FAIRE CONFIANCE À L'ÉVANGILE

Ascension du Seigneur – Année B

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. (Marc 16,15-20)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

L'Église a déjà vingt siècles d'existence. Deux mille ans de fidélité mais aussi de nombreuses infidélités qui sont derrière nous. L'avenir s'annonce incertain. On parle des signes de décadence en son sein : fatigue, vieillissement, manque d'audace, résignation. Le désir de quelque chose de nouveau et de différent grandit, mais aussi l'impuissance à générer un véritable renouveau.

L'évangéliste Matthieu termine son texte en mettant sur les lèvres de Jésus une promesse destinée à nourrir pour toujours la foi de ses disciples : "Je serai avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde". Jésus restera vivant dans le monde. Son mouvement ne disparaîtra pas. Il y aura toujours des croyants qui actualiseront sa vie et son message. Marc nous dit qu'après l'Ascension de Jésus, les apôtres « proclamaient partout l'Évangile, et le Seigneur agissait avec eux ».

Cette foi nous conduit aujourd’hui à faire également confiance à l'Église : avec des retards et peut-être des résistances, avec des erreurs et des faiblesses, elle continuera toujours à chercher à être fidèle à l'Évangile. Elle nous amène aussi à faire confiance au monde et à l'être humain : par des voies qui ne sont pas toujours claires ni faciles, le royaume de Dieu continuera de croître.

Aujourd'hui, il y a plus de faim et de violence dans le monde, mais il y a aussi une plus grande prise de conscience pour le rendre plus humain. Nombreux sont ceux qui ne croient en aucune religion, mais qui croient en une vie plus juste et plus digne pour tous, ce qui constitue, en définitive, le grand désir de Dieu.

Cette confiance peut donner un ton différent à notre façon de voir le monde et l'avenir de l'Église. Elle peut nous aider à vivre avec patience et paix, sans tomber dans le fatalisme et sans désespérer de l'Évangile.

Nous devons assainir nos vies en éliminant tout ce qui nous enlève l'espérance. Lorsque nous nous laissons dominer par le désenchantement, le pessimisme ou la résignation, nous nous rendons incapables de transformer la vie et de renouveler l'Église. Le philosophe américain Herbert Marcuse a dit que "seuls ceux qui cheminent méritent l'espoir". Je dirais que l'espérance chrétienne n'est connue que de ceux qui marchent sur les traces de Jésus. Ce sont eux qui peuvent "proclamer l'Évangile à toute la création".

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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