Textes : Dn 7, 9-10.13-14 ; 2 P 1, 16-19 ; Mt 17, 1-9

Frères et sœurs bien-aimés,

L’Église célèbre aujourd’hui la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ au mont Tabor. Cet événement coïncide avec la fête patronale et la dédicace de l’église paroissiale saint Jean-Marie de Tampouy. Gloire soit donc rendue à Dieu pour siècles des siècles.

Au nom de notre Église-Famille de Dieu de Ouagadougou, j’exprime à toutes les composantes de la paroisse de Tampouy nos sincères félicitations. A monsieur le Curé et ses collaborateurs, prêtres, religieux(ses), catéchistes, fidèles laïcs, … à tous, nos meilleurs vœux. Daigne le Seigneur permettre à votre nouvelle paroisse de grandir en sainteté et dans l’engagement missionnaire.

I. Fête de la Transfiguration

Le mot « transfiguration » signifie le fait de passer d’un aspect (figure) à un autre. L’évangile de ce dimanche évoque la scène de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ au mont Tabor. Cette scène se situe à un moment crucial de la vie de Jésus, c’est-à-dire avant sa passion et sa mort. Il emmène avec lui trois de ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Simon-Pierre est celui que Jésus a choisi pour guider les disciples. Jacques, selon les Actes des Apôtres, a joué un premier rôle dans la communauté-mère de Jérusalem. Et Jean, selon la tradition chrétienne a exercé une profonde influence sur les communautés primitives. Au jardin de Getsémani, Jésus prendra aussi avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean.

Une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et le Christ fut transfiguré devant eux. « son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière » nous confie l’évangéliste saint Mathieu. Et « une voix émanant de la nuée proclame : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie : écoutez-le ».

Les disciples ne comprirent le sens de cet événement qu’après la Résurrection de Jésus. Cet événement a confirmé les disciples dans leur foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, venu accomplir les promesses de Dieu en apportant le salut à tous les hommes.

Frères et sœurs, quelle interprétation pouvons-nous donner à la scène de la Transfiguration, et quelle leçon pouvons-nous en tirer ?

En premier lieu, nous pouvons imaginer Jésus qui nous appelle, nous aussi, pour nous conduire avec lui sur la montagne, ainsi qu’il l’a fait avec ses trois disciples, pour vivre avec lui, pour faire l’expérience de communion intime avec le Père. L’expérience du mont Tabor était si profonde qu’elle a transfiguré le visage, le corps et jusqu’aux vêtements de Jésus.

Le Tabor a été l’un des moments très singuliers de communion que l’évangéliste étend à toute l’histoire du peuple d’Israël comme en témoigne la présence de Moïse et d’Élie qui « s’entretenaient » avec lui. Jésus n’a pas voulu vivre cette expérience seul, mais avec trois disciples : Pierre, Jacques et Jean, ainsi que tous ceux qui se laissent conduire dans cette ascension.

Dans cette perspective, nous aussi, nous pouvons vivre l’expérience de la Transfiguration dans la liturgie de chaque dimanche, à laquelle tout baptisé est invité à participer.

Pendant la célébration eucharistique, nous vivons unis à Jésus, notamment en recevant le saint sacrement de l’Eucharistie. « L’Eucharistie c’est Jésus ! C’est tout Jésus », nous confie Charles de Foucault. L’Eucharistie est centrale dans la vie de l’Église, elle « source et sommet de la vie chrétienne ». Et comme l’exprime si bien le Pape saint Jean-Paul II dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia (n°60), « dans l’Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa Résurrection, nous avons le don de l’Esprit Saint, nous avons l’adoration, l’obéissance et l’amour envers le Père ».

C’est dire que la liturgie du dimanche est le moment spirituel le plus élevé auquel sont invités tous les chrétiens. La messe, en un sens, c’est tout. C’est pourquoi, aucun baptisé ne devrait manquer la messe dominicale.

La messe suffit pour nous donner une énergie renouvelée. Elle nous transforme, elle nous transfigure et nous envoie témoigner du Ressuscité, pour changer le monde qui nous entoure. Nous avons la mission de transformer notre monde, de la rendre plus beau, plus fraternel, d’en faire un monde de justice et de paix.

II. La dédicace de l’église et de l’autel

Depuis l’antiquité, on a appelé « église », l’édifice dans laquelle la communauté chrétienne se rassemble pour entendre la Parole de Dieu, prier en commun, accomplir les sacrements, célébrer l’Eucharistie.

Lorsqu’on érige une église comme un édifice destiné uniquement et de façon stable à rassembler le peuple de Dieu et à célébrer la liturgie, il convient de la consacrer au Seigneur par un rite solennel, selon la très ancienne coutume de l’église. Il revient à l’évêque diocésain de consacrer les nouvelles églises construites dans son diocèse, en présence du peuple de Dieu, selon le rite approprié.

Conformément à la Tradition ecclésiale, toute église à consacrer doit avoir un Titre qui peut être la Sainte Trinité, notre Seigneur Jésus-Christ, un saint, une sainte … Le nom retenu à l’érection de la paroisse en septembre 2016 reste le Titre de l’église : saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, né en 1786 et mort en 1859 à 73 ans. Ordonné prêtre à 30 ans, sa vie de sainteté était caractérisé par ses efforts, ses prières, sa vie ascétique, sa bonté, … Il passait 16 à 20 heures au confessionnal. Il est proclamé patron des curés et des responsables de communauté paroissiale. Grâce à saint Jean-Marie Vianney, Ars en France est un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Fidèle à l’antique tradition romaine, l’Église demande d’ensevelir des reliques de martyrs ou de saints sous l’autel. Pour aujourd’hui, nous disposons des reliques de saint Antoine de Padoue pour ensevelir dans votre nouvel autel. Plus tard, on pourra y ajouter des reliques de saint Jean-Marie Vianney.

Dans la dédicace de l’église, un rite spécifique est prévu pour la consécration de l’autel. Dans la lettre aux Hébreux, le Christ est présenté comme le grand prêtre, en même temps comme l’Autel vivant du Temple céleste (He 4, 14). Les Pères de l’Église, notamment saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe, ont affirmé que le chrétien lui aussi est un autel spirituel puisque le Christ, chef et Maître est le véritable Autel.

L’autel est la table du sacrifice et du repas pascal.

L’autel est le symbole du Christ.

L’autel est la table autour de la quelle se rassemblent les enfants de l’Église, pour rendre grâce à Dieu et consommer le Corps et le Sang du Christ.

Dans toute église, l’autel est donc « le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie ». Les Pères de l’Église ont vu l’autel comme un symbole du Christ lui-même, d’où l’adage : « l’autel, c’est le Christ ».

Frères et sœurs, à présent, nous allons procéder à la dédicace solennelle de l’église et de l’autel. Participons à cette liturgie avec ferveur. Que par la prière de saint Jean-Marie Vianney, notre communauté paroissiale puisse grandir dans la foi, l’espérance et la charité, pour devenir une véritable Église-Famille de Dieu, Amen.

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque métropolitain de Ouagadougou.

 

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