Excellence Monseigneur Léopold OUEDRAOGO,
Abbé Alfred OUEDRAOGO, Vicaire Général,
Chers Vicaires Forains,
Chers Prêtres, Religieux et Religieuses,
Chers fidèles laïcs, membres du CPAO,

I. Remerciements et Orientations

Deux jours d’activités intenses s’achèvent ! Dieu soit béni pour le lancement de cette année pastorale 2019-2020. A tous et à toutes, félicitation pour le dynamisme toujours renouvelé, qui montre la détermination de toutes les équipes pastorales à avancer au large. Le CPAO a proposé de nombreuses activités qui seront minutieusement considérées par le presbyterium, pour une synergie dans le travail pastoral. Les différentes communications nous ont orientés résolument dans la dynamique du mois missionnaire et de l’année missionnaire. A l’occasion du 91ème dimanche missionnaire mondiale, le Pape François reprécise, dans son message pour le 20 Octobre 2019, le vrai sens de notre mission : « Notre appartenance filiale à Dieu n’est jamais un acte individuel mais un acte toujours ecclésial : de la communion avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, naît une vie nouvelle avec beaucoup d’autres frères et sœurs. Et cette vie divine n’est pas un produit à vendre – nous ne faisons pas de prosélytisme – mais il s’agit d’une richesse à donner, à communiquer, à annoncer : voilà le sens de la mission ». En parcourant les différentes recommandations de cette Assemblée du CPAO, nous retenons :

- La nécessité de renforcer notre élan missionnaire, à travers des idées missionnaires innovatrices, tant dans nos paroisses que dans nos familles

- La nécessité d’exploiter avec fruits, la lettre apostolique « Maximum Illud » du Pape Benoît XV pour une redécouverte de la mission de l’Eglise au cœur de ce monde

- La nécessité de travailler ensemble pour préparer le centenaire du petit Séminaire de Pabré,

- La nécessité de mettre en place une vision communautaire de la gestion financière des biens du diocèse, en participant aux différentes initiatives qui visent à consolider les fonds, à régulariser les dossiers cadastraux, et à fortifier notre marche décisive vers l’autoprise en charge

- La nécessité de persévérer dans le dialogue interreligieux, pour construire avec nos frères d’autres confessions religieuses, un tissu social de paix, de justice et d’amour,

- La nécessité de faire du Congrès de la Miséricorde Divine qui arrive, un tremplin pour vivre une expérience véritable de la miséricorde de Dieu pour chacun de nous,

- La nécessité de faire Église Famille, en renforçant la communion entre les pasteurs, les fidèles laïcs, les groupes de spiritualité, Mouvements et Associations

- La nécessité de poursuivre notre quête de la mémoire, pour un véritable retour historique, fondement d’une Église plus enracinée,

Toutes ses nécessités sont des perspectives absolues pour notre Église Famille de Dieu à Ouagadougou. Nous lançons ensemble de grands chantiers, probablement les tous derniers de notre plan quinquennal qui s’achève en Juillet 2020. C’est bien le rôle du Conseil Pastoral d’accompagner ces activités dans leur plein achèvement. Demandons au maître de la moisson, au maître de la Pastorale, de donner à toutes nos équipes pastorales des énergies nouvelles pour initier des méthodes renouvelées, au service du peuple de Dieu.

II. La Parole de Dieu

La Parole de Dieu de ce jour, en cette fête de l’apôtre Matthieu, nous présente la miséricorde incommensurable de Dieu, qui va au-delà de nos préjugés humains. C’est ce qui explique la réponse du Christ aux juifs condamnant Matthieu le publicain : « Je ne suis pas venu, moi, pour appeler des justes mais des pécheurs » (Mt 9, 13). Le prénom « Matthieu » trouve son origine de l’hébreu « Mattit » qui signifie « cadeau » et « Yah » qui veut dire « Yahvé ou Dieu ». Matthieu signifie ainsi « Don de Dieu » ou « Dieu donné ». Le regard plein de miséricorde du Christ a fait de cet homme, pécheur, de par son rang de publicain, de collecteur d’impôt, un instrument pour la mission de Dieu. Matthieu devient ainsi, par sa disponibilité à suivre le Christ, un don de Dieu pour le monde, autrement dit, un Dieu donné.

Le Christ nous propose ainsi d’avoir un regard de miséricorde envers notre prochain. Dans la bulle d’indiction Misericordiae vultus, le Pape François fixe notre regard sur ce visage miséricordieux du Christ, quand il affirme : « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth ». (Misericordiae vultus, 1). La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours, malgré les limites de notre péché (cf. Misericordiae vultus, 2).

En effet, nos discours n’enlèvent rien au pardon de Dieu et aucun péché, quoique grave, n’est au-dessus de cette miséricorde, qui va jusqu’à s’assoir à la table du Publicain, pour manifester cette proximité de Dieu, qui brise les barrières de nos condamnations humaines. Chacun de nous est interpelé sur sa façon de voir l’autre, non plus comme un bourreau, mais comme un frère, capable de compassion et d’affection.

La miséricorde manifestée par le Christ nous appelle aussi à nous remettre en cause, par une conversion sincère ! Le Christ nous invite à reconnaitre humblement nos incomplétudes, notre faiblesse. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin d’un médecin, mais les malades » (Mt 9, 12). Il renvoie chacun de nous à sa propre conscience. L’examen de conscience commence là, avec le silence qui l’accompagne. L’Évangile ne donne pas la parole à Matthieu, ni aux autres publicains traités de pécheurs. C’est le silence de celui qui se remet en cause ! C’est le chemin de ce retour vers Dieu, qui pousse Mathieu, du publicain qu’il était, à devenir un apôtre de cette Bonne Nouvelle qu’il vient d’entendre, l’évangile de la Miséricorde de Dieu : « C’est la miséricorde que j’aime, non les offrandes ! ». Il est désormais apôtre, parce qu’il veut se montrer digne de l’appel reçu du Seigneur. C’est pourquoi l’apôtre Paul le répète aux Éphésiens : « Montrez-vous dignes de l’appel que vous avez reçu. Faites preuve d’humilité, de bonté, d’esprit de compréhension, et supportez-vous les uns les autres avec amour ». Il nous trace aujourd’hui, des chemins de miséricorde et d’unité dans le Christ.

Demandons au Seigneur au cours de cette célébration, la grâce d’être au service de la miséricorde de Dieu, pour travailler à l’intégration des personnes marginalisées et stigmatisées, et pour travailler à la conversion des cœurs, en allant en mission ! « C’est un mandat qui nous touche de près : je suis toujours une mission ; tu es toujours une mission ; toute baptisée et tout baptisé est une mission. Celui qui aime se met en mouvement, il est poussé en dehors de lui-même, il est attiré et attire, il se donne à l’autre et tisse des relations qui engendrent la vie. Personne n’est inutile et insignifiant pour l’amour de Dieu » (Message du Pape François, 20 Octobre 2019).

Repartons ensemble en mission pour un monde plus saint, plus renouvelé, plus réconcilié et plus fraternel.

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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