Chers fils et filles de l’Église Famille de Dieu à Ouagadougou,

A vous tous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et de notre Bien-aimé Seigneur Jésus-Christ !

L’Église, dans sa prévenance pour ses fils et filles ainsi que pour toute l’humanité, nous donne encore la grâce de vivre ce saint temps de carême dans une dynamique de conversion et d’attachement indéfectible au Christ, « Chemin, Vérité et Vie ». « C’est maintenant le temps favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2 Co 6, 2) pour nous débarrasser du péché et du vice et aller au large dans notre quête de la sainteté.

Notre carême de cette année se situe en premier lieu dans un contexte marqué par les nombreux défis de la famille humaine et chrétienne et qui constituent en même temps des interpellations fortes pour l’Église universelle et pour notre Église diocésaine. Un synode extraordinaire sur la famille s’est tenu à Rome en octobre 2014 et va se poursuivre en octobre 2015. Dans la perspective synodale, notre Église Famille diocésaine a retenu comme thème de l’année pastorale 2014-2015 : « Famille chrétienne, vis ta foi et sois artisan de paix »

Ce faisant, l’Église manifeste sa préoccupation devant l’ignorance ou le refus de la vérité sur Dieu, sur l’homme, sur le mariage et sur la famille, idées particulièrement en vogue dans notre monde d’aujourd’hui. Malgré la générosité et le témoignage éclatant de bien de couples qui persévèrent dans la fidélité avec la grâce de Dieu, la plupart des familles chrétiennes et humaines sont profondément marquées par le sceau de la pauvreté, de la division, de l’infidélité, de l’intolérance, du manque de pardon et surtout du non recours à la GRÂCE qui, seule peut faire rayonner la paix, la cohésion dans les cœurs et dans la société. Aux familles qui témoignent courageusement du Christ dans leur vie de foi, nous adressons nos félicitations et à celles qui sont éprouvées par divers maux, nous prodiguons nos encouragements. A toutes, nous promettons l’assurance de notre prière.

Notre carême de cette année se situe également au moment où notre nation, après les événements de fin octobre 2014, est en quête de justice, de réconciliation, de paix et de bonne gouvernance pour des lendemains meilleurs où tous, particulièrement les petits et les faibles, verront leurs besoins essentiels et fondamentaux pris en compte dans les projets de développement socio-économiques.

Comme je l’ai affirmé dans la Nuit de Noël 2014, « à Bethléem, il n’y avait pas de place pour Joseph et Marie pour la naissance de l’Homme-Dieu… Dans notre monde de plus en plus sécularisé, il n’y a plus de place aussi pour Dieu ; il s’agit du règne de l’homme sans Dieu, un monde où l’homme voudrait bâtir la paix, construire son monde et son bonheur sans Dieu. Dans ce contexte, il n’ y a rien d’étonnant que notre société et notre monde s’enlisent de jour en jour dans la violence (attentats, crimes odieux), dans l’exploitation des pauvres, les abus de pouvoir et des maux de tout genre… Rien d’étonnant que la presse nous relate des scènes de braquage, des viols et de meurtres et d’autres animalités commises par des hommes, ici comme ailleurs. Sachons-le, tout ce que l’homme entreprend sans Dieu en effet, se solde toujours par l’échec ou connaît forcément des dérives au détriment de la dignité humaine et du bien commun » (cf. Homélie de la Nuit de Noël). Tout cela nous interpelle tous. C’est pourquoi, reprenant l’exhortation de l’Apôtre Paul, j’invite tous les fils et filles de notre Église diocésaine et tous les hommes de bonne volonté, à la conversion et à la réconciliation : « Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Dans cette perspective, je propose aux familles chrétiennes, aux communautés sacerdotales et religieuses et à toutes les personnes de bonne volonté de notre Archidiocèse, de vivre un carême de prière, de conversion et de réconciliation, de pénitence et de partage.

1. UN CARÊME DE PRIÈRE

Vivre un carême de prière consiste à revenir de l’activisme effréné, de la dispersion provenant de l’agitation de ce monde, pour faire silence, nous recueillir et rencontrer Dieu dans un cœur à cœur, individuellement et ensemble, en famille, en communauté, à travers la méditation de la Parole de Dieu. Votre Père évêque vous lance constamment ce mot d’ordre, « une famille, une bible » pour vous inciter à connaître, aimer et à vivre de la Parole de Dieu, car si nous ne vivons pas l’Évangile, Jésus ne vit pas en nous.

En ce temps de carême, fréquentons assidûment les messes dominicales et quotidiennes et adonnons-nous à l’adoration eucharistique et à l’invocation de la Mère de Dieu et notre Mère, car comme l’enseigne un proverbe de la savane burkinabè : « Celui qui a une mère ne manque jamais de farine ».

Ne dit-on pas qu’on cherche Dieu dans les livres et qu’on trouve Dieu dans la prière ? Aussi la prière doit-elle être la source de toute vie chrétienne et particulièrement de la vie en famille. C’est le lieu de la rencontre avec Dieu pour l’adorer, lui rendre grâce, pour implorer son pardon et solliciter ses grâces. Une famille qui ne prie pas est une famille en péril, sujette à la discorde et à la dislocation. En prenant goût à la prière tout au long de ce carême, les couples sauveront leur union, leurs enfants et toute la société.

Familles chrétiennes, chers frères et sœurs en Christ, votre prière sera instante pour vous-mêmes certes, mais également pour l’Église, pour les vocations sacerdotales et religieuses, les vocations de catéchistes, les vocations au mariage, l’éducation et l’engagement de tous les fidèles laïcs dans l’édification de l’Église Famille de Dieu.

Pour le Burkina Faso, notre chère patrie, notre prière constitue d’abord une action de grâce à Dieu qui a protégé notre pays du chaos et qui, dans son infinie bonté, reste toujours prêt à poursuivre ce qu’il a si bien commencé. Alors, persévérons dans la prière fervente et confiante afin que le Seigneur nous accorde la paix, la réconciliation et la concorde nationale.

2. UN CARÊME DE CONVERSION ET DE RÉCONCILIATION

Notre monde a besoin de conversion. En effet, la culture de mort véhiculée par la dictature de la pensée unique et du relativisme négateur de Dieu, envahit tous les continents et contredit la vérité enseignée par le Christ et son Église, sur Dieu, l’homme, le mariage et la famille. Tous, nous devons en être conscients et rejeter catégoriquement toutes les pratiques et tous les comportements qui avilissent et dégradent l’homme « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 27).

Concernant la situation nationale, j’en appelle à la réconciliation comme je l’ai vigoureusement fait dans la Nuit de Noël 2014. Ainsi, « en ces instants délicats de l’histoire de notre peuple, œuvrons ensemble pour poser les jalons d’une nation démocratique, libre et prospère. Pour y parvenir, le Christ nous ouvre la voie royale de la réconciliation et de l’unité nationale... Il nous faut également bannir à jamais de notre nation toute tentation de régionalisme, éradiquer le spectre de l’ethnicité, le danger de l’intolérance religieuse, l’appât au gain frauduleux et facile, la course effrénée au pouvoir qui constituent autant d’entraves à la consolidation de la paix véritable et du développement durable » (cf. Homélie de la Nuit de Noël).

Les familles humaines et chrétiennes ont aussi besoin de conversion pour une réconciliation vraie dans un esprit de pardon sincère. Pour ce faire, il faut savoir revenir à Dieu et lui confesser nos péchés, car précise le pape François « Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est l’homme qui, si souvent, se fatigue de demander pardon ». Notre Dieu est riche et Tout-Puissant en amour, en miséricorde et en pardon. Il nous pardonne et nous invite à faire de même. J’exhorte instamment les couples chrétiens de notre Archidiocèse à saisir l’opportunité de ce temps de grâce pour se pardonner mutuellement et se réconcilier. « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ». (Lc 6, 36), nous recommande le Christ.

Nos communautés sacerdotales et religieuses qui constituent des familles, ont elles aussi, besoin de conversion et de réconciliation. Elles ont un devoir de témoignage au milieu du monde et surtout face au peuple chrétien : témoignage d’unité, de solidarité, de concorde, de secours mutuel et enfin témoignage d’une Église qui se veut être « Famille de Dieu parmi les hommes ». Ne scandalisons pas à travers des contre témoignages et ne perdons pas de vue que « le véritable missionnaire, c’est le saint » (Redemptoris missio, n. 90).

3. UN CARÊME DE PÉNITENCE ET DE PARTAGE

La pénitence et le partage sont au cœur de toute vie chrétienne.

La pénitence consiste à se priver réellement, à se mortifier, à souffrir avec le Christ dans sa passion pour, avec lui, participer au salut et à la rédemption de soi-même et du monde, monde dominé par les péchés individuels et collectifs qui nous éloignent de Dieu et des autres. Nos privations en nourriture et en boisson pourraient constituer des économies au bénéfice des pauvres et des œuvres de l’Église.

Le partage rejoint la vertu cardinale de la charité : l’amour seul ne passera pas. « Dans votre vie, mettez l’amour au-dessus de tout ; c’est lui qui fait l’unité dans la perfection » (Col 3, 14), nous enseigne Saint Paul. Et rappelons-nous également « qu’on ne donne pas parce qu’on a, on donne parce qu’on aime ».

Cette année, nos efforts de carême serviront à soutenir les cinq (5) nouvelles paroisses que nous venons de fonder en vue de l’avancée de la mission. En rappel, ces paroisses en devenir, n’ont pas encore toutes les structures, ni les moyens financiers pour se prendre en charge. Pourtant, « il est nécessaire, affirme le Pape Jean-Paul II, que toute communauté chrétienne soit en mesure de pourvoir par elle-même, autant que possible, à ses propres besoins » (E.I.A ; n. 104). Dans cette perspective, je vous propose la quête du quatrième dimanche de carême et des enveloppes de collecte de fonds comme lieux d’expression de votre générosité. J’invite chacun à laisser parler son cœur dans la joie de voir grandir nos nouvelles paroisses qui, à n’en point douter, contribuent à faire progresser l’œuvre d’évangélisation. Que Dieu vous comble au centuple de vos générosités.

Pour terminer, faisons nôtre cette prière et supplions Dieu pour l’Église, pour le monde et pour nos familles :

« Père, donne-nous de voir fleurir une Église toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la Vérité, la justice et la miséricorde».

« Sainte Famille de Nazareth, que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division : que quiconque a été blessé ou scandalisé connaisse rapidement consolation et guérison » .Amen

Chers fils et filles de notre Église Famille diocésaine, que Dieu vous bénisse tous dans vos familles et vos communautés!

Saint et fructueux carême à tous !

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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