ÊTRE PRÊTS À SOUFFRIR

13ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » (Matthieu 10, 37-42)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Jésus ne voulait voir personne souffrir. Ce n'est pas bon de souffrir. Jésus n'a jamais cherché la souffrance ni pour lui-même ni pour les autres. Au contraire, toute sa vie n'a consisté qu'à lutter contre la souffrance et le mal, qui font tant de mal aux gens.

Les sources le présentent toujours en lutte contre la souffrance cachée dans la maladie, l'injustice, la solitude, le désespoir ou la culpabilité. C'est ainsi que Jésus était : un homme engagé à éliminer la souffrance, à supprimer les injustices et à répandre la force de vivre.

Mais la recherche du bien et du bonheur pour tous apporte beaucoup de problèmes. Jésus le savait par expérience. On ne peut pas être avec ceux qui souffrent et chercher le bien des derniers sans provoquer le rejet et l'hostilité de ceux qui ne sont intéressés par aucun changement. Il est impossible d'être avec les crucifiés et de ne pas se voir un jour soi-même, « crucifié ».

Jésus ne l'a jamais caché à ses disciples. A plusieurs reprises, il a utilisé une métaphore troublante que Matthieu a résumée ainsi : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi ». Il n'aurait pas pu choisir un langage plus graphique. Tout le monde connaissait la terrible image du condamné qui, nu et sans défense, était contraint de porter sur ses épaules le bois horizontal de la croix jusqu'au lieu d'exécution, où l'attendait le bois vertical fixé au sol.

« Porter la croix » faisait partie du rituel de la crucifixion. Son but était que le condamné apparaisse devant la société comme coupable, un homme indigne de continuer à vivre parmi les siens. Tout le monde serait soulagé en le voyant mort.

Les disciples essayaient de le comprendre. Jésus voulait dire plus ou moins ceci : « Si vous me suivez, vous devez être prêts à être rejetés. Il vous arrivera la même chose qu'à moi. Aux yeux de beaucoup, vous aurez l'air d'être coupables. Vous serez condamnés. Ils feront en sorte que vous ne dérangiez plus. Vous devrez porter votre croix. Alors vous me ressemblerez. Vous serez mes dignes disciples. Vous partagerez le sort des crucifiés. Avec eux, vous entrerez un jour dans le royaume de Dieu ».

Porter la croix, ce n'est pas chercher des « croix », mais accepter la « crucifixion » qui nous arrivera si nous suivons les traces de Jésus. C'est vraiment cela.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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