UNE JOIE DIFFÉRENTE

6ème dimanche de Pâques – Année B

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jean 15,9-17)

La joie n’est pas chose facile. Les moments de bonheur authentique semblent de petites parenthèses au milieu d’une existence d’où jaillissent constamment la douleur, l’inquiétude et l’insatisfaction.

Le mystère de la véritable joie est quelque chose d’étrange pour beaucoup d’hommes et de femmes. Peut-être qu’ils savent encore rire aux éclats, mais ils ont oublié ce qu’est un sourire joyeux, né du plus profond de leur être. Ils possèdent presque tout mais rien ne les rend vraiment satisfaits. Ils sont entourés d’objets de grande valeur et pratiques, mais à peine s’ils connaissent ce qu’est l’amour et l’amitié. Ils courent sur le chemin de la vie absorbés par mille tâches et soucis, mais ils ont oublié que nous avons été créés pour la joie.

C’est pour cela que quelque chose s’éveille en nous lorsque nous entendons ces paroles de Jésus : « Je vous ai dit cela pour que vous partagiez ma joie et que votre joie soit complète ». Notre joie est fragile et petite et elle est toujours menacée. Mais il nous a été promis quelque chose de grand. Pouvoir partager la joie même de Jésus. Sa joie peut devenir la nôtre.

La pensé de Jésus est claire. S’il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de vie non plus. Impossible de communiquer avec lui. Impossible d’expérimenter le Père. Si l’amour est absent de nos vies, il ne reste que le vide et l’absence de Dieu. Nous pouvons parler de Dieu, l’imaginer, mais nous ne pouvons pas l’expérimenter en tant que source de joie véritable.

Peut-être, nous les chrétiens d’aujourd’hui, nous ne pensons pas assez à la joie de Jésus et n’avons pas appris à « jouir » de la vie, en suivant ses pas. Ses appels à chercher le bonheur véritable se sont effrités dans le vide, peut-être parce que nous nous obstinons à penser que le chemin le plus sûr pour le trouver passe par le pouvoir, l’argent ou le sexe.

C’est celui qui fait confiance au Père de manière totale et inconditionnelle qui possède en lui la joie de Jésus. La joie de celui qui sait accueillir la vie avec reconnaissance. La joie de celui qui a découvert que dans son existence tout est grâce.

Mais la vie s’éteint tristement en nous si nous la gardons pour nous seuls, sans réussir à en faire cadeau. La joie de Jésus ne consiste pas à jouir de manière égoïste de la vie. C’est la joie de celui qui donne la vie et qui sait créer les conditions nécessaires pour qu’elle grandisse et se développe de manière de plus en plus digne et saine. C’est-là l’un des enseignements clé de l’Évangile. Seulement est heureux celui qui rend le monde plus heureux. Seul connaît la joie celui qui sait l’offrir. Seul vit celui qui fait vivre.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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