Lundi 24 février 2014. Au lendemain de la cérémonie qui a vu leur consécration comme cardinaux, le pape François a célébré ce dimanche matin une messe d’action de grâces avec les heureux élus. C’est encore une basilique Saint Pierre, pleine à craquer, qui a accueilli la foule des pèlerins. Le Burkina est resté très représenté, avec les délégations de laïcs venues du Burkina même, de la France et d’autres pays européens ainsi que la délégation gouvernementale conduite par le Ministre d’État, chargé des Affaires Étrangères, Djibrill Bassolé, accompagné par le ministre de l’Économie et des finances, Lucien Bembamba. Mais dès le samedi 22 février, au sortir de la cérémonie de création, nous avons recueilli les premiers mots du tout nouveau cardinal Philippe OUÉDRAOGO.

Éminence, qu’est-ce que cela vous fait d’être porté aujourd’hui à ce poste ?

Vous savez qu’une telle nomination est libre. Le Saint Père appelle qui il veut pour collaborer avec lui dans sa mission universelle de pasteur de l’Église. Nous avons été choisis parmi tant d’autres pour l’accompagner dans ce service. C’est une cérémonie qui a été très sobre comme vous avez vu, mais très significative. Je pense que c’est un appel fort pour nous, nouveaux cardinaux, pour aimer davantage Dieu, aimer davantage l’Église, aimer davantage les hommes, nos frères et sœurs.

C’est un service, comme le pape lui-même l’a dit dans sa lettre adressée à tous les néo-cardinaux. C’est un simple service, ce n’est pas une promotion, ni un honneur, ni une décoration ; c’est un service. Pour s’acquitter de ce service, il faut revêtir les vertus et les sentiments de Jésus Christ. Et il nous donne comme modèle la Vierge Marie, l’humble servante. Alors, priez pour nous, priez pour le saint Père qui a jeté un regard bienveillant sur l’Église d’Afrique, puisqu’il y a deux Africains, et priez pour l’Église d’Afrique, priez l’ensemble de l’Église.

Quels sont les principaux symboles de cette célébration ?

Il y a trois symboles qui ont marqué cette célébration. Il y a d’abord l’anneau, avec l’effigie des apôtres Pierre et Paul, pour nous inviter à les imiter jusqu’au martyr. Il y a l’assignation du titre, avec l’attribution d’une église, pour nous signifier que nous faisons partie désormais du clergé de Rome et il s’agit pour moi de l’Église Notre Dame de la consolation ; c’est une église qui est à la périphérie de Rome et où il y aura une prise de possession. J’ai donc une maman qui me consolera chaque fois qu’il le faudra.

Il y a enfin la barrette rouge, qui symbolise le sang et qui veut dire qu’il faut être prêt à se donner jusqu’au martyr. Il nous invite à ouvrir nos cœurs et nos esprits à l’universel pour aimer davantage Dieu, aimer davantage l’église, aimer davantage les hommes. A causse de Jésus, à cause de l’Évangile, nous sommes prêts à mourir. Alors, priez pour nous. Il faut prier pour le Saint Père, prier pour l’église, prier pour l’église du Burkina, pour l’église d’Afrique, afin que nous sommes des fidèles disciples de Jésus, pour aller toujours au large, dans la sainteté, dans la mission.

On vous sait très impliqué dans le dialogue des religions; allez-vous vous y investir encore plus ?

Bien sûr. L’évangélisation continue dans toutes ses dimensions. Et le dialogue inter-religions fait partie de notre pastorale.

Propos recueillis par Cyriaque PARE à Rome
Source : Lefaso.net

 

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