À QUI IRIONS-NOUS ?

21ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !...
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jean 6,60-69)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Ceux qui s'approchent de Jésus ont souvent l'impression de rencontrer quelqu'un d'étrangement actuel et plus présent à nos problèmes actuels que beaucoup de nos contemporains.

Il y a des gestes et des paroles de Jésus qui nous touchent encore aujourd'hui parce qu'ils touchent le point sensible de nos problèmes et préoccupations les plus vitaux. Ce sont des gestes et des mots qui résistent au passage du temps et au changement d'idéologies. Les siècles qui se sont écoulés n'ont pas atténué la force et la vie qu'ils contiennent, pourvu que nous soyons un peu attentifs et que nous ouvrions nos cœurs sincèrement.

Cependant, au cours de vingt siècles, beaucoup de poussière s'est inévitablement accumulée sur sa personne, ses actions et son message. Un christianisme plein de bonnes intentions et de ferveurs vénérables a parfois empêché de nombreux chrétiens de rencontrer la fraîcheur, pleine de vie, de celui qui pardonnait aux prostituées, embrassait les enfants, pleurait avec ses amis, répandait l'espoir et invitait les gens à vivre en toute liberté l'amour des enfants de Dieu.

Combien d'hommes et de femmes n'ont pas dû écouter les élucubrations de moralistes bien intentionnés et les discours de prédicateurs érudits sans parvenir à le rencontrer.

Nous ne devrions pas être surpris par la question de l'écrivain français Jean Onimus : "Pourquoi devrais-tu être la propriété privée de prêcheurs, de docteurs et de quelques savants, toi qui as dit des choses aussi simples et directes, des paroles qui restent toujours des paroles de vie pour tous les hommes ?

Si les nombreux chrétiens qui se sont éloignés de l'Église ces dernières années connaissaient directement les Évangiles, ils ressentiraient à nouveau ce que Pierre a exprimé un jour : "Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons".

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv