LE GRAND CADEAU DE JÉSUS

6ème dimanche de Pâques – Année C

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.  (Jn 14,23-29)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

En suivant la coutume juive, les premiers chrétiens se saluaient en se souhaitant la "paix". Ce n'était pas une salutation routinière et conventionnelle. Pour eux, cela avait un sens plus profond. Dans une lettre que Paul a écrite vers 61 à une communauté chrétienne d'Asie Mineure, il lui exprime son grand désir : "Que la paix du Christ règne dans vos cœurs".

Cette paix n'est pas à confondre avec n'importe quoi. Il ne s'agit pas seulement d'une absence de conflits et de tensions. Il ne s'agit pas non plus d'un sentiment de bien-être ou de tranquillité intérieure. Selon l'Évangile de Jean, il s'agit du grand cadeau de Jésus, de l'héritage qu'il a voulu laisser à ses disciples pour toujours. Jésus dit : "Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix".

Sans doute se souvenaient-ils de ce que Jésus avait demandé à ses disciples lorsqu'il les avait envoyés construire le royaume de Dieu : "Dans quelque maison dans laquelle vous entrerez, dites d'abord : "Paix à cette maison". Pour rendre la vie plus humaine, il faut d'abord semer la paix, et non la violence ; promouvoir le respect, le dialogue et l'écoute mutuelle, et non l'imposition, la confrontation et le dogmatisme.

Pourquoi la paix est-elle si difficile, pourquoi revenons-nous sans cesse à la confrontation et à l'agression mutuelle ? Il existe une première réponse, si élémentaire et si simple que personne ne la prend au sérieux : seuls les hommes et les femmes qui possèdent la paix peuvent la transmettre à la société.

N'importe qui ne peut pas semer la paix. Avec un cœur plein de ressentiment, d'intolérance et de dogmatisme, on peut mobiliser les gens, mais il n'est pas possible d'apporter une paix réelle à la coexistence ; il n'est pas possible de contribuer à rapprocher les positions et à créer un climat amical de compréhension, d'acceptation mutuelle et de dialogue.

Il n'est pas difficile de relever quelques traits de la personne qui porte en elle la paix du Christ : elle cherche toujours le bien de tous, elle n'exclut personne, elle respecte les différences, elle n'encourage pas l'agressivité, elle favorise ce qui unit, jamais ce qui confronte.

Qu'apportons-nous aujourd'hui à partir de l'Église de Jésus : harmonie ou division, réconciliation ou confrontation ? Et si les disciples de Jésus ne portent pas la paix dans leur cœur, alors que portent-ils ? Des peurs, des intérêts, des ambitions, de l'irresponsabilité ?

 

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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