Bien chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à OUAGADOUGOU !

La grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous !

Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude envers vous tous, pour votre forte mobilisation pour la dédicace de l’église du Sanctuaire Notre Dame de Yagma, le samedi 09 février 2013, suivie du pèlerinage diocésain le dimanche 10 février 2013 à Yagma.

Ces deux événements ecclésiaux vécus dans la joie et la ferveur, nous ont permis de toucher du doigt les fruits de nos multiples efforts de foi et de générosité et de consolider également nos motivations pour aller toujours de l’avant, en eau-profonde - Duc in Altum (Cf. Luc 5,4) - dans le témoignage de la foi, de l’espérance et de la charité.
Ce message que je vous adresse ici se veut surtout une interpellation à vivre ce temps fort de l’Eglise en lien avec l’Année de la foi, c’est-à-dire avec un ardent désir d’approfondir notre relation personnelle avec Dieu afin de mieux aimer et de mieux servir.

Ce message s’articulera en trois points essentiels :

1. Vivre le carême dans le sillage de l’Année de la foi
2. Pour un témoignage de foi agissante
3. Propositions concrètes

1. Vivre le carême dans le sillage de l’Année de la foi

Avec le mercredi des cendres, nous sommes entrés dans un temps fort de notre vie chrétienne : le Temps du Carême ! C’est un temps de grâce où nous pouvons nous ouvrir davantage au Christ. Durant quarante jours, il nous sera proposé d’entrer dans une plus grande proximité et intimité avec le Christ à travers le jeûne, la prière et le partage. C’est donc un temps de cheminement spirituel en vue d’une conversion intérieure et sincère, un temps de désert, qui implique un effort personnel et communautaire.

L’Année de la foi, nous a expliqué le Pape Benoît XVI dans sa lettre Porta Fidei, « est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde » (Cf. "Porta Fidei", n°6, §2). Le carême que nous sommes en train de vivre peut donc être accueilli comme un moyen spirituel et providentiel, capable de nous aider à relever ce défi majeur de l’Année de la foi voulue par le Saint Père, le Pape Benoît XVI. La conversion authentique dont parle le saint Père implique un travail de l’intérieur, une transformation profonde de notre vie qui ne sera possible qu’avec notre consentement libre, notre ferme volonté de nous ouvrir à l’Esprit. Autrement dit, vivre le carême est, avant tout, affaire de cœur et doit conduire à une relation personnelle et vitale avec Dieu. Ce temps de grâce permettra donc à chacun de mesurer la profondeur de sa relation personnelle et amoureuse avec le Christ en cette Année de la foi. Car, comme disait le Pape Benoît XVI, dans son Encyclique Deus caritas est : « A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre … avec une Personne qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive…. » (Deus caritas est, 25 décembre 2005, n°1).

Le carême est un temps exigeant de cheminement spirituel. Et cela nous invite à des efforts concrets : fréquentation plus régulière et plus assidue de la Messe, chemins de Croix, recollections, marches de carême, enseignements, récitation quotidienne du chapelet, prières en famille… Dans plusieurs paroisses sont construites des chapelles de la réconciliation et d’adoration eucharistique, tout cela constitue des chemins de notre sanctification notamment par la réception du sacrement de la réconciliation. A n’en point douter, tous ces efforts contribuent à faire de notre carême un temps fécond de préparation à la fête de Pâques.

2. Pour un témoignage de foi agissante

Tout en nous invitant à reconsidérer notre adhésion personnelle à Dieu, le carême permettra également à chacun d’évaluer son effort d’attention, de proximité et de présence aux autres, d’amour du prochain. En effet, les trois piliers du carême, à savoir, le jeûne, la prière et le partage (l’aumône), n’ont pas leur fin en eux-mêmes. Dans l’Evangile proclamé le mercredi des Cendres (Mt 6,1-18), Jésus met un lien étroit entre ces trois pratiques en soulignant leur finalité : se priver de nourriture ou de ce qui nous coûte (jeûner) prend tout son sens lorsque cela nous permet de mieux aimer (partager) et d’être en relation avec le Père (prier).

Du reste, vivre le carême dans le contexte de l’Année de la foi, nous dit le Pape Benoît XVI, est « une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité… » (Cf. Message de carême 2013). Si le jeûne que nous ferons par exemple durant ce temps fort, arrive à nous faire ressentir effectivement le manque et la faim, nous redécouvrirons non seulement la faim spirituelle, le besoin d’être avec Dieu, de lui parler et de l’écouter mais aussi le sens du partage et de la charité. Dans ce sens, Le jeûne, la prière et l’aumône devront, en plus des biens spirituels, engendrer des biens matériels à partager avec les autres. Cela suppose le don de ses biens matériels ou financiers pour soutenir les œuvres apostoliques de l’Eglise, pour aider les plus démunis. Cela suppose aussi un minimum d’ascèse, de renoncement à soi, à ses certitudes et à ses commodités pour plus d’attention et de présence à l’autre.

Notre Eglise d’Afrique n’est plus, comme du temps des missionnaires, assistée par la générosité des Eglises européennes. Ce temps est révolu. Nous sommes aujourd’hui dans le temps de l’auto-prise en charge de nos prêtres, de nos séminaristes, de nos malades, de la veuve et de l’orphelin, des pauvres, des familles divorcées, des réfugiés... « Il est donc urgent, nous dit le bienheureux Pape Jean-Paul II, que les Eglises particulières d’Afrique se fixent pour objectif d’arriver au plus tôt à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et à assurer leur autofinancement » (Ecclesia in Africa N° 104).

3. Propositions concrètes

La foi sans les œuvres est une foi morte, nous dit l’apôtre Jacques (Jc 2,17).

Nous pouvons donc concrétiser notre foi en mettant notre point d’honneur à vivre réellement la charité dans les CCB, par des gestes de compassion et de solidarité envers les plus vulnérables et en contribuant personnellement et communautairement à la réalisation des projets d’auto-prise en charge au niveau de notre Eglise Famille de Dieu.

Dans le sens de l’auto-prise en charge, avec les curés de nos paroisses, nous retenons et proposons le dimanche 3 mars 2013, comme journée d’auto-prise en charge. La totalité des quêtes de ce 3ème dimanche de carême et la moitié des quêtes des chemins de croix de toutes les paroisses seront versées à l’Economat diocésain pour initier les premiers travaux de deux projets très importants retenus au début de l’année pastorale 2012-2013 :

- Le Centre Nazareth de Pastorale Familiale (Lilbouré) pour le soutien et l’accompagnement des couples, préparation au mariage, récollections et retraites des familles...

Le projet est divisé en quinze parties pouvant être réalisées séparément. La phase actuelle dénommée phase initiale consiste à l’obtention des documents, titres et autorisation officielles, la mise en place des installations essentielles pour rendre le centre fonctionnel dans les meilleurs délais. Cette phase est estimée à 40 000 000 FCA.  [Télécharger la Fiche de Projet de construction du Centre Nazareth de Pastorale Familiale

- La Maison Jean-Marie Vianney pour le repos des prêtres âgés, fatigués et malades, au secteur 22 (Tampouy), près du Centre Médical Paul VI.

Ce projet est divisé en 10 parties pouvant être réalisées séparément. La phase actuelle dénommée phase initiale consiste à l’obtention des documents, titres, autorisations officielles et la mise en place des installations essentielles pour le chantier. Cette phase est estimée à 40 000 000 FCA. [Télécharger la Fiche de Projet de construction de la maison de retraite St Jean Marie Vianney]

Pour favoriser la collecte des contributions de tous, des enveloppes seront confectionnées. Le 31 mars 2013 (Pâques) est retenu comme date butoir pour le retour des enveloppes qui doivent être remises au curé ou directement à l’Economat Général de l’Archidiocèse. Je lance donc un appel confiant à tous et à toutes pour la réalisation de ces 2 projets.

En ce temps de carême, laissons-nous convaincre par la sagesse populaire qui enseigne qu’ « on ne donne pas parce que l’on a, on donne parce qu’on aime. »

Du reste, le Pape Benoît XVI, souligne bien cela en nous rappelant que : « Le chrétien est une personne conquise par l’amour du Christ et donc, mû par cet amour, il est ouvert de façon concrète et profonde à l’amour pour le prochain » (Cf. Message de carême 2013, p.3).

 

Conclusion

Fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à OUAGADOUGOU, le thème de notre année pastorale 2012-2013 nous encourage dans nos efforts de repentir et de conversion intérieure : " Avec le Christ, Parole de Dieu, confessons, vivons et célébrons notre foi".

Je souhaite que, durant ce temps précieux, chacun puisse faire l’expérience de la présence aimante du Christ auprès de lui en vue d’aller de l’avant, au large, duc in altum, dans l’Annonce de la Foi !
Et que Marie, Notre Dame de Yagma soutienne nos efforts de carême et obtienne à notre monde la grâce de la Paix.

Bonne et sainte montée vers Pâques !

 

+Philippe OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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