TENDRE NOTRE MAIN

6ème dimanche du Temps ordinaire – Année B

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui. (Marc 1, 40-45)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le bonheur n'est possible que là où nous nous sentons accueillis et acceptés. Là où manque l'accueil, il y a un déficit de vie ; notre être est comme paralysé ; la créativité est atrophiée. C'est pourquoi une "société fermée est une société sans avenir, elle tue l'espérance de vie des marginaux et finit par s'effondrer elle-même" (Jürgen Moltmann).

Nombreux sont les facteurs qui amènent les hommes et les femmes de notre temps à vivre dans des cercles exclusifs et fermés. Dans une société où l'insécurité, l'indifférence ou l'agressivité augmentent, il est compréhensible que chacun de nous essaie d'assurer son "petit bonheur" avec ceux qui ressentent la même chose.

Les gens qui sont comme nous, qui pensent et veulent les mêmes choses que nous, nous rassurent. En revanche, les personnes qui sont différentes, qui pensent, ressentent et veulent d'une manière différente à la nôtre, provoquent en nous crainte et inquiétude.

C'est pourquoi les nations se regroupent dans des "blocs" qui se regardent avec hostilité. C'est la raison pour laquelle nous recherchons chacun notre "zone de sécurité", ce cercle d'amis, fermé à ceux qui ne partagent pas notre même condition.

Nous vivons "sur la défensive", de plus en plus incapables de briser la distance qui nous sépare les uns des autres et qui nous empêche d’adopter une position d'amitié ouverte à tous. Nous nous sommes habitués à n'accepter que ceux qui sont les plus proches de nous. Les autres, nous les tolérons ou nous les regardons avec indifférence, si ce n’est avec une certaine réserve et précaution.

Nous pensons naïvement que, si chacun d'entre nous se soucie d'assurer sa petite part de bonheur, l'humanité continuera d'avancer vers son bien-être. Et nous ne nous rendons pas compte qu'on est en train de générer marginalisation, isolement et solitude. Et qu’il sera de plus en plus difficile d'être heureux dans une pareille société.

C'est pourquoi le geste de Jésus revêt pour nous une signification particulière. Jésus ne se contente pas de purifier le lépreux. Il lui tend la main et le touche, brisant ainsi les préjugés, les tabous et les limites de l'isolement et de la marginalisation qui excluent les lépreux de la vie en société. En tant que disciples de Jésus, nous devons nous sentir appelés à apporter une amitié ouverte aux secteurs les plus marginalisés de notre société. Nombreux sont ceux qui ont besoin d'une main tendue qui puisse les toucher.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

Pin It

Liturgie

Aujourd'hui : dimanche 07 mars 2021 - Troisième dimanche de Carême
Saint(s) du jour : Stes Perpétue et Félicité, martyres († 203)

Voir les lectures du jour

Suivez-nous sur Facebook

Les derniers tweets du Pape François

(C) 2012-2019 Catholique.bf - Tous les droits réservés.