Saaba, le 28 août 2017
Textes : Ben Sirac 2, 1-11 ; Jean 15, 9-17

Révérende Mère régionale,
Chers prêtres, religieux (ses), catéchistes,
Chers frères et sœurs en Christ,

A vous tous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père, et de notre bien-aimé et Seigneur Jésus-Christ.

Nous rendons grâce à Dieu qui nous permet de célébrer dans la joie la profession perpétuelle des sœurs Théophanie ILBOUDO, Monique BOENE et Pascaline SEOGO dans la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours. A lui haute gloire et louange éternelle.

I. Nature de la vie consacrée

Par le baptême, nous devenons enfants de Dieu, frères de Jésus-Christ, membres de L’Église. Par ce sacrement, nous sommes tous tenus par l’obligation de rechercher la sainteté, en faisant tout ce que le Christ nous a commandé de faire. C’est ce que Jésus rappelle dans l’évangile que nous venons d’entendre : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).

Ainsi, Jésus le premier nous a donné l’exemple d’une vie d’amour exclusif pour Dieu et les hommes, jusqu’à donner sa vie pour nous. Dans cet évangile, Jésus nous donne 3 critères essentiels qui nous permettent de vérifier si nous sommes dans l’amour de Dieu. Ce sont :

1. Garder ses commandements. Tout le monde connait les 10 commandements. Comme le dira encore saint Jean, « celui qui dit : ‘je le connais’, alors qu’il ne garde pas ses commandements, est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jn 2, 4).

2. Aimer son prochain : « Si quelqu’un dit ‘J’aime Dieu’ et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20).

3. Porter du fruit, et du bon fruit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16). « Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu » (Mt 7, 19).

Chers frères et sœurs, voici le cahier de charges que Jésus donne à tout chrétien, à tout baptisé sans exception, à tous ceux qui se réclament de lui.

Pour réaliser cet appel à la sainteté, certains chrétiens s’engagent à vivre dans le mariage. D’autres s’engagent dans le célibat consacré. Ainsi, depuis les premiers siècles, Dieu inspire-t-il des hommes et des femmes à se consacrer à lui d’une manière particulière, par un engagement à vivre chastement dans le célibat, à obéir à Dieu et à leurs supérieurs légitimes, et à se détacher plus radicalement des richesses de ce monde. Parmi eux, il y a les évêques, les prêtres et les diacres, qui reçoivent le sacrement de l’ordination pour gouverner l’Église, sanctifier le peuple de Dieu et enseigner la Parole. Il y a aussi des laïcs consacrés, et des religieux et religieuses qui prononcent des vœux « de religion », c’est-à-dire qu’ils engagent solennellement devant Dieu et devant les hommes à vivre dans la chasteté, l’obéissance et la pauvreté. C’est ce qu’on appelle les conseils évangéliques.

Il est heureux que ce jour soit choisi pour la célébration des vœux perpétuels de nos trois sœurs. En effet, hier, 21ème dimanche du temps ordinaire, c’était la mémoire de sainte Monique, la mère de saint Augustin dont nous faisons mémoire aujourd’hui. Saint Augustin est un africain qui a vécu aux alentours de l’an 400. Après une vie de débauche, il se convertit suite à des années de prières patientes et ferventes de sa mère. Il devient prêtre, puis évêque d’Hippone (Algérie actuelle). En nous proposant à la suite la mère et le fils comme modèle de sainteté, l’Église nous montre la grande complémentarité qu’il y a entre les divers états de vie que peuvent choisir librement les fidèles : le mariage et le célibat consacrée.

II. Les défis actuels de la vie religieuse

On peut se demander légitimement, à quoi sert la vie religieuse aujourd’hui. Nous vivons dans un monde dans lequel Dieu, sa Parole, ses commandements ne sont pas la préoccupation de beaucoup de personnes. Ce qui prime, c’est la recherche de l’argent, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs. On est prêt à corrompre, à piétiner le prochain, à lui enlever sa vie s’il le faut pour pouvoir se réaliser.

C’est pourquoi, plus que jamais, chaque chrétien, et davantage les personnes consacrées doivent être un signe de notre temps, « sel et lumière » pour notre monde, pour lui indiquer que Dieu existe et mérite qu’on le serve, qu’on peut tout quitter à cause de lui et pour lui, que l’on peut aimer ses frères, être dévoué pour les pauvres, les nécessiteux, les laisser pour compte. C’est ce que le Pape François appelle « mettre Jésus au milieu de son peuple » :

- « Mettre Jésus au milieu de son peuple signifie avoir un cœur contemplatif, capable de discerner comment Dieu marche dans les rues de nos villes, de nos villages, de nos quartiers.

- Mettre Jésus au milieu de son peuple signifie prendre en charge et vouloir aider à porter la croix de nos frères. C’est vouloir toucher les plaies de Jésus dans les plaies du monde, qui est blessé et désire et demande à ressusciter.

- Nous mettre avec Jésus au milieu de son peuple ! Non comme des activistes de la foi, mais comme des hommes et des femmes qui sont continuellement pardonnés, des hommes et des femmes unis dans le baptême pour partager cette onction et la consolation de Dieu avec les autres » (François, XXIè journée mondiale de la vie consacrée).

Pour réaliser cette mission combien noble et délicate, la première lecture nous donne les clés. J’ai comme envie de la relire entièrement et je vous invite, chères professes à le relire souvent : « Mon fils, [ma fille], si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ».

Voilà qui est dit, l’attachement au Seigneur, par la prière, la persévérance dans les épreuves, les bonnes œuvres, et surtout par une application à vivre les engagements que vous allez prendre aujourd’hui. Chères professes, cela vous a été enseigné pendant vos années de postulat, de noviciat, et vous l’avez déjà expérimenté ces dernières années en tant que professes temporaires. Mais je vous le rappelle encore à travers ces propos du Pape François :

« Le raffermissement et le renouveau de la vie consacrée arrivent par un grand amour de la règle, et aussi par la capacité de contempler et d’écouter les aînés de la congrégation. Ainsi, le “dépôt”, le charisme de chaque famille religieuse est gardé à la fois par l’obéissance et par la sagesse. Et, à travers ce chemin, nous sommes préservés de vivre notre consécration d’une façon light, d’une façon désincarnée, comme si c’était une gnose, qui réduirait la vie religieuse à une “caricature”, une caricature dans laquelle s’effectue une suite du Christ [sequela Christi] sans renoncement, une prière sans rencontre, une vie fraternelle sans communion, une obéissance sans confiance et une charité sans transcendance » (François, XIXè journée mondiale de la vie consacrée).

Chères Théophanie, Monique et Pascaline, contemplez toujours Marie, la mère de Notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, que vous vénérez sous le vocable de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Mettez-vous à son école, elle, l’humble servante du Seigneur, afin qu’elle vous aide à garder les commandements du Seigneur, à aimer Dieu et le prochain, à porter de nombreux fruits partout où vous serez envoyées. A toutes, félicitations et féconde consécration religieuse. Nous vous accompagnons de nos prières ferventes.

La paix soit avec vous.

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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