[1]

a. Histoire

Le Bahaïsme est un mouvement religieux fondé par un Iranien dans le but de rapprocher les grandes religions. Ce mouvement rencontre beaucoup d’hostilité de la part des musulmans chiites, majoritaires en Iran, car il ne considère plus l’Islam comme la seule révélation. A l’origine du mouvement se trouve le mystique ‘Ali Mohammad, dit le Bâb, qui fut exécuté en 1850. Il eut des disciples, les babi, parmi lesquels Mirza Hoseyn ‘Ali Nuri (1811-1892) qui fut emprisonné en 1852 après un attentat manqué contre Naseroddin Shah en 1852. Pendant son emprisonnement, il eut une expérience mystique qui fut le début de sa mission prophétique. Il connaît une période d’exil en Irak, puis vit comme un derviche errant au Kurdistan [2] (1854-1856) et enfin revient à Bagdad où il continue à faire des adeptes. En avril 1863, il proclame qu’il est « celui que Dieu manifestera » conformément à la prédiction de Bâb et prend alors le nom de Baba Allah (« Gloire ou Splendeur d’Allah »). A la demande du Consul de Perse, il est exilé à Istanbul, puis à Andrinople où il proclame sa mission prophétique et envoie des lettres à plusieurs souverains. Mais les babi (disciples de Bâb) se divisent en deux groupes : la majorité forme les Bahaï et la minorité le groupe des Uzali. Le gouvernement ottoman exile les premiers à Saint Jean d’Acre et les seconds en l’Île de Chypre. L’action de Baha Allah sera continuée par son fils aîné, ‘Abbas Efendi, dit ‘Abd al-Baha « Serviteur de Baha » (1844-1921), puis par le petit-fils de ce dernier, Shoghi Efendi, mort en 1957.

b. La théologie bahaï

Dieu est une entité transcendante et inconnaissable. Le cosmos est éternel (sans commencement ni fin). Les prophètes sont des manifestations divines successives, et non des incarnations. Les prophètes du judaïsme, le Christ et Mahomet sont reconnus ainsi que Zoroastre. Puis viennent le Bâb et Balma Allah. La théologie n’exclut pas la venue d’autres prophètes. Avec le Bâb finit le cycle adamique et débute le cycle bahaï.

« L’enseignement bahaï est essentiellement tourné vers la mise en application de principes moraux et sociaux. L’accent est mis sur l’unité des religions et sur celle du genre humain, sur l’égalité des sexes, la lutte contre les préjugés de tout genre, la réalisation de la paix mondiale, la réduction des inégalités sociales. » [3]

C’est une religion séculière sans culte public, sacrements ou rites particuliers. Les seules obligations sont les réunions communautaires ouvertes à tous, un jeûne de type islamique, l’abstention de toute boisson alcoolique, des prières et des ablutions. L’érection de temples est recommandée et deux d’entre eux sont très connus : celui de Haïfa (Israël) qui est le Centre mondial de la foi bahaï avec les tombes des fondateurs, et celui le Wilmette (Illinois, USA) terminé en 1953.

La Bahaïsme suscite la sympathie : il a été fondé par des gens qui voulaient réellement le rapprochement les religions et des peuples ; leur erreur a été de croire que l’on pouvait faire une religion nouvelle à partir de plusieurs religions très différentes. Les Bahaï attirent aussi la sympathie parce que ce sont des acteurs de progrès économique et social et que, malgré leur pacifisme, ils sont persécutés et martyrisés, notamment en Iran.

Notes :

[1] D’après Encyclopaedia universalis, Thesaurus Indes A-D, 1990, p. 308. On écrit aussi Baha’isme.

[2] Le Kurdistan est cette zone qui chevauche le nord de l’Irak, le sud-est de la Turquie et l’ouest de l’Iran où vivent les Kurdes qui n’ont pas pu se constituer en nation. Une derviche (mot signifiant « pauvre » est un mystique musulman appartenant à une confrérie.

[3] Encyclopaedia universalis, loc. cit.

Père Yves MOREL
Société des Jésuites
Dans : Le défi des sectes, des N.M.R. et des intégrismes, Abidjan, INADES, 1999.

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