Introduction

L’Insémination Artificielle et la Technologie de Reproduction assistée sont des interventions qui modifient partiellement le processus de la reproduction humaine qui, elle, est et reste sexuée, c’est-à-dire, résultat de la fusion de deux cellules germinales provenant l’une d’un homme (père) et l’autre d’une femme (mère).

Le clonage humain, au contraire, porterait à l’existence un nouvel être humain sans aucune implication de la sexualité, sans aucune possibilité d’évoquer la paternité ou la maternité. Il s’agit, non d’une modification, d’une altération du processus de la reproduction, mais bien d’une alternative à la reproduction sexuée, qui était déjà mise en œuvre dans le monde végétal et dans le monde animal et qui, de nos jours, s’offre comme une possibilité pour l’homme. De quoi s’agit-il exactement ? Nous nous proposons d’en donner un aperçu en trois points :

Point I : Informations essentielles

1. Précision des termes

2. Les principales étapes de la recherche

3. Le clonage humain selon les des points de vue officiels

Point II : Les Problèmes Ethiques

Préliminaire

1. Motivations en faveur du clonage humain

2. Les appréciations du monde contemporain

3. Les argumentation de la Bioéthique personnaliste (contre le clonage humain)

Point III : Position de l’Eglise Catholique

Réflexions conclusives

I. Informations Essentielles

Définition

Le CLONAGE est une technique de reproduction asexuée (d’êtres vivants) mise au point par I. WILMUT et Collaborateurs à Roslin Institute de Edinburgh. La technique comporte trois (3) phases qui sont :

a) Prélèvement d’un ovule (non fécondé), extraction de son noyau et son remplacement par le noyau de la cellule dont on veut reproduire les caractéristiques ;

b) Fusion d’une cellule somatique (de l’individu à cloner) avec la cellule énuclée, obtenant ainsi un embryon artificiel ;

c) Transfert de l’embryon artificiel dans un utérus.

Actuellement, les modalités de clonage sont essentiellement deux :

a) La Scission ou Fission de cellules embryonnales (Embryo Splitting)

b) Transfert de Noyau (de cellule somatique à cellule staminale autologue)

 

1 – Précisions de termes :

Etymologiquement, le terme « clone » dérive du grec « ???? » (klon) qui signifie bourgeon. En biologie, il indique la possibilité de dupliquer le patrimoine génétique d’une structure moléculaire, c’est-à-dire, de pouvoir obtenir deux individus biologiquement identiques. Cette signification a connu une variation remarquable en passant de la biologie végétale à celle des microorganismes, puis à la biologie cellulaire et moléculaire, contribuant ainsi à créer dans les esprits, une grande confusion.

Dans le langage commun, le sens généralement donné au « clonage » est celui de « production d’individus génétiquement identiques à partir d’un premier individu, sans recours à la rencontre puis à la fusion cellules germinales mâle et femelle », sens que nous pouvons accepter en attendant d’ultérieures précisions.

En laissant de coté ce qu’on peut voir dans le monde végétal et dans le monde animal, chez l’homme, un phénomène similaire s’observe spontanément dans la gémellité homozygote : d’un embryon précoce (dans les premières phases de la multiplication cellulaire), une cellule se détache et donne naissance à un autre embryon génétiquement identique au premier. Cette capacité des cellules de l’embryon précoce est la totipotence, une capacité que les cellules perdent progressivement, au fur et à mesure qu’elles se différencient.

De nos jours, la technologie reproductive permet de provoquer artificiellement ce type de gémellité, en détachant une des cellules (embryonnaires) de l’embryon d’origine. Cette opération est dite « embryo-splitting », c’est-à-dire dissociation ou scission embryonnaire. D’un embryon de 4 ou 8 cellules, on peut obtenir 4 ou 8 embryons en isolant les cellules originales. Cela est déjà un clonage, mais dans un sens large.

Le clonage proprement dit est tout autre chose qu’une simple gémellité. On y est arrivé quand on a découvert qu’après avoir perdu définitivement la totipotence, il était possible de la voir réapparaître dans des cellules bien différenciées. Ce phénomène de réapparition de la totipotence est dit « reprogrammation génétique » ou « reprogrammation du génome », et il se vérifie quand le noyau d’une cellule somatique est transféré dans un ovule énucléé. On pense que cela est dû à l’action des fragments d’ADN contenus dans le cytoplasme de l’ovule. La transplantation nucléaire serait à l’origine de la reprogrammation génétique, un processus qui reporte les cellules différenciées aux conditions de totipotence embryonnaire, et qui permet la reproduction d’individus caractérisés par une même identité fondamentale par rapport à la cellule qui a fourni le noyau. C’est cet ensemble (reproduction asexuée de un ou plusieurs individus avec la même identité génétique fondamentale, à partir de la transplantation nucléaire) qu’on appelle clonage.

Le clonage ne concerne pas seulement des organismes entiers (clonage complet ou total), mais aussi et d’abord des molécules d’ADN, des cellules, des tissus (clonage incomplet ou partiel) ; ce dernier comporte d’énormes avantages dans le contexte de la médecine, et le clonage réalisé dans cette perspective de soins, prend le nom de « clonage thérapeutique » qui se distingue du « clonage reproductif » dont la finalité est tout autre.

Dans la définition, on parle d’identité génétique fondamentale et non totale des nouveaux individus par rapport à l’individu d’origine. En effet, dans le cas de la transplantation nucléaire, l’identité concerne seulement le patrimoine du noyau auquel s’associe celui de l’ADN (contenu dans le cytoplasme de l’ovocyte énucléé, comportant 21 gènes) et qui est chargé de fonctions relatives à la transmission énergétique.

2 – Les principales étapes de la recherche (historique)

Les premières expériences de clonage au sens vrai du mot ont commencé entre fin 1951 et le premier trimestre de 1952 aux USA et ont été faites sur des grenouilles ; il est facile de faire le monitorage de tout le processus, puisque le développement embryonnaire est extracorporel (dans les mares, les retenues d’eau stagnante), et le mécanisme de la formation de plusieurs organes n’est pas très différent de celui de certains organes humains. Ensuite, on utilisa d’autres amphibies, mais avec peu de résultats concluants.

On passa des amphibies aux mammifères en 1975. Les premiers succès partiels ont été obtenus en 1981, sur des rats ; de véritables clones sont été obtenus en 1986, des moutons, quelques mois après, des veaux et quelques années après, des singes, toujours sur le procédé de l’embryo-splitting ou de la scission embryonnaire.

Le passage à l’utilisation de cellules prélevées sur des organismes adultes, après les cellules fœtales, a porté finalement à la naissance de DOLLY, le 05/07/96 à Edinburgh en Ecosse. C’est le premier mammifère formé à partir d’une cellule dérivant d’un tissu adulte, par la technique de la transplantation nucléaire1. L’annonce officielle de la nouvelle a été faite le 27/02/97 dans une revue anglaise « Nature » 1997, n°385, pp 810-813.

La transplantation nucléaire comporte deux moments importants :

a) L’ovocyte ou l’embryon unicellulaire est vidé de son noyau ;

b) La cellule dont on veut transférer le noyau est fusionnée avec l’embryon unicellulaire par shock électrique ; ce shock sert aussi d’activateur de la division ou de la multiplication cellulaire de l’embryon artificiel obtenu à la suite de la fusion. Enfin, l’embryon artificiel peut être transféré dans un utérus pour y achever son développement.

On est arrivé à la naissance de DOLLY en partant de 29 blastocystes, sur 277 embryons reconstruits avec des cellules de la glande mammaire. Le résultat est donc de 1/277, soit 3%o ce qui signifie qu’on a sacrifié 276 embryons de moutons pour obtenir un mouton vivant.

La première tentative de clonage humain a eu lieu le 13/10/93, par l’équipe du Pr. J.L. HALL de la George Washington University School of Medecine. Il l’a réalisée à partir de 17 cellules embryonnaires polyploïdes, c’est-à-dire d’ovules fécondés par plusieurs spermatozoïdes et par conséquent destinés à mourir.

Il a séparé les cellules et les a recouvertes de zone pellucide artificielle ; il en a ainsi obtenu 48 qu’il a mises en culture dans un milieu adapté et il a observé que seules les cellules provenant d’embryons à deux cellules ont atteint la taille d’embryons à 32 cellules, le stade auquel on transfert généralement les embryons FIV (Fécondés In Vitro) dans un utérus porteur. Les autres sont morts avant d’atteindre cette taille.

La tentative s’est arrêtée là, et J.L HALL s’est vu attribuer le prix du meilleur travail scientifique par la « Americain Fertility Society », mais il se déchaîna une furie de polémique telle que J.L HALL dut quitter l’université en 1994.

On assista à un tollé semblable dans le milieu scientifique et dans l’opinion publique, quand le gynécologue ANTINORI annonça, le 07/08/01 à Washington, l’imminente réalisation d’un clonage de 200 êtres humains. Même l’écossais Ian WILMUT, le « père » de DOLLY, s’est opposé à ce projet du clonage humain. Vu le vide juridique en la matière, la France et l’Allemagne ont demandé au Secrétaire Général de l’ONU de mettre la question du clonage humain à l’ordre du jour de la 56ème assemblée générale qui devait se tenir en septembre 2001, en suggérant qu’on formule une convention internationale qui interdise le clonage humain dans tous les pays de notre planète terre. Où en sommes-nous ?

3 – Le Clonage Humain selon les points de vue officiels

Dès qu’on a vu se présenter, à l’horizon, la possibilité technique ou la faisabilité du clonage humain, plusieurs organisations et institutions (au niveau européen et au niveau mondial) se sont insurgées contre sa réalisation. Plusieurs déclarations ont condamné le clonage comme reproduction de un ou plusieurs individus identiques au donneur : OMS, UNESCO, Commission de Droits de l’Homme des Nations Unies, Communauté Européenne, Conseil Européen, etc.

Mais s’il y a unanimité dans la condamnation du clonage reproductif, il n’en est pas de même pour le clonage à finalité thérapeutique en général, celui à finalité préventive des maladies génétiques en particulier.

En outre, d’autres questions ont surgi : que faut entendre par « embryon humain » ? Celui obtenu à partir du clonage et celui dérivant de l’union de deux gamètes ont-ils la même définition ? Sont-ils égaux en humanité ? Sont-ils égaux en dignité humaine ? Ont-ils les mêmes droits vis-à-vis de la société civile ? Chronologiquement parlant et par rapport à l’implantation dans l’utérus pour la garantie de son développement final, l’embryon pré-implanté (dans la phase antérieure à l’implantation) et celui implanté ont-il le même droit à la reconnaissance comme être humain ? En fait, toute la discussion tourne autour du statut de l’embryon : statut moral, statut ontologique, statut juridique, etc.

Le raisonnement des libres penseurs est le suivant :

A) Sur le Statut Moral de l’Embryon

Il faut distinguer les embryons en deux catégories, selon l’intention de celui qui les a clonés :

1) ceux qui sont destinés à devenir des enfants, des êtres humains

2) ceux qui sont destinés à la recherche ou autre finalité,

Suivant cette distinction, le statu moral est différent pour ces deux catégories, même s’ils ont en commun le même patrimoine génétique humain ; ainsi, les seconds ont un statut moral particulier, puisqu’ils ne sont pas destinés à devenir des êtres humains au vrai sens du terme. Par conséquents ils ne doivent pas être traités comme tels.

B) Sur le Statut Ontologique de l’Embryon

Puisque tous les embryons ont en commun le même patrimoine génétique humain, tous, après la fécondation, sont des êtres humains en puissance, mais cette potentialité de devenir être humain dépend de facteurs externes, de conditions qui n’ont rien à voir avec leur statut ontologique. Il s’agit de :

- Le Transfert réussi dans un utérus

- L’Implantation dans l’utérus

- Et une grossesse sans difficulté

Si ces conditions ne sont pas remplies, aucun embryon ne deviendra jamais un être humain, au contraire. Si un embryon est abandonné, il ne survit pas, il meurt et ne devient pas un être humain. En d’autres termes, avoir en commun un même patrimoine génétique est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour devenir un être humain. Les embryons de la deuxième catégorie ne remplissent pas ces conditions, donc ils ne deviendront jamais des êtres humains, par conséquent on n’a pas à les traiter comme tels.

Tous les embryons ont-ils droit à la vie ? Si oui, pourquoi et comment ?

Tout embryon a droit à la vie, pour devenir un être humain en acte, ce qui signifie qu’il doit satisfaire les conditions ci-dessus citées. Or les embryons de la deuxième catégorie ne satisfont pas à ces conditions ; en outre si on considère que malgré leur statut ontologique, 60% d’ovules fécondés sont avortés spontanément, cela est encore une argumentation (reductio ad absurdum) en plus pour dire que ces derniers n’ont pas un statut moral égal aux premiers et n’ont pas à être protégés moralement comme eux.

C’est là aussi qu’on peut répondre en disant qu’il s’agit d’un court circuit méta-éthique ou d’un naturalisme fallacieux, puisque on ne peut pas identifier un événement naturel à un principe normatif pour une société, surtout quand cet événement, si fréquent soit-il, ne correspond à une fin désirée.

II. Problèmes éthiques du clonage humain

Du point précédent, les questions soulevées évoquent que, sur le plan éthique, le clonage humain présente plusieurs aspects et pose plus d’un problème à la société toute entière :

- L’humanité a intuitivement perçu le danger que représente pour elle le clonage

- L’hypothèse du clonage est l’expression du projet d’insérer de l’artificiel dans le processus du cycle vital de l’homme (la peur du clonage comme violation de la nature)

- Le clonage humain est un des problèmes les plus complexes soulevés par les progrès scientifiques en général et de la médecine, et comme tel, il requiert de la société humaine toute entière, une vigilance continue pour affronter les multiples aspects éthiques de la nouvelle situation.

Dans un tel contexte, non seulement il faut exclure toute prétention à etre exhaustif dans les solutions aux problèmes que pose le clonage, mais il est inévitable de trouver des problèmes pour lesquels, à présent, il n’y a aucune solution envisageable. Ainsi, à ce niveau, qu’il suffise de faire un panorama des arguments favorables au clonage humain, pour ensuite donner un écho de la pensée de différents groupes de l’opinion publique.

1. Les arguments en faveur du clonage humain (des plus sérieux aux moins sérieux)

a. Offrir une solution aux couples radicalement stériles

i. Offrir un enfant sain aux couples affectés par des maladies héréditaires et/ou sexuellement transmissibles.

ii. Améliorer la technique de la FIVET et augmenter les pourcentages de succès de la technologie reproductive.

iii. Maîtrise la phase préimplantatoire ainsi que le diagnostic préimplantatoire des maladies génétiques de l’embryon

b. La reproduction d’individus particulièrement doués (intellectuellement, physiquement, esthétiquement, etc.)

i. L’assurance d’avoir des organes de substitution en chirurgie

ii. La maîtrise des causes déterminantes (héréditaires ou environnementales) de la personnalité

iii. La détermination du sexe des citoyens nécessaires à l’équilibre d’une nation.

c. La préparation des athlètes des olympiades ou autres

d. La curiosité humaine : quelle sera la capacité de l’homme à gérer une société qu’il construit à sa mesure ? Quel sera l’aboutissement d’un tel processus ?

2. Les appréciations de la société contemporaine

a. Certains pensent qu’il faut interdire le clonage humain reproductif et permettre celui à finalité thérapeutique

b. Pour certains, le clonage humain est moralement inadmissible et doit être condamné juridiquement, car il ne s’agit pas d’un problème de morale privée, puisque l’atteinte à l’intégrité humaine (par le clonage) est une question d’éthique publique de grande envergure avec des conséquences sociales incommensurables.

c. Enfin, pour les autres, le clonage humain compromet l’homme en ces valeurs suivantes :

i. Le respect de l’identité individuelle (personne ne doit décider à ma place de ce que je dois être ou de comment je dois être)

ii. Le respect de la dignité humaine (la capacité de répondre de ses actes en fonction de ce qu’on est, homme ou femme…)

iii. La liberté personnelle : jusqu’à maintenant, on se préoccupait de garantir à l’individu son autonomie de jugement, de choix politique, idéologique, d’opinion religieuse et de décision morale. Avec le clonage, on soit se préoccuper de lui garantir l’autonomie génétique, du moment que la technologie la menace sérieusement. Le clonage est, selon eux, la méthode la plus despotique – et par sa finalité, la plus esclavagiste forme de manipulation génétique ; en effet, son objectif n’est pas seulement la modification arbitraire de la substance héréditaire, mais aussi et surtout sa fixation arbitraire, en contraste avec la stratégie dominante de la nature. Il en résulte qu’un individu cloné est un moyen, un instrument pour arriver à une fin (même celle de soigner est une finalité, noble certes, mais l’individu est perçu comme un moyen au détriment de son égalité humaine avec celui qui est soigné). Cette instrumentalisation est une grande atteinte à la dignité humaine, et comme telle, elle est inacceptable.

3. Les arguments de la bioéthique personnaliste

a. Le clonage humain est une procréation entièrement déléguée à la technologie et comme telle, sa pratique est illicite. C’est une déshumanisation de la procréation.

b. En considérant la femme, l’autre moitié de la société, il s’agit d’une instrumentalisation radicale de son être, réduit à son aspect utilitaire (prêteuse d’utérus, prêteuse d’ovules), et avec la perspective de la construction d’utérus artificiels, s’ouvre aussi le passage vers la fabrication d’êtres humains au laboratoire. Alors, la femme qui permettait à l’individu humain de passer de la nature à la culture, disparaîtrait au fond des éprouvettes et au bout des pipettes. En outre, dans le clonage, toutes les valeurs fondamentales de la personne humaine (filiation, consanguinité, parenté, paternité/maternité) se pervertissent et disparaissent. Une femme peut être jumelle de sa fille, manquer de père biologique et être fille de son grand père. Avec la FIVET il y a avait déjà une telle confusion de la parenté, mais avec le clonage, c’est la rupture totale de tout lien.

Le clonage est illicite en soi pour le lourd tribut qu’il inflige aux valeurs fondamentales de l’homme, c’est-à-dire, qu’il est intrinsèquement injuste et malhonnête, quelle qu’en soit sa finalité, reproductive ou thérapeutique.

c. En considérant les chiffres, à partir de l’exemple réussi de DOLLY, le nombre d’embryons sacrifiés avant d’aboutir au résultat positif est très élevé (277) ; le pourcentage d’anomalies résultant de l’ensemble du processus (cryoconservation des ovules ou des cellules embryoïdes, la culture in vitro des embryons et leur transfert in utero…) est également très élevé et qualifié d’inacceptable pour l’homme sur le double plan éthique et juridique, pour faire dire à Renato DULBECCO : « Rien au monde ne peut justifier le clonage humain » (cf. interview du 11/03/01 accordé au journal « Corriere della sera ») ; cf. également G. ERLINGUER : « Le clonage, une menace pour le genre humain » dans « Corriere Salute » du 25/03/01. Celui-ci précisait : « Une technologie qui se traduit par la violence sur l’enfant à naître serait inacceptable, puisqu’elle aurait comme finalité intentionnelle celle de lui imposer son destin en tout ou en partie ; son but final serait de le faire naître esclave »

d. Enfin, l’arbre ne doit pas cacher la foret : il ne faut pas négliger le coté commercial de la science, même du clonage ; en témoigne le coût du brevet délivré à l’Université de Edinburgh par le Bureau Européen des brevets (Monaco de Bavière). Un commerce abject et criminel, semblable, par bien d’aspects, à la traite des esclaves que la société humaine condamne avec raison. Voilà une autre argumentation contre le clonage qui risque de réduire l’être humain à un assemblage de pièces de rechange, à vendre en entier ou par partie.

III. La Position de l’Eglise Catholique et Réflexions conclusives

La position de l’Eglise Catholique, sur le clonage est représentée par celle de « l’ Académie Pontificale pour la défense de la Vie », mais elle était déjà perceptible dans le document « Donum Vitae » dans lequel le Magistère précise : « Même les tentatives ou les hypothèses visant à obtenir un être humain sans aucun lien avec la sexualité humaine, par fission gémellaire, par clonage, par parthénogenèse (reproduction asexuée d’embryons, à partir d’une seule cellule germinale, l’ovule), sont contraires à la morale catholique en tant qu’elles s’opposent soit à la dignité de la procréation humaine soit à celle de l’union conjugale ».

Selon l’Académie Pontificale pour la défense de la Vie, « le clonage risque d’être la parodie de la toute puissance de Dieu… Sur le plan des droits de l’homme, l’éventuel clonage représenterait la violation de deux principes fondamentaux : celui de l’égalité de tous les êtres humains – et – celui de la non-discrimination ». La violation du premier apparaît dans la domination de l’homme (chercheur) sur l’homme (l’embryon humain) ; tandis que la violation du second réside dans la sélection de type eugénique inhérente à la logique même du clonage (faire vivre les bons et éliminer les autres, suivant le critère propre au chercheur). Le clonage est inacceptable pour l’homme !


Abbé Robert ILBOUDO
Archidiocèse de Ouagadougou
Mai 2006

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