Jusqu'ici le message de la prévention du SIDA est principalement centré sur la propagande des préservatifs et leur usage lors des rapports sexuels avec le prétexte et la prétention de garantir un « sexe sûr » ou un sexe à moindre risque. Or, on sait pertinemment sur la base de démonstrations scientifiques (qui feront l'objet de nos considérations) que le préservatif n’est pas efficace à cent pour cent.

Dans l’histoire ancienne et récente, deux fonctions principales ont été assignées par les hommes au préservatif [1] : la prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST) jadis appelées maladies honteuses, et la contraception. En toute objectivité, on pourrait relever un troisième office du préservatif, non toujours explicitement affiché, mais pratiquement effectif : il s'agit du libre usage du sexe, sans engagement, sans responsabilité et sans risque. Il est scientifiquement reconnu que le préservatif ne garantit pas une totale efficacité contraceptive. En effet, le fameux indice de Pearl [2] qui représente un critère d'appréciation scientifiquement établi de l'efficacité d'un contraceptif, relève un taux de 15% d’échec du préservatif utilisé comme moyen de contraception.

La Fédération Internationale du Planning Familial a reconnu ce taux de l5% d’échec dont le préservatif est responsable dans la prévention des grossesses [3]. Thomas MONTFORT, dans son remarquable ouvrage intitulé SIDA, le vaccin de la vérité, fait très judicieusement remarquer : « Or, curieusement, ce taux d'échec (et celui avancé par l’O.M.S. dans une fourchette approximativement identique : 11 à 20%) pour justifier l’emploi de la « pilule » est, comme par enchantement, évacué dès qu'il s’agit d’utiliser le préservatif dans la lutte contre le SIDA ! Pourtant, nul ne devrait l’ignorer, le VIH, quatre cent cinquante fois plus petit qu'un spermatozoïde, est en outre actif de façon permanente alors que la fécondité de la femme dure quelques jours par mois seulement. En elle-même, cette indication est de nature à justifier la crainte d'un taux de risque plus élevé que celui indique par les deux organismes précités. A supposer cependant qu'on s’en tienne qu'à ce dernier, oserait-on inciter un de ses proches à utiliser régulièrement une ligne aérienne sous prétexte que le risque d’accident mortel ne serait que de 15% » [4].

Le docteur Antonio SPAGNOLO, fait observer que le VIH, particule extrêmement petite, 1/10.000 de millimètre ou 0,1 micron de diamètre, 450 à 500 fois plus petit que le spermatozoïde, est par conséquent plus filtrant en présence du préservatif [5].

Dans le même sens, l'étude de M. MINLIK et collègues, met en évidence que si l’expérimentation « in vitro » s’effectue, non dans des conditions statiques mais en soumettant des préservatifs à des pressions (et c'est ce qui se vérifie pratiquement lors des rapports sexuels) on peut observer la filtration de certaines particules (VIH) [6].

L'étude réalisée par M. FISCHL et collègues par rapport au taux de contamination chez 47 « partners » hétérosexuels stables touchés par le SIDA donne aussi des résultats significatifs :

 

 

Nombre

Infectés

%

Abstinence

12

0

0

« Condom use »

18

3

16,7

« No condom use »

17

14

82,3

Total

47

17

36,2

 

Les conclusions de cette étude sont claires :

- L'abstinence des rapports sexuels avec un sujet infecté par le VIH représente une garantie de protection efficace à cent pour cent.

- Les rapports sexuels avec l'usage du préservatif présentent 16,7% de risques d'infection.

- Les rapports sexuels sans préservatif présentent 82.3% de risques d'infection.

Les expérimentations et études scientifiques mentionnées démontrent clairement que le préservatif ne représente guère un moyen de protection efficace à cent pour cent contre la transmission du virus du SIDA.

Des travaux encore plus récents rapportés dans le n°79 du 08 mars I995 de Trans - Vie Mag, montrent que le VIH passe à travers les « microtrous » que présente le préservatif : « Selon le docteur Johanes LELKENS, professeur émérite à l'université de Maastricht et auteur d’une méta-étude, quand on parle du virus du SIDA, dont la taille est trente fois plus petite que la tète d'un spermatozoïde, le danger augmente notablement. Le VIH représente un minuscule disque de 0,1 micron de diamètre. Actuellement, les tests électriques de perméabilité des préservatifs sont capables de localiser des trous d’un diamètre variant de 10 à 12 microns, en d'autres termes, des orifices au travers desquels 100 virus pourraient passer de front. Mais qu’arrive-t-il aux trous plus petits ? Les tests ne les localisent tout simplement pas. En 1990, les professeurs G.B. DAVIS et L.W. SCHOROEDE (Journal of Testing and Evaluation) ont réalisé des orifices de 1 micron de diamètre (10 fois la taille du VIH) dans les préservatifs qui avaient subi avec succès les tests de contrôle. 90% d'entre eux ont alors obtenu le même résultat satisfaisant lors de leur deuxième passage, comme si les trous n'existaient pas. Une expérience semblable, dirigée par R.F. CAREY (Sexually Transmitted diseases, 1992) a débouché sur des conclusions similaires » [7].

Dans le même sens, C.M. ROLAND, expert bien connu à l’échelle mondiale en matière de chimie et technologie du caoutchouc, chef de la section des « Propriétés polymères » du Naval Research Laboratory (Laboratoire de Recherche de la Marine des Etats-Unis), fait l’observation suivante : « La superficie des préservatifs apparait comme une surface couverte de cratères ayant un diamètre de 15 microns environ et d’une profondeur de 30 microns. Pire même, dans l’optique de la transmission du virus, nous avons découvert des canaux de 5 microns de diamètre, qui traversent la paroi de part en part. En d’autres termes, cela signifie qu’il existe des passages qui établissent un lien de communication entre l’intérieur et l'extérieur du préservait, et dont le diamètre est cinquante fois supérieur à celui du VIH » [8]

Dans une lettre adressée au rédacteur en chef du Washington Post (lettre du 25 juin I995), le même illustre scientifique C.M. ROLAND donne des explications à caractère scientifique relatives au passage du virus à travers le préservatif : « L’idée que l'utilisation des préservatifs en latex permet à chacun d'avoir des relations sexuelles sûres avec des personnes porteuses du virus du SIDA (VIH) est très répandue ; elle a probablement été à la base de la décision de distribuer des préservatifs dans les écoles publiques de la circonscription de Washington D.C. Certains faits cependant suggèrent que des contraceptifs en caoutchouc sont, par nature, inaptes à rendre « sûres » les relations sexuelles. Le taux d’échec de 12% des préservatifs lorsqu’il s'agit de prévention de la grossesse est à lui seul un argument contre leur usage pour éviter de contracter une maladie qui est mortelle. De plus, du fait que le virus du SIDA est beaucoup plus petit (de plusieurs ordres de grandeur) que le spermatozoïde, la situation est en réalité pire ».

La norme ASTM D3492 concernant les fuites des préservatifs, adoptée par la FDA (Federal Drug Agency - agence de contrôle des médicaments), consiste dans l'observation visuelle de l'absence de toute fuite lorsque le préservatif est rempli d'eau. Ce test est effectivement adéquat en ce qui concerne l'aptitude du préservatif à empêcher tout passage de spermatozoïdes, mais il a été démontre inadéquat en ce qui concerne la découverte de la présence de trous dont la dimension est proche de celle du virus (qui a seulement 0,1 micron de diamètre). La conformité du préservatif à la norme susdite ne donne aucune certitude de son aptitude à empêcher le passage du virus. Il existe de plus des observations directes qui révèlent l'existence de « manques » dans le caoutchouc qui constitue les préservatifs. Des micrographies révèlent des manques de 5 microns (50 fois la taille du virus), tandis que des analyses de mécanique de rupture, qui sont sensibles aux défauts de dimensions les plus grandes, suggèrent des défauts inhérents à la fabrication, qui peuvent atteindre 500 microns (5000 fois la taille du virus) ... » [9]

Dans le Figaro du 22 juin 1994, le Professeur LESTRADET, membre de l’Académie Nationale de Médecine (France) apporte des précisions importantes par rapport à la contamination : « Quand un homme séropositif met un préservatif, il ne peut faire autrement que de toucher ses organes sexuels déjà humectés de secrétions urétrales pré-éjaculatoires, qui apparaissent bien avant qu’une érection complète permette une mise en place correcte du préservatif. Il en résulte que la face externe de celui-ci est toujours plus ou moins souillée. Or, toutes les secrétions lubrifiantes pré-éjaculatoires (de l’ordre de 0,2 à 0,5 ml) contiennent du VIH, en proportions d’ailleurs variables, mais identiques à ce que l'on trouve dans le sperme et, ceci, que le sujet soit seulement séropositif ou qu'il soit en phase du SIDA confirmé traité ou non par l’AZT (Illaria, Pudney). Il en résulte que tout sujet séropositif porteur d'un préservatif sera potentiellement capable de contaminer sa (ou son) partenaire séronégatif, puisque sur la face externe du préservatif, il y aura nécessairement une quantité plus ou moins importante de virus. Or, on sait qu'une quantité même faible de VIH peut être captée par des macrophages toujours présents dans une plaie ouverte de la peau ou d'une muqueuse. C’est ainsi que trois situations particulièrement à risque doivent être connues :

1. La jeune fille vierge ayant son premier rapport sexuel, car la rupture de l’hymen crée une plaie ouverte.

2. Toute femme ayant une infection, une érosion, un herpès de sa muqueuse vaginale. Le moment des règles peut également poser un problème.

3. Le sujet qui se fait sodomiser, car la muqueuse rectale est fragile et saigne facilement » [10].

Toutes les preuves et observations scientifiques mentionnées révèlent clairement que le préservatif n’est pas efficace à cent pour cent pour éviter la contamination par le redoutable virus du SIDA. Il y a toujours un réel risque mortel dans l’usage du préservatif lors des rapports sexuels comme moyen de protection. Même avec l'usage du préservatif on peut attraper le virus du SIDA ou le transmettre.

En toute vérité et honnêteté, « le sexe sans risque (safe sex) exclut tout type de pénétration, avec ou sans préservatifs, à la seule exception des relations entre partenaires non infectés et fidèles … Tout type de pénétration sexuelle avec une personne séropositive (ou de statut sérologique inconnu) comporte un risque potentiel. Ces pratiques (rapports avec préservatifs) ne suppriment pas totalement le risque » [11].

Face donc à l’incapacité du préservatif (scientifiquement démontrée et reconnue) d'assurer une protection totalement efficace à cent pour cent contre la transmission du redoutable et mortel virus du SIDA, la propagande du même préservatif et l'incitation à en faire usage comme moyen de prévention comporte un caractère foncièrement immoral.


Lire aussi : Père François SEDGO, Le caractère immoral de la propagande du préservatif et son usage


Notes :

[1] L'usage du préservatif dans les rapports sexuels est une pratique très ancienne. « Techniquement connu depuis les Egyptiens, les hommes n'eurent de cesse de trouver un père au préservatif. La chose fut faite avec celui que l'on dit être son inventeur : M. CONDOM, médecin de Charles II d'Angleterre (XIIIème siècle) qui lui donna son nom et qui reste son synonyme ... Mais nous devons la première description officielle de l'objet à l’anatomiste italien Gabriel FALLOPE qui conseillait déjà vers 1550 de porter une fine gaine de fil de lin sur le pénis pendant les rapports afin d'éviter de contracter la syphilis. Originellement fabriqué en intestin de mouton ou d’agneau, la découverte du caoutchoute permettra, vers 1870, de voir le premier préservatif moderne mais il faudra attendre 1930 et le développement de l'industrie pour connaitre le préservatif actuel, même si son épaisseur à l’époque pouvait être rebutante » (CIAVALDINI A., « L’impossible Mr. CONDOM, ou les avatars du préservatif », in Collectif, Psychologie du SIDA, op, cit., p. 253).

[2] Cf. RUF H., GRAMERE M. ET CONTE M., Régulation des naissances, Editions Techniques Encyci. Méd. CHir. (Paris - France), Gynécologie, 738 A10 10 - 1990, p. 1.

[3] Cf. MONTFORT Th., SIDA, le vaccin de la vérité, Office d'Edition Impression Librairie (O.E.I.L.), Paris, 1995, p. 36.

[4] Ibidem, p. 36.

[5] Cf. SPAGNOLO A.G., Analisi dei problemi etici e sociali connessi con l 'AIDS, SGRECCIA E., (a cura di): AIDS: Problemi bioetici ..., op. cit., p. 44.

[6] Cf. MINUK et al., Condoms and Prevention of AIDS, JAMA, 256 (1986), p. 1443.

[7] Trans-Vie Mag, n°79 du 08 mars 1995, cité par MONTFORT Th., SIDA, le vaccin de la vérité, Office d’Edition Impression Librairie (O.E.EI.L.), Paris, 1995, p. 46.

[8] ROLAND C.M., cité par MONTFORT Th., Op. cit., p. 47.

[9] ROLAND C.M., cité par MONTFORT Th., Op. cit., pp. 47-48.

[10] Professeur LESTRADET, Le Figaro du 22 juin 1994, cité par MONTFORT Th., op. cit., p. 38.

[11] Docteur Isabelle DE VINCENZI, Biofutur, juin 1994, cité par MONTFORT Th., op. cit., p. 40. Le texte cité est la conclusion du rapport de l'« enquête multicentrique européenne » réalisée par le Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique du SIDA (Hôpital National de Saint-Maurice, Paris) en 1994, et présentée par le docteur Isabelle DE VINCENZI, lors de la Conférence Internationale sur le SIDA à Yokohama en août 1994.

 

Père François SEDGO
Religieux Camillien
Dans : Prévention SIDA et éducation chrétienne de la sexualité humaine, 1998.
Pages 144-150.

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