LES PEURS DANS L'ÉGLISE

2ème dimanche de Carême – Année A

 

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. » (Matthieu 17,1-9)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

C'est probablement la peur ce qui paralyse le plus les chrétiens dans leur fidélité à la suite de Jésus-Christ. Dans l'Eglise d'aujourd'hui, il y a le péché et la faiblesse mais surtout la peur de prendre des risques. Nous avons commencé le troisième millénaire sans oser renouveler de manière créative notre façon de vivre la foi chrétienne. Il n'est pas difficile de faire ressortir certaines de ces peurs.

Nous avons peur de ce qui est nouveau, comme si « conserver le passé » garantissait automatiquement la fidélité à l'Evangile. Il est vrai que le Concile Vatican II a affirmé avec insistance qu'il doit y avoir dans l'Église « une réforme constante », car « en tant qu'institution humaine, elle en a besoin en permanence ». Cependant, il n'en est pas moins vrai que ce qui anime l'Église en ce moment, ce n'est pas tant un esprit de renouveau qu'un instinct de conservation.

Nous avons peur d'assumer les tensions et les conflits qui surgissent lorsque nous recherchons la fidélité à l'évangile. Quand nous devons parler, nous restons silencieux ; Quand nous devons intervenir, nous sommes paralysés. Le débat sur des questions importantes est défendu afin d'éviter des positions conflictuelles. Nous préférons une adhésion de routine qui ne pose pas de problèmes et qui ne mécontente pas la hiérarchie.

Nous avons peur d’une recherche théologique créative. Peur de réviser les rites et les expressions liturgiques qui ne favorisent plus une célébration vivante de la foi aujourd'hui. Peur de parler des « droits de l'homme » au sein de l'Église. Peur de reconnaître aux femmes, de façon pratique, une place plus conforme à l'esprit de Jésus.

Nous avons peur de mettre la miséricorde au-dessus tout, oubliant que l'Église n'a pas reçu le « ministère du jugement et de la condamnation » mais le « ministère de la réconciliation ». Il y a une peur d'accueillir les pécheurs comme Jésus l'a fait. Il est difficile de dire aujourd'hui de l'Église qu'elle est l' « amie des pécheurs », comme on l'a dit de son Maître.

Selon l'Évangile, les disciples tombent à terre « pleins de peur » quand ils entendent une voix leur dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé... écoutez-le ». Oui, cela fait peur de n’écouter que Jésus. C'est Jésus lui-même qui s'approche d'eux, les touche et leur dit : « Levez-vous-, n'ayez pas peur ». Seul le contact vivant avec le Christ peut nous libérer de tant de peur.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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