Paroisse Cathédrale, le 13-03-2014

- Excellences Mgr Léopold OUEDRAOGO et Mgr Jean-Marie COMPAORE,

- Bien chers prêtres, chers religieux (ses), chers catéchistes

- Chères frères et sœurs en Christ,

A tous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et de notre Bien-aimé Seigneur Jésus Christ

I- SALUTATIONS

Au nom de l’Église Famille de Dieu qui est à Ouagadougou, je vous souhaite à tous la bienvenue à la présente célébration eucharistique, qui nous renvoie au Triduum Pascal, notamment au jeudi Saint.

En effet, la consécration du Saint Chrême et la bénédiction de l’huile des malades et de l’huile des catéchumènes sont faites normalement le Jeudi Saint, à la Messe Chrismale, habituellement célébrée le matin par l’évêque diocésain.

Les contraintes pastorales permettent difficilement de réunir le clergé et le peuple de Dieu autour de l’évêque le Jeudi Saint en raison des préparations des catéchumènes adultes au baptême et des fidèles à la fête de Pâques. Le Pontifical Romain permet alors d’anticiper cette célébration à un autre jour plus approprié en employant toujours les textes de la messe chrismale.

Pour des raisons pastorales, nous avons pris l’habitude de célébrer la messe chrismale dans les communautés paroissiales.

Merci au Curé de la cathédrale et à tous ses collaborateurs, de nous accueillir cette année pour la messe chrismale

La célébration de ce soir, à n’en point douter, manifeste que l’Église est une Famille, et manifeste l’unité du sacerdoce et du sacrifice du Christ, continuellement présent dans l’Église

I. LIBÉRATION ET SALUT EN JÉSUS-CHRIST

Frères et sœurs, nous venons d’écouter, d'accueillir la Parole de Dieu. A l’instar des juifs dans la synagogue de Nazareth, le Seigneur parle aujourd’hui dans notre assemblée ; il parle à chacun de nous...

Dans toutes les églises et assemblées du monde entier, Jésus continue d’enseigner et il cherche des instruments, des messagers qui fassent entendre son enseignement. Aujourd’hui les louanges de Jésus sont célébrées bien plus qu’à l’époque de sa vie terrestre où il n’était connu qu’en Israël.

- Jésus applique à lui-même la prophétie d’Is. 611 :

« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ». Les pauvres signifient ici les païens : = ceux-ci en effet étaient pauvres parce qu’ils ne possédaient rien, ils manquaient de biens matériels et pire, ils ne possédaient ni Dieu, ni la loi ni les prophètes. « C’est dans ce contexte que Dieu l’envoie comme messager aux pauvres pour annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue », car c’est par sa parole et l’enseignement de sa doctrine que la vue est rendue aux aveugles.

« Jésus replia le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui », nous dit l’Écriture. Comme je voudrais que notre assemblée mérite aussi, semblable témoignage et que les yeux de tous les baptisés et catéchumènes, femmes, hommes et enfants... que tous voient Jésus avec les yeux non du corps mais de l’Esprit ! Car lorsque vous l’aurez contemplé, votre visage et votre regard seront illuminés de sa lumière, de son amour... alors vous pourrez dire = « Ô Seigneur, la lumière de ton visage a laissé sur nous son empreinte. (Ps 4, 7). Puisse nos efforts de carême = jeûne, abstinence, prière, aumône, partage,… nous permettre de voir Jésus, le visage de Jésus en nos frères et sœurs. ; puissent nos efforts nous permettre l’approfondissement de notre foi avec Jésus ; et enfin, puisse l’administration des sacrements de la Nouvelle Alliance par les prêtres, apporter au peuple de Dieu la libération de toutes les peurs, de toutes les idoles, de toutes peines et de toutes souffrances, et lui apporter le salut que nous ont mérité la passion, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ.

II- BÉNÉDICTIONS DES HUILES

Chers Frères et Sœurs,

Selon l’usage de la liturgie latine, nous allons procéder au cours de notre Eucharistie :

- à la bénédiction de l’huile des malades avant la doxologie

- et à la bénédiction de l’huile des catéchumènes et la consécration du Saint-Chrême, après la Communion

2. 1. L’huile des malades

Nous allons procéder en premier lieu à la bénédiction de l’huile des malades, destinées au Sacrement de l’Onction des malades.

Dès les premiers temps de l’Église, l’Apôtre Jacques témoigne de la pratique de l’Onction des malades.

« Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église, et qu’ils prient sur lui, après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis » (Jc 5, 14-15).

« Par l’onction sacrée des malades et la prière des prêtres, c’est l’Église tout entière qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu’Il les soulage et les sauve ; bien mieux, elle les exhorte, en s’associant librement à la passion et à la mort du Christ à apporter leur part pour le bien du Peuple de Dieu. » (L.G. n°11)

A l’occasion de la bénédiction des huiles, je me dois de réitérer deux observations qui ont une portée pastorale évidente.

- Fidèle au souhait du Concile Vatican II, l’Instruction Inter Oecumenici n°68 de 1964, nous recommande d’utiliser l’expression « onction des malades » au lieu de l’appellation traditionnelle « extrême onction » ; c’est-à-dire que ce sacrement ne concerne pas seulement « ceux qui se trouvent en toute extrémité ». Mais lorsqu’un fidèle commence à être en danger de mort, par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse, le temps est opportun, pour lui, de recevoir le sacrement des malades

Dans l’Église, seuls le prêtre ou l’évêque peuvent donner le sacrement de l’Onction des malades en employant l’huile bénite par l’évêque.

Chaque fois qu’un chrétien tombe gravement malade, il peut recevoir la Saint Onction, de même lorsque, après l’avoir reçue, la maladie s’aggrave.

Le sacrement de l’Onction des malades a pour but de conférer une grâce spéciale au chrétien qui éprouve des difficultés inhérentes à l’état de maladie grave ou de vieillesse.

- La deuxième observation : il nous revient qu’une certaine pratique tend à s’installer dans nos communautés chrétiennes. Des chrétiens demandent à des prêtres de bénir des huiles, du beurre de karité, etc… L’Ordo unctionis infirmorum au n°21 stipule que le mode normal et habituel de procéder est d’utiliser l’huile bénite par l’évêque dans la Messe Chrismale du Jeudi Saint et le Canon 999 précise : « Outre l’évêque, peuvent bénir l’huile destinée à l’onction des malades :

1. Ceux qui, par le droit, sont équiparés à l’évêque diocésain (V.G. administrateur diocésain).

2. En cas de nécessité, tout prêtre, mais seulement au cours même de la célébration du sacrement.

En dehors du cas de nécessité mentionné, il est interdit de bénir des huiles pour des usages personnels qui souvent portent ombrage à la réception du sacrement des malades.

Dans tous les cas, la bénédiction de l’huile à la messe chrismale est liée à la célébration du sacrement et non pour autre usage.

En bénissant l’huile des malades, je recommande instamment aux pasteurs d’âmes et les proches des malades, parvenus à l’âge de raison de veiller à ce que les malades baptisés reçoivent en temps opportun le réconfort de l’onction de l’huile des malades. En effet, ce sacrement unit le malade au Christ dans son sacrifice au Père et vise à lui apporter la santé du corps et de l’âme, le réconfort, la paix et le courage pour supporter chrétiennement la souffrance. Enfin, le sacrement de l’onction constitue une véritable préparation au passage à la vie éternelle, et peut être réitérée si le malade, après guérison, tombe de nouveau gravement malade (cf. can. Code 2)

2. 2. L’huile des catéchumènes

L’Église a le souci des catéchumènes ; en les invitant à mener une vie évangélique et en les introduisant à la célébration des rites sacrés, elle leur accorde déjà diverses prérogatives propres aux chrétiens (cf. Canon 206). C’est dans cette perspective que l’évêque va bénir l’huile des catéchumènes qui servira à fortifier les futurs baptisés dans leur combat contre Satan, et à les préparer au sacrement du baptême

Frères et soeurs, prions pour tous les catéchistes : titulaires, volontaires, Papas et Mamans Catéchistes.

Nous aurons à cœur de prier également pour tous les catéchumènes qui vont recevoir le baptême à la nuit pascale. En outre, j’invite les agents pastoraux à conscientiser davantage nos communautés chrétiennes à la recherche et l’accompagnement soutenu des catéchumènes, et à s’impliquer concrètement dans le suivi et la formation des catéchumènes. Les statistiques disent que près de 70 % de la population burkinabé ne connaît pas Jésus.

J’exhorte chaque baptisé à s’employer à trouver « un catéchumène pour Jésus ». La contribution de tous des baptisés et absolument nécessaire et irremplaçable pour réaliser le mandat missionnaire laissé par Jésus aux siens : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples !!! » (cf. Mt 28, 19)

2. 3. Le Saint Chrême

Le Saint Chrême est une huile qui a été mélangée avec du baume, du parfum. Il traduit la plénitude des dons que l’Esprit Saint donne aux chrétiens. Sa bénédiction revêt une plus grande solennité. C’est une véritable consécration !

La législation de l’Église stipule que le Saint Chrême doit être béni par l’évêque. (cf. Canon 880,2). Consacré par l’évêque, le Saint chrême sert :

- à oindre les nouveaux baptisés

- à signer les confirmands

- à oindre les mains des prêtres et la tête des évêques à leur ordination

- à consacrer les églises et les autels pour la dédicace.

Tous ceux qui reçoivent l’onction du Saint chrême, et en sont pénétrés, sont rendus capables d’obtenir le salut de Jésus Christ. Enrichis du don de l’Esprit Saint, ils sont plus étroitement liés à l’Église, étant l’obligation d’être témoins du Christ en parole et en action. Ils doivent propager et défendre la foi (cf. canon 879)

III- RÉNOVATION DES PROMESSES SACERDOTALES

- L’Église invite tous les prêtres diocésains et religieux à se rassembler pour la Messe Chrismale et à y concélébrer

- Car ils sont les témoins et les coopérateurs de leur évêque dans la confection du St Chrême

- en outre, ils partagent sa mission d’édifier le Peuple de Dieu dans sa triple fonction d’enseignement, de gouvernement et de sanctification. Ils manifestent l’unité du sacerdoce et du sacrifice du Christ, continuellement présent dans l’Église.

Au nom de notre Église-Famille diocésaine,

Il est pour moi un devoir de saluer avec gratitude tous les prêtres qui coopèrent avec générosité et abnégation pour l’édification des portions du peuple de Dieu qui leur sont confiées.

La célébration de cette messe chrismale nous renvoie au cénacle, au jeudi Saint, Jour de l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce par notre Seigneur et Bien-aimé Jésus-Christ.

A tous les prêtres, nous disons BONNE FÊTE ! Courage et fructueux Apostolat !

« Le sacerdoce, disait le Saint Curé d’Ars, c’est l’amour du cœur de Jésus ». En effet, le sacerdoce, c’est la plus grande identification à Jésus-Christ sur terre. Que c’est beau, merveilleux !

- Fidèles aux indications de l’Église, les prêtres sont invités à renouveler chaque année, au cours de la messe chrismale, leurs engagements sacerdotaux. La portée des promesses ou engagements est grande. Il s’agit de la parole donnée au Christ lui-même. Et chaque prêtre doit être un homme de parole et s’évertuer à rester fidèle à sa vocation, pour la gloire de Dieu et pour l’édification de l’Église. Toute infidélité constitue une blessure douloureuse dans le corps du christ.

Frères et sœurs, implorons donc le grand prêtre afin qu’il soit donné à tous les prêtres de demeurer fidèle à leur charge pastorale et à leurs engagements sacerdotaux. (cf. canon 277, 1 – 1)

Canon 277, 1 : "Sont tenus par l’obligation de garder la continence parfaite et perpétuelle à cause du Royaume des cieux, et sont donc astreints au célibat = les prêtres diocésains, les membres des instituts de vie consacrée, les membres des sociétés de vie apostoliques, les vierges consacrées... La chasteté dans le célibat constitue un don de Dieu par lequel les ministres sacrés peuvent s’unir plus facilement au Christ avec un coeur sans partage et s’adonner plus librement au service de Dieu et des hommes."

Prions pour les uns et pour les autres. Qu’au grand jamais, un membre de l’Église Famille de Dieu ne soit jamais une occasion de chute pour un :

- prêtre

- frère

- sœur

- vierge consacrée

Prions spécialement pour ceux qui ont particulièrement besoin de notre prière fraternelle

- Frères et sœurs, ce soir à l’instar de la Vierge Marie, les prêtres veulent réitérer le « Oui » donné à l’Ordination Sacerdotale.

N’ayons de cesse de prier pour les prêtres afin qu’ils soient toujours et partout des pasteurs selon le cœur de Dieu. Amen

Philippe Cardinal OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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