« HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX » (Mt 5,9)

Chers frères et sœurs,

La Paix soit avec vous !

Comme vous le constatez depuis quelques jours déjà, notre pays traverse une crise dont la teneur et les conséquences ne peuvent nous laisser indifférents. Par ce message, je voudrais d’abord dire ma compassion et l’assurance de ma prière à tous ceux qui ont perdu des êtres chers, subi des dommages de toute sorte et essuyé des humiliations depuis le début des troubles.

J’exprime la solidarité de notre Eglise diocésaine à tous ceux qui œuvrent pour que la paix, si chère, revienne.

Ces évènements malheureux surviennent au moment où nous chrétiens, sommes à la dernière étape de notre préparation à Pâques. Nous en sommes aujourd’hui, Jour des Rameaux, à la célébration de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ. Cette célébration nous indique déjà le chemin de la Résurrection, source de notre Joie et de notre Espérance chrétienne. Sans la nier malgré la situation que nous vivons, la Joie du Ressuscité de Pâques doit nous rendre solidaires des joies et des peines de nos frères et sœurs.

• La paix : un besoin urgent

Je vous remercie tous d’avoir pris effectivement part aux journées de prière que nous avons organisées à plusieurs reprises pour demander à Dieu la paix pour le monde et pour notre pays. En effet, nous avons le devoir, en tant que chrétiens, de conjuguer nos efforts et de les unir à ceux des hommes de bonne volonté pour la recherche de solutions durables. A cet effet, je vous invite à relire et à méditer le message des évêques du Burkina à l’issue de leur assemblée générale à Fada N’Gourma en février 2010 et celui d’octobre 2010, à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays. Ces deux messages communs des évêques et ceux qu’ils ont eu à délivrer individuellement n’ont pour but que de vous inviter à un meilleur vivre ensemble dans l’unité, la tolérance et le dialogue. Déjà en octobre 2010 les évêques du Burkina écrivaient ceci :

- « […] Le pays est en attente. L’histoire nous indiquera clairement comment la nation burkinabè, par des choix éclairés et patriotiques de ses fils, pourra échapper aux démons de la fragilisation, de l’aventure et la violence. » (Message des évêques du Burkina, "50 ans de souveraineté du Burkina Faso : quel avenir ?" , octobre 2010, n.34, p.50.)

Aujourd’hui, quatre mois après, la violence est installée et le besoin de paix est urgent.

Pour nous croyants, la paix est d’abord un don de Dieu et ensuite le fruit des efforts des hommes.

• La paix : un don de Dieu :

L’Eglise lutte pour la paix par la prière.

La prière, en effet, ouvre le cœur et l’esprit de l’homme non seulement à un rapport profond avec Dieu, mais aussi à la rencontre avec le prochain sous le signe du respect, de la confiance, de la compréhension, de l’estime et de l’amour….

Tout au long de la semaine sainte qui commence par le dimanche des Rameaux, ayons tous à cœur de prier sans cesse pour la réconciliation, la justice et la paix au Burkina Faso, en Afrique et dans le monde. Après la première lecture de ce jour, le psalmiste dit et redit que Dieu ne peut abandonner ceux qui le prient ; aussi faut-il crier vers lui en lui faisant pleine confiance quoiqu’il puisse arriver (Cf. Ps 21).

• La paix : fruit des efforts des hommes

Dans l’Evangile, Jésus promet et donne la paix à ses disciples et au monde : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, et je ne vous la donne pas comme la donne le monde » (Jn 14,27).

Cette paix est rendue possible par la communion profonde au projet de Dieu sur le monde, et par l’engagement jusqu’au bout au service de cet idéal.

La paix est un bien universel qui dépend du respect des droits des personnes humaines et du bien commun. Aussi devons-nous mobiliser nos énergies à son service.

- La vie de toute personne humaine est sacrée et inviolable. Dieu seul est le Maître de la vie et de la mort. Aussi nul n’a le droit de disposer de la vie d’autrui pour quelque motif que ce soit. Le respect absolu de l’inviolabilité et de l’intégrité de la vie humaine constitue une garantie d’une paix sociale durable.

- En outre l’Eglise enseigne qu’une paix véritable n’est possible que par le pardon et la réconciliation ; mais le pardon réciproque ne doit pas annuler les exigences de la justice ni barrer le chemin qui conduit à la vérité : justice et vérité représentent les conditions concrètes et indispensables de la réconciliation. Cela invite les autorités publiques et judiciaires y compris les chrétiens, à mettre tout en œuvre pour que justice et vérité soient faites.

- Dans une perspective chrétienne, l’autorité n’est rien d’autre qu’un service. A l’instar de Jésus venu pour servir et non pour se servir ou pour être servi, tous les baptisés et ceux qui détiennent tout pouvoir devront mettre tout en œuvre pour promouvoir un développement au profit de tous, notamment au service des plus pauvres, des exclus, des laissés-pour-compte… et combattre avec vigueur l’ordre économique injuste qui conduit à la paupérisation de la majeure partie de la population.

- Notre société burkinabè aspire à la réconciliation, à la justice et à la paix. Aussi est-il absolument nécessaire de conjuguer les efforts de tous pour favoriser l’émergence d’une culture de la "palabre", du ‘’dialogue’’ vrai et d’écoute mutuelle, authentiques valeurs fondamentales pour l’édification d’une société réconciliée dans la justice et la paix.

En guise de conclusion,

En ce dimanche des Rameaux, l’Eglise nous donne à méditer sur la Passion de notre Seigneur Jésus Christ. Il est l’innocent, le juste qui fait la volonté de Dieu son Père. Il a choisi l’humble service et cette attitude lui a coûté la vie. Il a offert sa vie jusqu'au bout et c’est pourquoi Dieu l’a relevé d’entre les morts. Sa Résurrection fait de nous des hommes et des femmes nouveaux, capables de se mobiliser pour qu’advienne un monde de réconciliation, de justice et de paix. Amen !

Fait à Ouagadougou le 17 avril 2011

En la fête des Rameaux

+Monseigneur Philippe OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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