Textes : Is 6,1-2.3-8 ; 1 Co 13,1-13 ; Lc 5, 1-11

Excellence,
Chers confrères dans le sacerdoce,
Chers fils et filles de l’ Église Famille diocésaine de Ouagadougou,

Réunis en Église Famille de Dieu, autour de Marie notre Mère, nous vivons ce pèlerinage diocésain, sous le signe de l’action de grâce et de l’intercession, pour notre pays le Burkina Faso et pour notre Église-Famille de Dieu.

J’exprime ma gratitude à tous, prêtres, religieux(ses), catéchistes et fidèles laïcs pour votre présence à ce grand rendez-vous de foi. Merci d’être là pour qu’ensemble nous offrions le sacrifice eucharistique pour rendre grâce à Dieu et implorer en même temps son assistance et sa protection. Que Dieu, à la prière de Marie, notre Mère, bénisse notre démarche de foi, exauce nos prières et comble chacun au-delà de ses attentes.

I- Action de grâce et supplication au Seigneur

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait, j’élèverai la coupe du salut en invoquant le nom du Seigneur » (Ps 115, 12-13). A la suite du psalmiste, frères et sœurs, rendons grâce à Dieu qui a été, qui est et qui sera toujours au cœur de l’histoire de notre Peuple. Le peuple burkinabè dans son ensemble, a fait l’expérience concrète de l’amour et de la bienveillance du Seigneur lors des événements tragiques récents qui ont jalonné son existence. En effet, par la grâce de Dieu, l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et le putsch manqué du 16 septembre 2015 ont connu providentiellement coup sur coup un dénouement inespéré, empêchant notre pays de sombrer dans la violence et le chaos. La transition politique a connu également un aboutissement heureux par la tenue d’élections libres, transparentes et acceptées par tous le 29 novembre 2015. Forts de notre foi, nous percevons dans la trame de ces événements, la main du Seigneur qui ne cesse de veiller sur notre cher pays le Burkina Faso. C’est aussi le signe que Dieu n’est jamais resté indifférent au cri de cœur que tous les croyants aux heures critiques de l’histoire de notre peuple, ont fait monter vers lui à travers prières et supplications en faveur de la paix. Par la présente Eucharistie, élevons donc nos voix pour rendre grâce à Dieu et chanter ses merveilles à notre endroit. Que son nom soit béni à jamais !

Frères et sœurs, tout en rendant grâce à Dieu, nous le supplions et demandons son aide car la société burkinabè reste confrontée à des défis majeurs après les troubles sociopolitiques qui ont été à l’origine de nombreuses blessures et ont conduit à une certaine fracture sociale. Il se présente à nous le triple défi de la réconciliation, de la justice et de la paix véritable et durable. C’est du reste ce qui a motivé le choix du thème de ce pèlerinage annuel: « Avec Marie, notre mère, soyons miséricordieux comme le Père et artisans de Réconciliation, de Justice et de Paix ». Comment guérir les cœurs blessés et meurtris et ouvrir la voie au pardon, à la cohésion sociale ? Que faire pour éviter la vengeance, la chasse aux sorcières afin que prévale la quête de la justice et du droit ? Ce sont là des interrogations qui appellent tous les burkinabè à se surpasser pour qu’adviennent l’unité nationale, la cohésion sociale et la paix. La paix véritable et durable à laquelle aspire tout le peuple burkinabè passe nécessairement par la tolérance, le pardon, le dialogue, la réconciliation et la justice. Seul le Seigneur peut nous réconcilier avec Lui, nous réconcilier véritablement les uns avec les autres et nous animer de la force de l’amour qui apaise et guérit. Tous les burkinabè – de toutes langues et ethnies – constituent les grains multiformes d’un unique et même panier (peog a yembre ki). Et rien, absolument rien ne devrait nous empêcher de nous donner la main, de nous aimer et de continuer la route ensemble ! Supplions-le avec confiance pour qu’il bénisse nos efforts en faveur de la réconciliation nationale et qu’il fasse de nous des artisans d’un monde de réconciliation, de justice et de paix.

En outre, le présent pèlerinage se tient dans un contexte national marqué par l’insécurité et les récentes attaques terroristes qui ont endeuillée toute la nation. Au nom de notre Église Famille de Dieu, nous réitérons aux familles meurtries et endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple Burkinabè, notre compassion fraternelle, nos sincères condoléances et l’assurance de notre prière fervente. A tous les blessés, nous souhaitons du courage et un prompt rétablissement sous la protection maternelle de la Vierge Marie, notre Dame de Yagma.

Nous nous tournons vers Dieu avec confiance en ce jour béni, afin qu’il nous accorde sa paix et fasse de nous des artisans et des bâtisseurs d’un monde de réconciliation, de justice et de paix. Daigne-t-il continuer à garder notre pays dans sa paix et dans son amour.

II- Un pèlerinage dans l’esprit du jubilé de la miséricorde

Chers frères et sœurs, en cette année sainte de la miséricorde, le pèlerinage diocésain de cette année revêt un caractère particulier. Il est l’occasion pour tous et chacun de passer par la Porte Sainte et de faire l’expérience de la miséricorde de Dieu. Le Pape François nous rappelle cet aspect de l’Année Sainte en ces termes : « Pour passer la Porte Sainte à Rome, et en tous lieux, chacun devra, selon ses forces, faire un pèlerinage. Ce sera le signe que la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. Que le pèlerinage stimule notre conversion : en passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous » (MV, n. 14).

Le présent pèlerinage est pour nous, une démarche de foi et de pénitence qui doit stimuler en nous la conversion en cette année de grâce ; il est un moyen de sanctification. L’esprit de sacrifice qu’exige la pénitence nous invite à implorer la miséricorde de Dieu pour nos péchés et à nous engager sur le chemin de la conversion : changer nos cœurs de « pierre en cœur de chair » et conformer davantage notre vie à la volonté de Dieu. L’Année Sainte de la Miséricorde, voulu par le Saint Père est, comme il l’affirme lui-même « un temps favorable pour l’Église, afin que le témoignage rendu par les croyants soient plus fort et plus efficace » (MV, n. 3). Le témoignage fort et efficace que l’ Église attend de ses fils et filles, passe par la conversion profonde du cœur pour s’engager sur le chemin de l’amour concret, de la miséricorde et du pardon, pour manifester l’amour du Père et répondre ainsi à l’invitation du Christ : « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ».

Pour être capable de miséricorde à l’instar du Père, il faut se mettre d’abord à l’écoute de la Parole de Dieu qui nous est adressée. Accueillir et méditer la Parole dans le silence et la prière permet de « contempler la miséricorde de Dieu et d’en faire notre style de vie » (M.V). C’est une invitation à se laisser façonner par la Parole de Dieu que nous écoutons chaque jour.

Aujourd’hui, l’ Évangile (Lc 5,1-11), à travers le récit de la pêche miraculeuse nous exhorte à la confiance en Dieu. Dans la mission de l’ Église et dans chacune de nos vies, le Christ, Maître et Seigneur, malgré nos peines et nos longues nuits de travail apparemment inutile et infructueux, nous enseigne à oser « aller au large et jeter les filets pour pêcher » comme l’Apôtre Simon- Pierre. « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ton ordre, je vais jeter les filets », répondit-il à Jésus. La pêche miraculeuse qui s’en est suivie manifeste la toute puissance du Christ qui, présent dans l’ Église et dans notre existence humaine, n’attend de notre part que confiance et obéissance du cœur, pour nous combler de sa grâce. De fait, la confiance et l’abandon constituent l’attitude humble de tout disciple du Christ, conscient de son indignité et qui sait toujours compter sur la grâce de Dieu comme le prophète Isaïe dans la première lecture. L’apôtre Paul à travers l’hymne à l’amour, nous invite à incarner le visage de Dieu par le vécu concret de la charité chrétienne qui est supérieure à toutes les vertus. « L’amour prend patience, l’amour rend service (…), il ne cherche pas son intérêt, supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout », nous enseigne l’Apôtre. La Parole de Dieu de ce jour veut raviver notre courage, notre confiance et notre engagement missionnaire. Tous les baptisés, en effet, sont appelés et envoyés pour porter l’ Évangile à tous par la parole et par la vie, en reflétant le visage d’amour et de miséricorde du Père.

Bien-aimés de Dieu, « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 11, 28). La Bienheureuse Vierge Marie, notre Mère a su accueillir le Verbe de Dieu qui a pris chair en elle et a orienté et façonné toute son existence. Au pied de la Croix, Marie, Notre Dame des douleurs, a communié profondément à la souffrance de son Fils et a été aussi témoin privilégié de son amour et sa miséricorde dont son côté transpercé a en été le symbole. Quoique meurtrie par la passion-mort de son Fils, elle est restée tout de même confiante que l’amour triomphera de la mort. Mettons-nous donc à l’école de Marie, pour demeurer fermes et indéfectibles dans la confiance totale au Père et laissons-nous modeler et transformer par sa Parole. Ainsi, nous serons miséricordieux comme le Père, pour témoigner de son amour et de sa miséricorde par toute notre vie. Daigne la Vierge Marie, notre Dame de Yagma, prier et intercéder constamment en notre faveur. A tous et à toutes, fructueux et saint pèlerinage !

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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