« CONVERTISSEZ-VOUS ET SOYEZ DES ARTISANS DE PAIX ET DE RÉCONCILIATION »

Introduction

Chers fils et filles de l’Église Famille de Dieu à Ouagadougou, le Mercredi des Cendres nous introduit dans le temps du Carême qui nous conduira aux célébrations pascales marquant la victoire de Notre Seigneur Jésus sur les forces du mal et de la mort. Ce temps nous rappelle les quarante jours du Christ au désert mais aussi les quarante années que le peuple juif a passées dans le désert avant d’entrer dans la Terre promise. Durant le temps de Carême, nous nous appliquons à suivre Jésus pour aller vers Dieu et le prochain par la pratique du jeûne, de la prière et de l’aumône.

L’an dernier, dans mon message du Carême, j’ai parlé de la nécessité de communion entre toutes les couches sociales de notre famille diocésaine, en invitant avec insistance tous les fidèles chrétiens et les croyants d’autres confessions religieuses à prier et à œuvrer pour la paix, vœu le plus cher de tous les fils et filles du Burkina Faso.

Dans leur message à la Nation à l’occasion du Nouvel An 2020, les autorités coutumières et religieuses du Burkina Faso, nous encourageaient tous « à persévérer dans l’espérance »et à« chercher ensemble les chemins de la paix » . Lors du récent pèlerinage national à Yagma du 2 février dernier, les Évêques du Burkina Faso et du Niger ont consacré de nouveau le Burkina Faso et toute la région du Sahel au Cœur Immaculé de Marie pour qu’elle intercède pour nous et nous obtienne de son Divin Fils, la paix et les grâces qui peuvent convertir les cœurs.

Ce temps de Carême que l’Église nous offre, est plus que jamais favorable pour tourner nos cœurs vers le Dieu de miséricorde et nous engager de nouveau sur le chemin de la paix. C’est pourquoi, j’adresse à tous les fils et filles de l’Église Famille de Dieu à Ouagadougou et à tous les hommes et femmes de bonne volonté, ce message : « Convertissez-vous et soyez des artisans de paix et de réconciliation ».

Le contexte sociopolitique et économique de notre pays doit nous pousser à une véritable conversion et à un engagement renouvelé pour le service du prochain. L’effort de transformation des structures sociopolitiques et économiques suppose un changement préalable du cœur et de l’esprit à tous les niveaux, à commencer par les décideurs, les acteurs de la vie politique et de la société civile.Le retour de la paix dans notre pays est de la responsabilité de tous.

I. Contexte sociopolitique et économique du pays

1. Un contexte préoccupant

Ce temps du Carême se vit au cœur d’un contexte sociopolitique et économique difficile, marqué par des revendications sociales et corporatistes, une insécurité grandissante, et une perturbation des relations sociales et des circuits économiques.

Comme nous le remarquions déjà l’année passée, notre pays est plongé dans une instabilité sécuritaire particulièrement difficile qui met sérieusement à mal la cohésion sociale et le développement économique. Les stigmates insoutenables et hideux d’une violence absurde sont visibles à nos yeux. De nombreuses vies humaines sont injustement fauchées, des familles et des communautés portent dans une douleur extrême la mort violente, les handicaps physiques, l’ébranlement psychologique de leurs membres. Des villages entiers sont vidés de leurs habitants et les centres urbains accueillent des milliers de déplacés. Les populations vivent dans la peur constante, des infrastructures indispensables au développement sont détruites, de nombreuses écoles sont fermées et cela porte préjudice à l’éducation des enfants et des jeunes. Cette situation ébranle inévitablement la paix de nos sociétés, érode notre entente multiculturelle légendaire et empêche la poursuite normale des activités économiques.

Malgré le courage de nos forces de défense et de sécurité, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, au péril de leur vie pour sauver notre patrie ; malgré les efforts des autorités pour mettre en place de meilleurs dispositifs de sécurité, et malgré les promesses d’un renfort des organisations sous-régionales et de la coopération internationale, nous demeurons inquiets pour l’avenir de notre pays.

L’insécurité est venue aggraver un contexte social qui était déjà chargé de revendications pour plus de justice, pour un meilleur avenir pour la jeunesse et une gouvernance vertueuse. Les changements politiques intervenus ces dernières années dans notre pays cristallisaient toutes ces attentes. Aujourd’hui la persistance de la corruption, de l’impunité et de l’incivisme demeurent des sources de frustrations qui contribuent à détériorer le climat social et à accentuer la crise de confiance vis-à-vis des gouvernants.

2. Les défis de la cohésion sociale

Cette situation préoccupante nous pousse tous à relever les défis de l’unité nationale et de la cohésion sociale, à promouvoir le bien commun et le sens de la patrie, à persévérer dans l’espérance de cœurs renouvelés et réconciliés avec Dieu et avec les autres.

Face aux assauts des forces du mal et aux conséquences néfastes grandissantes, nous percevons la nécessité de retrouver le sens de l’unité et de la solidarité. Il est devenu impératif pour tous de rechercher ensemble les chemins de la paix, de l’entente fraternelle et de la cohésion sociale.

En tant que croyants, nous devons d’abord reconnaitre que ce pays dans lequel nous habitons est un don de Dieu et que tous, en tant qu’enfants de Dieu, nous y avons été placés pour vivre avec les autres dans le respect des différences légitimes. Nous sommes tous appelés à coopérer avec les autres pour un vivre-ensemble harmonieux tout en poursuivant le bien-être de tous et de chacun. Par conséquent,la promotion du bien commun, c’est-à-dire, l’ensemble des conditions qui permettent aux citoyens d’atteindre leur bonheur et leur bien-être, devient une nécessité pour tous.

Si nous voulons atteindre cet objectif tant désiré que constitue la paix, nous sommes obligés de nous mettre en route ensemble, en nous engageant à nous écouter, à dialoguer dans la vérité et la fraternité, pour aboutir au pardon et à la réconciliation.

La paix est un objectif noble mais difficile. Elle est une œuvre de longue haleine qui exige une vraie conversion des cœurs et des mentalités. « Malheureusement les traces des conflits et des guerres sont encore trop présentes dans notre mémoire et dans notre histoire actuelle ». Les chaines de l’exploitation et de la corruption, accompagnées de la négation des droits fondamentaux comme la dignité, l’intégrité physique, la liberté, la solidarité communautaire, l’espoir en un avenir meilleur, engendrent et entretiennent un climat de méfiance, de haine et de violence qui est à l’origine des extrémismes violents et des guerres. Ces situations en effet, accentuent l’égoïsme et l’orgueil dans les cœurs et installent un regard négatif sur l’autre, vu comme une menace.

Il nous faut alors accepter de tourner la page. Nous devons quitter la logique de l’équilibre par la peur et « acquérir une nouvelle conscience morale, le sens d’une éthique globale de solidarité et de coopération au service d’un avenir commun». Il s’agit de renoncer à la rancune et à la vengeance et de se tourner résolument vers la construction d’une société de paix véritablement soucieuse de l’intérêt de tous et particulièrement des petits, des faibles et des pauvres. La paix que nous désirons ne se réalise pas sans effort, elle se construit à travers un engagement pour l’avènement d’un ordre social et économique juste.

Si nous croyons à la paix et si nous y travaillons, la paix viendra. Oui, il s’agit avant tout de croire en la possibilité de la paix, de croire que l’autre a le même besoin de paix que nous. En cela l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous peut nous inspirer un amour libérateur, un amour sans limite, gratuit et constamment renouvelé. Le temps de Carême dans lequel nous entrons nous introduit précisément dans cet amour miséricordieux et réparateur de Dieu qui se donne à nous malgré nos insuffisances et nos péchés. En ce temps béni, la miséricorde de Dieu se fait encore plus proche et nous interpelle. Saint Paul qui en a fait l’expérience se fait l’ambassadeur de Dieu et nous interpelle en disant : « Au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). L’homme réconcilié avec Dieu reçoit la grâce nécessaire qui le rend capable de se réconcilier avec son semblable.

II. Le Carême, chemin de conversion véritable

1. La pratique de la pénitence

Pendant le temps du Carême, les chrétiens sont appelés à pratiquer la pénitence intérieure à travers les trois recommandations bibliques du jeûne, de la prière et de l’aumône(cf. Mt 6, 1-18). Dans son message de Carême de l’année dernière, le Pape François, nous rappelait que jeûner, c’est « apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures ; (passer) de la tentation de tout “dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, (une telle attitude) est capable de combler le vide de notre cœur. (Il nous invitait à) Prier afin de savoir renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance de notre moi, et reconnaître qu’on a besoin du Seigneur et de sa miséricorde. (Il nous enjoignait de) Pratiquer l’aumône pour (nous)[se] libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas ».

Nous comprenons alors que faire pénitence c’est se détacher de ce qui nous retient, s’ouvrir aux autres et se convertir au Christ pour accéder à la vraie liberté d’aimer comme lui. En réalité, la pénitence intérieure est une rupture avec le péché, une aversion du mal, et une répugnance pour les mauvaises actions que nous avons commises, une réorientation radicale de toute la vie,une conversion à Dieu de tout notre cœur.

2. L’appel à la conversion

Dans l’Évangile selon Saint Marc, Jésus commence sa prédication par ces mots : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle» (Mc 1, 15). La conversion à laquelle le Christ nous appelle se vit à un premier niveau qui est celui de notre esprit ; il s’agit de convertir nos idées sur Dieu et de nous tourner vers lui qui se fait proche de l’homme ; il est source de paix et de joie. Le second niveau de la conversion est celui du cœur, c’est-à-dire le changement moral de vie, la rectitude dans le domaine de l’agir ; agir correctement, agir bien. Le péché qui habite dans le cœur de l’homme l’obscurcit (cf. Mc 7, 20-23). Il se manifeste sous les traits de l’avidité qui pousse à la recherche du profit personnel et du gain facile. Il fait naître ce désir véhément d’être un gagnant à tout prix, fût-il au détriment de l’autre ; il ne se soucie de l’intérêt d’autrui ni du bien communautaire, il ne respecte pas l’ordre établi.Empêtré dans les ténèbres, il devient difficile à l’homme d’admettre qu’il agit mal.

La conversion exigée de l’homme se réalise dans la vie quotidienne par l’examen de conscience, l’aveu de ses fautes aux frères, l’effort continu pour changer et s’améliorer. Il s’agit ainsi d’un changement de cœur, de mentalité, de comportement, d’habitudes, qui laisse percevoir une cohérence entre la vie et l’agir du fidèle chrétien qui a pour vocation de transformer le monde à la suite du Christ.

3. L’engagement des chrétiens dans le monde

Baptisés, les chrétiens sont des disciples missionnaires, appelés à devenir des témoins vivants du Christ dans le monde. « Sel de la terre » et« lumière du monde… »(cf. Mt 5, 13-14), les chrétiens ont pour rôle de donner de la saveur à toutes les réalités humaines et sociales : à la famille, aux communautés, à la société tout entière. Ils doivent promouvoir le bien et illuminer le monde de la lumière du Christ pour l’orienter vers les réalités éternelles. Aujourd’hui,nous avons grandement besoin de fidèles chrétiens engagés partout où les hommes ont besoin d'être remis debout.

Tout comme nous avons besoin de chrétiens à même de justifier la pertinence de l’Évangile, de même nous avons besoin de personnes capables de justifier la pertinence de certains choix éthiques dans la vie en société. Quoi que nous pensions des clivages partisans et quelque soit le côté vers lequel penche notre cœur de citoyen, les chrétiens doivent impérativement et sans réserve, se mettre au service de la Nation, avec pour seul motif de servir le prochain surtout le plus fragile, le plus pauvre, le plus affamé….

4. Bâtir un monde meilleur par le dialogue et le pardon

L’adhésion à l’Évangile récuse la classification des hommes selon les impératifs de la structure sociale dominante, selon l’origine ethnique, selon l’appartenance sociale, selon la fortune ou selon la proximité avec le pouvoir. Elle ouvre plutôt large nos cœurs et nous porte à être « attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à vivre dans l’amour et à bien agir » (cf. He 10, 24). Tiraillés au milieu de la vie agitée du monde, restons confiants dans le Christ et travaillons à vaincre la psychose (cf. Is 44, 8 et Mc 4, 40) ;soyons disponibles pour observer, écouter, agir et rendre le monde meilleur pour tous.

Les assauts des forces du mal ne doivent pas nous éloigner les uns des autres quelles que soient nos appartenances ethniques, religieuses ou politiques. Ils devraient susciter entre nous des occasions supplémentaires de dialogue et de solidarité.Le dialogue sincère est le commencement de l’amour du prochain et donc le début d’un véritable chemin de conversion. D’ailleurs, le Christ nous appelle à l’amour des ennemis et au pardon des offenses. Ce pardon n’est rien d’autre que l’amour concret mis en actes dans une situation de conflit. Aimer celui ou celle avec lequel nous sommes en conflit passe nécessairement par le pardon. Nous avons tous besoin de nous pardonner les uns les autres comme nous avons tous besoin du pardon de Dieu qui « nous a réconciliés avec lui par le Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation » (2Co 5,18). C’est par ce travail de réconciliation et par le souci du prochain, même lorsque celui-ci ne nous est pas favorable ni sympathique, que nous devenons tous des enfants du même Père, appelés à construire notre pays dans la justice et la paix.

III. Décideurs politiques, leaders de la société civile, et acteurs économiques

1. Les perspectives électorales

Une grande échéance politique nous attend en novembre 2020. Elle constitue un rendez-vous important pour notre vie républicaine. Notre amour pour la Patrie nous commande de nous poser quelques questions importantes : Où voulons-nous aller à travers ces élections ? Que faire pour y aller avec vérité ? Quelles dispositions prendre pour que, dans la poursuite de cet objectif, les populations soient respectées et épargnées de promesses populistes ?

La politique est souvent perçue comme l’art de l’instrumentalisation des autres pour parvenir à ses propres fins. Un constat récurrent peut être fait : celui de l’existence d’une dichotomie entre l’application des leaders politiques à répondre aux espoirs des citoyens en période électorale et une curieuse inaccessibilité de ces mêmes responsables lorsque vient le moment de tenir parole et de rendre compte en matière de promesses faites. Un tel constat sème les germes d’une crise de confiance vis-à-vis de la politique, des hommes politiques et des partis politiques. La vérité, le sens de la parole tenue, le sens de la rigueur dans la poursuite de l’objectif du progrès peuvent constituer les antidotes d’une telle déformation de la politique. Par ailleurs, un manque de fairplay politique caractérise bien souvent le déroulement des campagnes électorales. La tendance est parfois à diaboliser l’adversaire pour espérer être vu comme un ange. Dans le contexte sécuritaire de notre pays, une attitude bien inconvenante serait d’utiliser l’argument de la gestion sécuritaire comme ressource pour engranger des points dans la compétition. Tous nous avons la responsabilité de prendre soin du bien commun que constituent notre vivre ensemble, notre justice, notre bien-être, notre solidarité, notre paix en construction, notre droit à gérer notre pays.

2. Avoir le sens du bien commun

La tension entre le bien commun et le bien particulier constitue l’une des principales caractéristiques de la politique. Telle que perçue, la politique engage le chrétien et l’homme de bonne volonté dans un effort permanent de conversion pour rechercher le bien de tous. Cela constitue, à n’en pas douter, une forme élevée de charité comme le relève le Saint Pape Pie XI. La protection de ce bien commun incombe à tous et à toutes. Une responsabilité partagée nous appelle tous à nous engager avec plus d’ardeur et de générosité dans la préservation et la promotion de ce bien de la maison commune. Cela demande que les acteurs de la classe politique entrent courageusement dans une nouvelle culture politique fondée sur un sens élevé de la responsabilité citoyenne et sur un effort de refus de toute forme d’idéologie individualiste. Une bonne gestion du bien commun requiert des décideurs, leaders ou acteurs, une juste exploitation des ressources nationales et une redistribution équitable qui tient compte des besoins des citoyens surtout des petits, des pauvres, des victimes, des déplacés. Cela suppose que tous ceux qui détiennent le pouvoir politique, civil ou économique s’engagent à donner le meilleur d’eux-mêmes sans recherche d’accaparement ou d’enrichissement abusif au point de nourrir la colère de ceux qui ne peuvent que se contenter des miettes. Un tel engagement de tous offrira les ressources pour un développement de notre pays.

3. Le défi d’une responsabilité partagée

Une authentique responsabilité citoyenne demande que chaque Burkinabè comprenne que chacune de ses diverses options et actions a une incidence fût-elle minime sur la bonne marche de laNation entière tant sur la dimension politique, économique que sociale : chacun a sa part de responsabilité. Il est nécessaire que cette conscience grandisse davantage ; qu’elle soit partagée par le plus grand nombre de citoyens Burkinabè. Elle aura pour bénéfice de nous aider à tirer des leçons du passé et à conjuguer les sacrifices grands et petits, que chacun peut se disposer à faire, pour un développement effectif et harmonieux du Burkina Faso. Cette vision des évènements peut dissiper les tensions internes et conduire les cœurs conciliés et intègres à rester solidaires et coopérateurs dans une commune recherche d’un meilleur devenir de notre Patrie. Décideurs politiques, acteurs de la société civile, syndicats, acteurs économiques sont ceux qui, au premier plan, doivent constituer les artisans de ce sens de la responsabilité citoyenne. Ils contribueront ainsi à engager le Burkina Faso dans une ère où la politique se réconcilie avec sa vocation première : une forme d’ascèse en vue du bien général.

Tous soucieux d’un meilleur devenir de notre Nation, osons entamer une conversion politique pour un plus grand esprit de service ! Une telle conversion passe nécessairement par un changement de cap sur le plan spirituel. Le Carême nous y invite et nous y aide.

Conclusion

Chers fils et filles de notre Église Famille de Dieu à Ouagadougou, comme le souligne le Pape Saint Jean XXIII (Lettre Encyclique Pacem in terris, 11 Avril 1963), nous sommes tous conscients que la paix est à la fois un don de Dieu et une tâche, un bien à invoquer et en même temps, à construire avec effort. C’est pourquoi, dans notre marche vers Pâques, nous gardons les yeux fixés sur le Christ Rédempteur qui nous donne sa paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14, 27). C’est lui que nous invoquons instamment pour qu’il transforme nos cœurs et qu’il fasse de nous des artisans de paix dans la vérité, la justice et l’amour fraternel.

Je vous invite alors à maintenir la chaîne de prière pour la paix entamée depuis le décembre dernier et à continuer à ouvrir vos cœurs pour accueillir, soigner, nourrir et donner des vêtements aux plus pauvres, aux victimes innocentes des attaques terroristes ainsi qu’aux déplacés qui viennent nous demander l’hospitalité.

Ensuite je recommande de prier pour que le Christ enflamme le cœur de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui œuvrent aux destinées de notre Nation, afin qu’ils travaillent ensemble pour renverser les barrières qui divisent, resserrer les liens de l'amour mutuel, user de compréhension à l'égard d'autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort.

Enfin, en vous assurant ma bénédiction paternelle, je prie le Seigneur de vous envoyer son Esprit Saint afin qu’il préside à votre marche sainte tout au long de ce temps de Carême. Que notre Sainte Mère la Vierge Marie intercède pour vous, afin que tous les efforts consentis contribuent à votre sanctification, à l’édification de notre Église-Famille de Dieu, et à la résurrection de la paix dans nos familles et dans notre cher pays le Burkina Faso.

Ouagadougou, le Mercredi des Cendres, 26 Février 2020