LA VIE N'APPARTIENT QU’À DIEU SEUL

29ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

 

Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Matthieu 22,15-21)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

L'exégèse moderne ne laisse aucune place au doute. La première chose pour Jésus, c'est la vie, pas la religion. Il suffit d'analyser la trajectoire de son activité. Il est toujours soucieux d'éveiller et de développer, au sein de la société de son temps, une vie plus saine et plus digne.

Pensons à son action dans le monde des malades : Jésus se fait proche de ceux dont la vie est fragilisée, menacée ou précaire, afin d'éveiller en eux une vie plus pleine.

Pensons à son approche des pécheurs : Jésus leur offre le pardon qui leur permettra de mener une vie plus digne, sauvée de l'humiliation et du mépris.

Pensons aussi aux possédés par le démon, incapables d'être maîtres de leur existence: Jésus les libère d'une vie aliénée et déséquilibrée par le mal.

Comme l'a souligné le théologien Jon Sobrino, les pauvres sont ceux pour qui la vie est devenue un lourd fardeau, car ils ne peuvent vivre avec un minimum de dignité.

Cette pauvreté c’est ce qu'il y a de plus contraire au dessein originel du Créateur de la vie. Là où un être humain ne peut pas vivre dans la dignité, la création de Dieu y apparaît comme viciée et annulée.

C'est pourquoi Jésus se préoccupe tant de la vie concrète des paysans galiléens. La première chose dont ces gens ont besoin, c'est de vivre, et de vivre dans la dignité. Ce n'est pas l'objectif final, mais en ce moment-là c'était le plus urgent. Jésus les invite à avoir confiance dans le salut ultime offert par le Père, mais il le fait en sauvant ces gens-là de la maladie et en soulageant leurs douleurs et leurs souffrances. Il leur annonce le bonheur définitif au sein de Dieu, mais il le fait en introduisant plus de dignité, paix et joie dans le monde de leur temps.

Parfois, nous chrétiens, nous exposons notre foi avec un tel mélange de concepts et de paroles qu'au moment de la vérité, ils sont peu nombreux ceux qui arrivent à comprendre exactement à quoi consiste le Royaume de Dieu dont parle Jésus.

Cependant, les choses ne sont pas si compliquées. La seule chose que Dieu veut est ceci : une vie plus humaine pour tous et à partir de maintenant ; une vie qui atteindra toute sa plénitude dans la vie éternelle. C'est pourquoi il ne faut jamais donner à aucun César ce qui n’appartient qu’à Dieu : la vie et la dignité de ses enfants.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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