[1]

a. Les origines

Les Assemblées de Dieu sont le plus important mouvement pentecôtiste. A la différence de mouvements tels que l’Église de Dieu Église qui insistent sur la conversion, la sanctification et le Baptême dans l’Esprit comme expériences distinctes, les Assemblées de Dieu insistent sur le Baptême dans l’Esprit suivi par une sanctification progressive plutôt qu’instantanée. Ceci donne à cette branche du Pentecôtisme des liens avec l’aile la plus modérée du « mouvement de sainteté », et particulièrement avec ceux qui ont adopté un idéal de sainteté, tout en demeurant dans d’autres Églises et dénominations.

Les Assemblées de Dieu un été formées à partir d’une réunion des pasteurs d’Églises indépendantes et, par suite, elles ont toujours insisté sur l’autonomie des congrégations, tout en s’unissant pour les projets généraux de cette dénomination, particulièrement pour l’activité missionnaire et les publications. Il en est résulté une formule mixte de gouvernement à mi-chemin des Congrégations indépendantes et de l’Église presbytérienne. Le développement des instituts théologiques pour la formation des missionnaires et des ministres a rapproché ce mouvement du modèle général des Églises, bien qu’il reste fondamentaliste et relativement puritain dans ses injonctions morales.

Les rassemblements n’ont plus la ferveur des premières assemblées pentecôtistes. La mise en scène a pris de l’importance. Avec plus de 400.000 adeptes aux USA (en 1970), dans plus de 7.000 Églises, le mouvement a aussi exporté plusieurs centaines de missionnaires. Il a établi des branches en Europe, en Afrique, etc.

b. La fluidité du mouvement

Plus que tout autre mouvement important, les Assemblées de Dieu ont montré une extraordinaire aptitude au schisme, aux développements indépendants, aux réunifications et au retour à la division. Ceci vient de ce que l’autorité charismatique repose en celui qui est appelé ; ceci provient encore de la faible aptitude du mouvement à s’organiser et de la place de l’émotion chez beaucoup de ceux qui ont le pouvoir de voter. Les divisions proviennent beaucoup plus d’ambitions rivales pour le pouvoir que de positions doctrinales. On note cependant des divergences sur l’extension de l’influence de l’Esprit au cours des réunions. L’extraordinaire liberté qui prévaut dans l’assemblée pentecôtiste donne souvent la possibilité aux adeptes (hommes ou femmes) – particulièrement parmi les populations d’Africains américains – de créer de nouvelles sectes.

c. Les méthodes

Parmi les leaders célèbres de ces sectes, mentionnons Aimée Semple Macpherson qui établit un temple à Los Angeles en 1918 et qui sut attirer les foules par des méthodes publicitaires modernes et des slogans choc. Elle fit même croire qu’elle avait été enlevée contre demande de rançon, alors qu’elle s’était échappée pour un rendez-vous amoureux ! On se souvient aussi des mésaventures plus récentes de Jimmy Swaggart, le célèbre « télévangéliste » qui fut invité par les Assemblées de Dieu en Côte d’Ivoire ; il compara le président Houphouët-Boigny, qui a construit la basilique de Yamoussoukro, au roi Salomon qui fit construire le Temple de Jérusalem ! Peu après, Jimmy Swaggart, espionné par un autre télévangéliste, fut photographié entrant dans un motel avec une prostituée [2]. Il reconnut ensuite sa faute et, tout en larmes, demanda publiquement pardon.

d. Les Assemblées en Afrique

L’ouvrage de B. Wilson mentionne l’introduction du Pentecôtisme au Nigeria pendant la Première Guerre mondiale [3]. Comment ce mouvement a été influencé par les préoccupations locales : soigner et éliminer les sorciers. Les Nigérians assimilèrent rapidement l’expression émotive et le discours extatique des Pentecôtistes. Ceci entraîna le Réveil Babalola chez les Yorouba. Puis naquirent les différents branches des Chérubim et Séraphim, l’Église Aladura du Seigneur, qui insistent toutes sur le pouvoir de l’Esprit, la perspective de guérison. Nous retrouvons ainsi une influence qui s’est exercée sur le Christianisme céleste.

Notes :

[1] Assemblées de Dieu : voir Wilson, Bryan, Religous Sects: a sociological stydy, Londres, W.U.L., 1970, P. 77-78.

[2] Un motel est un hôtel spécialement conçu aux USA pour les automobilistes le long des autoroutes.

[3] Ibidem, pp. 89-90.

Père Yves MOREL
Société des Jésuites
Dans : Le défi des sectes, des N.M.R. et des intégrismes, Abidjan, INADES, 1999.

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