conception ” : c'était à Lourdes (France) en 1858 et la fillette s'appelait Bernadette Soubirous. Marie approuvait ainsi la foi des chrétiens en son Immaculée Conception.

Le sens de l’Immaculée Conception

Par le dogme de l'Immaculée Conception, l'Église nous propose de contempler en Marie la parfaite réussite de l’humanité telle qu'elle est voulue par Dieu. Notre modèle est Marie, une jeune fille qui a dit oui une fois pour toutes à Dieu, qui est restée fidèle à sa Parole et n'a jamais cessé d'avoir foi en son Fils.

3. Le sens de l'Assomption de Marie

Le 1er novembre 1950, le Pape Pie XII, après avoir consulté les évêques du monde entier, proclama le dogme de l'Assomption de Marie avec ces mots : “ ...Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ”.

Les chrétiens d'Orient préfèrent parler de la “ Dormition de la Vierge ” et les catholiques de l’“ Assomption de Marie ". La Bible ne dit rien sur cette “ élévation ” de Marie au ciel, mais le souvenir de ce mystère est passé dans la Tradition de l'Église.

Il y a certains textes “ apocryphes ” (non acceptés comme Écriture Sainte par l'Église) qui parlent déjà de l'Assomption, situant l’événement entre 3 et 50 ans après la mort et la résurrection du Christ.

C'est saint Grégoire de Tours, au VIe siècle, qui fait la première formulation théologique au sujet de l’Assomption de Marie.

Voici la conviction de l'Église : puisque le corps du Christ a été formé du corps de Marie, il est normal que le corps de Marie partage la gloire du corps du Christ ressuscité sans connaître la décomposition du tombeau. Parce qu'elle a été sa Mère, Marie a été très unie à Jésus, le Sauveur de tous les hommes. Alors, il convenait qu’après sa vie sur la terre, Marie jouisse du fruit complet de la rédemption, en entrant dans la gloire du Christ ressuscité avec son âme, mais aussi avec son corps, c’est-à-dire sa personne tout entière.

En Matthieu 27, 52-53, nous lisons qu'à la mort de Jésus : “ les tombeaux s'ouvrirent, les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent et, sortant des tombeaux après sa Résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs personnes ”.

Ce paragraphe veut dire, en style d'apocalypse, que la mort de Jésus marque l’arrivée du salut définitif. Le Christ ressuscité a rejoint, d'une façon mystérieuse mais réelle, ces multitudes historiques ou préhistoriques qui devaient l'attendre pour entrer dans la vie même de Dieu.

Si cette résurrection-glorification de certains justes de l’Ancien Testament a eu lieu dès l'instant où Jésus nous a sauvés par sa mort sur la croix, alors il est vraisemblable que le Seigneur ait accordé cette même faveur à Marie, sa mère.

Nous croyons avec Paul à la résurrection générale : “ Tous ressusciteront à cause de leur union au Christ, mais chacun à son propre rang : le Christ en premier lieu puis ceux qui lui appartiennent, au moment où il viendra ” (1 Co 15, 23). Mais à la suite de chrétiens des temps immémoriaux, nous croyons que cette résurrection a déjà eu lieu pour Marie, la mère du Christ. Et l’entrée de Marie ressuscitée dans la gloire du Christ, premier-né d’entre les morts, est le signe et le gage de notre propre résurrection.

 

Père Carlos Orduna Diez
Clerc de Saint Viateur
1999

295. Pourquoi le Christ a-t-il institué les sacrements de la Pénitence et de l’Onction des malades ?

Le Christ, médecin de l’âme et du corps, les a institués parce que la vie nouvelle qu’il nous a donnée par les sacrements de l’initiation chrétienne peut être affaiblie et même perdue à cause du péché. C’est p

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