CROYONS-NOUS EN JÉSUS ?
12ème dimanche du temps ordinaire – Année C
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. (Luc 9,18-24)
Les premières générations chrétiennes ont conservé le souvenir de cet épisode évangélique comme un récit d’importance capitale pour les disciples de Jésus. Leur intuition était juste. Ils savaient que l’Église de Jésus aurait à écouter à maintes reprises la question que Jésus avait posée un jour à ses disciples aux abords de Césarée de Philippe : « Pour vous, qui suis-je ».
Si nous laissons s’éteindre dans nos communautés chrétiennes la foi en Jésus, nous perdrons notre identité. Nous ne réussirons pas à vivre avec hardiesse et créativité la mission que Jésus nous a confiée ; nous n’oserons pas affronter le temps présent, ouverts à la nouveauté de son Esprit ; nous étoufferons dans notre médiocrité.
Elle n’est pas facile notre époque. Si nous ne revenons pas vers Jésus avec plus de vérité et de fidélité, la désorientation nous paralysera progressivement ; nos grands discours continueront de perdre de leur crédibilité. Jésus est la clé, le fondement et la source de tout ce que nous sommes, de tout ce que nous disons et faisons. Qui est Jésus aujourd’hui pour les chrétiens ?
A l’instar de Pierre, nous confessons que Jésus est le « Messie de Dieu », l’Envoyé du Père. C’est vrai : Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a fait cadeau de Jésus. Est-ce que nous, chrétiens, nous savons accueillir, prendre soin, en jouir et célébrer ce grand cadeau de Dieu ? Jésus, est-il vraiment le centre de nos célébrations, de nos rencontres et de nos réunions ?
Nous confessons aussi qu’il est le « Fils de Dieu ». Il peut nous apprendre à mieux connaître Dieu, à faire davantage confiance à sa bonté de Père, à écouter avec une plus grande foi son appel à bâtir un monde plus fraternel et plus juste pour tous. Sommes-nous en train de découvrir dans nos communautés le véritable visage de Dieu incarné en Jésus ? Savons-nous l’annoncer et le communiquer comme une grande nouvelle pour tous ?
Nous appelons Jésus « Sauveur » car il a la force d’humaniser nos vies, de libérer nos personnes et de conduire l’histoire humaine vers son salut véritable et définitif. Est-ce celle–là l’espérance que l’on ressent parmi nous ? Est-ce celle-là la paix qui se répand à partir de nos communautés ?
Nous confessons Jésus comme étant notre unique « Seigneur ». Nous ne voulons avoir d’autres seigneurs ni nous soumettre aux fausses idoles. Mais, est-ce que Jésus occupe réellement le cœur de nos vies ? Est-ce que nous lui accordons la primauté absolue dans nos communautés ? Le plaçons-nous par-dessus tout et par-dessus tous ? Sommes-nous à Jésus ? C’est vraiment lui qui nous anime et nous fait vivre?
La grande tâche des chrétiens aujourd’hui est d’unir leurs forces et d’ouvrir des chemins pour réaffirmer beaucoup plus clairement la place centrale de Jésus dans son Église. Tout le reste vient après.
Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

1. "Ils contempleront Celui qu'ils ont transpercé" : cette parole du prophète Zacharie que Saint Jean cite m'invite à Te contempler Jésus, ici présent, Toi dont le Cœur transpercé sur la Croix laisse couler l'eau et le sang, symboles du Baptême et de l’Eucharistie. Avec foi et amour, je T'adore et Te ren
