- Excellence Mgr Paul OUEDRAOGO, Archevêque de Bobo et Président de la C.E.B.N.,
- Général Pêgrenooma ZAGRE, chef d’État-major des Armées,
- Monsieur Barthélemy KERE, Parrain du Pèlerinage National des Forces de Défense et de Sécurité,
- Monsieur l’Abbé Paul DAKISSAGA, Aumônier militaire principal,
- Chers amis militaires et paramilitaires, officiers, sous-officiers des Forces de Défenses et de sécurité,
- Autorités coutumières et traditionnelles,
- Chers Frères et sœurs en Christ,

A vous tous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et notre Bien-aimé Seigneur Jésus-Christ !

Oui ! Rendons grâce au Seigneur qui, en son Fils Jésus-Christ, nous a bénis et nous comble de toutes sortes de bénédictions spirituelles, notamment à travers le présent pèlerinage National, premier du genre dédié aux Forces de Défense et de Sécurité du Burkina Faso.

Au nom de notre Église Famille de Dieu, j’adresse toutes nos vives félicitations au comité de préparation de ce pèlerinage et, à vous tous aumôniers, militaires et paramilitaires chrétiens catholiques, musulmans et protestants qui avez répondu généreusement à ce grand rendez-vous spirituel, j’exprime ma gratitude et mon admiration pour cette démarche de foi et d’espérance. Au nom de toute la nation, nous saisissons aussi l’heureuse opportunité de ce jour, pour vous traduire notre reconnaissance pour tous les efforts consentis pour assurer la quiétude et la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger. Merci pour ce service rendu avec abnégation à la nation burkinabè et à des pays frères. Je salue et remercie également les membres de l’Association des chefs traditionnels chrétiens qui, par heureuse coïncidence, sont là aujourd’hui pour leur pèlerinage annuel.

Notre pèlerinage s’inscrit bien dans la mouvance du Saint Temps de Carême, temps favorable de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque chrétien, appelé à se dépouiller du vieil homme et à se revêtir du Christ « Chemin, Vérité et Vie ». En ce cinquième dimanche de carême, la Parole de Dieu nous stimule dans notre marche vers Pâques, notamment dans l’écoute de Dieu et l’obéissance à sa loi et à ses commandements. C’est à cette condition que nous serons réellement son peuple et lui, notre Dieu. A la manière des quelques grecs en pèlerinage à Jérusalem pour adorer Dieu, les Forces de Défense et de sécurité et les chefs traditionnels chrétiens sont montés aujourd’hui au sanctuaire marial de Yagma, en quête :

- d’un ressourcement de leur foi chrétienne,

- d’une conversion personnelle et collective,

- d’un renouveau intérieur profond

Et tout cela, en vue d’être davantage d’authentiques disciples de Jésus-Christ, véritable « sel de la terre » et « lumière du monde » pour l’édification d’un monde plus fraternel et solidaire.

I. PÈLERINAGE MILITAIRE NATIONAL DE YAGMA 2015

Frères et sœurs, la pratique des pèlerinages dans l’Église remonte jusqu’au moyen-âge. On y voit des gens de conditions diverses se mettre en route vers quelques lieux de pèlerinage tels : le tombeau d’un saint ou d’une sainte vénérée, un sanctuaire de la Vierge Marie, le tombeau du Christ lui-même … Le pèlerinage par excellence est celui en Terre Sainte. Dans la tradition chrétienne, le pèlerinage constitue une forme de dévotion qui s’est pérennisée jusqu’à nos jours.

A partir du VIIIème siècle, les pèlerinages figurent parmi les pénitences canoniques. Beaucoup de pèlerins sont des pénitents qui accomplissent une démarche de foi et de pénitence pour rendre grâce à Dieu pour la réconciliation obtenue ou encore accomplir une « réparation », marquant la volonté de repartir avec un cœur nouveau… Le pèlerinage est alors considéré comme une démarche qui conduit à sortir de soi-même, avec une ferme volonté de se convertir du péché. C’est donc une démarche qui préfigure la rencontre ultime avec Dieu, notamment au terme du pèlerinage de la vie terrestre. La pratique des pèlerinages, en brassant des populations d’origines nationales, ethniques et sociales diverses, a puissamment contribué à faire naître chez les fidèles, la conscience de former un Peuple, une Église Famille de Dieu… C’est ainsi que depuis 1958, le pèlerinage Militaire International de Lourdes (France) rassemble des soldats de toutes nationalités qui se rencontrent, font la paix et vivent la fraternité …

Puisse ce premier pèlerinage national de Yagma 2015 contribuer fortement à l’unité, à la cohésion et à la fraternité entre les différents corps des Forces de Défense et de Sécurité en vue d’un service fécond en faveur de la paix au Burkina Faso.

Le thème du pèlerinage national yagma 2015 invite à méditer et à approfondir une orientation spirituelle, combien significative : « Homme de tenue, engagé dans la foi, sois artisan, soldat de la réconciliation, de la justice et de la paix ». Un tel thème invite les Forces de Défense et de Sécurité à approfondir leur vocation chrétienne et à vivre pleinement leur mission spécifique en vue de promouvoir la réconciliation, la justice et la paix.

II. VOCATION ET MISSION DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

Chers frères et sœurs, le thème de ce pèlerinage national est en pleine consonance avec celui de la IIème Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques convoqué par le Pape émérite Benoît XVI en 2009.Dans son Exhortation apostolique post-synodale « Africae munus », le Pape invite l’Église en Afrique à être témoin dans le service de la réconciliation, de la justice et de la paix, comme « sel de la terre « et lumière du monde » (Cf. Africae munus, n°15). C’est bien là une tâche assignée aux fils et filles de l’Église d’Afrique, dont font partie les membres chrétiens des Forces de Défense et de Sécurité et les chefs traditionnels chrétiens.

a- Homme de tenue : artisan de réconciliation

La réconciliation est un concept et une réalité d’une importance capitale. Pour les Pères synodaux, elle constitue la condition préliminaire essentielle à l’édification de la justice et de la paix. Mais c’est seulement en Dieu et par la grâce de Dieu que l’homme peut avoir un cœur nouveau capable de se réconcilier avec Lui et avec les autres. C’est le Christ qui a rétabli l’humanité dans l’amour du Père. Et toute réconciliation prend sa source dans cet amour. C’est dans la passion, la mort et la résurrection de Jésus- Christ que l’Apôtre Paul voit Dieu réconcilier le monde, les hommes pécheurs avec lui… (2 Cor. 5,19 ; Rm5, 10), mais aussi la restauration des relations entre les hommes au moyen de la résolution des différends. La parabole de l’Enfant Prodigue illustre cela à merveille : le retour du fils cadet, sa conversion traduit le besoin de se réconcilier avec son Père. La médiation du père a également favorisé la réconciliation avec le frère aîné. (cf. Lc 15, 11-32). C’est en donnant et en accueillant le pardon que tous les protagonistes de la vie sociale seront à même de promouvoir une réconciliation authentique, gage d’une paix durable entre les personnes, les communautés et entre les peuples. Pour devenir effective, surmonter les crises et restaurer la dignité des hommes, la réconciliation doit être accompagnée par les actes concrets, de vérité et de justice.

b- Homme de tenue : artisan de justice

Le synode africain l’a souligné avec justesse : il ne fait pas de doute que la construction d’un ordre social juste relève de la compétence de la sphère politique. Toutefois, une des tâches de l’Église en Afrique consiste à former des consciences droites et réceptives aux exigences de la justice. Selon sa doctrine sociale, « l’Église n’a pas de solution techniques à offrir et ne prétend « aucunement s’immiscer dans la politique des États ». Elle a toutefois une mission de vérité à remplir… Sa doctrine sociale constitue un message à annoncer, un service à rendre à la vérité qui libère » (Africae munus, n°22). Dans cette perspective :

Tous les fidèles laïcs, donc les membres chrétiens des forces de Défense et de Sécurité - ainsi que les chefs traditionnels - doivent être formés à la doctrine sociale de l’Église, en vue de s’en approprier pour être « sel de la terre » et « lumière du monde ».

En outre, par ses écoles ou centres de formations, les commissions nationales, diocésaines et paroissiales Justice et Paix, l’Église doit s’organiser davantage pour contribuer à la formation civique des citoyens, et dans l’accompagnement du processus électoral par exemple… Pour la gestion de la transition burkinabè, il était inopportun qu’un évêque accepte d’assumer le rôle de présidence. Dans l’Église Famille de Dieu, il faut bien distinguer le rôle des Pasteurs et celui des fidèles laïcs, appelés eux, à assumer des tâches politiques, économiques, sociales ou culturels.

La justice est la vertu qui distribue à chacun son bien propre… mais dans la logique des Béatitudes (Mt 5, 3-12), le disciple du Christ doit œuvrer pour que toute personne puisse disposer du nécessaire pour vivre selon la dignité humaine ; ainsi une attention préférentielle doit être portée au pauvre, à l’affamé, au malade, à l’étranger, au prisonnier, au réfugié, à l’humilié…

Au sein des Forces de Défense et de Sécurité comme dans la société tout entière, tous les baptisés doivent œuvrer pour répondre aux besoins de tous dans la justice et la charité.

c- Homme de tenue : artisan de paix

Chers frères et sœurs, l’Église en Afrique, dans la fidélité à son Maître, se sent poussée à être présente là où se fait l’écho du cri silencieux des innocents persécutés, ou des peuples dont les gouvernants hypothèquent le présent et l’avenir au nom d’intérêts personnels… (Cf. Africae munus, n° 30). Dans cette optique, l’Église a un rôle prophétique à jouer tout comme les Forces de Défense et de Sécurité ont un rôle irremplaçable à jouer dans l’édification d’un Burkina Faso vivant de paix véritable. Le Concile Vatican II reconnaît dans les Forces de Défense et de Sécurité, un concours inestimable pour la paix : « Quant à ceux qui se vouent au service de la Patrie dans la vie militaire, qu’ils se considèrent eux aussi comme les serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples ; s’ils s’acquittent correctement de cette tâche, ils concourent vraiment au maintien de la paix ». (G.S. 79, 5).

Dans le contexte actuel de notre pays, nous devons ensemble, chacun selon sa spécificité, œuvrer pour l’aboutissement heureux de la Transition et la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles, acceptées par tous. A n’en point douter, cela contribuera à préserver la paix au Faso et à garantir une période post-électorale stable et pacifique, condition indispensable pour la paix et le développement socio-économique qui sont des aspirations profondes de la jeunesse et de toute la société burkinabè. Tous, sans exception - société civile, partis politiques, Forces de Défense et de Sécurité - sont alors appelés à un sursaut patriotique, pour privilégier le Bien commun, c’est-à-dire le Bien du Peuple Burkinabè, par rapport aux intérêts particuliers et partisans. Il s’agit là d’une interpellation forte pour toutes les composantes de la société burkinabè engagées dans la quête d’un mieux-être pour notre Peuple.

III- VIVRE L’IDÉAL ÉVANGÉLIQUE POUR UN MEILLEUR SERVICE DE LA NATION

Pour mieux assumer leur vocation et leur mission, les Forces de défense et de Sécurité, les chefs traditionnels, doivent avoir comme référence ultime, l’idéal évangélique qui nous interpelle toujours à conformer notre vie à celle du Christ.

a- L’unité et la solidarité

L’unité et la solidarité sont nécessaires et favorables à la vitalité, au succès et au progrès de tout corps ou groupe social. C’est dans ce sens que le pape Jean-Paul II, enseigne dans l'Exhortation apostolique « Ecclesia in Africa », que l’Église ne peut progresser qu’en renforçant les liens de communion/unité entre ses membres à commencer par ses pasteurs. » (Ecclesia in Africa, n. 17). L’exhortation à promouvoir l’unité, la solidarité et la communion dans l’Église, peut et doit s’appliquer aussi aux Forces de Défense et de sécurité ainsi qu’aux chefs traditionnels chrétiens dans leur association. Aux yeux des populations, les Forces de Défense et de Sécurité sont caractérisées par la discipline et la cohésion, et les chefs traditionnels sont reconnus pour leur sagesse, et la confiance qu’ils inspirent. Ce sont des atouts à préserver, des valeurs autour desquelles, doivent se bâtir l’unité dans la diversité, la solidarité et la cohésion dans vos rangs, et ce, depuis la hiérarchie jusqu’à la base. Ces atouts devraient catalyser vos efforts et vous stimuler dans le service que vous avez à rendre à la nation. Mettez-les donc au service du peuple dans un esprit d’unité, de solidarité et de respect mutuel, conditions nécessaires pour relever les nombreux et complexes défis tels que le terrorisme, le grand banditisme, les conflits de tout genre...dont aucun pays n’est à l’abri de nos jours.

b- L’esprit de service

A l’instar du Christ « venu pour servir et non pour être servi », les Forces de Défense et de sécurité - tout comme les chefs coutumiers chrétiens - sont invités à jouer pleinement leur rôle dans un esprit de service évangélique. Le Christ dont la royauté n’est pas de ce monde, a accepté de s’humilier et « de donner sa vie en rançon pour la multitude ». Par sa vie toute donnée, il rappelle à tous que l’autorité dans l’Église et dans la société, n’est rien d’autre qu’un service, service à rendre humblement et avec abnégation au profit de tous ceux dont on a la charge. C’est dans cette dynamique que se situait le Pape François, en février 2014, lorsqu’il exhortait les néo-cardinaux à être de « bons serviteurs et non de bon patrons ». Les Forces de Défense et de Sécurité ont des devises et les chefs traditionnels ont les leurs (noms choisis à l’intronisation = zab-yùiyâ). Dans leur signification profonde, ces devises et noms rejoignent bien l’esprit de l’Évangile en rappelant l’engagement, le sacrifice et le don de soi dont chacun doit faire montre dans sa mission. Lors du jubilé des militaires à Rome en l’an de grâce 2000, Saint Jean-Paul II leur avait adressé cette exhortation : « Vous les soldats, vous êtes les sentinelles de la Paix. » « Vous, chefs traditionnels, vous êtes les garants de la paix sociale », est-on tenté de paraphraser. Tous, vous ne saurez remplir cette noble mission qu’en vous mettant au service du peuple, à la manière du Christ qui s’anéantit et donne sa vie pour ses brebis, sans rien attendre en retour !

c- Se laisser évangéliser

Les Forces de Défense et de sécurité ainsi que les chefs traditionnels chrétiens, forment un monde qui a besoin d’être évangélisé. Comme tous les fidèles chrétiens, ils ont besoin d’être imprégnés de l’esprit et des valeurs de l’Évangile pour mieux être témoins du Christ Vivant. En effet, en prenant au sérieux votre foi, en vivant de l’Évangile, vous soignerez votre relation avec Dieu et pourriez ainsi aimer et servir loyalement les hommes et les femmes dont vous assurez la protection et dont vous avez la charge. Pour ce faire, je lance cet appel pressant à tous et à chacun : une famille une Bible, un militaire, une Bible, un chef coutumier, une Bible. C’est le seul moyen pour apprendre à connaître, à aimer et à vivre de la Parole de Dieu, car comme nous l’enseigne le Bienheureux Charles de Foucauld, « si nous ne vivons pas l’Évangile, Jésus ne vit pas en nous ». Ainsi pour être « sentinelles de la paix », artisan de réconciliation et de justice, laissons-nous transformer par l’esprit des Béatitudes (Mt 5, 1-12) qui peuvent demeurer pour tous, une charte d’amour et de justice, capable d’apaiser les tensions, d’évacuer la haine et d’ouvrir le chemin de la réconciliation, de la justice et de la paix. « Heureux les artisans de paix, … Heureux les doux… Heureux ceux qui font faim et soif de la justice…le royaume des cieux est à eux. »

Au Synode de 1994, les évêques ont fait monter vers le Seigneur, une prière fervente pour que surgissent en Afrique des responsables politiques – hommes et femmes – saints, pour qu’il y ait de saints chefs d’État qui aiment leur peuple jusqu’au bout et qui désirent servir plutôt que se servir (Ecclesia in Africa, n. 111)

Ma prière de pasteur aujourd’hui est que le Seigneur fasse surgir dans notre pays le Burkina Faso,

- des responsables politiques et des chefs coutumiers saints à l’instar de Saint Louis IX, roi de France.

- Des membres des forces de Défense et de Sécurité saints à l’instar de Saint Sébastien, saint patron de notre paroisse militaire. Il fut capitaine de l’Armée Romaine et avait beaucoup de compassion pour les prisonniers qu’il visitait et convertissait. Il mourut martyr sous l’empereur Dioclétien au IVème siècle.

Conclusion

Chers pèlerins, chers frères et sœurs, à tous et à toutes, nous souhaitons un bon, fructueux et saint pèlerinage. Être pèlerin, ce n’est point faire du tourisme. C’est un acte de foi en Église Famille de Dieu. C’est individuellement et collectivement, marcher sur les pas du Christ, sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Puisse ce pèlerinage national constituer un temps fort de grâce : un ressourcement dans la foi, une démarche de conversion personnelle et collective, un temps de prière fervente, de pénitence, de vie fraternelle…, un tremplin de cohésion et de solidarité plus forte des Forces de Défense et de Sécurité au bénéfice du peuple Burkinabé destinataire et bénéficiaire de leur service.

Aujourd’hui, prions particulièrement pour notre chère patrie le Burkina Faso en quête de réconciliation, de justice et de paix. Je recommande aussi à la prière des familles toutes les Forces de Défense et sécurité en mission à l’étranger pour le maintien de la paix. Confions au Seigneur ces intentions ainsi celles que nous portons secrètement dans le cœur. Que par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Dieu nous comble de grâces et fasse de tous, militaires, chefs coutumiers traditionnels et leaders d’opinion, des artisans de paix pour l’édification d’une nation forte, unie, solidaire et prospère. Dieu vous bénisse et bénisse notre chère patrie, le Burkina Faso et notre Église Famille de Dieu.

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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