CLÔTURE DU SEMINAIRE INTERNATIONAL FEMME 2010

Ouagadougou, le 1er Août 2010, 18ème Dimanche du Temps Ordinaire.

Bien chères Filles du Séminaire International Femme 2010

Chers frères et sœurs en Christ,

La grâce et la paix de notre Seigneur Jésus Christ soient toujours avec vous !

En cette 3ème Journée du Séminaire International Femme 2010, la présente célébration Eucharistique peut être considérée comme le Sommet de votre commune montée sur le ‘’Mont Thabor’’ avec le Christ, et, en même temps l’amorce de la descente nécessaire dans la vallée où nous attendent la vie et les activités humaines.

Avec vous et pour vous, nous célébrons le Saint Sacrifice du Christ Rédempteur, véritable action de grâce, prière d’intercession et d’espérance par excellence. Ensemble, disons un sincère merci au Seigneur pour ses merveilles d’amour dont nous sommes comblés durant ces trois journées de convivence fraternelle, de partage et d’édification mutuelle.

A l’instar de tous les dimanches, la Liturgie propose trois textes bibliques à notre réflexion, à notre méditation.

Dans la première lecture, le sage Quohélet médite et disserte sur la condition humaine qu’il situe entre sens et non-sens… « Vanités des vanités ! Tout est vanité. Quel profit retire l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil » (Eccl 1,2). Il demeure perplexe devant l’absurdité de l’activité humaine dans un monde instable, en perpétuel recommencement… Dans cette perspective, il tente de faire l’inventaire de toutes les formes du bonheur humain : plaisirs, richesses, pouvoir, honneurs… et même le travail et la création…

Il aboutit à la même constatation désabusée du caractère passager d’un bonheur qui débouche sur le vide et finalement sur la mort et l’oubli.

Par contre, Saint Paul dans l’épître aux Colossiens détaille la vie régie par la force du Christ ressuscité.

D’une certaine manière, il rejoint le sage Quohélet en invitant les chrétiens à rejeter les convoitises, les violences et déviances propres au vieil homme dominé par le mal (Col 3,5-9).

« Faites mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles… Débarrassez-vous et revêtez l’homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image. »

L’homme et la femme, renouvelés par le baptême doivent vivre toujours plus à l’image du Christ ressuscité (v.11-17), selon les valeurs de l’Evangile, selon la loi de l’Amour… condition ‘’sine qua non’’ pour transformer toutes les relations familiales et sociales… En clair, nous sommes tous invités au ‘’renouvellement intérieur’’ pour vivre dans l’Amour.

L’Evangile de ce 18ème Dimanche du Temps Ordinaire est de Saint Luc, (Lc12,13-21).

Les enseignements de ce passage biblique sont multiples et d’actualité. Chacun de vous pourrait y tirer des leçons pour sa propre gouverne personnelle. Nous pouvons tous partir d’un constat évident. Tout homme/ femme cherche le bonheur, mais comment le chercher de manière juste et vraiment profitable ?

L’Evangile de ce jour est au cœur de débat existentiel –Jésus lui-même nous donne des pistes de réponses, au nombre desquelles je retiendrais deux comme interpellations fortes à notre auguste Assemblée en prière.

1.La cupidité :

« Attention ! Gardez-vous de toute cupidité ! ». Le mot grec traduit par cupidité est « pleonexia » qui signifie le fait d’avoir plus, plus que les autres, plus que ce qui est nécessaire.

Les Saintes Ecritures ont toujours mis en garde contre la cupidité : Exemples

Pr 28,16 : « Qui hait la cupidité / prolongera ses jours »

Sir 14, 9 : « L’homme jaloux n’est pas content de ce qu’il a ; la cupidité dessèche l’âme »

Col 3,5 : « Cupidité qui est une idolâtrie »

Et Jésus lui-même nous en parle dans l’Evangile de ce Dimanche : « Attention ! Gardez-vous de toute cupidité, car au sein même de l’abondance, la vie d’un homme n’est pas assurée par ses biens » !!

Frères et sœurs, en guise d’application, on pourrait s’interroger : Es-tu cupide ? N’as-tu jamais été cupide ? As-tu la vertu de tempérance qui est le remède à la cupidité et à la recherche effrénée du plaisir, de l’avoir, du pouvoir ?

Le commandement de Dieu pose un interdit à ta cupidité et à ton envie : « Tu ne convoiteras pas la femme ou le mari de ton prochain ! Tu ne désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur, ou sa servante, ni son bœuf ou son âne : rien de ce qui est à ton prochain. » (Dt5,21)

2. Les richesses :

L’homme de la parabole racontée par Jésus ressemble à une autre parabole, à la parabole de l’homme qui festoyait chaque jour sans se soucier du pauvre Lazare qui mourait de faim devant sa porte (Lc 16, 19-31)

L’homme de l’Evangile d’aujourd’hui est le prototype de l’égoïsme par excellence. Son langage est parsemé d’adjectifs possessifs égocentriques :

-Je n’ai pas où recueillir mes récoltes !

-J’abattrai mes greniers.

-Je recueillerai tout mon blé et mes biens.

- Je dirai à mon âme : mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années ; repose-toi, mange et bois, fais la fête ! Quel égocentrique ? Un égoïste de première classe !!! Il ne pense qu’à lui ; tout à lui et pour lui ! Rien pour d’autres plus pauvres et démunis… Il ne pense pas à Dieu pour lui rendre grâce comme source de tout bien !!!

La conclusion de Jésus est claire : il est insensé…

« Cette nuit même, on te redemande ton âme ! Et ce que tu as amassé, qui l’aura ?

Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu. »

Frères et sœurs, l’enseignement est clair ! Il est plus que d’actualité.

Alors, comment peut-on s’enrichir en vue de Dieu ?

Tout d’abord, il nous faut travailler et mériter notre pain de chaque jour… S’enrichir en vue de Dieu, c’est de réaliser que les biens de ce monde ne sont rien d’autre que des moyens non le but ultime de l’existence humaine…Les biens de ce monde passent… Dieu seul suffit ! Lui seul est éternel et en lui seul s’épanouit dans toute sa plénitude la vie de l’homme. Alors, mettons tout en œuvre pour travailler et gagner honnêtement notre vie. Rejetons les manières trop faciles du monde de s’enrichir par la malhonnêteté, la corruption, les détournements des deniers publics… C’est l’argent du peuple, des pauvres…

« Insensé, cette nuit même on va te redemander ton âme ». L’insensé est celui qui ne tient pas compte de Dieu… Le riche qui accumule des biens dans se soucier de ses semblables est un insensé, maudit et exposé au jugement de Dieu (Jr 17,11 ; Is 5,8 ; Lc 6,24-26)

Comment s’enrichit-on en vue de Dieu ?

L’Evangile nous donne une indication :

« Vendez vos biens et donnez-les en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n’approche, ni mite ne détruit. « Car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Lc 12, 33-34).

Chers frères et sœurs, chères filles, le thème de votre séminaire « Femme, lève-toi pour le Christ » vous invite à être une nouvelle génération de femmes qui font la différence avec le monde d’aujourd’hui.

Comme le dit le Psalmiste, « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » ! Il revient donc à chacun de nous :

-d’écouter, d’interpréter

-et de mettre en application l’enseignement sage et salutaire que Jésus nous donne aujourd’hui.

Avec le Sage de la Bible, chacun de nous pourrait faire sienne cette prière :

« Seigneur ne me donne ni pauvreté, ni richesse. Laisse-moi goûter ma part de pain, de crainte que, comblé, je ne me détourne et ne dise : « Qui est le Seigneur ? » ou encore, qu’indigent, je ne vole et ne profane le nom de mon Dieu » (Pr 30, 8-9).

+Monseigneur Philippe OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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