PELERINAGE DIOCESAIN DE YAGMA
(Ouagadougou 10/02/2013)

 

- Excellences Messeigneurs les Archevêques et Evêques,
- Chers autorités politiques, civiles, administratives, militaires et paramilitaires, religieuses et coutumières,
- Chers prêtres, religieux, religieuses, catéchistes
- Chers Fils et Filles de l’Eglise Famille de Dieu.

La grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous !

Oui ! C’est par ce souhait que j’adresse à chacun d’entre vous la bienvenue au sanctuaire marial de Yagma. Je me réjouis et je rends grâce au Seigneur de vous voir en si grand nombre, venus des différentes paroisses de l’Archidiocèse de Ouagadougou et d’autres églises particulières du Burkina Faso .

Aujourd’hui, nous sommes accourus nombreux en pèlerinage à Yagma, lieu saint où la Vierge Marie, Mère de Jésus et notre Mère est célébrée et priée. Le pèlerinage est une expression de notre foi, de l’amour et de l’attachement que nous avons envers Dieu. Louons Dieu et confessons avec gratitude les merveilles qu’il a accomplies pour nous par Marie, Mère de notre Bien-aimé Frère et Seigneur Jésus Christ, l’unique Sauveur du monde.

- Un thème est proposé pour notre pèlerinage annuel : « Avec Marie, dans la foi au Christ, Parole de Dieu, soyons artisans de paix ».
En cette année de la Foi voulue par le Pape Benoît XVI, nous venons nous mettre à l’école de la Vierge Marie,

- Pour rendre grâce au Seigneur pour le don de la Foi qu’elle contribuera à faire grandir.

- En outre, dans un climat d’écoute et de prière, nous venons demander à la Mère du « Prince de la Paix » de nous apprendre à être des « artisans de Paix » pour que notre monde soit plus digne de Dieu et des hommes.

I – Action de grâce à Dieu.

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.
Le Tout Puissant a fait pour moi des merveilles, Saint est son nom ». (Lc 1, 49-50).
Cette prière de la Vierge Marie nous introduit parfaitement dans notre louange et notre action de grâce à Dieu pour tous les dons merveilleux qu’il a accomplis pour notre Eglise Famille de Dieu et pour chacun de nous.

- En premier lieu, nous avons un devoir de gratitude envers Dieu pour le choix et le don de la Vierge Marie, comme Mère de Jésus, Mère de l’Eglise et notre Mère. (cf. Luc 1, 32 ; Jn 1, 14 ; Lc 11, 28). Et pour ces motifs, Marie est légitimement honorée par l’Eglise d’un culte spécial. Elle est Mère de Dieu et les fidèles se réfugient volontiers sous sa protection, l’implorent dans tous leurs dangers et leurs besoins. (Cf. L.G. n°66). Vierge et Mère, Marie demeure pour l’Eglise et pour les chrétiens « modèle permanent de foi, d’espérance et de charité. » Mère de l’Eglise, elle continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et à la croissance de la vie divine dans les âmes rachetées. (Cf. Paul VI, le Credo du peuple de Dieu, 30 juin 1968, n° 15).

- Dans cette perspective, le Sanctuaire marial de Yagma, constitue un don merveilleux comme haut lieu de louange à Dieu, de dévotion mariale et de sanctification du peuple de Dieu. Il fut approuvé par l’ordinaire du lieu, son Eminence feu Cardinal Paul ZOUNGRANA, le 31 mars 1968, mais le premier pèlerinage marial à Yagma fut célébré le 4 mai 1969 en présence de nombreux fidèles accourus de toutes les paroisses de Ouagadougou.

En ce jour béni, nous sommes reconnaissants au Seigneur qui nous comble d’une Eglise, dédicacée hier matin, 09 février 2013 par son Excellence Monseigneur Vito RALLO, Nonce Apostolique au Burkina Faso.

L’Eglise de Yagma dédicacée hier, est le fruit d’une longue histoire d’aspirations, de générosité, de sacrifices, de foi et d’un travail laborieux d’un bon nombre de fidèles chrétiens. La pose de la première pierre eut lieu le 12 décembre 1992 par son Eminence, feu Cardinal Paul ZOUNGRANA de vénérée mémoire.
Au nom de notre Eglise Famille de Dieu, je voudrais saluer avec gratitude la longue lignée des personnes connues et anonymes qui ont généreusement contribué à l’édification de l’Eglise, véritable sanctuaire, i.e. le lieu le plus saint de l’espace spirituel marial de Yagma.

C’est dire qu’au cœur du centre de pèlerinage marial Notre Dame de Yagma, l’Eglise ainsi construite tient une place prépondérante... Par la consécration, cet édifice devient en effet un signe visible du Dieu invisible, le lieu par excellence de sa présence active et rédemptrice dans le monde... lieu de sanctification, de conversion, de pénitence et de réconciliation avec Dieu. C’est cela la vocation essentielle et le but ultime de tout sanctuaire » (Cf. Vito RALLO, nonce Apostolique, homélie de la consécration de l’Eglise de Yagma).
En outre, la beauté et la dignité de l’Eglise dédicacée nous rappellent sans cesse notre dignité et notre vocation : « N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu... le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est nous « (1 Cor. 3, 16-17).

Prions pour l’évolution progressive et heureuse du sanctuaire marial de Yagma, notamment pour l’implantation d’une Communauté religieuse de sœurs contemplatives pour la louange et l’adoration quotidienne perpétuelle et pour l’accueil des pèlerins.

II. Eglise Famille de Dieu = Avance au large

Frères et sœurs,

Les textes bibliques proposés à notre méditation en ce 5è dimanche du temps ordinaire nous enseignent entres autres, que Parole, Foi et marche à la suite du Christ sont absolument indissociables dans la vie de l’Eglise et dans la vie de chaque chrétien.

- Parole de Dieu et Foi

Dans la 2è lecture (1 Cor. 15, 1-11), Saint Paul nous redit le contenu et l’importance de la Parole de Dieu, la Bonne Nouvelle. « Vous serez sauvés, dit l’apôtre, si vous gardez l’évangile que je vous ai annoncé. » Sans la Parole de Dieu l’homme ne peut pas connaître Dieu, aimer et vivre selon Dieu. « L’ignorance des Ecritures, c’est l’ignorance de Jésus-Christ », nous enseigne Saint Jérôme.

Nous sommes donc invités à rester constamment branchés sur la Parole de Dieu, à la lire, et à la méditer quotidiennement, pour la mettre en pratique.
Chers chrétiens, rappelez-vous le slogan lancé voilà déjà 3 ans = « un chrétien, une Bible ! Une Famille une Bible ». La Vierge Marie que nous honorons aujourd’hui est par excellence un modèle de foi pour nous. Le Père des miséricordes a voulu que l’Incarnation fut précédée par une acceptation de la part de Marie :
« Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). Ce n’est donc pas sans raison qu’Elisabeth loue sa cousine = « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ». En cette année de la foi, le Pape Benoît XVI nous invite à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Demandons au Seigneur, aujourd’hui, de revigorer notre adhésion totale à l’Evangile et de nous permettre de vivre une véritable intimité avec le Seigneur en qui nous croyons et à qui nous nous abandonnons totalement. Cela est un chemin ardu qui exige la prière quotidienne confiante, la pratique des sacrements, notamment la réconciliation (confession), l’Eucharistie et l’écoute fidèle des enseignements de l’Eglise.

- La Mission Evangélisatrice

Dans l’évangile de ce jour, Saint Luc insiste sur la mission qui sera celle des Apôtres = « Avance en eau profonde (duc in altum) et jetez vos filets pour pêcher » (Lc 5, 4). Ils sont appelés à retirer un grand nombre d’hommes de l’emprise des forces du mal, symbolisés par les eaux du lac de Génésareth, pour faire entrer dans le Royaume de Dieu. Pour cela, ils abandonnent tout pour suivre Jésus et « désormais ce sont des hommes qu’ils prennent pour le Royaume de Dieu ».

Frères et sœurs,

Nous sommes là au cœur de l’accomplissement de la volonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité salvifique.
« Allez de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. » (Mt 28, 19). C’est cela le mandat missionnaire laissé par Jésus à l’Eglise, à tous les baptisés- chaque chrétien –homme, femme / adulte ou enfant, a un rôle et une place irremplaçable à jouer dans la vie de l’Eglise. Baptisé et confirmé, le chrétien est appelé à être un témoin du Ressuscité par la vie et l’agir quotidien.
Là où ne peuvent pénétrer les évêques, les religieux (ses), les laïcs sont présents sur tous les fronts = social, politique, administratif, culturel... ‘’A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun’’. Cela suppose le don de soi, de sa personne, de son temps. Le don de ses biens matériels ou financiers pour soutenir les œuvres apostoliques de l’Eglise. La foi sans les œuvres est une foi morte.
Dans cette perspective, avec les curés de nos paroisses, nous retenons et proposons le dimanche 3 mars 2013, comme journée d’auto-prise en charge. Les quêtes de ce 3è dimanche de carême et la moitié des quêtes des chemins de croix de toutes les paroisses seront versées à l’Economat diocésain pour initier les premiers travaux de 2 projets très importants :

- Le Centre Nazareth de Pastorale Familiale (Lilbouré) pour le soutien et l’accompagnement des familles

- La Maison Jean-Marie Vianney pour le repos des prêtres âgés, fatigués et malades.
Pour favoriser la collecte des contributions de tous, des enveloppes seront confectionnées et une lettre pastorale sera lue dans toutes les églises.
Laissons-nous donc convaincre par la sagesse populaire qui enseigne qu’ « on ne donne pas parce que l’on a, on donne parce qu’on aime. »

Artisans de paix,

Par la Bienheureuse Vierge Marie, nous prions aujourd’hui « le Prince de la paix car notre monde connaît des guerres, des divisions, la haine... la violence se manifeste dans les rapports interpersonnels et sociaux...
Des nations, des groupes sociaux, des familles... connaissent souvent fractures et naufrages ... L’interpellation du prophète Isaïe (66, 1-14) dans la 1ère lecture revêt toute sa pertinence, son actualité et son espérance...
« Je dirigerai vers Jérusalem la paix comme un fleuve et la gloire des nations comme un torrent qui déborde ». Dans la révélation biblique, la paix est beaucoup plus que la simple absence de guerre. Elle représente la plénitude de vie voulue par Dieu (Cf. Mal. 2,5).

La paix est un don suprême de Dieu offert à tous les hommes... Elle engendre fécondité (Is 48,19), bien-être (Is. 48,18), prospérité (Is. 54,13), joie profonde (Ps 12,20). La paix est une valeur et un devoir universel et ne saurait être étranger à l’Evangélisation, car celle-ci tient toujours compte de tout ce qui concerne autant les sociétés que les personnes individuelles = développement, justice, corruption, libération, Bien commun...

En outre, la paix est le fruit des efforts des hommes. La paix est en danger quand l’homme se voit refusé ce qui lui est dû en tant qu’homme et quand sa dignité n’est pas respectée, quand la gestion des biens publics n’est pas orientée vers le bien commun. Pour qu’advienne la paix durable, la défense et la promotion des droits de l’homme et de la femme sont essentielles... Dans cette perspective, la paix est le fuit de la justice, de la solidarité, de la charité... Et c’est là qu’éclate avec évidence le rôle de l’éducation des jeunes et de la coopération des différents partenaires.

- La nécessité de l’éducation à la paix, la promotion de la culture de la paix constitue des conditions « sine qua non » pour que surgissent des hommes et des femmes vraiment nouveaux, artisans de l’humanité nouvelle (Cf. G.S n°30). L’école doit être un maillon essentiel de l’éducation des enfants et des jeunes générations à la légalité, au dialogue, au respect d’autrui, au sens généreux de l’effort, à l’apprentissage de la vie en société, à l’accueil des valeurs fondamentales pour vivre ensemble...

- Enfin, soulignons l’importance de la collaboration entre tous, croyants des différentes religions et cultures, hommes et femmes de bonne volonté... tous sont appelés à conjuguer leurs efforts pour favoriser la fraternité, la croissance de la personne humaine, la réconciliation, la justice et la paix...

Il devient toujours plus impérieux de construire ensemble ce que le Pape Jean-Paul II appelle « la civilisation de l’amour ».

Seul l’amour est capable de transformer de façon radicale les rapports que les êtres humains entretiennent entre eux. « L’amour est la forme la plus haute et la plus noble des relations des êtres humains entre eux. Seule une humanité dans laquelle l’amour vaincra sera en mesure de jouir d’une paix authentique et durable.


CONCLUSION.

Que la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, Reine du Burkina, obtienne pour nos familles, notre pays, pour l’Afrique et pour le monde entier la paix véritable et durable.

A tous et à toutes, bon et saint pèlerinage ! Et que Marie, Reine de la Paix, prie pour vous et veille sur vous maternellement.

 

+Philippe OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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