Chers fils et filles de l’Église-Famille de Dieu au Burkina Faso,

Et vous tous, hommes et femmes de bonne volonté,

Dans notre message du 6 Septembre dernier nous vous adressions un appel à une conversion personnelle et collective pour la recherche et la sauvegarde de la paix sociale. Nous vous invitions à une prière fervente pour que les élections prévues le 11 Octobre 2015 se déroulent de manière apaisée et crédible.

D’autres voix ont lancé des messages allant dans le même sens. Les partis politiques ont présenté des candidats pour les législatives et pour la présidentielle. Certains candidats ont été déclarés inéligibles et leurs partis ont accepté de procéder à des remplacements. Les candidats concernés eux-mêmes dans un élan patriotique, dans un fairplay louable ont accepté la décision du Conseil Constitutionnel. « Nous espérions la paix… » Mais hélas (cf. Jr 14, 19).

Le Mercredi 16 Septembre, une prise d’otages concernant le Président du Faso et son gouvernement réunis en Conseil de Ministres est venu mettre brutalement fin au processus de la transition et aux attentes de tout un peuple. Nous déplorons les violences et leurs conséquences funestes : pertes en vies humaines, blessés et destruction de biens. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles des victimes et souhaitons aux blessés un prompt rétablissement.

Les responsables du coup d’état justifient leur acte comme une lutte contre l’exclusion accusant la transition de déviance mais semblent vouloir se situer comme ils le déclarent eux-mêmes dans la ligne de « l’insurrection victorieuse du peuple des 30 et 31 Octobre 2014 ». Même dans la lutte contre l’exclusion, la violence ne peut pas être privilégiée par rapport au dialogue.

Pour le bien de notre peuple, nous en appelons à la conscience de chacun. Ce coup d’état nous attire des sanctions de l’Union Africaine et de nombre de partenaires de notre pays. Toutes ces sanctions frappent encore toujours plus durement nos populations qui vivent la précarité. Si ces sanctions doivent se prolonger, nous imaginons les catastrophes qu’elles engendreront. La sagesse doit prendre le pas sur les passions et les ambitions personnelles ou corporatistes. Nous en appelons donc à la sagesse de nos dirigeants et de la Communauté Internationale pour nous épargner de telles souffrances dont le peuple n’est aucunement responsable. Que toutes les parties prenantes entrent dans un dialogue vrai, clair, franc et respectueux des valeurs pour lesquelles le peuple s’est insurgé.

Fils et Filles de l’Église-Famille de Dieu au Burkina, nous vous remercions pour les chaînes de prières déjà engagées. Nous vous invitons à redoubler d’ardeur et de confiance dans la prière pour notre pays car comme vous le savez, « si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que la garde veille » (Ps 126, 1).

Dieu bénisse le Burkina Faso et nous fasse don de la paix.

NB : Nous invitons les fils et filles de l’Église-Famille de Dieu au Burkina Faso à manifester leur compassion et leur solidarité avec les victimes en organisant une quête spéciale et dont les fruits seront collectés au niveau diocésain pour être acheminés à la Conférence Épiscopale au profit de ces victimes.

Pour les Archevêques et Évêques du Burkina Faso,
Le Conseil Permanent

 

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