5ème dimanche de Carême - Attirés par le Crucifié
Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. (Jean 12, 20-33)
Un groupe de grecs, probablement des païens, s’approche des disciples en demandant de manière admirable : « Nous voulons voir Jésus ». Quand on le lui dit, Jésus répond avec un vibrant discours où il résume le sens profond de sa vie. L’heure est arrivée. Tous, juifs et grecs, pourront très bientôt saisir le mystère caché dans sa vie et dans sa mort : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai vers moi tous les hommes ».
Lorsque Jésus sera élevé sur une croix et qu’il apparaîtra crucifié sur le Golgotha, tous pourront connaître l’amour insondable de Dieu ; tous se rendront compte que Dieu est amour et seulement amour pour tout être humain. Tous se sentiront attirés par le Crucifié. Ils découvriront en lui la manifestation suprême du Mystère de Dieu.
Pour y arriver on a bien sûr besoin de quelque chose de plus que d’avoir entendu parler de la doctrine de la rédemption. Quelque chose de plus que d’assister pendant la semaine sainte à quelque acte religieux. Il nous faut centrer notre regard intérieur sur Jésus et nous laisser toucher, en découvrant dans cette crucifixion le geste final d’une vie livrée jour après jour pour bâtir un monde plus humain pour tous. Un monde qui trouvera son salut en Dieu.
Mais nous commençons à connaître vraiment Jésus, lorsque, attirés par le don total de sa vie au Père et par sa passion pour une vie plus heureuse pour tous ses fils, nous entendons, même si c’est faiblement, son appel : « Celui qui veut me servir, qu’il me suive, et là où je serai, là aussi sera mon serviteur ».
Tout part d’un désir de « servir » Jésus, de collaborer à sa mission, de ne vivre que pour son projet, de suivre ses pas afin de manifester, de multiples façons et souvent par de pauvres gestes, comment Dieu nous aime tous. C’est alors que nous commençons à devenir ses disciples.
Cela signifie partager sa vie et son destin: « là où je serai, là aussi sera mon serviteur ». C’est cela être chrétien : être là où a été Jésus ; nous occuper de ce dont il s’occupait ; avoir les mêmes buts qu’il avait, être sur la croix comme lui il a été, et être un jour à la droite du Père où il est.
Une Église attirée par le Crucifié, poussée par le désir de ne « servir » que lui et occupée par les choses dont il s’occupait, comment serait-elle ? Une Église qui attirerait les gens vers Jésus, comment serait-elle ?
Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv
