Le Christ prie en nous par son Esprit Saint

Le Christ prie pour nous. « Il est en mesure de sauver d’une manière définitive ceux qui s’approchent de Dieu, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (He. 7, 25).

Aujourd’hui, sur la terre, sa prière continue à tout moment par l’Eucharistie que célèbrent les prêtres. Et, de leur côté, les fidèles baptisés récitent la prière même de Jésus : Notre Père.

Donc, le Christ n’est pas simplement un modèle à imiter, il est le seul vrai priant.

Mais en remontant au ciel, il a confié à son Esprit Saint la tâche de guider notre prière. « Il dira ce qu’il entendra… Il recevra ce qui est à moi et il vous le communiquera » (Jean 16, 13-14). « L’Esprit Saint vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut » (Rom. 8, 26).

Voyons qui est l’Esprit Saint que Jésus a chargé de nous apprendre à prier.

Qui est l’Esprit Saint ?

L’Écriture emploie plusieurs images pour désigner l’Esprit (en latin spiritus ; en grec : pneuma).

Le VENT, cette force invisible, insaisissable : « l’Esprit(ou le vent, ou le souffle) de Dieu planait sur les eaux » (Gen. 1, 2).

Jésus dit à Nicodème : « Le vent souffle où il veut, et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de celui qui est né de l’Esprit » (Jean 3, 8).

Le signe du VENT, veut dire que l’Esprit est immatériel, invisible aux yeux. Il évoque ce qui est intérieur, profond, mystérieux, impossible à expliquer avec des mots. On n’entend pas sa voix. Pourtant, il est bien réel et ses effets sont importants.

Le SOUFFLE, la respiration, donc la vie : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et il devint un être vivant » (Gen. 2, 7). « Tu envoies ton souffle et ils sont créés » (Ps. 104, 30). Il est une personne vivante. Entre le Père et le Fils, il est le Souffle, la Vie. Il est comme la respiration de Dieu. Il opère l'unité entre eux. Il est don, échange, communication.

En nous, il fait entrer le souffle divin. Grâce à lui, nous participons d'une manière admirable à la vie même de Dieu (2 Cor. 3, 6). Il nous introduit dans la communion qui unit le Père et le Fils.

Il fait également le lien, la communion entre nous et nous permet de former l’Église, Corps du Christ. L'Esprit accompagne et soutient chaque homme en tenant compte de sa faiblesse.

L’EAU. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi… de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jean 7, 37-39). Cela rappelle le fleuve du paradis terrestre (Gen. 2, 10) et la source qui jaillissait du temple, d’après Ézéchiel (47).

Le FEU qui éclaire, réchauffe, purifie mais ne détruit pas. Il apporte lumière et réconfort. "Sans le Saint-Esprit, tout est froid" (Le Curé d'Ars).

Dieu apparaît à Moïse dans un feu (Ex.3, 2). Une colonne de feu conduisait les Hébreux (Deut.1, 33). Dieu dit à Jérémie : « Je vais mettre mes paroles dans ta bouche comme un feu » (5, 14).

Jean-Baptiste : « Il vous baptisera dans l’eau et le feu » (Mat.3, 11). A la Pentecôte : « Ils virent apparaître comme des langues de feu » (Act 2, 3).

L’ONCTION D’HUILE. L’huile pénètre, assouplit. Son empreinte sur une étoffe ne s’efface pas. L’onction servait à consacrer les rois. Au baptême, l’onction indique que l’on est marqué et consacré pour toujours au service de Dieu, comme prêtre, prophète et roi.

LA COLOMBE blanche est symbole de paix (Gen.8, 11) ; mais aussi de légèreté, de rapidité, de pureté, de sainteté (Mat. 3, 16).

L'Esprit Saint guérit

L'homme est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Ces trois éléments sont souvent opposés entre eux ; "Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas" (Rom 7,20). Cela explique pourquoi nous sommes tantôt dans la tristesse et le découragement, tantôt dans la paix et le bonheur.

Heureusement nous ne sommes pas seuls. Depuis le baptême nous sommes habités par l'Esprit Saint : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1Cor 3,16). Il est le médecin, le défenseur, le consolateur (Jean 14, 25-26 ; 15, 26-27 ; 16, 7-15). Il nous redresse, nous convertit, nous fortifie, nous éclaire. Dans ce combat, l'Esprit réconcilie peu à peu et unifie les trois zones, le corps, l'âme et l'esprit. On reconnaît sa présence lorsqu'il pacifie, console, réjouit ; l'homme passe de la lutte et de la tristesse à la paix et à la ferveur.

L'Esprit Saint prie en nous

Dans l’Évangile, nous voyons le Christ louer, remercier, intercéder, offrir : "Père, je Te rends grâce…" (Mat 11, 25). Il est le parfait adorateur du Père. Il n'y a qu'une seule vraie prière, celle du Fils en dialogue perpétuel avec son Père. Au cœur de cet échange, il y a l'Esprit qui porte l'élan du Fils vers le Père et l'élan du Père vers le Fils. Maintenant que Jésus est remonté au ciel, l'Esprit Saint continue son œuvre. Sa mission est de transmettre aux hommes ce qu'il a reçu et de les instruire. "L'Esprit vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit intercède pour nous en des gémissements ineffables (intraduisibles, incompréhensibles)" (Rom 8, 26).

Comme il est l'Esprit du Fils, sa prière est essentiellement filiale. Elle est l'exclamation de tendresse que l'Esprit fait retentir en nous : "Dieu sa envoyé en nous l'Esprit de son Fils qui s'écrie 'Abba, Père'" (Gal 4, 4-6 ; Rom 8, 14-16).

Ainsi la prière chrétienne n'est pas d'abord l'œuvre de l'homme, mais la prière du Christ agissant par l'Esprit ; donc, en réalité nous n'avons pas à "faire" une prière, mais à rejoindre une prière qui se trouve déjà en nous. Bien sûr, la plupart du temps nous ne sentons rien. Mais il faut croire que l'Esprit Saint est là.

Donc, faire oraison c'est descendre dans notre cœur et laisser l'Esprit Saint nous élever vers Jésus et, par Lui, vers le Père. Également, c'est demander à l'Esprit Saint de nous remplir d'amour.

Telle est l'extraordinaire valeur de la prière, même la plus sèche : c'est celle de la Trinité en nous, avec nous. Il suffit de donner son consentement à l'Esprit Saint ; c'est le "Je veux ce que Tu veux". L'oraison n'est pas la prière de l'homme seul, elle est l'œuvre de l'Esprit de Dieu uni à l'esprit de l'homme qui apprend peu à peu à entrer dans le dialogue divin.

Nous devenons des "hommes nouveaux"

L'Esprit agit dans le centre profond et secret de notre âme. Il nous révèle des profondeurs que nous ne soupçonnions pas. Il fait de nous "l'homme nouveau" (Eph 4, 26 ; Col 3, 10), c'est-à-dire l'homme qui partage la vie de la Sainte Trinité : "Quiconque est en Christ est une créature nouvelle" (2Cor 5, 17 ; Gal 6, 15). Saint Grégoire de Nysse précise : "Saint Paul appelle créature nouvelle "l'habitation du Saint-Esprit dans un cœur pur, indemne du mal".

Dès maintenant, l'Esprit Saint nous introduit dans le domaine divin. En nous le Père engendre le Fils ; en nous le Père et le Fils s'aiment infiniment, et leur amour mutuel, c'est l'Esprit Saint. Au ciel, nous comprendrons en pleine lumière comment nous sommes associés à la vie même des Personnes divines. Actuellement, cet échange mystérieux se passe en général au-delà de toute compréhension. Mais nous faisons confiance à l'Esprit Saint qui nous permet de vivre dès maintenant en enfants de Dieu, par la foi.

Par l'oraison l'Esprit nous fait progresser

L'Esprit Saint agit plus fortement pendant l'oraison, parce que nous sommes alors branchés sur la source et totalement disponibles. Nous collaborons avec Lui et le résultat est meilleur. Comme la cire chauffée devient malléable, nous nous laissons pétrir par la main de l'artiste divin. Il imprime peu à peu en nous l'image du Christ. Nous ressemblons chaque jour un peu plus au modèle. Il rend l'âme lumineuse et aimante, comme Lui, dans la mesure de notre docilité. Lui qui est l'Esprit Saint, il nous sanctifie. Nous n'avons rien d'autre à faire que de nous laisser transformer.

Au début de toute prière, et spécialement de l'oraison, il faut faire silence, essayer de renoncer à nos pensées. J'entre dans la "chambre de mon cœur". Je ferme la porte aux bruits extérieurs et intérieurs. J'appelle l'Esprit Saint. Je lui demande ses lumières. Invoquons l'Esprit Saint souvent, chaque jour, spécialement avant toute action importante, au début des réunions. Nous ne pouvons rien faire de bien sans Lui. Prions-Le avec Marie qui a reçu l'Esprit Saint en plénitude.

L'oraison est une école de progrès. Lorsque nous prions, Dieu nous accorde toujours une grâce. Cette grâce demeure en nous. C'est pourquoi nous commençons chaque oraison au point où nous étions à la fin de l'oraison précédente. Donc nous avançons de jour en jour, même si nous n'en avons pas conscience. Cette croissance est de plus en plus rapide, et pourtant jamais terminée, car Dieu est infini. La prière du Christ en nous est comme la semence de la parabole qui est appelée à devenir un grand arbre (Mat 13, 3).

Mais tout cela est secret, caché : "Il en est du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a jeté du grain en terre. Qu'il dorme ou qu'il se lève, la nuit ou le jour, la semence germe et grandit ; il ne sait pas comment" (Marc 4, 26-27).

Comment vivre dans l'Esprit ?

- L'Esprit est l'Ami, le conseiller intérieur. Est-ce que je Le prie souvent ? Est-ce que je Lui demande ses lumières ?

- L'Esprit me parle de beaucoup de manières : passage de la Bible, parole d'un frère, événement important, conseil d'une personne sage… Tout cela vient de Lui. Est-ce que je L'écoute suffisamment ? Sa parole est faible, discrète. Je dois être très attentif. Pour entendre "radio Saint-Esprit", il faut fermer les autres radios. Il faut s'habituer à faire le silence en soi. Réfléchir. Écouter Dieu.

- Est-ce que je suis souple, docile, prêt à faire ce qu'Il me dit ?

- Est-ce que je cultive en moi les "fruits de l'Esprit" : joie, paix, patience, amabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi" (Gal 5, 22-23) ? Plus je développerai ces qualités, plus l'Esprit Saint aura facilité pour me transformer et faire grandir en moi le cœur nouveau (Ez 36, 26).

"L'Esprit est notre ami, notre lumière,
flamme amie qui nous consume.
Notre joie est de le sentir en nous
et de nous sentir en Lui,
si profondément, si intimement
que désormais rien ne pourra nous séparer"
Père Marie-Eugène

 

Abbé Yves JAUSIONS
Diocèse de Rennes, FRANCE
Dans : Oraison sans frontières, 2006.

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