LA LUMIÈRE DES BONNES ŒUVRES

5ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Matthieu 5,13-16)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Nous, les êtres humains, nous avons tendance à paraître devant les autres plus intelligents, meilleurs et plus nobles que nous ne le sommes réellement. Nous passons notre vie à essayer de montrer devant les autres et devant nous-mêmes une perfection que nous ne possédons pas. Les psychologues disent que cette tendance est due, avant tout, au désir de s'affirmer devant soi-même et devant les autres, pour se défendre de leur supériorité éventuelle.

Il nous manque la vérité des « bonnes œuvres », et nous remplissons nos vies de verbiage et de toute sorte de discussions. Nous sommes incapables de donner à nos enfants l'exemple d'une vie digne, et nous passons nos journées à leur demander ce que nous ne vivons pas.

Nous ne sommes pas cohérents avec notre foi chrétienne et nous tentons de nous justifier en critiquant ceux qui ont abandonné la pratique religieuse. Nous ne sommes pas témoins de l'évangile alors que nous prétendons le prêcher aux autres. Peut-être devrions-nous commencer par reconnaître patiemment nos incohérences, afin de ne présenter aux autres que la vérité de notre vie. Si nous avons le courage d'accepter notre médiocrité, nous nous ouvrirons plus facilement à l'action de ce Dieu qui peut encore transformer nos vies.

Jésus parle du danger que « le sel devienne fade ». Saint Jean de la Croix le dit différemment : « Que Dieu vous délivre de ce que le sel commence à s’enorgueillir car bien qu'il puisse sembler faire quelque chose à l'extérieur, en substance il ne sera rien, car il est certain que les bonnes actions ne peuvent être faites que par la grâce de Dieu ». Pour être « sel de la terre », l'important n'est pas l'activisme, l'agitation, le protagonisme superficiel, mais les « bonnes œuvres » qui naissent de l'amour et de l'action de l'Esprit en nous.

Combien nous devrions écouter avec attention, aujourd'hui dans l'Église, ces paroles du même Jean de la Croix : « Remarquez donc ceci : ceux qui sont très actifs et qui pensent embraser le monde entier par leurs prédications et leurs œuvres extérieures, ils seraient beaucoup plus profitables à l’Église et beaucoup plus agréables à Dieu s'ils consacraient ne serait-ce que la moitié de leur temps à rester avec Dieu en prière ».

Autrement, selon le docteur mystique, « tout se réduit à marteler et à faire un peu plus que rien, et parfois rien, et même parfois du mal ». Au milieu de tant d'activité et d'agitation, où sont nos « bonnes œuvres » ? Jésus disait à ses disciples : « Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et rendent gloire au Père ».

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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