On prétend pour ne pas l’utiliser que la régulation naturelle ne convient qu’à des femmes ayant des cycles extrêmement réguliers alors que celui de nombreuses femmes est irrégulier et que de beaucoup de facteurs émotionnels peuvent bouleverser le cycle. De plus, l’abstinence périodique de quelques jours par mois exigée par les méthodes naturelles pendant la période fertile est perçue comme pénible, impossible à respecter dans un monde où l’on fait la promotion d’une jouissance sans limites (hédonisme). Par ailleurs, les célibataires et les marié(e)s qui veulent vivre une sexualité désordonnée en dehors du mariage rejettent la régulation naturelle car non conforme à leur intempérance.

Pour ces pseudos raisons, on opte pour les contraceptifs « modernes ». Ce qui n’est jamais dit pourtant c’est qu’il y a un business faramineux derrière ces contraceptifs. Plus il y a de personnes qui les utilisent, plus il y a des milliards à engranger par ceux qui les fabriquent, les subventionnent, les promeuvent. Et par conséquent pour garantir et accroitre leurs revenus, tous les moyens sont bons pour créer une société permissive : promotion de la pornographie, de l’habillement indécent, des séries érotiques (telenovelas), de l’idéologie du dividende démographique, financements conditionnés des gouvernements, etc.

Force est de constater que ceux qui dénigrent la régulation naturelle des naissances n’ont qu’une connaissance très vague de celle-ci, qu’ils ne l’ont jamais pratiquée ou qu’ils n’ont jamais été proches de ceux qui la pratiquent ou encore qu’ils sont de mauvaise foi. Dans la formation des médecins et des sages-femmes, la régulation naturelle est abordée de façon superficielle, tournée en ridicule, classée comme non fiable. Il en résulte que de nombreux agents de santé sont incapables de les décrire correctement, de les utiliser eux-mêmes, de les enseigner, de les proposer aux familles.

Il existe pourtant plusieurs méthodes naturelles visant à aider les couples à déterminer la période féconde dans le cycle menstruel. Il leur revient, en toute responsabilité, de s’abstenir de relations sexuelles pendant cette période s’ils ne souhaitent pas avoir d’enfant ou inversement d’utiliser ce temps favorable s’ils veulent un bébé [1]. Comme méthodes naturelles, on peut citer :

• La méthode Billings : elle est basée sur l’observation de la glaire cervicale à la vulve dont l’aspect varie tout au long du cycle.

• La méthode des températures consiste à relever quotidiennement la température du corps à l’aide d’un thermomètre. La température corporelle varie d’un à deux dixièmes de degré d’un jour à l’autre et en fonction du cycle, et est plus élevée en période féconde. La température pouvant être influencée par de nombreux facteurs (climat, maladie, fatigue, etc.), cette méthode est le plus souvent utilisée en association d’autres méthodes.

• La méthode d’auto-observation (MAO) combine l’observation de la glaire, de la température avec d’autres signes (douleurs à l’ovulation, tension mammaire, etc.).

• La méthode d’Ogino dite méthode du calendrier : il s’agit d’un calcul de la période de fécondité à partir de la durée des cycles précédents (réguliers ou non), de la durée de vie de l’ovocyte et de la durée de vie des spermatozoïdes dans les voies génitales. La méthode du calendrier est en pratique la plus « utilisée » dans le monde, mais de façon erronée. En effet, beaucoup de femmes, en particulier les adolescentes, considèrent le 14ème jour comme celui de l’ovulation et comptent un certain nombre de jours avant et après ce fameux jour pour déterminer la période fertile. Cette manière de se « débrouiller » est un moyen sûr de se tromper. La formule de calcul d’Ogino pourtant simple est moins naïve.

• La méthode des jours fixes ou méthode du collier est une simplification de la méthode d’Ogino [2].

• La méthode de l’allaitement maternel et d’aménorrhées (MAMA) : l’allaitement maternel exclusif empêche naturellement l’ovulation.

La plus répandue des méthodes naturelles est celle du couple de médecins John et Evelyn Billings. Elle est très précise, contrairement aux préjugés véhiculés, et convient à toutes les femmes (cycles réguliers ou non) et leur permet de savoir au jour le jour si elles sont en période féconde ou pas. Elle nécessite un petit apprentissage. Même des personnes sans instruction arrivent à la mettre en pratique à la perfection. Elle est entièrement gratuite et ne nécessite pas de subventions de l’État ou d’organismes internationaux. Sa vulgarisation permet également de réduire le taux de fécondité si cher au dividende démographique.

Cette manière d’espacer les naissances est conforme à la volonté de Dieu. Elle instaure un dialogue entre les époux, capital pour une bonne entente. Elle n’a pas de conséquences néfastes sur la santé. Elle est respectueuse de la femme qui a une meilleure connaissance d’elle-même, accueille sa féminité, apprivoise sa fertilité, la fait se sentir en confiance, acceptée, respectée, aimée telle qu’elle est, avec son cycle. De plus, l’abstinence périodique libère les conjoints de l’esclavage du sexe en les exerçant à la maîtrise de soi, ce qui les rend d’ailleurs plus aptes à résister aux tentations d’adultère. Les méthodes naturelles sont enseignées même aux non chrétiens dans les centres médicaux catholiques (Paul VI, saint Camille, etc.), auprès de certaines associations catholiques (Tigûng Bulli, Fraternité Cana, Équipes Notre-Dame, etc.) ainsi qu’auprès des équipes de préparation au mariage dans les paroisses.

Notes :

[1] Beaucoup de couples qui se croyaient stériles après plusieurs années de mariage sans que les examens médicaux n’aient révélé une anomalie ont pu avoir la joie d’accueillir des enfants après avoir découvert la méthode Billings.

[2] La méthode du collier figure dans les affiches du ministère de la santé, mais on peut se demander si dans la pratique elle est valorisée, les méthodes « modernes » étant à l’honneur.

 

 

Ouagadougou, le 25 février 2016

Abbé Jean Emmanuel KONVOLBO,

Prêtre catholique
Professeur d’Écriture Sainte et de langues bibliques
Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste de Wayalghin
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Site web : http://konvolbo.org

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