Le Christ prie au nom des hommes

Le Christ, HOMME-DIEU, est la tête, « l’aîné d’une multitude de frères » (He 2, 10). Autrefois, il priait seul sur la montagne. Le sommet de sa vie terrestre fut l’offrande du Calvaire. Maintenant, il vit sa prière de louange et d’intercession solidairement tous les hommes.

A la messe, il est là, ressuscité, glorieux, vainqueur du péché, renouvelant son sacrifice « pour la gloire de Dieu et le Salut du monde ».

L’Église unit sa voix à celle du Christ

Saint Paul prend la comparaison du corps humain. « Tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est de même du Christ » (1 Cor. 12, 12). « Il est la Tête du Corps qu’est l’Église » (Col. 1, 18 ; Eph. 1, 22).

L’Église, Corps du Christ rassemble l’humanité, présente à la fois sur la terre, au ciel, et au purgatoire (Eph 1, 9-10 ; 4, 1-6 ; Jean 1, 13). C’est une immense symphonie à plusieurs voix : le chant triomphal des élus, avec en premier lieu la Vierge Marie, la prière douloureuse des défunts en marche vers la lumière de Dieu, la supplication des pécheurs, la louange des fidèles.

Tous se complètent et se fondent dans le chant unique de l’Esprit de Jésus. Personne ne peut faire une prière parfaite. Mais chacun participe, en disant « Père » à sa façon. L’ensemble ne forme qu’un seul corps vivant, en communion les uns avec les autres.

L’Église présente à la prière du monde

La mission essentielle de l’Église est d’accomplir perpétuellement cet office de louange et d’adoration en participant au sacrifice du Christ.

Tous les fidèles s’y associent : le pape, les évêques, les prêtres, les contemplatifs, les fidèles, le prisonnier, le malade, la mère de famille,l’homme fatigué. « Chaque prière, fût-elle celle d’un petit berger qui garde ses bêtes, c’est la prière du genre humain » (Bernanos).

L'univers tout entier y est associé : « Il y a beaucoup d’étoiles… et cependant, il n’y en a pas une qui ne soit nécessaire pour louer Dieu » (Claudel).

Membres du Christ (Eph 4, 16), nous sommes liés les uns aux autres. Cette solidarité entre tous les membres du Corps s’appelle la Communion des Saints.

L’Église est mon lieu de prière

Quand je viens à l’oraison, je me situe au milieu de la grande assemblée de mes frères, en communion avec tous. Je rejoins ce peuple immense de pécheurs et de saints. Je prie avec eux.

Ma prière est greffée sur celle du grand Corps vivant qu’est l’Église. Je me coule dans cette prière multiforme. Je pense à mes amis du ciel, et avant tout Marie. Je n’oublie pas les âmes du purgatoire qui attendent nos prières et intercèdent pour nous. Je me souviens de tous ceux qui sont intervenus dans ma vie, de tous les habitants de la terre.

L’Église est le sacrement du salut, ma Mère au plan de la foi. L’oraison est le moment de prendre conscience de tout ce que je lui dois.

Tous pour un

Par l’Église, j’ai à moi la prière de tant d’hommes et de femmes à travers le monde. Dieu me donne tous ses fils comme frères. Ils prient pour moi.

Je suis entraîné par eux. J’ai besoin d’eux pour qu’ils construisent en moi l’enfant de Dieu, à l’image de son Fils. Ils m’aident dans ma prière, quelles que soient mes imperfections, mes lourdeurs.

Quand nous nous réunissons pour apprendre à faire oraison et que nous prions ensemble, nous nous portons les uns les autres.

Chacun pour tous

A mon tour, je peux aussi donner quelque chose. Je suis heureux de savoir que les autres ont aussi besoin de moi. (1 Cor 12, 21-27).

Je participe à la prière de l’Église comme membre actif. Quand je prie, j’exerce mon influence sur tout le corps. Je prie pour eux, en leur nom. Les saints du ciel se réjouissent à cause de moi : je leur donne le motif d’une nouvelle louange.

J’aide l’Église de la terre : par moi, sa foi augmente ; elle annonce mieux la sainteté, la beauté, l’amour de Dieu. "Le plus petit acte de pur amour est plus utile à l’Église que toutes les autres œuvres réunies" (St Jean de la Croix).

Toute prière est missionnaire

Pendant mon oraison, j’essaie de penser, au moins de temps en temps, que ma prière est universelle. Elle est :

- louange, action de grâce pour ce que fait l’Esprit chez les hommes, pour les fruits variés qu'il fait naître à travers les différentes cultures

- demande de pardon pour les péchés du monde, y compris pour mes péchés personnels qui défigurent l’Église

- intercession pour l’Église, pour telle catégorie, pour ceux qui vivent des situations de détresse, pour ceux qui désespèrent.

Sainte Thérèse marchait pour un missionnaire.

Une carmélite témoigne : « Je porte le monde entier dans ma prière ».

Charles de Foucauld a célébré l’Eucharistie au cœur d’un peuple qui n’avait pas encore reçu la Bonne Nouvelle.

Dans mon oraison, je dois me sentir responsable de la vitalité de l’Église entière et à travers elle, du bonheur de tous les hommes. Le contemplatif a naturellement une vision universelle. Il désir contribuer au salut du monde. Il s'intéresse à tous les grands problèmes et à tous les pays. Il serait prêt, comme le Pape, à partir jusqu'au bout de la planète.

Un jeune prêtre de Chine, très isolé, écrit : "Je ne peux pas vous exprimer mon émotion quand j'ai su qu'en Roumanie, un pays si lointain, il y a une Sœur qui s'engage à prier pour moi ! Je sens réellement la communion dans le Corps Mystique du Christ. Merci de prier pour moi pour que je fasse la volonté de Dieu".

Abbé Yves JAUSIONS
Diocèse de Rennes, FRANCE
Dans : Oraison sans frontières, 2006.

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