LE RISQUE DE S’INSTALLER

18ème dimanche du Temps ordinaire – Année A

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
 (Matthieu 17, 1-9)

Tôt ou tard, nous risquons tous de nous installer dans la vie, en cherchant un refuge confortable nous permettant de vivre tranquillement, d’éviter des sursauts ou des préoccupations excessives, en renonçant à toute autre aspiration.

Une fois un certain succès professionnel acquis, la famille orientée et l’avenir de quelque façon assuré, il est facile de se laisser attraper par un conformisme aisé nous permettant de continuer le chemin de la vie le plus commodément possible.

C’est le moment de chercher une ambiance agréable et accueillante. Une vie relax dans une ambiance heureuse. Faire de son foyer un refuge intime, un coin pour lire et pour écouter de la bonne musique. Jouir d’un bon temps de vacances. S’assurer des week-ends agréables...

Mais c’est souvent à ce moment-là que la personne découvre plus clairement que jamais que le bonheur ne s’identifie pas au bien-être. Il manque dans ce genre de vie quelque chose dont l’absence nous laisse vides et insatisfaits. Quelque chose que l’on ne peut pas acheter avec de l’argent ni assurer avec une vie confortable. Il manque simplement la joie de celui qui sait se laisser toucher par les problèmes et les besoins des autres, qui se sent solidaire des nécessiteux et qui sait vivre, de quelque façon, plus proche des personnes maltraitées par la société.

Il y a, en plus, une autre manière de « s’installer » que l’on peut faussement renforcer avec des « accents chrétiens ». C’est l’éternelle tentation de Pierre qui guette toujours les croyants : « dresser des tentes en haut de la montagne ». C’est-à-dire, chercher dans la religion notre bien-être intérieur, en fuyant notre responsabilité individuelle et collective dans la construction d’une société plus humaine.

Pourtant, le message de Jésus est clair. Une expérience religieuse n’est véritablement chrétienne si elle nous sépare de nos frères, si elle nous installe confortablement dans la vie et nous éloigne du service en faveur des démunis.

Si nous écoutons Jésus, nous nous sentirons invités à quitter notre conformisme, à rompre avec un style de vie égoïste dans lequel nous nous trouvons peut-être commodément installés et à commencer à vivre en faisant davantage attention à l’interpellation qui nous parvient des laissés-pour-compte de notre société.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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