HOMELIE DE LA JOURNEE DIOCESAINE DE LA JEUNESSE

Yagma le 11 Avril 2010

Chers frères et sœurs en Christ,

En ce qui est de ce deuxième dimanche, la liturgie de l’Eglise nous donne de renforcer notre foi à travers l’épisode de l’Apôtre Thomas. Voici un retardataire qui arrive après la fête de la Rencontre avec le Christ Ressuscité. Thomas, dans l’évangile, est toujours celui qui ne se fie qu’à son bon sens, l’homme positif qui se défie des audaces de Jésus. C’est un dur à croire ! A la fois un réaliste et un pessimiste qui se méfie quand cela paraît trop beau. Thomas est un véritable homme moderne qui ne croit qu’à ce qu’il touche, un homme qui se veut sans illusion, un courageux qui veut bien affronter le mal, mais qui n’ose croire au bonheur. (Pour lui c’est comme si le pire est toujours le plus sûr.)

Quand Jésus parlait de la résurrection de Lazare, Thomas, lui, ne voyait que la mort (Jn11,15 .16). A un autre moment il dit à Jésus : « Seigneur, nous ne savons même pas où vous allez. Comment donc en saurions-nous le chemin ? » (Jn 14/15). Et surtout son prodigieux entêtement final : « Si je ne vois pas dans ses mains, l’empreinte des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans la place… ».

Pour une des seules fois le Christ accède à une condition posée par quelqu’un pour de croire. Il accepte parce qu’Il sait que celui-ci est de bonne volonté ; Il lui permet de mettre effectivement ses doigts dans son côté ouvert et sur ses mains. Avec son exclamation « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Thomas a été guéri. Il a compris que Jésus, même invisible, est là ! Il était présent même à l’heure de ses doutes.

Thomas est un douteur sincère et beaucoup de gens lui ressemblent, qui ne croient pas du premier coup ! Il est un bel exemple du croyant sincère. En effet, la foi n’est jamais aussi sincère, aussi solide que lorsqu’elle a surmonté le doute. Il n’y a pas de foi chrétienne qui ne passe d’une manière ou d’une autre par l’hésitation et le doute. Une foi sans questions, sans interrogations risque en effet de sombrer dans ce qu’on appelle le « fidéisme », c’est-à-dire : « Je n’y comprends rien mais j’aime mieux ne pas trop y réfléchir ! » Toutefois il est à garder en vue que le doute n’est pas incompatible avec la foi ; avoir la foi, c’est avoir assez de lumière pour porter ses doutes. Ma foi de chrétien cohabite bien avec toutes les questions qui s’entêtent à rester là ! Oui si je crois, ce n’est pas parce que j’ignore les objections ou que je veux les oublier. J’ai choisi. J’ai décidé de faire confiance au Christ. Et cette confiance est plus forte que mes doutes. J’ai choisi- mais une fois pour toutes- je choisis tous les jours de croire ce que le Christ a dit de Dieu son Père, de croire ce qu’Il a dit de lui-même, de croire ce qu’Il a dit de l’homme, de croire au chemin qu’Il a indiqué, pas seulement par ses paroles mais par sa vie.

Ce qui nous rend Thomas fraternel, c’est d’abord la violence de sa révolte. Une si grande dureté ne peut venir que d’une grande souffrance. C’est parce qu’il a eu plus mal que tous les autres, qu’il ne veut plus se risquer à espérer. Thomas est sans doute celui qui a le plus souffert de la passion, qui a le plus regretté de ne pas avoir su y mourir avec le Christ. Alors il a trouvé une seule pierre pour reposer sa tête : le désespoir.

Chers frères et sœurs le Christ n’a pas peur de nos doutes. Il ne nous les reproche pas, Il ne les désigne pas comme des péchés. Il sait, Lui qui a crié son abandon sur la croix, combien, entre la pesanteur et la grâce, l’espérance et la désespérance, notre cœur est tiraillé, déchiré. Face à la blessure de vivre, souvent notre cœur se verrouille, se referme. Et voici que le Ressuscité vient visiter notre cœur et y faire lever le grand vent de la paix intérieure. « Je connais ton désir malgré ton silence nous dit-Il. Avant que tu ne me le dises, je sais ce que tu penses. Je t’ai entendu parler, et quoiqu’invisible, j’étais auprès de toi, de tes doutes, et sans me faire voir, je t’ai fait attendre, pour mieux regarder ton impatience ». C’est cela que St Thomas nous permet d’entendre en ce jour dans notre cœur, dans notre vie.

Le deuxième trésor que le Christ nous donne en ce jour est de savoir que la joie pascale, la joie chrétienne, n’est pas d’abord la joie facile, la joie spontanée… celle qui nous soulève naturellement quand tout va bien, quand la santé est bonne, que la « jeunesse » est là pleine de vitalité, quand nos entreprises réussissent, quand nos relations amicales et familiales sont agréables…La joie de la résurrection, c’est celle qui vient après la peur, après une prise de conscience que l’on est faible et incapable en soi-même ! C’est la joie et la paix qui remontent d’une situation parfois si radicalement désespérée (la mort d’un crucifié) que rien désormais ne pourra leur ravir : c’est la joie et la paix qui viennent de la foi en Jésus-Christ. A chaque assemblée dominicale, Jésus nous souhaite la paix par la voix du prêtre : « La paix soit avec vous ». Les chrétiens sont invités à se donner la paix les uns aux autres au nom du Christ. Ce n’est pas un geste banal…C’est «être le Christ» pour son voisin « quand plusieurs sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Et nous pouvons redonner à ce geste, disons à cette mission que le Christ nous a confiée, toute sa signification et toute sa valeur. Dieu nous donne de donner sa paix à nos frères, de partager la paix à mon frère, à ma sœur, pour que cette paix la guérisse, la conforte, lui fasse goûter la bonté de Dieu dans la situation que l’autre vit actuellement.

Notre époque douloureuse et désespérée cherche à tâtons des signes et des preuves. Elle a besoin de rencontrer le Christ vivant, ressuscité. Elle cherche un cœur ouvert, des mains ouvertes, une tendresse qui l’accueille et l’apaise. Notre époque a besoin de rencontrer en nous une vraie Eglise : un milieu où le Christ est ressuscité, où son amour est vivant, où Il redevient présent et visible par la réunion de ses membres. Un groupe de jeunes qui s’aiment en vérité et qui aiment les autres, qui soient pauvres, doux, aimants, comme ce Christ ressuscité, qui a converti Saint Thomas.

Chers jeunes je vous invite à prendre chacun l’engagement aujourd’hui d’apporter sa contribution pour la construction d’une jeunesse diocésaine dynamique, d’abord à travers vos CCB : des Jeunesses dynamiques des CCB ; ensuite dans les paroisses : Jeunesse paroissiale dynamique constituée par les jeunesses des CCB de même que tous les jeunes se trouvant dans les services et mouvements tels que les chorales, les services d’ordre, les lecteurs… c’est eux tous qui forment la jeunesse paroissiale, une jeunesse paroissiale que nous voulons toujours plus visible et sur laquelle la paroisse peut effectivement compter. Et enfin la Jeunesse Diocésaine de l’Archidiocèse de Ouagadougou comportant tous ceux qui sont jeunes et qui se trouvent sur le territoire de l’Archidiocèse : Jeunes des paroisses, mouvements d’action catholique (JEC, Scouts Catholiques..), Mouvements de spiritualité (MEJ, Légion de Marie, Mouvement marial, Jeunes du Renouveau Charismatique, Fraternité Jéricho, Fraternité de l’Emmanuel…), Associations catholiques : Donum Dei, Marthe et Marie…. Je lance solennellement l’appel à tous à s’engager de manière plus régulière et plus présente dans les assemblées générales et les activités de la Jeunesse Diocésaine. Elle est une priorité à nos yeux, elle doit constituer comme une grande famille pour l’ensemble des jeunes. Il est à préciser que la jeunesse diocésaine n’est pas un mouvement. La jeunesse paroissiale n’ont plus n’est pas un mouvement. Elles sont une famille des jeunes à l’échelle diocésaine et à l’échelle paroissiale. Et c’est l’unité de cette famille diocésaine et de cette famille paroissiale qui fera de telle sorte que beaucoup de jeunes soient attirés et viennent faire l’expérience de l’amour de Dieu dans la vie des jeunes catholiques.

Oui Chers jeunes de notre archidiocèse, le Christ Ressuscité fait de vous des Messagers de paix, des porteurs de paix, des réponses de la paix de Dieu à nos frères et nos sœurs. C’est vraiment un bonheur que d’être un canal de paix, de la paix venant de Dieu. Alors puisque le Ressuscité vous fait confiance, mettez beaucoup de soin à accomplir cette tâche de donner la paix de Dieu. Faites-le de tout cœur, avec foi, avec sincérité, avec le désir de réellement apporter un plus au bonheur des autres.

Que le Seigneur vous en donne la grâce au cours de cette célébration eucharistique, Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles, Amen.

+Monseigneur Philippe OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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