ARCHIDIOCÈSE DE OUAGADOUGOU
LES DÉFIS PASTORAUX DE LA FAMILLE DANS LE CONTEXTE DE L’ÉVANGÉLISATION
DOCUMENT DE PRÉPARATION
SYNTHÈSE DES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE

Fin décembre 2013

Réponses des laïcs, des religieux, des prêtres qui offrent une vue sur la réalité de la famille ici dans notre diocèse.

 

1. Sur la diffusion des Saintes Écritures et du Magistère de l’Église concernant la famille ?

a) Quelle est la connaissance réelle des enseignements de la Bible, de « Gaudium et spes », de « Familiaris consortio » et des autres documents du Magistère postconciliaire sur la valeur de la famille selon l’Église Catholique ? Comment nos fidèles sont-ils formés à la vie familiale selon l’enseignement de l’Église ?

La connaissance réelle des enseignements livrés par ces documents reste très limitée. En effet le bas niveau du taux d’alphabétisation de l’ensemble de nos populations constitue un handicap sérieux pour une large diffusion des documents magistériels et une bonne connaissance de leur contenu. Toutefois les pasteurs font l’effort d’une communication quant à l’affirmation de l’importance de la famille et des valeurs qui s’y rapportent. Les fidèles sont formés à la vie familiale selon l’enseignement de l’Église par la prédication en général et à des occasions de formation des groupes de spiritualité familiale tels que Tiugung bulli , Fraternité Cana, les Equipes Notre Dame, le Chemin Neuf, les équipes de préparation au mariage dans les paroisses, les homélies et les enseignements catéchétiques. L’effort des groupes est soutenu par la ligne directrice de la pastorale familiale diocésaine.

b) Là où l’enseignement de l’Église est connu, est-il intégralement accepté ? Est-ce que des difficultés se vérifient dans sa mise en pratique ? Lesquelles ?

L’enseignement n’est pas intégralement accepté dans sa mise en pratique si l’on en croit au nombre croissant des divorces, polygamies, des unions libres et temporaires, les familles monoparentales, le non respect de l’unité et de l’indissolubilité du mariage, les avortements.

Les difficultés majeures à sa mise en œuvre résident dans des visions ancestrales et coutumières persistantes, sans oublier le frein que constituent les idées modernistes dites « progressistes » et qui s’opposent à l’enseignement de l’Église.

Un des domaines les plus importants de cette résistance reste celui de la conception fondamentalement « nataliste » du mariage selon les coutumes. Ainsi tout mariage où se pose le problème de la procréation est menacé dans ses propriétés essentielles que sont l’unité et l’indissolubilité. Ces mêmes éléments essentiels sont menacés par les idées modernes généralement en contradiction avec le modèle chrétien de la famille mettant en cause tout engagement dans la durée. Ainsi les mariages se défont aussi facilement qu’ils se font.

c) Comment l’enseignement de l’Église est-il dispensé dans le cadre des programmes pastoraux au niveau national, diocésain et paroissial ? Quelle est la catéchèse sur la famille ?

• L’enseignement sur la famille est organisé au niveau national par la commission épiscopale et ses démembrements dans les provinces ecclésiastiques, dans les diocèses et dans les paroisses.

Cette commission organise des semaines de la famille, dont le sommet est la journée de la famille à la fête de la Sainte Famille de Nazareth. Elle livre un message chaque année à travers l’évêque en charge de cette commission.

• Au niveau diocésain, en plus des démembrements de la commission de la pastorale de la famille, d’autres mécanismes existent qui dispensent l’enseignement sur la famille. Pour ce qui est de l’archidiocèse de Ouagadougou on peut noter ce qui suit :

- Il est en train d’être mis en place un siège dédié à la pastorale de la famille. Un aumônier a été nommé à la tête d’une équipe chargée de la question de la famille.

- Durant la semaine de la famille, des orientations et des slogans sont là qui témoignent de la prise en compte de la famille comme « Église domestique » : une famille une Bible ; la prière en famille à partir de la Bible ; La Bible pèlerine (une Bible est transmise aux familles à tour de rôle, et la famille qui la reçoit en organise la lecture, prie avec elle pendant quelques jours avant qu’elle ne soit transmise à la famille suivante.)

- Des mouvements et associations catholiques offrent des cadres d’enseignement et/ou d’accompagnement des couples et des familles. Ce sont entre autres : la Fraternité Cana-Jéricho, Tiugung Bulli, les Equipes Notre Dame etc. Dans le cadre de la formation des formateurs, les Camilliens disposent d’un cadre et du personnel qualifié à cet effet. C’est le « Camillianum ».

• Dans les paroisses, l’enseignement sur la famille est surtout donné à l’occasion de la préparation au mariage des futurs mariés et lors des célébrations des mariages par la prédication et les journées de la famille. Cet enseignement est basé sur la doctrine chrétienne développée par le Catéchisme de l’Église Catholique. Les mouvements susmentionnés restent des cadres d’engagement et d’accompagnement des familles dans les paroisses.

- La catéchèse donnée sur la famille dans les différents cadres et structures de l’archidiocèse se fonde sur la Parole de Dieu et les textes du Magistère. Dans son contenu, on y retrouve, les principes du mariage béni par l’Église : l’unité et l’indissolubilité du mariage, l’union légitime entre deux personnes de sexes opposés ; la complémentarité entre l’homme et la femme ; le consentement libre et volontaire, l’amour mutuel qui doit être le ciment de la famille, le mariage comme sacrement, la famille comme Église domestique et lieu d’épanouissement de la personne humaine.

d) Dans quelle mesure – et en particulier sur quels aspects – cet enseignement est-il réellement connu, accepté, refusé et/ ou critiqué dans les milieux extra ecclésiaux ? Quels sont les facteurs culturels qui empêchent la pleine réception de l’enseignement de l’Église sur la famille.

Les enseignements de l’Église sur la famille et le mariage sont connus, surtout en ses propriétés essentielles de l’unité et de l’indissolubilité. On peut constater que cet enseignement est bien connu de la majorité des personnes, des chrétiens comme les non chrétiens. Mais son acceptation n’est pas unanime, son vécu est difficile. En effet, il est tacitement refusé au niveau du mariage dans sa valeur sacramentelle et en ses propriétés essentielles. Les débats sociaux en cours sur le mariage homosexuel et les autres questions qui s’y rapportent ne laissent pas certains milieux indifférents, dont quelques rares personnes pour l’instant, épousent ces idées

En effet, une certaine catégorie de personne ne s’opposent pas à ces principes (surtout les femmes quelle que soit leur religion) et une certaine catégorie oppose une résistance surtout en ce qui concerne la polygamie et le divorce. On constate dans ce domaine, que le refus est un peu partagé, surtout lorsqu’il y a des difficultés dans le couple. On rencontre des chrétiens qui se retrouvent polygames tant de leur propre gré que par l’obligation socioculturelle, notamment dans le cadre du lévirat.

De ce qui vient d’être dit, nous pouvons résumer de cette manière.

- La vision traditionnelle du mariage exclut la liberté de choix du conjoint et la famille n’est pas gérée seulement par le couple. Cette conception influence d’une manière ou d’une autre la vie de la famille chrétienne dans certaines situations.

La polygamie, la conception subjective de la valeur du mariage selon les cultures, la conception relativiste de la dignité de la femme.

- La conception moderne du mariage fait de celui-ci un contrat entre deux personnes.

- L’influence de l’enseignement islamique semble donner toute autorité à l’homme sur la femme. (Sourates 4, 3 ; 4, 25 ; 4, 34)

Ces différentes conceptions ont certainement des influences néfastes par rapport à la vision chrétienne du mariage dans notre contexte culturel.

2 – Sur le mariage selon la loi naturelle

a) Quelle place occupe la notion de loi naturelle dans la culture civile, tant au niveau institutionnel, éducatif et académique, qu’au niveau populaire ? Quelles conceptions de l’anthropologie ? Quelles conceptions de l’anthropologie sont à la base de ce débat sur le fondement naturel de la famille ?

Dans les traditions des différentes ethnies au Burkina Faso la notion de loi naturelle est fondamentale à tous les niveaux de la vie sociale. En effet, le mariage intéresse exclusivement un homme et une femme. Cela n’entraîne aucun débat dans la famille. Il y a des interdits selon les castes mais ceux-ci on trait à certaines discriminations faites entre castes ou tribus et selon les cas les hommes de telle caste et les filles de telle autre ne peuvent contracter mariage et vice versa. Certains interdits dépendent des degrés de parenté entre lignages. La conception de l’anthropologie qui est à la base du débat sur le fondement naturel de la famille est que l’homme et la femme sont créés différents en vue d’une complémentarité tant au plan naturel qu’institutionnel. Cette conception était inculquée à l’enfant dès l’âge de raison jusqu’au moment de son initiation. Selon cette anthropologie également on ne pouvait imaginer de relations amoureuses entre personnes de même sexe. Même si sur ce point, il existait des exceptions elles étaient isolées. Il faut dire cependant que de nos jours il existe de plus une échelle de valeurs parallèle à la conception traditionnelle mais sans mettre en cause la loi naturelle du mariage entre homme et femme.

b) – La notion de loi naturelle à propos de l’union entre un homme et une femme est-elle couramment acceptée en tant que telle par elles en général ?

La notion de loi naturelle à propos de l’union entre un homme et une femme est unanimement acceptée par tous les baptisés en général au niveau du Burkina Faso.

c) Comment, en pratique et en théorie, la loi naturelle sur l’union entre un homme et une femme en vue de la formation d’une famille est-elle contestée ? Comment est-elle proposée et approfondie dans les organismes civils et ecclésiaux ?

Dans le contexte actuel au Burkina Faso, cette notion de loi naturelle concernant l’union entre un homme et une femme en vue de former une famille n’est pas du tout contestée au niveau civil comme ecclésiastique,

d) – Si des baptisés non pratiquants ou ceux qui se déclarent non-croyants demandent la célébration du mariage, comment affronter les défis pastoraux qui en découlent ?

Si des baptisés non pratiquants ou se déclarant non-croyants demandent la célébration du mariage, il y a lieu de les sensibiliser sur la question du mariage chrétien. Insistance doit être mise sur la préparation. En effet, pour être bien assumé le mariage chrétien doit être compris et reçu comme tel. Quand il est projeté entre deux baptisés dont l’un au moins est conscient de sa valeur on a le sentiment que tout espoir n’est pas perdu. Il va de soi que si les deux futurs conjoints se disent non-croyants le souci est encore plus sérieux et il faudra repenser la question de la formation catéchétique et de l’information des fidèles à la base. Heureusement ce phénomène n’est pas encore très préoccupant dans nos milieux. Mais il avance à grands pas. C’est un défi à considérer dans le cadre d’une nouvelle évangélisation.

3. La pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation

a-) Durant ces dernières dizaines d’années, quelles sont les expériences nées concernant la préparation au mariage ? Comment a-t-on cherché a stimuler le devoir d’évangélisation des époux et de la famille ? Comment promouvoir la conscience de la famille comme « Église domestique» ?

• Des préparations se font dans les paroisses sous forme de session en trois jours consécutifs, en un week-end. D’autres paroisses assurent la préparation d’une manière continue, une fois par semaine, suivant un programme de douze séances et selon les trois modules suivants : 1- La vie du couple ; 2- La santé de la reproduction ; 3- La doctrine chrétienne du mariage.

• Comment a-t-on cherché à stimuler le devoir d’évangélisation des familles ?

Les couples sont invités à s’engager dans des mouvements d’action catholiques et des associations de couples tels que Tigung Bulli (germe d’Église), Fraternité Cana, qui sont des lieux d’évangélisation.

Ils sont invités également à témoigner de leur expérience, de leur vie de couple lors des célébrations de jubilés de mariage, à l’église.

• Comment promouvoir la conscience de la famille comme Église Domestique ?

En invitant les familles à avoir des moments de prière, d’écoute de la Parole de Dieu ensemble ; à aménager un lieu de prière où la croix, la statue de la Vierge Marie auront leur place. Pour ce faire, un schéma de prière, pour un temps raisonnable sera conçu.

Il faut noter que si en ville, il y a des paroisses qui donnent une bonne préparation aux futurs couples la situation en est tout autre dans certains autres, notamment en campagne où elle est parfois laissé entre les mains des catéchistes. Ceux-ci sont amenés à aborder toutes les questions liées au mariage avec le peu d’information dont ils disposent sur le sujet.

b. ) Êtes-vous parvenus à proposer des styles de prière en famille qui réussissent à résister à la complexité de la vie et de la culture actuelle ?

• Des tentatives n’ont pas manqué quant aux styles de prière familiale ! Ainsi, depuis le temps des missionnaires, où la vie familiale était encore à la mode, la prière du matin et du soir se faisait en famille ! Mais avec une certaine évolution des mœurs, les défis de l’urbanisation, la nécessité de la scolarisation et les soucis professionnels, ce style semble devenir caduc dans les milieux urbains. Toutefois, les familles font l’effort de se retrouver quotidiennement pour la prière du matin suivie d’une écoute de la Parole de Dieu à défaut d’une célébration eucharistique !

Des prières circonstancielles lapidaires pour les familles sont aussi initiées ça et là à l’occasion de la célébration de la solennité de la Sainte Famille de Nazareth.

Certains mouvements catholiques arrivent à le faire.

c. ) Dans la situation actuelle de crise entre les générations, comment les familles chrétiennes ont-elles su réaliser leur vocation propre de transmission de la foi ?

Nous sommes dans un monde en perpétuel changement. Tout va vite. Et dans ce changement, la famille n’est pas épargnée. Elle subit même les effets néfastes de cette transformation. Au cœur de ce changement et de cette crise générationnelle les familles essaient de transmettre la foi en employant des moyens adéquats et en développant des initiatives qui répondent au besoin du moment. Dans notre église famille la transmission de la foi se fait aussi par le biais des Papas et Maman Catéchistes (PMC). La catéchèse est assurée par les parents des enfants dans les quartiers et à la paroisse La Bible pèlerine et/ou la Vierge pèlerine qui rejoint les familles dans leur domicile est un canal important de transmission de la foi. La vie en communauté Chrétienne de Base (CCB) est le lieu d’expression de la foi et de rencontre entre les générations.

La célébration des sacrements, notamment le baptême et le mariage impliquent toutes les générations. L’Église comme une famille quand elle est bien comprise et vécue permet le rapprochement des générations. Le partage des responsabilités entre les générations dans les communautés de la paroisse permet la rencontre des générations et par la transmission de la foi.

d)- De quelle manière les Églises locales et les mouvements de spiritualité familiale ont-ils su créer des parcours pouvant servir d’exemple ?

Tout d’abord par « Églises locales » nous avons compris qu’il s’agit des églises diocésaines et paroissiales. Pour ce qui est des « mouvements de spiritualité familiale » nous en avons recensé quelques uns, à savoir : l’Association Tiugung-Bulli, la Fraternité Cana, et les Equipes Notre-Dame. Chacun travaille selon son charisme, à aider nos chrétiens dans les domaines du mariage et de la vie de couple.

Les parcours créés pouvant servir d’exemple sont les suivants :

Dans nos paroisses :

- Une préparation obligatoire au mariage est dispensée dans nos paroisses, en deux mois ou éventuellement concentrée en un week-end, et comprenant douze modules (thèmes).

- L’existence de différents mouvements chargés du suivi des couples (personnes ressources ayant une bonne expérience de la vie de couple et pouvant servir de modèle)

- Le petit enseignement sur le mariage chrétien et la vie du couple que le prêtre donne aux fiancés à l’inscription de leur mariage.

- Les homélies circonstanciées lors de la célébration du mariage

sont une véritable causerie sur la famille, le mariage, la vie de couple…

Autres initiatives

- Le Mois de la famille : avec incitation à prier en famille, à cultiver les vertus de la famille. La clôture du mois de la famille se fait par une Journée de la famille.

- Le projet diocésain de construction d’une maison de la famille pour y cultiver l’accueil, l’écoute et le suivi des couples dont bon nombre rencontrent aujourd’hui de grandes difficultés.

- Des initiatives privées son prises dans certaines paroisses en vue de la consolidation du mariage autour de la Parole de Dieu et des témoignages de vie.

En vue de remettre en valeur le mariage et la famille célébration de jubilés des familles est encouragée.

- Enfin, des écrits et des sessions de formation sont dispensés par des prêtres, toujours dans l’optique de relever le défi de la famille chrétienne dans un monde en profonde mutation.

e)- Quel est l’apport spécifique que les couples et les familles ont réussi à donner quant à la diffusion d’une vision intégrale du couple et de la famille chrétienne qui soit crédible aujourd’hui ?

Nous pouvons noter le témoignage de vie donné par les couples. C’est pourquoi ces couples sont très sollicités pour être des témoins de mariage, des parrains et marraines. Si la vie des communautés chrétiennes de base est une réalité aujourd’hui dans l’Église famille de Dieu au Burkina, c’est grâce à cet apport spécifique des couples et des familles qui ont pris à cœur leur rôle et leur place dans l’Église.

f)- Quelle attention pastorale l’Église a-t-elle montré pour soutenir le cheminement des couples en formation et des couples en crise ?

Cf. réponse question 3. d

4. Sur la pastorale pour affronter certaines situations matrimoniales difficiles

a) Le concubinage ad experimentum est-il une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ? A quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ?

Plusieurs cas montrent que le concubinage ad experimentum est une réalité importante dans notre Église particulière. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur. Le mariage à l’église semble ne pas être une préoccupation pour beaucoup face à certaines considérations. Plusieurs situations se présentent :

• Un nombre important de jeunes, sous prétexte qu’ils manquent de moyens financiers pour célébrer leur mariage, commencent par vivre ensemble en attendant d’avoir les moyens de régulariser leur union à l’église.

• Certains, avant de se marier à l’église, veulent s’assurer de la fécondité de leur conjoint.

• On remarque également le concubinage « forcé », suite à une grossesse.

• Certaines filles qui ont attendu désespérément un mari, et à cause de leur âge avancé, sont prêtes à vivre en concubinage dès que l‘occasion se présente à elles.

• Nous pouvons noter également le concubinage dû à la pression sociale et aux exigences des coutumes. Dès que les salutations coutumières entre les deux familles des fiancés sont faites, dans certains milieux, les deux fiancés peuvent vivre ensemble.

Malgré leur grande importance le pourcentage des concubinages est difficile à estimer.

b) Existe-t-il des unions libres, sans reconnaissance aucune, ni religieuse ni civile ? Y a-t-il des données statistiques sûres ?

Nous répondons par l’affirmative en distinguant malgré tout :

- Les unions qui sont reconnues par la coutume (mariage coutumier) sans mariage religieux.

- Les unions qui ne sont reconnues ni par la tradition, ni par aucune autre religion ni par la société civile.

Notons que c’est à la suite parfois des problèmes sociaux, économiques et culturels que certains jeunes se décident à vivre ensemble ou en concubinage en attendant…

Sans en avoir de données statistiques précises, les unions libres sans reconnaissance aucune ne sont pas une réalité fréquente dans nos milieux.

c) Les séparés et les divorcés remariés sont-ils une réalité pastorale importante dans votre l’Église particulière. A quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ? Comment affronter cette réalité au moyen de programmes pastoraux adaptés ?

Ce que nous pouvons dire sur la question c’est que les séparés et les divorcés remariés sont une réalité pastorale non négligeable dans notre diocèse, et surtout en milieu urbain. Nous ne disposons pas de statistiques et il serait hasardeux de vouloir avancer un chiffre, même approximatif. Dans la plupart des cas, nous les rencontrons quand ils viennent demander un service à la paroisse : baptême pour leurs enfants, quand ils sont désignés pour être parrains et témoins de mariages, et parfois au confessionnal. Le plus sûr, c’est que leur nombre augmente d’année en année, et ils s’expriment assez librement.

Les programmes pastoraux à mettre en œuvre devraient tenir compte de deux réalités incontournables : la vérité par rapport aux fondements doctrinaux et aux exigences du mariage dans l’Église, et la miséricorde de l’Église mère et éducatrice qui éduque et soigne toutes les blessures de tous ses enfants. Nous préconisons :

En amont : D’abord travailler à éviter les séparations des couples. On devra être plus attentif au contenu et à l’organisation concrète des séances de préparation au mariage : des programmes qui tiennent compte des questions actuelles, des opinions et des comportements nouveaux, et donner du temps à la préparation.

En aval : Accompagner les couples et être plus proche des familles en difficulté, impliquer davantage les témoins, développer la pastorale spécifique de la famille essentiellement animée par les couples eux-mêmes.

d) Dans tous ces cas, comment les baptisés vivent cette situation irrégulière ? Ils en sont conscients ? Manifestent-ils simplement de l’indifférence ? Se sentent-ils écartés et vivent-ils avec souffrance l’impossibilité de recevoir les sacrements ?

- Beaucoup en sont conscients, particulièrement les femmes qui vivent cela avec beaucoup de peine. Car cette situation les prive des sacrements, et cela leur coûte parfois d’attendre longtemps avant de pouvoir régulariser leur situation pour réintégrer l’Église et renouer avec la pratique des sacrements.

- Il y en a par contre, surtout les hommes, qui vivent cette situation d’irrégularité sans gêne ni regret ; certains manifestent une indifférence totale et n’ont pas assez conscience du mal que cela fait dans leur vie chrétienne, et partant leur vie spirituelle (la relation avec Dieu).

Pour ces baptisés, l’impossibilité de recevoir les sacrements ne leur coûte pas beaucoup. Ils régularisent leur situation, bien souvent, non par soif des sacrements, mais sous la pression de la famille ou sur l’insistance leur conjoint (e) en fin de formation catéchuménale.

e) Quelles sont les demandes que les personnes divorcées et remariées adressent à l’Église à propos des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation ? Parmi les personnes qui se trouvent dans ces situations, combien demandent ces sacrements ?

Nous considérons la norme de l’Église catholique qui n’admet pas le divorce. Le divorce se situe donc au niveau du mariage civil et là, il y a possibilité de contracter un autre mariage. Mais le remariage n’est pas admis dans l’Église catholique même après un divorce au plan civil.

Nous remarquons au sein de nos paroisses que les personnes qui vivent dans cette situation sont habitées par le découragement dû au fait qu’elles ne peuvent pas prendre part aux divers sacrements et aussi le fait que l’Église est lente dans les procédures canoniques en vue de déclarer la nullité de certains mariages. Voici leurs interrogations les plus récurrentes :

• Est-ce qu’on peut dissoudre le lien religieux ?

• Elles participent activement à la vie de l’Église mais sont privées des sacrements. Pourquoi ne pas les admettre aux sacrements surtout celui à qui le divorce est imposé parfois par l’autre conjoint.

• Il y a le fait que ces personnes sont marginalisées dans la société et aussi dans l’Église. En guise d’exemple, elles ne peuvent plus être parrain ou marraine, elles ne peuvent plus assurer certaines responsabilités ecclésiales de premier plan. Elles ne peuvent baptiser leurs enfants qu’en différé. L’Église ne peut-elle pas ouvrir une pastorale spéciale pour elles, en vue de leur réinsertion ?

• Quel soutien spirituel pour surmonter cette situation ?

• Elles pensent qu’il y a un lent traitement des dossiers de procès matrimonial par rapport à ceux des consacrés qui demandent à être relevés de leurs vœux. Cela donne le sentiment qu’on accorde peu d’importance à leur situation. Elles veulent de tout cœur se réconcilier avec l’Église et pouvoir recevoir les sacrements, mais jusqu’à quand leur attente ? Peut-on vivre intensément sa foi chrétienne sans accès aux mystères sacrés ?

N B : La majorité de ceux qui continuent de participer à la vie de l’Église demandent les voies et les moyens pour accéder de nouveau à l’Eucharistie et à la Réconciliation que leur situation est venue interrompre

f) La simplification de la pratique canonique pour la reconnaissance de la déclaration de nullité du lien matrimonial pourrait-elle offrir une réelle contribution positive à la solution des problèmes des personnes concernées ? Si oui, sous quelles formes ?

Étant donné la fréquence des séparations de couples conduisant pour la plupart au divorce, bien des conjoints font examiner leurs causes par le tribunal ecclésiastique espérant une déclaration de nullité. Mais hélas ! C’est une entreprise longue et difficile. En effet, cette procédure est réputée longue et interminable. Pendant ce temps, les intéressés s’impatientent après avoir obtenu le divorce civil. Dans ces situations, des mesures ne pourraient-elles pas être prises pour faciliter la procédure, l’alléger dans certains cas par une procédure spéciale afin d’éviter une autre situation non moins injuste ? Il y a par exemple le cas des mariages avec dispense de disparité de culte dans lesquels la partie non baptisée (souvent musulmane), connaissant mal le mariage chrétien, se retire sous quelque prétexte que ce soit, abandonnant la partie catholique. Même si pour ce cas la procédure de demande de dissolution est possible, il arrive que la partie musulmane demande le baptême entre temps avant que survienne le divorce. Il arrive souvent que la même partie musulmane qui avait demandé à recevoir le baptême reprenne sa pratique musulmane. Ne pourrait-on pas trouver des solutions à ces situations, dans le sens de dispenses quelconques ?

g) Existe-t-il une pastorale spécifique pour traiter ces cas ? Comment cette activité pastorale se déroule-t-elle ? Existe-t-il des programmes à ce propos au niveau diocésain et national ? Comment la miséricorde de Dieu est-elle annoncée aux personnes séparées et aux divorcés remariés ; comment le soutien de l’Église dans leur cheminement de foi est-il mis en acte ?

A part certaines situations présentées aux soins des juges ecclésiastiques, il n’existe pas une pastorale spécifique dans notre diocèse pour traiter ces cas. Certes il existe un accompagnement à travers la sensibilisation et la proximité manifestée par les pasteurs à ces personnes et par les homélies aux messes des dimanches, la catéchèse et les conférences. Mais cela nous semble insuffisant.

Vu le besoin et le nombre croissant de ces situations, cette pastorale spécifique gagnerait à être mise en place pour une plus grande efficacité.

Pour le moment quand quelqu’un se présente avec ce genre de problème, on essaye de le réconforter et de lui faire comprendre que Dieu se manifeste à eux d’une manière spécifique et ne les condamne pas l’Église non plus. Il faut assurer à ces personnes que même en dehors des sacrements elles peuvent être en union avec Dieu.

N-B. Certaines situations matrimoniales difficiles

Union des personnes de religions différentes (Islam ou autres).

- La partie non chrétienne n’est pas souvent prête à régulariser leur situation matrimoniale à l’église pour que la partie catholique puisse recevoir les sacrements et éventuellement faire baptiser les enfants.

Cela fait que souvent la partie chrétienne, s’agissant souvent de la femme, souffre du refus de l’homme à se marier à l’église. Nous avons vu parfois des couples dans lesquels pendant dix vingt ans de vie commune la femme est privée de la sainte communion et du sacrement de réconciliation.

- Les parents des fiancés chrétiens sont parfois un obstacle à la régularisation du mariage à l’église quand ils s’opposent au choix de leur enfant d’épouser une partie musulmane. Parfois il arrive qu’un enfant soit né de cette union et l’Église ne peut baptiser l’enfant tant que le mariage n’est pas célébré à l’église.

- La place du mariage coutumier où les deux familles donnent leur accord pour que le mariage ait lieu à l’église et à la mairie. Cet aspect est important car s’il n’est pas pris en compte et le foyer risque de ne pas tenir longtemps.

- De plus en plus, il y a des divorces de jeunes, mariés pourtant à l’église, et cela devient un problème sérieux. Le temps des fiançailles et de préparation n’a pas été suffisant pour mûrir la décision. On se marie dans la précipitation parce qu’on a les moyens financiers et matériels qu’il faut.

- Il y a la fragilité des couples jeunes, due peut-être au manque de maturité des intéressés et aux blessures intérieures du passé. Ils ont une autre conception de la liberté et une certaine fragilité psychologique. Il manque de l’ouverture et de la communication dans le foyer. Il faudra améliorer la qualité de la préparation en prenant en compte toute la personne.

- Il y a le problème de travail qui fait que les mariés ne vivent pas souvent ensemble. Cela devient un terrain propice à l’infidélité. A la longue cela peut même mener à la séparation. Nous notons aussi que le problème des « maîtresses » des chrétiens mariés devient inquiétant.

5. Sur les unions de personnes du même sexe

a) Existe-t-il dans votre pays une loi civile qui reconnaisse aux unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage?

Non. Au Burkina Faso la question de l’homosexualité est taboue et toute personne qui en manifeste une quelconque tendance est fortement réprimée par la société. En plus, dans le droit burkinabé, le code des personnes et de la famille, en définissant en son article 237 le mariage comme l’union entre un homme et une femme exclut de fait la possibilité d’une certaine loi civile reconnaissant aux éventuelles unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage.

b) Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union?

L’union de personnes du même sexe n’étant pas légalisée au Burkina Faso, les Églises particulières n’ont développé ni défini aucun comportement dans ce sens. Il est peut-être nécessaire que la Conférence épiscopale Burkina-Niger prenne les devants pour mener des réflexions, non seulement pour penser une position chrétienne et évangélique unanime, mais aussi pour sensibiliser les agents pastoraux et les fidèles chrétiens sur ces questions.

c) Quelle attention pastorale est-il possible d’avoir envers des personnes qui ont choisi de vivre selon ce type d’union?

Au cas où la question des unions de personnes du même sexe se poserait au Burkina Faso, l’Église ne devrait pas oublier qu’elle est avant tout mère et maîtresse. Dans ce sens, l’attention pastorale qu’elle peut avoir envers ces personnes doit comporter les caractéristiques d’une mère qui non seulement ne rejette pas ses enfants, mais aussi prend soin d’eux sur tous les plans. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous pensons que les éléments suivants sont nécessaires pour les Églises confrontées à cette question :

a. Le respect, l’accueil et l’écoute de ces personnes sans aucun jugement ;

b. La prière pour et avec ces personnes ;

c. L’accompagnement de ces personnes en vue de la conversion à Dieu qui a fait l’homme et la femme communion ;

d. La sensibilisation des chrétiens sur la question ;

e. L’approfondissement des valeurs familiales et de la catéchèse du mariage dans tout regroupement chrétien ;

f. La formation des agents pastoraux sur la question.

d) En cas d’unions entre personnes du même sexe qui aient adopté des enfants quel comportement pastoral tenir en vue de la transmission de la foi?

Devant pareille situation, l’Église doit toujours faire preuve de miséricorde et de bonté car la responsabilité des enfants n’est pas directement engagée dans la situation de ces personnes du même sexe vivant ensemble et les ayant adoptés. Elle doit donc leur ouvrir ses portes. Ensuite, ces enfants peuvent, - s’ils en expriment le désir ou s’ils sont présentés par ces personnes qui les auraient adoptés - être accueillis à la catéchèse à l’âge de la raison, puis aux sacrements suivant les orientations pastorales universelles et particulières qui concernent aussi bien les enfants issus des couples vivant, au vu de l’Église, avec un quelconque empêchement matrimonial. Mais, ce comportement pastoral en vue de la transmission de la foi aux enfants adoptés par les personnes de même sexe vivant ensemble n’est possible que si tous les membres de l’Église ont acquis les caractéristiques d’une Église mère et maîtresse émises ci-dessus. Car, il faut que les agents pastoraux comme les fidèles aient bien compris la réalité que traversent les personnes de même sexe et la vraie attitude pastorale pour leur transmettre la foi au Christ.

6- Sur l’éducation des enfants au sein de situation de mariages irréguliers

a)- Quelle est la proportion estimée de ces enfants et adolescents dans ces cas par rapport à celle d’enfants nés et élevés au sein de familles constituées selon les règles ?

Dans notre pays, ces mariages n’existent pas, par conséquent, nous ne saurons estimer le nombre d’enfants nés et élevés au sein de telles familles. Il en est de même pour les autres questions.

7 –Sur l’ouverture des époux à la vie

a- ) Quelle connaissance concrète les chrétiens ont-ils de la doctrine d’Humanae vitae sur la paternité responsable ? Quelle conscience a-t-on de l’évaluation morale des différentes méthodes de régulation des naissances ? Du point de vue pastoral quels approfondissements pourraient être suggérés à ce propos ?

Les chrétiens ont une légère connaissance de la Doctrine d’Humanae vitae sur la paternité responsable. Ils n’ont pas reçu un enseignement approfondi sur cette doctrine. Néanmoins la connaissance concrète qu’ils en ont est que la vie est sacrée, que les chrétiens doivent être ouverts à la vie, les mariés encouragés à la procréation, et à dire non aux avortements par complaisance.

Sur l’évaluation morale des différentes méthodes de régularisation des naissances, les chrétiens en ont peu conscience et y sont pour la plupart indifférents.

Du point de vue pastoral, il peut être institué une formation systématique sous forme de sessions quelques mois avant le mariage et ce avant l’intervention des pouvoirs publics.

b) Cette doctrine morale est-elle acceptée ? Quels sont les aspects les plus problématiques qui en rendent difficile l’acceptation par la plupart des couples ?

Cette doctrine morale n’est pas totalement acceptée. Les aspects les plus problématiques qui en rendent difficile l’acceptation par la plupart des couples sont : les problèmes économiques, la non maîtrise de soi, avec pour conséquence les risques de grossesses rapprochées, non désirées, les avortements volontaires et le non respect de l’espacement et de la limitation des naissances. L’Église doit prôner l’abstinence comme voie de salut divin (enseignement, homélie, témoignage...).

c) Quelles méthodes naturelles sont promues par les Églises particulières pour aider les conjoints à mettre en pratique la doctrine d’Humanae vitae ?

Les méthodes naturelles promues par l’Église pour aider les chrétiens à mettre en pratique la doctrine d‘Humanae vitae sont : la méthode de l’auto observation, la température et la méthode de suivi du cycle ou de décompte des jours du cycle menstruel (cf. La méthode Billings).

d) Quelle est l’expérience sur ce thème dans la pratique du sacrement de la réconciliation et dans la participation à l’Eucharistie ?

La conscience de l’évaluation morale portant sur le thème l’ouverture des époux à la vie notamment la régulation des naissances entraîne certains chrétiens vers les prêtres pour le sacrement de la réconciliation en vue de la participation à l’Eucharistie. Toutefois peu considèrent le non respect de l’enseignement de l’Église en ce domaine comme une situation irrégulière à une pleine participation à l’Eucharistie.

e) Quels contrastes apparaissent-t-ils à ce propos entre la doctrine de l’Église et l’éducation civile ?

L’éducation civile cherche à promouvoir les méthodes de contraception dans un but démographique et économique et selon des ordres reçus des organisations internationales, tandis que l’Église prône une paternité responsable (espacement des naissances, respect de la vie, éducation des enfants…) à travers la méthode naturelle.

f) Comment promouvoir une mentalité plus ouverte envers la natalité ? Comment favoriser la croissance des naissances ?

Etant donné que le Burkina Faso a une culture nataliste, cette question ne se pose pas avec acuité. Nous pensons néanmoins, que pour promouvoir la croissance des naissances, les conditions socio-économiques des ménages doivent être améliorées.

8. Sur le rapport entre la famille et la personne

a) Jésus-Christ révèle le mystère et la vocation de l’homme : la famille est-elle un lieu privilégié pour que ceci arrive?

Notre réponse à cette question est affirmative. Nous y croyons bien et nous tenons cette foi non seulement de l’exemple d’un Dieu qui a voulu naître d’un projet matrimonial, celui de Marie et de Joseph, mais aussi de l’enseignement de l’Église. Pour ne citer que cela, nous notons ici deux extraits de Familiaris consortio (FC) :

« Au sein du mariage et de la famille se tisse un ensemble de relations interpersonnelles - rapports entre conjoints, paternité-maternité, filiation, fraternité - à travers lesquelles chaque personne est introduite dans la «famille humaine» et dans la «famille de Dieu» qu'est l’Église. (…) » FC §15

« La famille, fondée par amour et vivifiée par lui, est une communauté de personnes: les époux, homme et femme, les parents et les enfants, la parenté. Son premier devoir est de vivre fidèlement la réalité de la communion dans un effort constant pour promouvoir une authentique communauté de personnes. » FC §18

C’est bien vrai que la famille, ainsi conçue, est le lieu privilégié, la première église domestique qui inculque les premiers éléments de la foi, en donne la base et aussi éduque sur le plan humain, spirituel et moral.

b) Quelles situations critiques de la famille dans le monde d’aujourd’hui peuvent-elles devenir un obstacle à la rencontre de la personne avec le Christ?

Des situations critiques pouvant faire obstacle à la découverte et à la rencontre avec le Christ sont :

1. Des familles séparées (les divorcés; les incroyants, les remariés privés des sacrements, les séparés à cause du travail, les familles monoparentales ou recomposées, les disputes au sein du foyer, le manque de dialogue, de foi, d’amour, de pardon, d’humilité, de charité, de prière en famille, de témoignage de vie chrétienne, etc.)

2. Les grandes situations de pauvreté (dues au chômage et aux irresponsabilités des gouvernements) et la démission des parents dans l’éducation des enfants.

3. L’homosexualité institutionnalisée et les autres dépravations des mœurs médiatisées et exposées ainsi aux mineurs. La présence d’un parent alcoolique ou toxicomane. La violence dans la famille (femmes battues et violées, hommes battus ou humiliés).

4. L’isolement, l’individualisme, la course à l’argent (au gain), l’activisme, la vie passive.

5. Les familles abimées une situation économique précaire, chômage et pauvreté, manque d’éducation, le laisser aller qui pousse à se « débrouiller » (indépendance et libertinage). Quand la recherche des biens matériels prend le dessus et oblige à des comportements réprouvés par la morale.

6. Familles polygames dans lesquelles (parfois) les deuxièmes, troisièmes femmes (catéchumènes) ne peuvent pas être baptisées.

7. Les mariages mixtes entre religions, les mariages forcés, les mariages arrangés, le concubinage.

8. La maladie, tel le VIH sida.

c) Dans quelle mesure les crises de foi que les personnes peuvent traverser ont-elles une incidence sur la vie familiale?

Notre constat à ce propos est que :

- L’entrée de l’un des partenaires dans une secte apocalyptique ou dans une organisation secrète ou ésotérique est le germe de désunion familiale. De même la foi mal assumée est aussi source de mésententes, de discorde, de divorce ;

- La disparité de la foi d’un couple ou d’une famille ;

- Les « jeunes » fortement influencés par l’esprit du monde moderne perdent le sens et les valeurs de l’éducation reçue dans la famille; peu à peu leur foi s’étiole la pratique religieuse n’est pas fondamentale pour eux à la grande désolation des parents.

- Le manque d’enracinement dans la foi en Jésus-Christ fait perdre les repères de la foi et modifie les orientations, le sens donné à la vie ainsi que les choix. Les personnes qui traversent une crise de foi cessent de travailler à la construction familiale, d’où l’influence négative de leur comportement sur la foi des autres membres de la famille.

9. Autres défis et propositions

A propos des thèmes traités dans ce questionnaire, y a-t-il d’autres défis et propositions que vous considérez comme urgents ou utiles ?

a) Défis

- Défi de la préservation du couple contre les déviances sexuelles,

- Défi de la chasteté et de la fidélité conjugale pour une procréation responsable à l’abri des infections sexuelles,

- Défi de la pédophilie grandissante dans nos sociétés.

- Défi de l’amour oblatif dans le couple pour édifier le monde et servir la procréation optimale,

- Défi de l’encadrement catéchétique des enfants etc.

b) Propositions :

- Lutter contre l’extension du concubinage ;

- Mettre sur pied une vraie pastorale de la famille. Promouvoir entre autres, la préparation lointaine au mariage en revalorisant la célébration des fiançailles ;

- Redynamiser le suivi des jeunes couples en créant par exemple des associations catholiques pour aider les familles à être des lieux de dialogue et de partage d’expérience.

- En vue de préserver le couple contre les déviances sexuelles, assurer convenablement l’éducation sexuelle des jeunes ainsi que la vie morale des couples ;

- Reconsidérer pastoralement la question des divorcés remariés et revoir les règles et les mesures pastorales qui leur sont appliquées ainsi qu’aux polygames en matière de funérailles chrétiennes ;

- Afin d’éviter les multiples célébrations du même mariage, étudier et christianiser le rituel du mariage coutumier directement en lien avec la célébration du mariage chrétien ;

- Dans le sens d’une charité pastorale, étudier la question d’un assouplissement des règles liées aux situations matrimoniales en vue d’un allègement des mesures pastorales.

- L’Église est appelée à prendre les devants pour sensibiliser et convaincre les fidèles du caractère dégradant de l’homosexualité pour le genre humain et autres questions de même type.


 

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